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Jean Raspail

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rotko
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MessageSujet: Jean Raspail   Mar 27 Fév - 22:35

Jean Raspail, Qui se souvient des hommes...Robert Laffont.

Disparition d'un peuple primitif.

A la pointe de l'Amérique du sud, près de la "terre de feu", vivait un peuple de "sauvages", des nomades restés à l'âge du paleolithique, alors que les nations "civilisées" étendaient leur rayon d'action sur le globe.

Jean Raspail écrit ce livre pour "rendre justice à un peuple que personne n'avait jamais écouté".

Son roman se fonde sur une documentation, et notamment sur les écrits non réédités de José Emperaire, ethnologue des Alakalufs.

Parlons franc : la première partie du roman est rebutante, car Raspail veut restituer sur le ton de l'épopée l'histoire des primitifs ; refrains pathétiques, anticipations sur les malheurs à venir, etc...

J'aurais fermé le livre si la narration n'avait heureusement pris un autre cours.
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rotko
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MessageSujet: Re: Jean Raspail   Mar 27 Fév - 22:36

Les rapports des Alakalufs et des Européens sont rapportés sous deux volets :
D'abord un épisode où Sir John Byron revient avec un navire là où, naufragé, il a survécu, finalement intégré chez les "hommes jaunes". Il tente maintenant de retrouver une lueur d'humanité là où l'équipage voit des animaux grotesques et risibles.

Puis, itinéraire inverse, des Alakalufs capturés recoivent en Angleterre un vernis de civilisation et de bonnes manières : ils devraient permettre à un pasteur d'aller évangéliser leurs congénères. Retour au berceau initial.

Malentendus tragiques, comiques, cruels, émouvants, les relations entre ces primitifs et les "civilisés" montrent à quel point il est ardu de connaître et de respecter l'Autre et ses usages .

Dans ces moments, où il abandonne enfin le regard de Dieu sur l'histoire, Jean Raspail touche fort et juste. Son récit se lit alors avec intérêt et une très grande émotion.
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rotko
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MessageSujet: Re: Jean Raspail   Mer 28 Fév - 8:13

Francisco Coloane parle des Alakaluf dans Tierra del fuego, chez Phébus
et ici dans Le passant du bout du monde, phebus libretto.


Citation:
Le bateau fait escale au Paso del Indio, où les Indiens Alakaluf ont l'habitude de venir en canoë à la rencontre des bateaux. Parmi les femmes qui se trouvent sur ces longues embarcations, je remarque étonné que l'une d'elles tient un pingouin dans ses bras, comme un enfant. Plus tard, j'apprendrai que les Alakaluf protègent leur nouveaux-nés du froid en les couvrant d'une peau de pingouin."

"Aux abords de l'Augostura Inglesa, des canots indigènes, comme jaillis du pied des falaises s'approchèrent de notre bateau. Les montagnes étaient couvertes d'une épaisse couche de neige jusqu"au niveau de la marée haute. Les hommes, les femmes, les enfants et même les chiens me semblèrent être des êtres insolites, venus d'ailleurs. Ils criaient "cueri! cueri!", "guachacay!" (eau-de-vie!). Ils agitaient leurs peaux de loutre et de phoque, offrant de les échanger contre de l'alcool. Une échelle de corde fut déroulée par laquelle ils grimpèrent sur le pont, où passagers et matelots se livrèrent avec eux à une intense activité de troc. Je voyais de vieux vêtements échangés contre des fourrures de valeur."


voir aussi les alakalufs

clic !


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Aristarque
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MessageSujet: Re: Jean Raspail   Lun 23 Juin - 22:22

Le CAMP des SAINTS Jean RASPAIL Robert LAFFONT édition 1978

Les quatre vingt dix neuf cargos de "l'incroyable flotte rouillée venue de l'autre face
de la Terre" étaient échoués à une cinquantaine de mètres de l'opulente Cote d'Azur. C'était le Dimanche de Pâques. "Huit cent mille vivants et des milliers de morts flottant dans le ressac, assiégeaient pacifiquement la frontière de l'Occident." La puanteur était insoutenable."

Tout a commencé au bord du Gange, lorsque le consul belge Himmans, annonce à la foule des quémandeurs, que sont supprimés les visas d'adoption permettant à des enfants sélectionnés de migrer vers son pays. L'immense foule qui assiège l'ambassade commence à gronder. Un géant "copophrage" de son état, portant sur ses épaules un gnome hideux, sans cou, la tête directement plantée sur ses épaules, les bras terminés en moignons, harangue les misérables parias :
Citation:
« Prenons d’assaut des bateaux capables de traverser les mers et les océans pour nous rendre vers la terre promise… »


L'India Star, vieux cargo à bout de rouille et de souffle, se trouve à quai, bien à propos pour permettre à la prophétie de s'accomplir. Il est pris d'assaut par la multitude. Dans d'autres ports, d'autres navires tout aussi vétustes sont réquisitionnés. Ils sont un million, hommes, femmes et enfants qui embarquent pour la terre promise d'Occident Et ils levèrent l'ancre sans que personne ne s'y oppose.

Pendant tout le voyage, du bord du Gange aux rivages de la Méditerranée, par le Cap, un seul bateau fit naufrage, sans que personne ne se porte au secours des rescapés. Le ciel fut clément et aucune tempête ne vint retarder l'avance de cette malodorante "Armada"

" pour cuire le riz, à défaut de bois et de bouses de vache, la multitude embarquée brûla ses propres excréments préparés par séchage suivant une technique paysanne vieille de 3000 ans.....à bord, la vie n'était que végétative: manger, dormir, méditer sur l'espérance, et sur le paradis où ruisselaient le lait et le miel, où des fleuves poissonneux, baignaient des champs gorgés de récoltes spontanées" Les navires semaient les morts et la pestilence.
Les pays occidentaux, d'abord sidérés, puis angoissés par le danger d'une invasion, essayaient de détourner la flottille, de la ravitailler pour faire preuve de charisme. Les passagers, dont le comportement semblait être coordonné, on ne sait par quel mystère, à la volonté du "nabot repoussant, juché sur les épaules du géant; le front ceint d'une casquette à galons d'or, qui agitait ses bras tordus et sans mains'. refusaient toute aide matérielle, rejetant à la mer eau et nourriture que l'on tentait d'embarquer de force. Pas un coup de canon, même de semonce ne fut tiré. Impavides les navires traçaient leur route...les morts dans leur sillage.
Et le débarquement sur les côtes de France se fit le Lundi de Pâques. La multitude nauséabonde, sans armes et sans forces, silencieuse, animée d'une volonté farouche, avait la cruelle indifférence d'une vague de fonds. Elle ne rencontra aucune résistance.

Cette vision d'Apocalypse, (selon St Jean Raspail), abominable fiction d'évènements, inouïs peut paraître inconcevable.. . On en est à se demander qui pouvait avoir le courage de se rendre coupable d'un génocide , à notre époque? Et en assumer l'entière responsabilité ?...

Et pourtant, les récentes et abominables spéculations d’affairistes sans scrupules, aidés par les facilités d’accès aux places boursières inter mondialistes, spéculant sur les marchés du blé, du maïs et du riz, font grimper les prix de telle sorte que bien nombre de pays pauvres connaissent déjà les affres d’une famine qui si elle se généralise, comme on le peut le prévoir, risque d’avoir des répercussions sanglantes.

La virtuosité d'écriture de Raspail nous captive et nous angoisse tout au long de notre lecture. Ce qu'il écrit ne cesse pas de nous hanter, qu'elles que soient nos opinions politiques ou philosophiques. Et l'auteur mérite bien l'étiquette de non conformisme qui lui colle à la peau. Sans en rien altérer ses qualités d'écrivain.

Et peut-être de visionnaire…..trente ans après après son livre !


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Aristarque
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MessageSujet: Re: Jean Raspail   Ven 11 Juil - 22:15

HURRAH ZARA ! roman de Jean Raspail.
Le Grand Livre du mois 1998.

Raspail est un artiste ! Avec des mots et un style recherchés, des phrases courtes et percutantes, il nous dépeint des personnages et des situations hors du commun. Sa palette mélange les passions, les angoisses, la fureur, l’abnégation, le courage, la douceur et l’amour en une succession de tableaux qui ne sont que fiction proche de la réalité.
« A quoi ressemblait-elle Zara ?…Il y a si longtemps qu’elle est passée de l’autre côté du miroir, avec son épaisse chevelure blonde et son langage affreusement guttural…Tout juste si l’on perçoit encore, par dessus le silence du temps, en écho, le hennissement de l’étalon qu’elle enfourchait comme un homme, fouet au poing, injures aux lèvres, pour s’en aller imposer un peu d’ordre dans l’extravagant foutoir gothique des chariots de sa tribu »
Une rude entrée en matière en prélude à l’insolite saga de la famille Pikkendorff à travers le temps et à travers le monde.
«….le margrave von Pikkendorff régnait sur une centaine de paysans et leurs familles ; quelques hectares de forêts et une bourgade d’une vingtaine de feux, dominée par un château qui avait poussé tout en hauteur en raison de l’étroitesse du rocher sur lequel il avait été bâti… » Un drapeau aux couleurs vert et rouge, un faisceau de lances d’or dont l’une au centre était brisée en guis d’armories, une devise : « Je suis d’abord mes propres pas » et un cri de ralliement : Hurrah Zara !
Des personnages, dans le roman, il n’y en a pas moins d’une quarantaine, hommes et femmes.
Des femmes qui en sont les vraies héroïnes, qu’elles soient saintes (Zara), fières épouses, fidèles amantes, mères dévouées, aventurières intrépides, actrices, femmes d’affaires.
Les hommes sont tout naturellement des guerriers : Fantassins, lanciers, ulhans, marins, aviateurs, tous avec de hauts grades, et s’il y a aussi quelques ecclésiastiques de choc : bénédictin, père abbé, évêque, tous restent fidèles à la devise inscrite en français, sur le fronton du château ancestral : « Je suis d’abord mes propres pas ».
Raspail nous assure que chacun des récits dont il nous régale, lui a été inspiré par Frédéric de Pikkendorff lors de ses visites au château, après avoir donné comme mot de passe : « Daignez m’excuser noble châtelain si je viens frapper moi-même à la poterne de votre forteresse sans me faire précéder d’un page ou d’un nain sonnant du cor »
Du bon Rasoail, conteur, égal à lui-même, sachant toujours garder son lecteur pour l’empêcher de se perdre dans les méandres de cet enchevêtrement de chapitres.
Jonglant avec le patriotisme des différents Pikkendorff, il sait modérer son esprit caustique et le chauvinisme qui parfois le démange.
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