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swallow pilier

Inscrit le : 17 Mar 2006 Messages : 830 Localisation : Espagne
| |  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 20283
| |  | | swallow pilier

Inscrit le : 17 Mar 2006 Messages : 830 Localisation : Espagne
| Sujet: Re: Orhan Pamuk [Turquie] Lun 16 Oct - 22:49 | |
| Merci Rotko, je ne savais pas qu´il fallait proceder de la sorte  _________________ "A quoi rêvent dans les fleurs les papillons qui ne bougent plus ?" |
|  | | Bachy Pierre pilier

Inscrit le : 05 Jan 2006 Messages : 96
| Sujet: Re: Orhan Pamuk [Turquie] Mar 17 Oct - 8:14 | |
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Pour rigoler...
" Ka " n'est-il-elle (?) pas la marque de vêtement de Ségo ? ? ?  _________________ *** La culture, c'est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale (Ed. Herriot)*** |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 20283
| Sujet: Re: Orhan Pamuk [Turquie] Mar 17 Oct - 11:50 | |
| mauvais esprit
| Citation: | | Vêtements pour filles : Informations sur le produit, comparaisons des prix, ainsi que critiques et évaluations ... O.KA.OU La jupe plissee en denim O.KA.OU |
http://shopping.msn.fr/results/shp/?bcatId=273,av=2-9389
Pour ta peine, Pierre, tu chanteras avec "au bonheur des dames"
la chanson de SEGO
fin de la parenthèse !!  |
|  | | Bachy Pierre pilier

Inscrit le : 05 Jan 2006 Messages : 96
| Sujet: Re: Orhan Pamuk [Turquie] Mar 17 Oct - 17:16 | |
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Tout...mais pas ça !
Mauvaise fille va ! Snif :afro: _________________ *** La culture, c'est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale (Ed. Herriot)*** |
|  | | Bachy Pierre pilier

Inscrit le : 05 Jan 2006 Messages : 96
| Sujet: Re: Orhan Pamuk [Turquie] Mar 17 Oct - 17:18 | |
| Cela ne s'améliore pas...chez moi...
Voilà que je qualifie notre Rotko de " fille " ! ! !
Ce ne va plus dans ma tête.
Scuses  _________________ *** La culture, c'est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale (Ed. Herriot)*** |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 20283
| Sujet: Re: Orhan Pamuk [Turquie] Mer 18 Oct - 8:12 | |
| En turquie la situation ne s'ameliore pas : procès contre l'editeur d'un livre de noam chomsky qui parlait de la repression antikurde notamment.
le livre | Citation: | | contient des références au traitement imposé à la minorité kurde de Turquie dans les années 1990 -au plus fort de la lutte entre les séparatistes kurdes et les forces de sécurité turques- de manière jugée insultante par le ministère public | . AFP |
|  | | swallow pilier

Inscrit le : 17 Mar 2006 Messages : 830 Localisation : Espagne
| Sujet: Re: Orhan Pamuk [Turquie] Dim 10 Déc - 18:34 | |
| Très beau discours de Pamuk, à Stokholm le 7 Décembre: http://nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/2006/pamuk-lecture_fr.html
L´auteur ne fait aucune concession à tous ceux qui attendaient le discours politisé d´un écrivain engagé. Un ecrivain d´un pays musulman et laïque qui vient tout juste d´être visité par le Pape. Le discours d´Orhan PAmuk est pure littérature, une belle histoire: "La valise de mon papa". Il ne cite que quelques rares auteurs : Valery que son père traduisait en turc, Sartre que ce dernier voyait sur les trottoirs de Paris, ensuite juste quelques mots sur le provincialisme de Tchekov et "les sentiments d'amour et de haine que Dostoïevski a éprouvé toute sa vie à l'égard de l'Occident." mais principalement et toujours Montaigne: " Celui qui marque le début de la littérature moderne, le premier grand exemple d'écrivain libre et de lecteur affranchi des contraintes et des préjugés, qui a le premier discuté les mots des autres sans rien écouter que sa propre conscience, qui a fondé son monde sur son dialogue avec les autres livres, est évidemment Montaigne". Ses secrets d´ecrivain :" Pour moi le secret du métier d'écrivain réside non pas dans une inspiration d'origine inconnue mais sur l'obstination et la patience. Une jolie expression turque « creuser un puits avec une aiguille », me semble avoir été inventée pour nous autres écrivains" Sa conception du metier d´ecrivain, plus redevable de travail laborieux et continu que de genialité ou de talent m´évoque le mot de Boileau: "Cent fois sur le metier remettez votre ouvrage" Enfin, les raisons pour lesquelles il écrit : J'écris parce que j'en ai envie. J'écris parce que je ne peux pas faire comme les autres un travail normal. J'écris pour que des livres comme les miens soient écrits et que je les lise. J'écris parce que je suis très fâché contre vous tous, contre tout le monde. J'écris parce qu'il me plaît de rester enfermé dans une chambre, à longueur de journée. J'écris parce que je ne peux supporter la réalité qu'en la modifiant. J 'écris pour que le monde entier sache quel genre de vie nous avons vécue, nous vivons moi, les autres, nous tous, à Istanbul, en Turquie. J'écris parce que j'aime l'odeur du papier et de l'encre. J'écris parce que je crois par-dessus tout à la littérature, à l'art du roman. J'écris parce que c'est une habitude et une passion. J'écris parce que j'ai peur d'être oublié. J'écris parce que je me plaîs à la célébrité et à l'intérêt que cela m'apporte. J'écris pour être seul. J'écris dans l'espoir de comprendre pourquoi je suis à ce point fâché avec vous tous, avec tout le monde. J'écris parce qu'il me plaît d'être lu. J'écris en me disant qu'il faut que je finisse ce roman, cette page que j'ai commencée. J'écris en me disant que c'est ce à quoi tout le monde s'attend de ma part. J'écris parce que je crois comme un enfant à l'immortalité des bibliothèques et à la place qu'y tiendront mes livres. J'écris parce que la vie, le monde, tout est incroyablement beau et étonnant. J'écris parce qu'il est plaisant de traduire en mot toute cette beauté et la richesse de la vie. J 'écris non pas pour raconter des histoires, mais pour construire des histoires. J'écris pour échapper au sentiment de ne pouvoir atteindre un lieu où l'on aspire, comme dans les rêves. J'écris parce que je n'arrive pas à être heureux, quoi que je fasse. J'écris pour être heureux." _________________ "A quoi rêvent dans les fleurs les papillons qui ne bougent plus ?" |
|  | | coline pilier
Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 4109
| Sujet: Re: Orhan Pamuk [Turquie] Jeu 14 Déc - 22:59 | |
| Autres extraits de son discours:
"Deux ans avant sa mort, mon père m'a remis une petite valise remplie de ses propres écrits, ses manuscrits et ses cahiers. En prenant son habituel air sarcastique, il m'a dit qu'il voulait que je les lise après lui, c'est-à-dire après sa mort. "Jette un coup d'oeil, a-t-il dit, un peu gêné, peut-être y a-t-il quelque chose de publiable. Tu pourras choisir." On était dans mon bureau, entourés de livres. Mon père s'est promené dans la pièce en regardant autour de lui, comme quelqu'un qui cherche à se débarrasser d'une valise lourde et encombrante, sans savoir où la poser. "[...]
"Je me souviens d'avoir tourné autour de cette valise pendant quelques jours après son départ, sans la toucher. Je connaissais depuis mon enfance cette petite valise de maroquin noir, sa serrure, ses renforts cabossés. Mon père s'en servait pour ses voyages de courte durée, et parfois aussi pour transporter des documents de chez lui à son travail. Je me rappelais avoir, enfant, ouvert cette valise et fouillé dans ses affaires, d'où montait une odeur délicieuse d'eau de Cologne et de pays étrangers. Cette valise représentait pour moi beaucoup de choses familières ou fascinantes, de mon passé et de mes souvenirs d'enfance ; pourtant, je ne parvenais pas à la toucher. Pourquoi ? Sans doute à cause du poids énorme et mystérieux qu'elle semblait renfermer. Je vais parler maintenant du sens de ce poids : c'est le sens du travail de l'homme qui s'enferme dans une chambre, qui, assis à une table ou dans un coin, s'exprime par le moyen du papier et d'un stylo, c'est-à-dire le sens de la littérature."
"Cependant, en contemplant avec inquiétude cette valise fermée, je me sentais justement incapable de cela même. Mon père avait coutume, parfois, de s'allonger sur le sofa à l'entrée de sa bibliothèque, de poser le magazine ou le livre qu'il était en train de lire et de suivre longuement le cours de ses pensées. Sur son visage apparaissait alors une nouvelle expression, différente de celle qu'il avait en famille, au milieu des plaisanteries, des disputes ou des taquineries - un regard tourné vers l'intérieur. J'en avais déduit dès mon enfance et ma première jeunesse que mon père était un homme inquiet, et je m'en inquiétais. Je sais maintenant, tant d'années après, que cette inquiétude est l'une des raisons qui font d'un homme un écrivain. (...)
Ecrire et lire étaient en quelque sorte une façon de sortir d'un monde et de trouver une consolation par l'intermédiaire de la différence, de l'étrangeté et des créations géniales de l'autre. Je sentais que mon père aussi lisait parfois pour échapper à son monde et fuir vers l'Occident, tout comme je l'ai fait moi-même plus tard. Il me paraissait aussi qu'à cette époque-là les livres nous servaient à nous défaire du sentiment d'infériorité culturelle ; le fait de lire, mais aussi d'écrire, nous rapprochait de l'Occident en nous en faisant partager quelque chose. Mon père, pour remplir tous ces cahiers dans cette valise, était allé s'enfermer dans une chambre d'hôtel à Paris et avait rapporté en Turquie ce qu'il avait écrit. (...)
Avec ces pensées optimistes, j'ai ouvert la valise, qui était restée plusieurs jours là où mon père l'avait laissée, et j'ai lu, en mobilisant toute ma volonté, certains cahiers, certaines pages. Une semaine après avoir déposé la valise dans mon bureau, mon père m'a rendu visite à nouveau, avec comme d'habitude une boîte de chocolats (il oubliait que j'avais 48 ans). Comme d'habitude nous avons parlé de la vie, de politique, des potins de famille et nous avons ri. A un moment donné, mon père a posé son regard là où il avait laissé la valise, et il a compris que je l'avais déplacée. Nos regards se sont croisés. Il y a eu un silence embarrassé. Je ne lui ai pas dit que j'avais ouvert la valise et essayé d'en lire le contenu. J'ai fui son regard. Mais il a compris. Et j'ai compris qu'il avait compris. Et il a compris que j'avais compris qu'il avait compris. Ce genre d'intercompréhension ne dure que le temps qu'elle dure. Car mon père était un homme sûr de lui, à l'aise et heureux avec lui-même. Il a ri comme d'habitude, et, en partant, il a encore répété, comme un père, les douces paroles d'encouragement qu'il me disait toujours. Comme d'habitude, je l'ai regardé sortir en enviant son bonheur, sa tranquillité, mais je me souviens que ce jour-là j'ai senti en moi un tressaillement embarrassant de bonheur. (...)
"Vingt-trois ans auparavant, quand j'avais 22 ans, j'avais décidé de tout abandonner et de devenir romancier, je m'étais enfermé dans une chambre, et quatre ans plus tard, j'avais terminé mon premier roman, Monsieur Djevdet et ses fils, et j'avais remis, les mains tremblantes, une copie dactylographiée du livre qui n'était pas encore publié, à mon père, pour qu'il le lise et me dise ce qu'il en pensait. Obtenir son approbation était pour moi important, non seulement parce que je comptais sur son goût et sur son intelligence, mais aussi parce que, contrairement à ma mère, mon père ne s'opposait pas à ce que je devienne écrivain. Quand il est rentré, deux semaines après, j'ai couru lui ouvrir la porte. Mon père n'a rien dit, mais il m'a pris dans ses bras et embrassé d'une façon telle que j'ai compris qu'il avait beaucoup aimé mon livre. Pendant un temps, nous sommes restés silencieux, mal à l'aise, comme il arrive dans des moments de sentimentalité excessive. Lorsque, un peu plus tard, nous nous sommes mis un peu plus à l'aise et avons commencé à causer, mon père a exprimé, plein d'excitation et par des mots exagérés, sa confiance en moi, et en mon premier livre. Il m'a dit que j'allais un jour recevoir ce prix, que j'accepte aujourd'hui avec beaucoup de bonheur." |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 20283
| Sujet: Re: Orhan Pamuk [Turquie] Mer 9 Mai - 17:33 | |
| Orhan Pamuk publie Istanbul, chez Gallimard, une autobiographie dans laquelle il raconte l'itinéraire d'un jeune homme au cœur de la cité.
Extrait d'un entretien où il parle de la ville,- et non de son ouvrage.
| Citation: | Pour moi, Istanbul fait partie de l'Europe, puisque mon club de foot, Galatasaray, joue en Coupe d'Europe...
Si vous me demandez si Istanbul est en Europe, je vous répondrai qu'il suffit de regarder la carte du monde pour le constater. Mais, plus sérieusement, nous ne sommes pas encore, à ce jour, au niveau. Cela dit, je pense que la Turquie doit être, culturellement, capable de rejoindre les démocraties européennes dans l'Union. Mais sans renier ce qu'elle est vraiment.
Le désir de la Turquie d'entrer dans l'Europe pose le problème suivant: qu'est-ce que la culture européenne? Est-ce la religion? Est-ce l'histoire? Est-ce la géographie? Ou bien quelque chose d'autre? Istanbul appartient géographiquement et historiquement à l'Europe.
Mais la vraie question à laquelle nous devons tous répondre (nous autres, Turcs, ainsi que les autres peuples d'Europe) est la suivante: comment voyons-nous l'avenir de l'Europe? |
Par ailleurs Pamuk annonce pour l'automne en Turquie un nouvel ouvrage qui s'intitulerait "le musée de l'innocence" , selon la traduction littérale française.C'est l'histoire d'une relation amoureuse. |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 20283
| Sujet: Re: Orhan Pamuk [Turquie] Mer 16 Mai - 13:17 | |
| Orhan Pamuk, Istanbul, souvenirs d'une ville, Gallimard - Du Monde Entier
Évocation d’une ville, roman de formation et réflexion sur la mélancolie, Istanbul est tout cela à la fois. Orhan Pamuk se remémore ses promenades d’enfant, et nous entraîne à travers ruelles en pente et jardins, sur les rives du Bosphore, devant des villas décrépites, dessinant ainsi le portrait fascinant d’une métropole en déclin.
Lente désagrégation qui s'accompagne d'une autre, intime et plus douloureuse; celle de la famille Pamuk .
dit en substance France-culture qui accueillait ce mercredi 16 mai Orhan Pamuk, pour en entretien de 40 minutes. Possibilité de l'ecouter sur le podcast.
Ajoutons que le livre comporte des images d'Istambul, parle des rapports entre L'occident - dont la France, et la Turquie, de la "mélancolie"etc... |
|  | | Cécile pilier

Inscrit le : 03 Mai 2007 Messages : 162
| Sujet: Mon nom est rouge Jeu 17 Mai - 21:45 | |
|
A propos d'Orhan Pamuk,
le 12 octobre 2006, consacré par le Prix Nobel de Littérature,
… lequel m’a incité à aller jeter mes yeux sur la quatrième de couverture de « Mon nom est Rouge », exposé sur les tables de recommandation des libraires. Habituellement, je trouve ces résumés ou « mise en bouche » racoleurs, sans originalité et peu convaincants quant au plaisir attendu quand on se cherche un livre. Mais là, en plus du Nobel, l’entrefilet me mit l’eau à la bouche.
Je me dépêchais donc de bâcler la lecture de celui en cours (un suspens réchauffé pas terrible, mais bon quand même il fallait bien que je sache qui avait tué …) pour me plonger dans le pavé en question.
Le début fut rude peu habituée que je suis, à lire pareilles phrases alambiquées et de style pas très moderne. Il a donc fallu que mes yeux se plient à la discipline des virgules, points virgule et autre ponctuation de ces phrases interminables, pas moyen de lire en biais. Je m’appliquais donc sur tous les mots, et finalement je m’habituais assez vite au style, l’histoire aidant.
Dans ce livre nous plongeons dans le monde des enluminures de type persan, celles que l’on a déjà vu au moins une fois dans un livre scolaire d’histoire au collège avec des couleurs vives et des dessins, disons, naïfs voir kitch (j’imagine d’ici la tête des protagonistes du roman s’ils m’entendaient me poussant au pieu des empalés, mais je les rassure mon opinion s’est un peu étoffée de connaissance depuis, grâce à eux). Là tout nous est expliqué, la démarche, les couleurs, leur fabrication, les peintres, jusqu’à l’antagonisme des écoles entre elles et celui contre la peinture occidentale que tous réprouvent mais qui tous les tente. On y découvre les outrages et les principes de cette peinture, comme par exemple l’humilité de ces peintres qui, summum de leur humilité, est de ne signer aucune de leurs œuvres ou encore de devenir aveugle à force de labeur pour enfin peindre de mémoire, avec les yeux de Dieu. Bref, nous voilà au cœur de l’empire ottoman du 16ème siècle à suivre ces peintres plongés dans une ambiance meurtrière et les amours difficiles du sieur chargé de l’enquête.
Les usages et coutumes d’une époque révolue dans une culture inconnue (enfin pour moi) nous sont décrits aussi précisément que le dessin d’un cheval flamboyant.
Après la curiosité, après cette petite musique que le style installe, après le suspens car il y a meurtre, plusieurs même, après l’histoire d’amour, ce livre se caractérise aussi par l’originalité. Les couleurs nous parlent, les morts nous parlent, les chevaux dessinés nous parlent, les pièces de monnaies nous parlent, ah non vraiment, impossible de s’ennuyer avec ce livre foisonnant.
A la fin de cette lecture, je reste sous le charme tout oriental de ce roman qui malheureusement ne compte finalement que 735 pages. |
|  | | yugcib pilier

Inscrit le : 27 Jan 2006 Messages : 208 Localisation : Tartas, Landes
| Sujet: Neige, d'Orhan Pamuk Ven 1 Juin - 9:07 | |
| Un jeune poète Turc arrive à Kars, une petite ville située en Anatolie. Ce jeune poète a pour nom Kerim Alakusoglu, mais comme il n’aime pas ce nom, il préfère qu’on l’appelle Ka. Ka arrive donc à Kars par le bus venant d’Erzurum. Il neige depuis des heures et des heures et le paysage est complètement gelé. Ka a été envoyé par un journal d’Istanbul : des jeunes femmes portant le foulard se sont récemment suicidées et notre poète, à peine arrivé dans la ville, s’entretient avec le chef de la police locale, un islamiste radical, Lazuli, qui vit dans la clandestinité et un acteur Républicain, Sunay… Ces gens essaient de rallier Ka à leur cause… Mais le poète avance comme dans un rêve, au milieu de tous ces personnages, et son inspiration poétique est stimulée par l’amour qu’il ressent pour Ipek, une ancienne camarade de faculté venant de divorcer... Et par ce voile de neige qui ne cesse de couvrir la ville… Ce qui m’étonne et retient mon attention dans ce livre, c’est ce rapport entre la religion (ici l’Islam), la laïcité, l’état… Un rapport d’une grande complexité, avec des situations très sensibles. _________________ "Nous ne pouvons savoir! Nous sommes accablés d'un manteau d'ignorance et d'étroites chimères!" [Arthur Rimbaud] |
|  | | Mandosiane habitué(e)

Inscrit le : 29 Mar 2008 Messages : 20
| Sujet: Re: Orhan Pamuk [Turquie] Mar 1 Avr - 18:03 | |
| Je viens de terminer Neige, et j'ai lu avec intérêt ce fil, en me disant que je trouverai peut-être des réponses, des explications... J'ai lu ce livre avec gourmandise, mais pas avec voracité, et je pense sincèrement être passée à côté de quelque chose... Vos commentaires enchantés confirment mon état d'esprit. Certes, je me suis laissée prendre par l'intrigue, mais je n'ai pas trouvé le suspens que j'attendais... Certes, la réflexion autour de l'islam radical et modéré, de la laïcité, de la république, de l'influence de l'Occident, y est très riche, voire foisonnante, source de nombreuses interrogations... Certes, les personnages sont intéressants, mais je n'ai finalement marché dans les pas d'aucun... Je me suis laissée prendre par la morne ville enneigée, par la triste monotonie d'une petite bourgade bloquée par l'hiver, sorte de huis clos à l'échelle urbaine... Il m'a semblé que régnait dans ces pages toute la triste et misérable solitude de certains personnages... Je ne sais pas si c'est l'intrigue, pourtant bien construite, je ne sais pas si c'est le style, pourtant, en relisant quelques pages au hasard, je le trouve séduisant... Peut-être la distance que prend l'auteur par rapport à l'histoire qu'il raconte ? Je crois que je ne l'ai pas lu au bon moment, j'avais besoin de passion, de lumière aveuglante, de personnages à couper le souffle, je suis encore trop habitée par mon précédent livre (Les Cavaliers, Kessel), il n'était pas encore temps... |
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