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| | Malika Mokeddem [Algérie] | |
| | | Auteur | Message |
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colbrune pilier

Inscrit le : 27 Déc 2005 Messages : 865
| Sujet: Malika Mokeddem [Algérie] Sam 14 Jan - 12:33 | |
| Née en Algérie en 1949. Fait ses études de médecine Oran et à Paris, et s'installe comme médecin néphrologue à Montpellier. Elle abandonne ce métier pour se consacrer entièrement à l'écriture.
Questionnements sur la langue française, les livres et l'étude comme instrument de la liberté... |
|  | | alexnihat pilier

Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 326 Localisation : Somewhere, not here
| Sujet: Re: Malika Mokeddem Sam 14 Jan - 13:11 | |
| | colbrune a écrit: | | l'étude comme instrument de la liberté... |
c'est-à-dire ?? l'éducation ? _________________ that's it, baby ! |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21297
| Sujet: Re: Malika Mokeddem Sam 14 Jan - 14:31 | |
| | alexnihat a écrit: | | colbrune a écrit: | | l'étude comme instrument de la liberté... |
c'est-à-dire ?? l'éducation ? |
Non, comme fuite de l'univers familial et d'un pays qui à ce moment-là présente un visage d'oppression. |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21297
| Sujet: Re: Malika Mokeddem [Algérie] Sam 14 Jan - 16:54 | |
| Coline, habituée à faire des graffitti et des dazibaos déclarait
"La transe des insoumis". Malika Mokeddem
| Citation: | J’ai été d’emblée séduite par ces mots du poète andalou, Ben Alhamara, que Malika Mokkedem cite en exergue de son livre : « Quand l’oiseau du sommeil pensa faire son nid dans ma pupille, il vit les cils et s’effraya du filet. » . Et je ne pouvais que m'intéresser à un livre qui parle d'insomnie...
Cioran a dit de l’insomnie qu’elle est « l’héroïsme du lit ». Malika Mokkedem, elle, l’appelle « La transe des insoumis ».
Dans ce récit autobiographique, où s’entrecroisent son passé en Algérie (dans des chapitres qui s’intitulent « Là-bas ») et sa vie d’aujourd’hui ( dans les chapitres qui s’intitulent « Ici »), les deux époques sont liées par le thème de l’insomnie .
«| Citation: | -Pourquoi ne dors-tu pas toi ?, lui demandait sa grand’mère. -Je ne sais pas dormir », répondait-elle. » |
Malika Mokkedem est née en 1949, dans le désert algérien . Elle sera parmi les premières filles algériennes à poursuivre des études, de longues études, brillantes puisqu’elle devient médecin. Pour en arriver là, elle doit affronter les réticences de sa famille, puis l’incompréhension et les violences de son milieu. On la frappe, on l’insulte, on lui jette des pierres… Mais Malika, seule et volontaire, combat avec force et détermination pour obtenir ce qu’elle veut :son émancipation, loin, très loin du désert qui l’emprisonne.
Rebelle, elle puise une part de sa force dans l’insomnie. C’est elle qui lui fait d’abord échapper au lit familial commun dans l’enfance. Elle lui donne le goût de la lecture. Dès son plus jeune âge, Malika s’y réfugie :
| Citation: | | « La solitude a été l’une de mes premières conquêtes. De mes premières libertés. Durant l’enfance et l’adolescence, elle a d’abord été celle de l’insomnie, puis de la lecture. Dès que j’ai saisi un livre, j’ai été ailleurs. Le livre a été mon premier espace inviolable. » |
Malika Mokkedem ne vit pas l'insomnie comme une calamité. C'est elle qui lui permettra d’étudier tout en travaillant pour subvenir à ses besoins. Elle lui laisse le temps ensuite d’exercer son métier de médecin tout en s’adonnant à la jubilation d’écrire.
Aujourd’hui, Malika Mokkedem vit à Montpellier : elle partage, grâce à la « transe des insoumis », les heures de ses longues journées entre l’exercice de la Médecine et l’écriture. Elle possède d’ailleurs une grande qualité d’écriture qui lui permet, comme un exorcisme, d’exprimer sa révolte fondamentale _________________ |
|
|  | | coline pilier
Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 4107
| Sujet: Re: Malika Mokeddem [Algérie] Sam 14 Jan - 16:59 | |
| | rotko a écrit: | Coline, habituée à faire des graffitti et des dazibaos déclarait
|
Quoi? ...C'est ainsi qu'on parlede moi?... Bon, merci quand même pour la manip...  |
|  | | colbrune pilier

Inscrit le : 27 Déc 2005 Messages : 865
| Sujet: Re: Malika Mokeddem [Algérie] Sam 14 Jan - 17:17 | |
| Là-bas : les mots dits par la grand-mère (contes, souvenirs...) pour perpétuer sa mémoire nomade, instrument de la tradition
Ici : les mots écrits par la narratrice pour exorciser son passé, instrument de l'émancipation
Là-bas : les mots écrits par la narratrice sont incompréhensible pour la mère, creusent le gouffre infranchissable par lequel elle va pouvoir s'échapper, rupture avec la famille
Ici: les mots écrits par la narratrice sont l'artisan de la rupture douloureuse d'avec son unique compagnon |
|  | | colbrune pilier

Inscrit le : 27 Déc 2005 Messages : 865
| Sujet: Re: Malika Mokeddem [Algérie] Sam 14 Jan - 21:02 | |
| On retrouve évidemment chez Mokeddem, comme chez Assia Djebar (Oran langue morte et Le Blanc de l'Algérie, mon expérience de lectrice s'arrête là, mais il semble que ce soit un phénomène récurrent chez les auteures maghrébines, chez Sebbar aussi notamment) la duplicité du rôle joué par la langue française.
C'est la langue de l'autre, celle de l'oppresseur.
C'est en même temps la langue qu'elle choisissent pour s'exprimer.
C'est celle qui les différencie de leur ancêtres. |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21297
| Sujet: Re: Malika Mokeddem [Algérie] Lun 16 Jan - 18:55 | |
| J'attends que vous donniez votre avis sur Malika Mokeddem avant de mettre mon grain de sel ! Disons que c'est une femme qui a du temperament et que le style est percutant. Moi j'aime beaucoup ce qu'elle nous dit. Elle a de la force de caractère, et ses livres, c'est pas de la guimauve |
|  | | colbrune pilier

Inscrit le : 27 Déc 2005 Messages : 865
| Sujet: Re: Malika Mokeddem [Algérie] Mar 17 Jan - 1:36 | |
| | rotko a écrit: | | J'attends que vous donniez votre avis sur Malika Mokkedem avant de mettre mon grain de sel ! |
Et nous on attend le tien ! |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21297
| Sujet: Re: Malika Mokeddem [Algérie] Jeu 19 Jan - 8:40 | |
| Malika Mokkedem, Des rêves et des assassins, Grasset. 2246514819
Femme algérienne : entre peur et déprime. Deux façons de lire ce roman paru en 1995. Comme un documentaire, car il montre bien la situation de la femme algérienne au temps des assassins du FIS. Instruite, puisqu'elle devient universitaire, la narratrice n'en vit pas moins les humiliations et souffrances de ses semblables, - encore plus malmenées : harcelée, injuriée, trahie dans ses amours, elle vit au quotidien les paradoxes qui font de ses compatriotes masculins des "chasseurs", des censeurs et des persécuteurs.
Mais on lit aussi le récit d'une quête : recherche d'une mère dont elle a été brutalement écartée, recherche d'un pays qui garantisse à une femme la possibilité d'exister comme elle l'entend. Aussi simplement que dans les rêves de l'enfance.
Vivre entre deux terrorismes, celui de l'armée et celui du FIS, n'est pas possible. On saura gré à Malika Mokkedem de ne pas pratiquer une langue de bois, tant en Algérie qu'en France, et tout lecteur s'inquiètera du cri d'alarme qui clôt son récit. Retrouvant en France les mêmes périls qu'en Algérie, elle pense s'exiler au Canada. |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21297
| Sujet: Re: Malika Mokeddem [Algérie] Jeu 19 Jan - 8:43 | |
| Malika Mokkedem, La transe des insoumis, Grasset. 2246643317 De la difficulté d'être une femme algérienne.
Cette "transe des insoumis" désigne les insomnies qui marquent l'enfance de la narratrice comme son âge adulte. Dans un diptyque qui joue sur "l'ici", la France pays de l'exil, et le "là-bas", l'Algérie natale, se croisent et s'accumulent les souffrances liées à l'origine, au statut de la femme, à l'intégrisme politique et religieux.
Contre les oppressions dont elle fut et demeure victime, Malika Mokkedem s'insurge avec une vigueur qui enflamme son style. Famille, pays, tradition, pouvoir mâle s'opposent à sa double vocation de médecin et de femme-écrivain. On tient là un document et un réquisitoire sur l'actualité algérienne et française, mais on voit aussi les coulisses de l'écriture, notamment de "Des rêves et des assassins".
Le livre, lu ou écrit , tient son rôle d'espace de liberté. Enfin les retrouvailles avec le pays, et surtout le père, donnent des pages sobres et très émouvantes.
| Citation: | | "C'est pour lui [le père] que je suis revenue. Pour que cet amour encore vivant mais jusqu'alors anéanti, confisqué par la tradition, mes rebellions, puisse enfin se manifester un peu. De cet amour, je n'ai jamais douté malgré tous nos affrontements. J'ai seulement tenu à exister entièrement à ses yeux comme aux miens. Maintenant mon père est au bout de sa vie. Je ne veux pas qu'il parte avec cette souffrance. La mienne en sera certainement moins lourde. Ma main dans le tremblement des siennes, ça n'a pas de prix. Ca n'a pas besoin de mots." |
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|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21297
| Sujet: Re: Malika Mokeddem [Algérie] Dim 8 Oct - 9:38 | |
| | Citation: | Les premiers mots que Malika Mokeddem a entendus, dans l’Algérie où elle est née, c’étaient ceux de son père disant à sa mère «mes fils» et «tes filles», puis ceux d’une femme répétant «j’ai trois enfants et six filles».
Une barrière machiste érigée cruellement contre la femme lors de ce récit qu’elle déroule, à travers des portraits iniques, voire sexistes. Il y a donc beaucoup d’hommes dans ce récit de mémoire, un médecin, un frère, un premier amour, des rencontres éphémères, des échecs, des retrou-vailles, des joies. Mais, dominant tout, «la première absence», le premier chapi-tre, la figure du père. Le père que Malika combat, jusqu’à obtenir un jour, au détour d’une bataille, un «Ma fille».
Une victoire sur le père, mais aussi une victoire sur les femmes. Car, comme elle l’a déjà fait dans d’autres textes, Malika Mokeddem insiste sur la responsabilité des femmes : «Ce sont les perfidies des mères, leur misogynie, leur masochisme qui forment les hommes à ce rôle de fils cruels. Quand les filles n’ont pas de père, c’est que les mères n’ont que des fils. (…) Qu’ont-elles fait de la rébellion? ». Dans cet ouvrage autobiographique, Malika Mokedden parle littéralement –et littérairement- de ses hommes, en commençant par le premier d’entre eux : Son frère cadet, le fils tant attendu enfin né, alors qu’elle avait trois ans et demi.
En cinquième, elle était la seule fille de sa classe. Il y en avait pourtant trois autres en sixième. Ont-elles cessé leurs études ? Bien évidemment. Pourquoi ? Parce qu’on les a mariées avant qu’elles n’entrent en cinquième. Dans ce village algérien, ces barbaries ordinaires que l’on connaît bien. Le fils que l’on bat parce que, injure suprême, sa sœur travaille mieux que lui à l’école. L’un de ses premiers amoureux, cédant à la tradition kabyle, rejetant Malika pour un mariage consanguin. |
Ces quelques détails biographiques ont été recueillis sur http://dzlit.free.fr/mokeddem.html |
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