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 Reinaldo Arenas (cuba)Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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Tchipette
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MessageSujet: Reinaldo Arenas (cuba)   Mar 29 Jan - 15:26

Fin de défilé
Neuf nouvelles écrites avant son exil, traçant l'histoire moderne de Cuba, et bien sûr celle de Arenas.
Des jeunes gens dépenaillés, partent rejoindre les rebelles avec un couteau. La vieille Rosa vend sa ferme à la coopérative. Les femmes veulent abattre l'amandier de la cour. Et dans la nouvelle éponyme, des centaines de cubains se réfugient, se massent, s'entassent dans la cour et l'ambassade du Pérou, dans l'espoir de pouvoir fuir.

Citation:
Ce matin-là, avant qu'il se lève, toutes les tristesses étaient couleur lilas. Puis il redressa un peu la tête et les tristesses étaient bleues ; mais quand il se pencha encore, en s'asseyant dans son lit, les tristesses se vêtirent d'un jaune violent. Quand il se mit debout et ouvrit la fenêtre d'un coup, toutes les tristesses retrouvèrent leur pigùentation naturelle : la rue, son gris de misère ; les pins, toujours indécis, leur noir verdâtre ; les immeubles, ce rouge récent qui lui faisait mal ; et le ciel, lui, une façade obstinément bleue.


Personnages de femmes-mères autoritaires, cauchemars de mort, la survie n'est là que grâce aux livres et aux mots.

Citation:
Furieux, minutieux délirant, continûment je déverse ma rage, mon effroi, mon ressentiment, ma haine, mon échec, notre échec, notre impuissance, toutes les humiliations, les escroqueries, les impostures et, en dernier, simplement, les coups, la persécution incessante. Tout, tout. Toute notre terreur : sur le papier, sur la page blanche, soigneusement cachée, dès qu'elle est remplie, sous le faux plafond de la loggia, dans les dictionnaires, ou derrière l'armoire : ma vengeance, ma vengeance. Ma victoire.
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Tchipette
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MessageSujet: Re: Reinaldo Arenas (cuba)   Mar 29 Jan - 15:30

Reinaldo Arenas est né en 1943 à Cuba et mort à New York en 1990. Il participe à la révolution castriste, luttant contre Batista, puis peu à peu se retrouve comme opposant au régime, de part sa vie (il revendique son homosexualité) et par ses écrits, sans concessions. En 1990 il quitte Cuba (c'est l'exode de Mariel où 130 000 "rebus" cubains émigrent aux Etats Unis) et se suicide 10 ans plus tard, atteint du sida.
Citation:
En raison de mon état de santé et de la terrible dépression qu'elle me cause du fait de mon incapacité à continuer à écrire et lutter pour la liberté de Cuba, je mets fin à ma vie . . . je veux encourager le peuple Cubain dans l'île comme à l'extérieur, à continuer le combat pour la liberté. . . . Cuba sera libérée. Je le suis déjà.


Dans un style dense et puissant, Arenas ne cesse de se raconter pour mieux raconter Cuba. Les mots sont douloureux, sombres, les personnages, durs. Il n'y a pas d'espoir, ceux que l'on aime trahissent. Pas de liberté, du bruit, du vacarme, des gens qui luttent pour survivre.
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rotko
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MessageSujet: Re: Reinaldo Arenas (cuba)   Mar 29 Jan - 18:24

Reinaldo Arenas était un ami de guillermo rosales. Comme lui, il a mis fin à ses jours.
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Tchipette
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MessageSujet: Re: Reinaldo Arenas (cuba)   Mar 12 Fév - 20:40

Le monde hallucinant

Quatrième de couverture.
L'histoire fabuleuse d'un dominicain méxicain pourchassé par l'Inquisition, une sorte de tour du monde d'un moine en quatre vingt prisons : à la fois biographie imaginaire, conte picaresque, fable philosophique, récit d'aventures surréaliste.


C'est un livre fabuleux, drôle, féroce, une satyre violente contre tous les tyrans, toutes les dictactures. Le style est celui d'une épopée, la biographie de Fray Servando, minutieusement décrite, religieusement historique pourrait on dire, se mêle ici avec les scènes fantastiques et poétiques.

Ce roman, écrit et publié à Cuba, n'a pas la noirceur et le désespoir des écrits New-Yorkais d'Arenas. Il reste du temps et de la place pour la poésie et le rire.

Citation:

Servando Teresa de Mier, on vous accuse de conspirer contre la vie sacrée de Leurs Majestés. On vous accuse aussi d'être enclin à la fuite et d'avoir pour plus forte passion celle de l'indépendance de l'Amérique (et ici le caquet des juges prit le son d'un tambour de fer-blanc), et d'avoir composé quelques dizains dédiés aux geôliers de cette prison où vous les représentez en ânes. Et d'avoir inculqué aux punaises (par le moyen de magie et de messes noires) une haine mortelle à l'endroit de notre ancien gardien-chef, pour qu'elles le rendent aveugle ou lui enlèvent la vie.
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Tchipette
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MessageSujet: Re: Reinaldo Arenas (cuba)   Jeu 13 Mar - 21:48

Adios a Mama

Ou adios a Cuba, huit histoires d'amour et de haine envers le pays qu'il a quitté.

On retrouve ici les obsessions de Arenas, la fascination pour la mort et la décomposition mais aussi la dérision et même la drôlerie.

Adios a Mama, la nouvelle éponyme est terrible avec la mort de la Mama, le sacrifice de (presque) tous ses enfants symbolisant le monstre Cuba qui phagocyte gens et idées, ce que l'on retrouve dans Mémoires du pays.

A la fin du livre, on trouve la fin d'un conte ou la vie d'un exilé cubain à New-York, histoire glacante et lucide.

Mais il y a aussi de la joie et de la farce dans La tour de verre et surtout La comète de Halley, absolument réjouissante.

Un très beau recueil de nouvelles parues chez Motifs en 2000. Si vous ne voulez qu'un Arenas...alors commencez par celui-ci...
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