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Gabriel Garcia Marquez

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coline
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Inscrit le : 04 Jan 2006
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MessageSujet: Gabriel Garcia Marquez   Sam 25 Fév - 20:38



"Vivre pour la raconter" ("Vivir para contarla")

… J’ai appris tant de choses sur l’écrivain colombien à travers ce premier tome de ses mémoires. Il est tentant, à tous moments, de se replonger dans ses livres étroitement liés à sa biographie, ce que j’ai fait. « Pas de lettres pour le colonel » part des portraits de ses grands-parents », « L’amour au temps du cholera » nous ramène à l’histoire de ses parents (« je ne suis pas parvenu à faire la différence entre la vie et la poésie »), et l’on reconnaît les innombrables personnages qui ont inspiré ses romans.…Toute son œuvre porte la trace de sa famille impécunieuse et excentrique et de son existence, enjolivée pour faire quelques chefs d’œuvre de la littérature sud-américaine..

On voit dans ce livre que la vocation d’écrivain de Gabriel Garcia Marquez est née très tôt, dès l’enfance. A sa mère qui lui demandait : « Et alors qu’est-ce que je vais dire à ton père ? », il répondit « la main sur le cœur » : « Dis-lui que je l’aime beaucoup et que grâce à lui je vais devenir écrivain…Ecrivain et rien d’autre. »

Le Prix Nobel de Littérature de 1982 relate, avec truculence et en ordre chronologique, son enfance et sa jeunesse. Son père et sa mère aux amours jadis contrariées, son grand’père coureur de jupons, sa grand’mère supersticieuse, ses études. Il raconte ses débuts comme journaliste dans une Colombie déchirée par la guerre civile où les libéraux et les conservateurs s’opposaient à Bogota dans un conflit sanglant qui transforma la ville en cimetière.. Gabriel Garcia Marquez écrit à ce sujet des pages d’une puissance incroyable.

Pour écrire cette autobiographie, il a eu le souci de s’en tenir à la réalité des faits, aidé en cela par les témoins de son histoire…Mais Garcia Marquez reste lui-même en échappant parfois à la réalité et en évoquant quelques phénomènes surnaturels comme un faune qui s’embarque dans un tramway urbain : « Je commençais à croire que je m’étais endormi de fatigue et que j’avais fait un rêve si net que je ne pouvais le différencier de la réalité. Au bout du compte, l’essentiel pour moi n’était pas de savoir si le faune était réel, mais si j’avais vécu l’épisode comme s’il l’était. Songe ou réalité, il ne fallait pas le considérer comme un sortilège de l’imagination mais comme une expérience merveilleuse de la vie. »…

On découvre et on aime « Gabo » (son surnom), l’enfant pas très obéissant, le jeune homme prompt à chanter, danser, draguer, l’étudiant désargenté fumant comme un pompier, lisant à corps perdu et passant des nuits blanches à refaire le monde. Ses longues années de pauvreté familiale et de galère.

Un admirateur de l’œuvre de Garcia Marquez ne peut passer à côté de cet ouvrage, généreux et humaniste.L’on y retrouve son immense talent d’écrivain, ses accents d’humour et de tendresse qui rappellent « Cent ans de solitude », ce foisonnement de personnages auxquels il a conféré dans ses romans des caractères incroyables. Mais son livre a aussi le mérite d’attirer l’attention du monde sur son pays natal, souvent oublié, livré à son sort, la Colombie.
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Loudon Dodd
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Inscrit le : 30 Mar 2006
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MessageSujet: Re: Gabriel Garcia Marquez   Sam 1 Avr - 14:06

Peut-être, mais franchement, vous ne trouvez pas que Cent ans de solitude est un roman largement surestimé ?
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Dona
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MessageSujet: Re: Gabriel Garcia Marquez   Sam 1 Avr - 18:33

Loudon Dodd a écrit:
Peut-être, mais franchement, vous ne trouvez pas que Cent ans de solitude est un roman largement surestimé ?



En quoi?
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coline
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Inscrit le : 04 Jan 2006
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MessageSujet: Re: Gabriel Garcia Marquez   Sam 1 Avr - 18:44

C'est un roman magnifique.
Moi non plus je ne comprends pas cette remarque Loudon Dodd?

Extrait:
"L'air y avait une densité toute nouvelle, comme si on finissait juste de l'inventer, et les belles mulâtresses qui attendaient sans espoir entre les pétales sanglants et les disques passés de modes, connaissaient des offices de l'amour que l'homme avait oublié d'emporter du paradis terrestre. La première nuit où le groupe s'en vint rendre visite à cette serre à illusions, la splendide et taciturne doyenne, qui surveillait les entrées dans un fauteuil à bascule en rotin, sentit le temps revenir à ses sources premières quand elle découvrit parmi les cinq nouveaux arrivants un homme aux os saillants, au teint bistre, aux pommettes tartares, marqué depuis le commencement du monde et à jamais par la vérole de la solitude."
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Loudon Dodd
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Messages : 108

MessageSujet: Re: Gabriel Garcia Marquez   Sam 1 Avr - 18:57

Bof.

J'ai trouvé ce roman long, fatigant, essoufflé.

Construit à base de "réalisme magique" artificiel et d'exotisme facile, le tout lié par des grosses ficelles narratives.

Une sorte de sous-Asturias en plus facile à lire mais en moins habité ; du picaresque néo-allégorique qui ne parvient pas, malgré ses cinq cent pages, à se hisser à la hauteur des chevilles de Juan Rulfo.

Du divertissement un peu vain, et surtout (mais ce n'est que mon avis) arbitraire.
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rotko
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MessageSujet: Re: Gabriel Garcia Marquez   Sam 1 Avr - 19:12

j'ai bien aimé de Gabriel Garcia Marquez, la Chronique d'une mort annoncée, parue aux cahiers rouges chez Grasset.

Une polyphonie baroque.

Santiago Nasar sera la victime de l'histoire amoureuse qui tourne mal, entre le flamboyant Bayardo San Roman et la jeune Angela Vicario.
Dès le début de ce court récit on est frappé par la virtuosité du conteur. On l'entend sans clairement l'identifier, mais il rapporte ce qu'il a vécu, il mène l'enquête et fait parler les différents protagonistes - qui ont tous leur mot à dire. La parole tourne à grande vitesse et raconte avec exubérance les évènements qui ont marqué, voire traumatisé, tout le village - pour longtemps.

Le conteur appartient au peuple. Il en partage la frénésie de vie et il la traduit dans un flot de paroles. Pas question de l'interrompre ! tous les détails ont leur importance, et canaliser le récit serait l'anéantir.

Certains ont voulu voir des résonances religieuses, voire christiques, dans ce récit Question Question . En fait les allusions au Christ sont rares, même si la mort de Santiago est un calvaire, digne d'une "passion". On trouve certes dans le rapport d'autopsie cette remarque : "
Citation:
on aurait dit une des cinq plaies du Christ",
mais l'auteur du rapport est le curé !

La religion officielle, celle de l'Evêque mangeur de crêtes de coqs, objet de curiosité et de dérisions, pèse peu de poids à côté des évènements qui ont lieu dans le village.

En revanche ce que dit Angela Vicario à ses amies pour expliquer la perte de sa virginité ne manque pas de sel :

Citation:
"elle nous parla du miracle mais pas du saint".


Dans son livre, Garcia Marquez célèbre la vie sous toutes ses formes, dans l'intrigue et dans le style, bien loin de se faire l'apôtre des préjugés qui occasionnent le drame.

Ainsi sommes-nous embarqués et comme adoptés par ce turbulent village dont nous partageons tous les moments, les plus dramatiques comme les plus inattendus.

Avec Gabriel Garcia Marquez, nous sommes tous des Colombiens.
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coline
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MessageSujet: Re: Gabriel Garcia Marquez   Sam 1 Avr - 19:19

Je ne connaîs guère Miguel Angel Asturias et pas du tout Juan Rulfo et n'établirai donc aucune comparaison entre ces trois auteurs...Mais je trouve ta critique très sévère à l'égard de "Cent ans de solitude"...

Entre mythe et réalité, Gabriel Garcia Marquez s'approprie l'Histoire qui lui a été transmise par des membres de sa famille et il nous la raconte dans ce livre que je trouve plus épique qu'essoufflé!

Quant au "réalisme magique", c'est tout l'univers de Garcia Marquez...On aime ou pas. Mais on ne peut, à mon avis, contester la valeur de l'oeuvre de Garcia Marquez....On n'est pas Prix Nobel pour rien ...
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Dona
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MessageSujet: Re: Gabriel Garcia Marquez   Sam 1 Avr - 19:26

Loudon Dodd a écrit:
Bof.

J'ai trouvé ce roman long, fatigant, essoufflé.

Construit à base de "réalisme magique" artificiel et d'exotisme facile, le tout lié par des grosses ficelles narratives.



En réalité, je l'ai commencé trois fois, suis allée jusqu'aux deux cent pages environ mais n'ai jamais pu finir. J'aimerais pourtant bien mais soit je me perds dans les noms, soit je me noie dans la narration aussi prolixe qu'une forêt amazonienne.
Ce qu'en dit Coline m'incite à nouveau à le reprendre mais je suis bretonne de conduite...

Je n'ai pas pu finir Chronique d'une mort annoncée non plus -qui est pourtant bien plus court- tant les personnages me semblaient typés, j'entends, pris dans une couleur locale qui me rappelaient un peu trop de films sur le sujet: personnages machistes, filles alanguies, villageois obtus face à l'étranger.
Par contre, je me suis délicieusement nourrie de L'Amour au temps du choléra parce qu'il y a une idéalisation du sentiment amoureux qui donne tout son sens à la vie du héros masculin. Et parfois, ce n'est pas si loin de la réalité...
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coline
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MessageSujet: Re: Gabriel Garcia Marquez   Sam 1 Avr - 19:42

Je te conseillerais d'essayer de le reprendre Dona...mais si tu as déjà essayé deux fois! Happy ...

Les noms peuvent prêter à confusion car ils sont les mêmes d'une génération à l'autre et désignent dans le récit des personnages différents...
Je suis d'accord aussi que l'ambiance est chaude et humide...mais comme elle doit l'être en ce lieu (imaginaire, certes, mais ô combien ressemblant à d'autres lieux bien réels de Colombie).
Je me suis vraiment laissée embarquer par cette histoire.
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Loudon Dodd
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MessageSujet: Re: Gabriel Garcia Marquez   Dim 2 Avr - 1:27

coline a écrit:
Quant au "réalisme magique", c'est tout l'univers de Garcia Marquez...On aime ou pas. Mais on ne peut, à mon avis, contester la valeur de l'oeuvre de Garcia Marquez....On n'est pas Prix Nobel pour rien ...

Le "réalisme magique" serait "tout l'univers" de Garcia Marquez ?

C'est un peu comme de dire que la Seconde République serait "tout l'univers" de Napoléon III.

Mais bon, si le jury du Nobel a décrété que le prévaricateur était l'inventeur de la notion de "réalisme magique", il n'y a plus qu'à s'incliner.

Après tout, d'autres disent que le "romanesque", c'est "tout l'univers" de Houellebecq.

Pourquoi pas ?

Mais ceux qui aiment vraiment le réalisme magique liront (ont déjà lu, en fait) les romans buenos airiens de Bioy Casares, celui de Rulfo, ceux de Carpentier, ceux d'Asturias, les nouvelles de Quirogua, etc.

Et une fois lus, qui osera dire que le "réalisme magique" est l'apanage de Garcia Marquez ?
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rotko
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MessageSujet: Re: Gabriel Garcia Marquez   Dim 2 Avr - 5:05

Je connais mal Marquez, mais le terme "prevaricateur" -que j'ai cherché dans le dictionnaire Wink , me paraît dur, Twisted Evil en gros : "qui manque aux devoirs de sa charge, qui detourne des fonds."
Un écrivain peut participer à un courant d'inspiration sans être un coquin. Le jeu des influences est complexe, et dans tous les arts.
En revanche les noms d'auteurs que tu donnes m'ouvrent des pistes à explorer tant il est vrai que l'Amerique latine est un vrai gisement
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Loudon Dodd
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MessageSujet: Re: Gabriel Garcia Marquez   Dim 2 Avr - 11:31

C'est vrai que je me suis un peu enflammé sur ce coup-là...
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rotko
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MessageSujet: Re: Gabriel Garcia Marquez   Dim 2 Avr - 11:44

Loudon Dodd a écrit:
C'est vrai que je me suis un peu enflammé sur ce coup-là...

Laughing C'est bon de secouer les neurones ! Wink
Gabriel Garcia Marquez, douze contes vagabonds, Grasset.

Des anecdotes pittoresques.

Le prologue donne le ton : ces contes furent improvisés oralement, réécrits, égarés, transformés, jetés à la corbeille, remodelés. 18 ans de tribulations pour ces 12 contes ! les écrivains ne composent pas en temps limité !

Voici les deux premiers en apéritifs.

"Bon voyage, Monsieur le Président" : Un président exilé et sans le sou a des soucis de santé, mais noue des rapports cordiaux avec un conducteur d'ambulance cupide. Les chemins de la guérison sont impénétrables !

"La sainte" : un Colombien tente de faire canoniser sa fille défunte et atterrit dans une pension de famille romaine. Là, dès 6 heures du matin, un ténor répète ses airs favoris, accompagné par les rugissements du lion de la villa Borghese.

Le gardien du lion est docteur en lettres classiques, les papes de cette époque mouraient rapidement, et Garcia Marquez se dévouait pour porter des glaces aux "petites putes" (sic) souffrant de la canicule...
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coline
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Inscrit le : 04 Jan 2006
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MessageSujet: Re: Gabriel Garcia Marquez   Dim 2 Avr - 19:54

Loudon Dodd a écrit:

Mais ceux qui aiment vraiment le réalisme magique liront (ont déjà lu, en fait) les romans buenos airiens de Bioy Casares, celui de Rulfo, ceux de Carpentier, ceux d'Asturias, les nouvelles de Quirogua, etc.

Et une fois lus, qui osera dire que le "réalisme magique" est l'apanage de Garcia Marquez ?


Qui a parlé d'apanage?...Pas moi en tout cas...

Si tu lis l'autobiographie de Garcia Marquez, tu pourras comprendre pourquoi j'ai dit que c'était son univers...Si tu lis "Des yeux de chien bleus" aussi...
Mais c'est un univers plutôt fréquent chez des auteurs sud-américains...
Tu as oublié Jodorowski dans ta liste...
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coline
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MessageSujet: Re: Gabriel Garcia Marquez   Dim 2 Avr - 19:58

Loudon Dodd a écrit:
Le "réalisme magique" serait "tout l'univers" de Garcia Marquez ?

C'est un peu comme de dire que la Seconde République serait "tout l'univers" de Napoléon III.



Et un "prévaricateur" en plus!...
C'est carrément n'importe quoi ces remarques...
Encore un de ces intervenants qui postent des jugements à l'emporte-pièce sur les auteurs et prennent les autres pour des imbéciles!...

Je regrette bien d'avoir lu ton post en diagonale et de t'avoir répondu...
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Gabriel Garcia Marquez

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