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| Auteur | Message |
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troglodyte pilier

Age : 38 Inscrit le : 25 Jan 2006 Messages : 617 Localisation : Strasbourg
 | Sujet: Re: Christiane Singer Jeu 16 Nov - 18:52 | |
| En tout cas j'ai bien envie de lire ce livre, et au passage je demande à Coline s'il met plus mal à l'aise que Ouest.
Dernière édition par le Dim 19 Nov - 13:45, édité 1 fois |
|  | | coline pilier
Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 4098
 | Sujet: Re: Christiane Singer Jeu 16 Nov - 19:34 | |
| Je n'ai pas du tout ressenti la même impression. J'y vois une vraie pureté dans ce livre. Alors que dans Ouest, je pense que j'ai été dérangée par les manières perverses du Maître et le caractère sauvage du garde-chasse...accentué par le "climat" dans le domaine, les aboiements de la meute de chiens et les crocs du plus féroce. |
|  | | swallow pilier

Inscrit le : 16 Mar 2006 Messages : 833 Localisation : Espagne
 | Sujet: Re: Christiane Singer Sam 18 Nov - 19:30 | |
| Troglo, me renseignant sur "Ouest" de Fr. Vallejo, j´ai lu que "Ouest est l´histoire d´une jeune fille à peau de dentelle, d´ingenues fines et de demi-mondaines égarées". Albe est la force-même, aucun doûte ni hésitation dans son comportement. Elle représente parfaitement le meilleur choix que peut faire une femme quand elle est injustement accusée ou punie : refuser le combat. Voilà ce que dit Sigismund quand il commence à claudiquer et qu´il sait que c´est lui qui devra faire marche-arrière: "Les femmes triomphent en se dérobant au combat. Quand nous les croyons encore soumises et offertes, elles sont depuis longtemps déjà fenêtres ouvertes sur l´infini. Aussi longtemps qu´elles s´effacent devant nous, nous avons tout à apprendre d´elles." _________________ "A quoi rêvent dans les fleurs les papillons qui ne bougent plus ?" |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 23712
 | Sujet: Re: Christiane Singer Sam 18 Nov - 21:23 | |
| | swallow a écrit: | "Seul ce qui brûle" : Amants??? Le page netait " son amant" qu´aux yeux de son mari. Ils ne firent que jouer dit Albe, et je la crois:
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Dans le récit de marguerite de navarre dont Coline donne le lien : aucune ambiguité dans le recit du mari. Il les surprend au saut du lit, ie au moment où ils s'appretent a gagner le lit. Quant à l'epouse, elle avoue et accepte sa penitence parce qu'elle la juge méritée.
libre à christiane Singer de modifier l'histoire, mais elle s'éloigne ainsi du modèle. Recit du mari
| Citation: | | me cachay en la chambre où maintenant elle demeure, où, bien tost après mon partement, elle se retira et y feit venir ce jeune gentil homme, lequel je veiz entrer avec la privauté qui n'appartenoyt que à moi avoir à elle. Mais quant je veiz qu'il vouloit monter sur le lict auprès d'elle, je saillys dehors et le prins entre mes bras, où je le tuay |
Aveu de la femme
| Citation: | | La dame, ayant la larme à l'oeil, avecq une grace tant humble qu'il n'estoit possible de plus, luy dist: Monsieur, je confesse ma faulte estre si grande, que tous les maulx, que le seigneur de ceans (lequel je ne suis digne de nommer mon mary) me sçauroit faire, ne me sont reins au prix du regret que j'ay de l'avoir offensé | .
Opinion du temoin-narrateur Barnage qui propose un pardon généreux (1) et politique (2) : la fin de la lignée
| Citation: | | vue la grande repentance de vostre pauvre femme, que vous luy debvez user de misericorde (1); et aussy, vous estes jeune, et n'avez nulz enfans; et seroit grand dommage de perdre une si belle maison que la vostre(2), et que ceulx qui ne vous ayment peut-estre poinct, en fussent heritiers |
la fin du texte montre que Barnage a raison sur cette mesure politique :
| Citation: | | il la reprint avecq soy, et en eut depuis [i] beaucoup de beaulx enfans | [/i]. |
|  | | coline pilier
Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 4098
 | Sujet: Re: Christiane Singer Sam 18 Nov - 23:48 | |
| | Mais Rotko...Christiane Singer en a été inspirée...Elle n'a pas cherché à ré-écrire cette histoire! |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 23712
 | Sujet: Re: Christiane Singer Dim 19 Nov - 7:51 | |
| | coline a écrit: | | Mais Rotko...Christiane Singer en a été inspirée...Elle n'a pas cherché à ré-écrire cette histoire! |
Certes, mais je me rapporte a ce que vous en disiez, le point de départ est exactement le même Swalow :
| Citation: | | XVIe siècle. Sigismund d'Ehrenburg, ayant surpris sa femme avec son page, l'a condamnée à un châtiment exemplaire. Cheveux rasés, elle est cloîtrée dans sa chambre où aucune lumière ne filtre et doit chaque soir descendre dîner avec son époux et boire dans un étrange vase : le crâne de l'amant qu'il a tué |
Partir d'une situation aussi extrême, acceptée par une épouse innocente, devient difficile à accepter, quel que soit le talent de la narratrice, et je comprends l'etonnement de Coline ici
| Citation: | ce livre [...] m'a laissée désemparée...J'y pense encore souvent, j'ai été charmée par cette lecture et pourtant cette histoire est terrible! Je n'ai pas trouvé les mots pour en parler ici... La jeune femme est servie chaque jour à table dans le crâne de son amant! Et il n'y a pas de révolte, pas de haine, de rancune ... | . |
|  | | swallow pilier

Inscrit le : 16 Mar 2006 Messages : 833 Localisation : Espagne
 | Sujet: Re: Christiane Singer Dim 19 Nov - 9:29 | |
| Pour que tout soit clair, voici exactement en quoi consiste tout le crime qu´Albe et son page ont commis. Avec la permission de Marguerite de Navarre, puis celles de Christiane Singer et de Rotko, j´appelerai l´épisode : " Deux chatons se roulaient dans une corbeille": C´est Sigismund qui parle: " La sinistre après-midi où je les découvris tous deux! C´était le bruit de leurs rires qui m´avait guidé vers la chambre. Je croyais les découvrir à quelque jeu de trictrac comme de coutume. Je les vis dans un corps-à-corps noyé d´etoffes sur le lit. Peut-être s´y roulaient-ils comme des chats dans une corbeille? J´en arrive à douter ce que je vis alors. Je ne suis plus aussi sûr aujourd´hui que ce que je voyais et ce qui avait lieu fussent la même chose. Sommes-nous seulement en mesure de voir autre chose que ce que nos esprits hallucinent? Le regard que me lança Albe etait sans duplicité: je le retrouve derrière les lourdes tentures de ma mémoire. C´est un regard surpris mais clair qui dit:"Eh bien quoi? Nous jouons!" _________________ "A quoi rêvent dans les fleurs les papillons qui ne bougent plus ?" |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 23712
 | Sujet: Re: Christiane Singer Dim 29 Avr - 10:45 | |
| Christiane Singer Elle a succombé à son cancer à quelques jours de la publication de Derniers fragments d’un long voyage (Albin Michel)
| Citation: | L’amour n’est pas aveugle, il est visionnaire ! Il perce les carcasses et les couvertures. C’est un laser d’une force incommensurable qui, le temps d’un éclair, vous montre la vraie nature de l’aimé et vous met en folie. Des scènes comme celle où Proust raconte Saint Loup présentant sa bien-aimée au narrateur - cette femme qu’il a lui a décrite en des termes dithyrambiques et qui stupéfie à présent l’assistance par sa terne banalité de petit pruneau desséché -, nous l’avons tous vécu, des deux côtés de la barrière. Mais je prétends que la cécité n’est pas du côté de l’amoureux. Quand quelqu’un vous raconte qui il aime et comment l’amour l’a harponné, ce qu’il a perçu reste invisible aux autres, à tout jamais | !
Christiane Singer
ce que dit livres-hebdo de Christiane Singer
Depuis Les cahiers d’une hypocrite (1965), elle a écrit une vingtaine de livres, parmi lesquels La mort viennoise (Prix des libraires), Histoire d’âme (Prix Albert Camus), ou encore le récent Seul ce qui brûle, parmi les livres retenus dans la première sélection du Grand prix de l’Académie Française en 2006.
Elle avait reçu le prix de la langue française au dernier salon de Brive-La-Gaillarde et le prix Alef 2007 il y a quelques semaines.
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|  | | la-petite-normande pilier

Age : 31 Inscrit le : 24 Jan 2008 Messages : 465 Localisation : dois-je le préciser ? ;o)
 | Sujet: Re: Christiane Singer Mer 9 Avr - 19:17 | |
| Il y a quelques jours je finissais derniers fragments d'un long voyage. Que de lumière dans ces lignes écrites dans les derniers moments, alors que tout espoir de rémission disparait. Mais l'Espoir, l'amour de la vie, la Joie ne disparaissent pas. Bien au contraire. Dans une société où la mort est tabou, cette oeuvre apporte un autre regard.
Lu également Eloge du mariage, de l'engagement et autres folies. J'en ai parlé sur un autre fil sur le couple J'ai éprouvé une réelle jubilation lors de cette lecture. Il me semblait ressentir toute la joie de vivre qui animait Christiane Singer et qu'elle avait mis dans chaque page écrite. Le style est simple, mais les propros sont profonds. J'ai également parcouru où cours-tu ? Ne sais tu pas que le ciel est en toi ? Mais cette lecture, j'ai besoin de temps pour l'évoquer. _________________ Chacun reçoit le récit à la hauteur où son âme respire. Jacqueline Kelen ******** Les livres veulent seulement être LIBRES ! Voyez ce que je veux dire : http://www.bookcrossing.com |
|  | | la-petite-normande pilier

Age : 31 Inscrit le : 24 Jan 2008 Messages : 465 Localisation : dois-je le préciser ? ;o)
 | Sujet: Re: Christiane Singer Jeu 10 Avr - 7:51 | |
| un bel entretien de Christiane ici _________________ Chacun reçoit le récit à la hauteur où son âme respire. Jacqueline Kelen ******** Les livres veulent seulement être LIBRES ! Voyez ce que je veux dire : http://www.bookcrossing.com |
|  | | la-petite-normande pilier

Age : 31 Inscrit le : 24 Jan 2008 Messages : 465 Localisation : dois-je le préciser ? ;o)
 | Sujet: Re: Christiane Singer Lun 1 Sep - 12:31 | |
| N'oublie pas les chevaux écumants du passé ressemble à une discussion à bâtons rompus avec Christiane Singer. Elle y aborde le féminin, la vieillesse, le respect du passé, le bonheur... une écriture splendide pour une lecture lumineuse et remplie d'amour : extraits :
Il existe une question qui, lorsqu'on la pose sérieusement, donne le vertige : qu'as-tu que tu n'aies pas reçu en don ? Si je promène mon regard autour de moi, je dois tôt ou tard reconnaître qu'il y a peu de choses que je n'ai reçues en don : cette terre sur laquelle je pose mes pas, cet air que je respire, à qui sont-ils ? Cette langue que je parle, à qui est-elle ? Ces connaissances que j'ai glanées, que j'ai pu croire miennes ? Cette main qui mène ma plume ? Ce corps généreusement prêté pour un temps ? ---- Chaque être tente à sa façon la difficile traversée de la vie. Le succès obtenu n'est pas un critère. C'est l'élan, l'espérance la plus secrète au plus profond de la personne que nous saluons quand nous nous inclinons. A ignorer cette loi du respect dû à chaque âme, le monde s'enfonce dans l'agonie. ---- Ont existé déjà tant d'êtres, de civilisations, d'expériences humaines, de communautés, d'aventures solitaires ou solidaires. L'important n'est pas qu'elles aient réussi ou échoué mais qu'elles aient été tentées ! --- Il faut répéter sans se lasser que ce qui existe sur terre n'est qu'une ombre du possible, une option entre mille autres. ---- Je ne crois pas que le bonheur soit quelque chose. Je crois qu'il n'est rien qu'on puisse appréhender et je soupçonne que, s'il n'est rien, c'est peut être parce qu'il occupe tout l'espace. (...) J'ai compris que la bonne heure est chaque heure et que d'aucune heure on peut dire qu'elle n'est pas la bonne. (...) Ainsi aujourd'hui où la mélancolie me tient depuis l'aube, je sais que je vis un(e) bon(ne) heur(e) de mélancolie. Comme je pourrais vivre aussi un(e) bon(ne) heur(e) d'agrément ou même un(e) bon(ne) heu(e) de maladie ou de deuil. C'est un(e) bon(ne) heur(e) parce que je la soulève dans mes bras. Je la prends à moi. Je ne la laisse pas à l'abandon. Je sais que, laissée a elle-même, elle garderait ce ton gris des matériaux de construction oubliés sur un chantier et pèserait des tonnes. C'est l'accueil que je lui fait qui la transforme.
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"Souviens-toi, souviens-toi de l'Alliance. Souviens-toi que tu t'es engagée, en venant sur http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=13- 3806.htmln cette terre, à prendre soin -oh, de ce que tu voudras ! - de quelques êtres et de toi-même, de quelques arbres et de quelques buissons, de quelques bêtes qui mangeront dans ta main, ou de toute une école, d'un hopital, d'une préfecture ou d'un ministère - de toute façon, un royaume ! Tu as le choix ! La seule clause fixée, tu t'en souviens ? La seule condition sine qua none, tu te la rappelles ? Oui, voilà que la mémoire te revient : à condition de faire tout ce que tu feras dans une vibration d'amour. (chapitre : le féminin terre d'accueil) _________________ Chacun reçoit le récit à la hauteur où son âme respire. Jacqueline Kelen ******** Les livres veulent seulement être LIBRES ! Voyez ce que je veux dire : http://www.bookcrossing.com |
|  | | la-petite-normande pilier

Age : 31 Inscrit le : 24 Jan 2008 Messages : 465 Localisation : dois-je le préciser ? ;o)
 | Sujet: Re: Christiane Singer Mer 17 Sep - 15:29 | |
| La mort Viennoise, un roman écrit en 1979 (je crois) par Christiane Singer. Pour ceux qui n'ont pas le courage de chercher dans le fil le résumé : "Vienne, 1679 : la ville quasi mythique, somptueuse et décadente, avec ses palais baroques, ses fêtes, son luxe, ses aristocrates - comme le prince Balthasar, sa femme Eléonore et leur fils Johannes -, avec son petit peuple aussi, entassé dans les ruelles médiévales de la vieille ville, est la toile de fond de ce roman, où plaisir et mort sont constamment mêlés. Tandis que le jeune Johannes fait l'apprentissage de la vie et qu'Eléonore découvre la volupté, la peste s'empare de la cité, plongeant ses habitants dans une folie érotique, mystique, meurtrière... Extraordinaire reconstitution d'une époque, La Mort viennoise est un livre envoûtant."
On retrouve tout au long de ces pages emplies de vie, de mort, de passion toute l'essence de Christiane Singer. C'est le personnage d'Elénore qui m'a le plus bouleversée. Je suis en générale toujours plus sensible aux personnages féminins, je l'avoue. Mais quelle passion entre Adrian et Eléonore malgré la peste, peut être grâce à elle. Une scène irréelle, la promenade qui rend la vie à Eléonore dans les rues de Vienne aux côtés d'Adrian, médecin des malades de la peste. Et lorsque l'on découvre la fin bouleversante d'Eléonore, comment ne pas faire un parallèle avec la mort de Christiane Singer survenue début 2007 (cf fragments d'un long voyage) ?
un extrait : Quand elle s'éveilla au carillon de l'angélus, la fièvre la brûlait. C'était l'heure où elle le retrouvait. Elle voulut se lever mais une torpeur invincible l'en empêcha. (...) Une toux rauque accueillit Adrian à la porte. Arrachant à deux mains le masque à bec que la loi le contraignait à porter; il s'abattit près d'elle. "C'est là aussi loin, lui dit-elle dans un souffle, que tu peux m'accompagner." Et le doigt sur la bouche elle lui fit signe de se taire. Elle dériva toute la nuit dans la brume d'opium dont il enfuma la chambre pour alléger ses souffrances. Elle mourut à l'aube. La fièvre et la drogue lui laissèrent jusqu'à la fin cet éclat du regard, cet embrasement des pomettes que donnent aux corps comblés les désordres de l'amour. _________________ Chacun reçoit le récit à la hauteur où son âme respire. Jacqueline Kelen ******** Les livres veulent seulement être LIBRES ! Voyez ce que je veux dire : http://www.bookcrossing.com |
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