rotko pilier

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 | Sujet: Ahmadou Kourouma [Cote d'Ivoire] Dim 26 Mar - 11:03 | |
| Ahmadou Kourouma, Allah n'est pas obligé, éditions du Seuil.
Le grand bordel africain !
J'ai raté une adaptation théatrale de ce roman, et je le regrette bien !
Comment pouvait-on faire cette transposition ? Voila qui m'intrigue... je me rabats donc sur le roman d'Ahmadou Kourouma, auteur d'origine ivoirienne. C'est un enfant qui parle, et dans son langage "maladroit" qui accepte et relate les "7 plaies" d'Afrique, on trouve de quoi frémir et s'indigner.
L'ennui à mes yeux vient de ce que le narrateur assaisonne sa langue prétendument fruste, d'explications empruntées au dictionnaire et à d'autres lexiques. Ce procédé coupe l'élan du lecteur - souvent 3 explications par page, et il se produit même des redites :
"| Citation: | Au village, quand quelque chose n'a pas d'importance, on dit qu'il ne vaut pas le pêt d'une vieille grand-mère. Je l'ai expliqué, une fois déjà, je l'explique encore .)" | p 66
Me voila donc frustré dans mon appétit de savoir comment réagissent et agissent les enfants-soldats à la kalachnikov dans les guerres du Liberia.
Dommage ! le thème méritait à mon avis un meilleur traitement. Mais je serais curieux de connaître les réactions d'autres lecteurs. Ce livre a reçu le Prix Renaudot en 2000 |
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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22895
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Domi pilier

Age : 46 Inscrit le : 19 Mai 2006 Messages : 32 Localisation : 78
 | Sujet: Re: Ahmadou Kourouma [Cote d'Ivoire] Sam 14 Avr - 1:32 | |
| En ce moment au théâtre Le Tarmac de la Villette (petit théâtre d'une soixantaine de places) se joue une pièce adaptée d'un roman de l’écrivain ivoirien Ahmadou Kourouma "Monné, outrages et défis".
Une trentaine de spectateurs ravis et muets à l'écoute de ce beau spectacle qui prend la forme d'un conte épique. L'adaptation et la mise en scène sont de Stéphanie Loïk qui a déjà travaillé sur des textes d'écrivains africains.
Les personnages : le Roi de Soba, Djigui Keita (joué par Hassane Kassi Kouyaté), l'interprète Soumaré (joué par D'de Kabal) et les Français, les Blancs (joués par Phil Deguil, le visage sec, la bouche déformée par les mots implacables qu'il prononce) se déplacent lentement avec des mouvements codifiés, presque chorégraphiques, sur un plateau nu. Le sol rougeoie de terre poussièreuse et le cyclorama colorie l'atmosphère. La lumière de Gilles Bouscarle est à la fois simple et belle.
Le texte coule de la bouche des comédiens comme un long poème, le verbe touche par son pittoresque, son humour, et sa force sans complaisance et sans parti pris. La musique et les danses africaines accompagnent le texte.
Le récit raconte la colonisation d'un pays africain sur une durée d'un siècle ; la trame en est la vie du roi musulman Keita (personnage imaginaire) ; confronté à l'arrivée des colonisateurs français. Le roi tente d'abord de s'opposer puis se compromet, entraînant son peuple vers la « monnè » (l'outrage) et la malédiction. L'interprète Soumaré, collaborant avec les « Nazaréens » permet d'éviter les exactions mais les populations noires doivent se soumettre aux règles des Blancs tandis que le Roi attend que les rails arrivent jusqu'à son village avec le train et la gare que les Blancs lui ont promis.
Ce conte se déroule comme une tragédie qui traverse le temps, première deuxième guerre mondiale, puis s'achève par la mort du roi, et l'indépendance d'un pays exangue.
A voir, si vous êtes en Ile de France. Et le prix des places est tout à fait abordable.
Le roman est édité au Seuil. _________________ -- Domi. |
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