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| | Léonora Miano - [Cameroun] | |
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amandine habitué(e)

Age : 57 Inscrit le : 16 Mai 2006 Messages : 13 Localisation : Suisse Genève
| Sujet: Re: Léonora Miano - [Cameroun] Mar 27 Mar - 19:44 | |
| Là je ne répondrai pas sur le sujet car ma fille a un mari africain, donc j'ai un gendre noir et des petits enfants métis adorables, mais je connais la culture de ce pays, et le prix des mariages mixtes.
Et je ne veux pas me prononcer c'est mieux. _________________ amandine |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21044
| Sujet: Re: Léonora Miano - [Cameroun] Mar 27 Mar - 20:02 | |
| Je crains que Leonora Miano ne se lance dans une littérature "à effets", c'est-à-dire qu'elle accumule les scènes d'horreur et les jugements dépreciatifs.
Son ton est dur, et j'aurai l'occasion d'y revenir.
Je ne trouve pas cette âpreté du style chez Mabanckou, et il sera interessant de comparer les deux visions et les deux écritures. |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21044
| Sujet: Re: Léonora Miano - [Cameroun] Mer 28 Mar - 6:57 | |
| Tout n'est pas au point chez Leonora Miano : si la construction de ses romans en plusieurs fils est littérairement intéressante, l’accumulation des horreurs plombe le récit :
| Citation: | Dans la maison d’Aïda, il y avait plein d’enfants comme moi. Certains avaient été recueillis leur naissance. Ils s’étaient présentés par le siège, et la coutume voulait qu’on leur fracasse le crâne sur le tronc d’ arbre. Ils avaient été trouvés agonisant au fond d’un caniveau, recouverts d’ordures.
D’autres avaient fui les mauvais traitements ou étaient handicapés et inutiles. Enfin tous avaient de bonnes raisons d’être là, et c’était peut-être ces raisons qui poussaient ceux qui les avaient mis au monde à se masser dans les temples. Ils incarnaient les échecs de leurs géniteurs. Ils étaient la ruine et la destitution faites chair. |
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|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21044
| Sujet: Re: Léonora Miano - [Cameroun] Mer 28 Mar - 17:45 | |
| Contours du jour qui vient.
On peut aussi trouver des invraisemblances : comment une fillette de 12 ans, en mauvais état, peut-elle prendre la parole dans une assemblée religieuse et tenir ce discours !
| Citation: | | Monsieur Colonne, pouvez-vous me dire exactement les Africains ont abandonné le culte de leurs ancêtres et les offrandes faites aux esprits ? Il m semble qu’ils ont toujours pratiqué le mélange de la foi Chrétienne et de leurs religions ancestrales. En quoi diffère-t-elle de ces habitudes ? |
Dans sa lancée, elle raconte toute son histoire, retournant l’assemblée des fidèles en sa faveur. Ce récit tient toute la page 115 ! |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21044
| Sujet: Re: Léonora Miano - [Cameroun] Mar 15 Jan - 8:44 | |
| Un nouveau leonora Miano chez Plon
Tels des astres éteints" est construit comme un album, entre musique soul et jazz. Un intro, cinq parties, et un "outro".
La structure est construite autour de cinq thèmes de jazz : "Afro Blue", "Straight Ahead", "Angel Eyes", "Round Midnight" et "Left Alone". De Thelonious Monk à Billie Holiday en passant par Abbey Lincoln, donc.
On chantera aussi Bashung, Curtis Mauyfield, Grand Master Flash, Bobby Womack. |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21044
| Sujet: Re: Léonora Miano - [Cameroun] Mer 11 Juin - 16:54 | |
| A propos d' Afropean Soul et autres nouvelles flammarion,Leonora Maino dsiat dans un entretien confié à Africultures :
| Citation: | Je suis un auteur d'expression française, mais de culture africaine et afro-américaine, les Caribéens étant eux aussi des Américains. J'écris dans l'écho de toutes les cultures qui me composent. Le jazz et la soul m'influencent beaucoup, dans la structuration des textes ou dans le rythme.
Pour comprendre cela, il faut s'intéresser à ces genres musicaux. Cela me semble complexe à expliquer ici, et je rechigne un peu à décrire mon processus créateur : ce n'est pas un travail scientifique, et je ne suis pas un être cartésien…
La soul est un art vocal. Il n'y a pas de soul instrumentale. C'est une esthétique brute et excessive. Je cherche à m'en rapprocher par un phrasé particulier, qui demande souvent une ponctuation peu orthodoxe. Je suis en quête d'un souffle soul, plein d'aspérités, porteur de vérité parce que distant d'une esthétique trop léchée. Dans la cadence des phrases, j'aime à me rapprocher d'une rythmique lourde, qui serait, en musique, celle des fréquences basses sur lesquelles la soul et les musiques noires urbaines reposent. Le jazz est une musique urbaine.
Ce qui m'intéresse dans le jazz, c'est la circularité (la structure basique, dans ce genre, est : AABA), la répétition de motifs, le maintien d'une tension sans nécessaire résolution (même si cela ne s'applique pas à tous les thèmes de jazz qui peuvent avoir une vraie fin), la présence d'un intertexte (2) précis, comme ces musiciens de jazz qui glissent, en jouant un morceau, des phrases musicales tirées d'autres chansons. Comme eux, je travaille sur une structure définie à l'avance, qui me permet d'improviser sans m'écarter de l'histoire. En jazz, c'est sur une grille d'accords que l'improvisation se fait.
La langue française, telle que je l'écris, est matinée d'africanismes, d'anglicismes, de créolismes | .
| Spoiler: | | | Tout cela compose mon univers. Il ne s'agit pas seulement d'emprunts lexicaux, mais aussi d'images propres aux cultures africaines et créoles. Les anglicismes sont, le plus souvent, des transpositions directes, des traductions littérales, qui donnent des choses qui "ne se disent pas" en français. Par exemple, cela ne me dérange pas du tout d'écrire "réaliser" au lieu de "se rendre compte de", ou "prendre la haute main" au lieu de "prendre le dessus." L'anglais realize n'est pas synonyme de "mettre en œuvre", mais bien de "se rendre compte de". Quant à gain the upper hand, il se traduit par "prendre le dessus".
Le Cameroun d'où je suis originaire a deux langues officielles, le français et l'anglais. Même dans la partie francophone du pays où je suis née, on parle un pidgin english et un franglais bien connus de ceux qui ont visité le Cameroun. Pour moi, il est donc normal d'imbriquer ces langues l'une dans l'autre. |
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|  | | | Léonora Miano - [Cameroun] | |
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