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| Auteur | Message |
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la-petite-normande pilier

Age : 31 Inscrit le : 24 Jan 2008 Messages : 421 Localisation : dois-je le préciser ? ;o)
 | Sujet: François Mauriac Jeu 3 Juil - 19:27 | |
| J'ai découvert Mauriac adolescente, dans la bibliothèque parentale, au travers d'un noeud de vipères. J'été en pleine révolte et bien que l'histoire du narrateur soit bien éloignée de la vie d'une jeune fille dans les années 90, sa rage et sa colère me frappèrent incroyablement. Récemment, j'ai eu envie de me plonger dans d'autres ouvrages de Mauriac, Thérèse Desqueyroux et Génitrix. Mais avant de vous en parler, je laisse quelques informations sur la vie de cet auteur.
Né à Bordeaux, le 11 octobre 1885. Issu d’une famille bourgeoise, catholique et conservatrice, François Mauriac devait rester sa vie durant profondément attaché à ses racines bordelaises, ainsi qu’il apparaîtra dans la plupart de ses romans. Les maîtres de son adolescence furent Maurras et Barrès. Son premier recueil de vers : Les Mains jointes (1909), salué par Barrès précisément, fut suivi d’un autre recueil, Adieu à l’adolescence (1911), et de deux romans : L’Enfant chargé de chaînes (1913), La Robe prétexte (1914). Envoyé à Salonique en 1914, François Mauriac, réformé pour raison de santé, ne participa guère aux combats. Les années d’après guerre allaient être pour lui celles de la gloire littéraire. Donnant la pleine mesure de son talent romanesque, il publia coup sur coup plusieurs de ses œuvres majeures, Le Baiser au lépreux (1922), Le Fleuve de feu (1923), Génitrix (1923), Le Désert de l’amour (1925), Thérèse Desqueyroux (1927), Le Nœud de vipères (1932), Le Mystère Frontenac (1933). Satires cruelles du pharisianisme bourgeois, ses romans sont avant tout l’œuvre d’un « catholique qui écrit » comme il se plaisait à se définir lui-même. C’est le combat en chaque homme entre Dieu et Mammon, pour reprendre le titre de l’un de ses essais, que Mauriac décrit, sondant les abîmes du mal et cherchant à percer les mystères de la Rédemption. Au faîte de sa gloire, François Mauriac allait modifier, au milieu des années 1930, son regard sur le monde ; délaissant quelque peu la littérature, il allait s’engager dans le combat politique. S’éloignant progressivement des positions conservatrices de sa jeunesse, il entreprit de dénoncer la menace fasciste, condamnant l’intervention italienne en Éthiopie, puis le bombardement de Guernica par les nationalistes espagnols en 1937 Lorsque éclata la Seconde Guerre mondiale, François Mauriac avait définitivement choisi son camp : il appartint sous l’Occupation à la résistance intellectuelle. Sa réception sous la Coupole, le 16 novembre 1933 compte parmi les moments marquants de l’histoire de l’Académie. François Mauriac eut à subir les subtiles perfidies dont André Chaumeix émailla son discours de réception. Cet auvergnat, conservateur et hédoniste, goûtait peu en effet la noirceur de l’œuvre mauriacienne : « Vous êtes le grand maître de l’amertume... À vous lire, monsieur, j’ai cru que vous alliez troubler l’harmonieuse image que je garde de votre région... J’ai failli prendre la Gironde pour un fleuve de feu, et la Guyenne pour un nœud de vipères... » Mort le 1er septembre 1970 source ici
un site sympathique _________________ Chacun reçoit le récit à la hauteur où son âme respire. Jacqueline Kelen ******** Les livres veulent seulement être LIBRES ! Voyez ce que je veux dire : http://www.bookcrossing.com
Dernière édition par la-petite-normande le Jeu 3 Juil - 19:40, édité 1 fois |
|  | | la-petite-normande pilier

Age : 31 Inscrit le : 24 Jan 2008 Messages : 421 Localisation : dois-je le préciser ? ;o)
 | Sujet: Re: François Mauriac Jeu 3 Juil - 19:39 | |
| Génitrix retrace l'histoire d'un vieux garçon de 50 ans, couvé, étouffé toute sa vie par sa mère. Par rage, il se marie. Mais la jeune épouse doit combattre la belle-mère acariatre. Elle ne résistera pas longtemps et décédera des suites d'une fausse couche. (re)Commence alors un huis-clos oppréssant entre la mère et le fils qui découvre, trop tard !, l'amour.
Thérèse Desqueyroux raconte le parcours d'une jeune femme qui épouse un homme par convention sociale et qui peu à peu, par désespoir décide d'empoisonner son mari.
Ces romans écrits dans les années 20 et 30 décrivent un monde qui s'estompe peu à peu. Celui des terriens qui utilisent les mariages arrangés pour protéger leur héritage. Un monde où la femme est sous l'autorité du mari. Et pourtant, les sentiments, les êtres qui sont décrits gardent quelque chose d'intemporel. La colère, la haine, le désespoir, la révolte que les personnes de Mauriac traversent, c'est notre colère, notre peur, notre haine. décuplés, excessifs, poussés à l'extrème. Et pourtant les personnages gardent, à mes yeux, une densité et une réalité, loin de toute carricature. Qu'importe le contexte, le lieu, les mouvements du coeur et de l'âme sont toujours les mêmes. Ce dont Mauriac parle, c'est de l'amour, de la vie, du bonheur. Mais en négatif. Il évoque tout ce qui n'est pas l'amour (le sentiment de possession que la mère éprouve pour son fils dans Génitrix), la vie, la joie (le désespoir de Thérèse en découvrant que l'on peut aimer, être passionnée). Le style de Mauriac, précis, tranchant m'envoute. Un style qui me donne envie de lire quelques uns de ces romans encore... _________________ Chacun reçoit le récit à la hauteur où son âme respire. Jacqueline Kelen ******** Les livres veulent seulement être LIBRES ! Voyez ce que je veux dire : http://www.bookcrossing.com |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22877
 | Sujet: Re: François Mauriac Sam 5 Juil - 17:39 | |
| jai dû lire Therese desqueyroux, voir le film ? ou plutôt entendre des passages à la radio.
Ces impressions sont lointaines et peu précises, mais j'avais été frappé par la peinture des milieux confinés et oppressants.
Dire que c'est ma tasse de thé serait faux. Je sens - peut-être à tort, le moraliste en creux dans ses récits.
L'étroitesse des principes et prejugés des personnages, souvent victimes de leurs milieux, dégage, je crois, une atmosphère pesante, ce qui me donne envie de prendre l'air.
Peut-être aussi que je n'avais pas envie d'écouter, à ce moment-là, les personnes qui adoraient Mauriac.
Par réaction je m'en suis donc détourné. |
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