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Françoise Rey

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coline
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Inscrit le : 04 Jan 2006
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MessageSujet: Françoise Rey   Dim 21 Jan - 23:22

Mais qui donc a proposé en lecture La femme de papier ?

Pas facile d’ouvrir ce fil pour les commentaires…j’ai ma pudeur ! Embarassed
Et comment dire ce qu’on pense de ce livre sans se dévoiler un peu ?

Tant pis, je me lance !...
Je n’ai pas lu beaucoup de livres de ce genre et, à partir d’un fil, ici, sur la littérature érotique, je suis partie en quête d’un livre de cette catégorie.
Je suis allée vers cet(te) auteur(e) peut-être parce que j’avais lu quelque part qu’elle avait fait des études de littérature et enseignait dans un collège de campagne…Cela avait un côté rassurant…modéré je pensais… Smile
Et puis je suis tombée sur La femme de papier.
Pas eu à commander, il était en rayon.

J’avoue que j’aurais pu tomber plus mal !

Je vais dire franchement que je me suis délectée à cette lecture. Certaines nouvelles me plaisant tout de même mieux que d’autres. J’ai vraiment un faible pour la première.

Je me suis étonnée de ne point me choquer au vocabulaire cru de Françoise Rey mais j’ai trouvé qu’il s’imposait, pour dire ces choses-là, sans vulgarité aucune, au sein d’une écriture très littéraire.

Certains hésitent à propos de ce livre entre les adjectifs « érotique » et « pornographique ».
Je choisis clairement le premier même si cette femme de papier fait sans retenue, sans pudeur, le récit de ses voyages au bout de ses fantasmes.
Une femme libérée, aimant son corps tout autant que celui de l’homme, et surtout sachant et osant le dire ...
La Femme…Pas l’éternelle mère/épouse, non… La femme qui veut jouir, qui aime ça, sans inhibition.
…Mais tout de même une « femme au cœur tendre » (dont le « ventre est désœuvré. »)

Le choix d’ écrire sous forme de lettres à son amant (qu’elle veut reconquérir) est habile…Elle lui rappelle avec délices des souvenirs érotiques qu’ils sont censés avoir vécus parfois ensemble, parfois avec d’autres…
On peut aisément imaginer le plaisir que pourra trouver l’homme à la lire…
Peut-il résister à cet appel au sexe qui se double d’un appel à l’Amour ?...
Il va revenir, c’est sûr…et revenir avec une parfaite connaissance de tout ce qu’elle désire… Wink

« Dans le fond - excusez-moi d'être grossière -, il y a les gens qui lisent parce que c'est du cul, et ceux qui ne lisent pas parce que c'est du cul. Très peu se rendent compte que ce n'est pas que ça. »
(Françoise Rey)
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bertrand-môgendre
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MessageSujet: le feu, le feu   Lun 22 Jan - 0:12

Ah ! J'attendais, comme je ne suis pas du genre à faire le premier pas, surtout avec ce genre de femme comme Rey, je suis heureux que coline ouvre la porte.
A propos de la femme de papier voilà, toutes crues mes impressions, à vif.
Aussitôt entrevue la passion des chairs, tel rituel orgasmique fulgurant, je cherche le Dionysos , ce dieu grec des arts lyriques, de l'ivresse et de la passion.
Euripide dans ses Bacchantes dit :
" Ce fils rugissant et grondant que Zeus eut d'une mortelle, la princesse thébaine Sémélé, fait partager à ses fidèles son goût pour les lacérations de chairs vives ". Ce rituel procure une telle ivresse aux fidèles du Dieu qu'ils entrent dans une sorte de délire hallucinatoire " Plus encore : Dionysos Omestès, le mangeur de viande crue pouvait être affamé de chair humaine et entraîner ses adeptes à se livrer à l'allélophagie.
Si l’expression « je te mange tout cru », passe inaperçue dans le texte de Rey, j’entrevois ces fidèles serviteurs adorer leur Dieu, ici en l’occurrence, le Sexe dans toute ses dimensions, pardon, sous toutes les coutures.
Lâchez les étalons ! Les juments gourmandes hennissent, dandinent de la croupe, la nature gonflée, rougissante d’attendre, fébrile, la saillie du mâle prometteur.
La pornographie chuchote ses mots dits, à l’oreille inquisitrice, l’érotisme dévaste à petit feu les domaines de lutte partisane, de lits en couche, de chaise en tabouret inconfortable.
L’animalité transpire son cortège de violence et de cruauté. Mélange d’amour et de vice, les invites à la fornication s’ingénient de stratagèmes les plus torrides qui soient.
Dépendance du corps comme addiction sournoise, point d’avenir sur cette voie étroite, même si comme Kundera (la lenteur), un personnage peut y voir un trou du cul vaste et accueillant.
La petite chatte ronronnante se métamorphose en chienne dévoreuse de cadavres mous, aussi tendre qu’une pelle mécanique est sensible face à un bloc granit inébranlable.
Quels qu’en soient les laborieux usinages putatifs, ici la science du con s’attache à la performance dominatrice , toutes perversions confondues.
(Réf à la scène de viol page 41, dont je ne mettrais pas en ligne, la brutalité permissive).
Je suis content d’avoir lu ce premier livre de Françoise Rey, me permettant d’analyser mes sentiments vis à vis de cette attitude débridée.
Combien j’aimerais rencontrer cette femme de papier l’espace d’une heure à peine, pour épancher la vigueur de quelques besoins naturellement spongieux.
Combien je m’ennuierais d’elle, et elle de moi, sitôt consommé, sitôt consumé les flammes d’un feu de paille devenues cendres froides s'envoleraient comme poussières de rien, avilisant le néant.

Si la peau nue, carapace de nos chairs vives ressemble à nos oripeaux, au delà d’eux, sommeille un monde qui chavire les sens de l’extase.
Il n'existe pas de livre, bon ou mauvais. Ici le culte du cul arbore, hampe dressée, fanal rougissant, les imbriquements sirupeux laborieux.

Une fois vos impressions dévoilées sur ce même livre, je vous posterai mon sentiment sur la gourgandine.
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coline
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MessageSujet: Re: Françoise Rey   Lun 22 Jan - 0:46

bertrand-môgendre a écrit:
Ah ! J'attendais, comme je ne suis pas du genre à faire le premier pas, surtout avec ce genre de femme comme Rey, je suis heureux que coline ouvre la porte.
A propos de la femme de papier voilà, toutes crues mes impressions, à vif.


C'est lyrique!... Happy
Tu parles toujours comme ça, Bertrand?...

Mon petit commentaire ne soutient pas la comparaison... Embarassed

bertrandtmôgendre a écrit:

Combien j’aimerais rencontrer cette femme de papier l’espace d’une heure à peine, pour épancher la vigueur de quelques besoin naturellement spongieux.
Combien je m’ennuierais d’elle, et elle de moi, sitôt consommé, sitôt consumé les flammes d’un feu de paille devenues cendres froides s'envoleraient comme poussières de rien, avilisant le néant.


Oui...Mais quelle "heure à peine",n'est-ce pas?
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coline
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MessageSujet: Re: Françoise Rey   Lun 22 Jan - 1:02

Sur ce site, deux extraits de La femme de papier par Françoise Rey elle-même...Ce ne sont pas les plus croustillants (et je ne trouve pas qu'elle lise très bien)...Dans le troisième, elle parle de son livre...

http://www.livrior.com/shop/product_info.php?products_id=96
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coline
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MessageSujet: Re: Françoise Rey   Lun 22 Jan - 1:05

Bibliographie:
Métamorphoses : le sexe est un grand maître, Éditions Blanche, 2005.
Vers les hommes, Albin Michel, 2004.
Lettre à la novice, Le Cercle, 2004.
La Verrue, Éditions des Traboules, 2004.
La Jouissance et l'Extase : Henry Miller et Anaïs Nin, Calmann-Lévy, 2001. Réédition chez LGF, Le Livre de poche, en 2002.
Mazarine, Le Cercle, 2000.
2000 ans d'amour, Éditions Blanche, 2000.
Ultime Retouche, Le Cercle, 1999.
Loubards magnifiques, Mille et une nuits, 1999. Réédition chez Pocket en 2001.
La Brûlure de la neige, Albin Michel, 1999. Réédition chez Pocket en 2001.
La Peur du noir, Vauvenargues, 1998. Réédition au Cercle, Le Cercle poche, en 2000.
Extases anonymes, Éditions Blanche, 1998.
Blue Movie, en collaboration avec Patrick Raynal, Éditions Blanche, La Bibliothèque blanche, 1997. Réédition en 2001.
La Gourgandine, Albin Michel, 1996. Réédition chez Albin Michel en 2002.
Marcel Facteur, Spengler, 1995.
Nuits d'encre, Spengler, 1994.
La Rencontre, Spengler, 1993.
En toutes lettres, avec M. Forlani, Ramsay, 1992.
Des camions de tendresse, Ramsay, 1991. Réédition au Cercle, Le Cercle poche, en 2002.
La Femme de papier, Ramsay, 1989
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bertrand-môgendre
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MessageSujet: Re: Françoise Rey   Lun 22 Jan - 1:12

coline invite
Citation:
Sur ce site, deux extraits de La femme de papier par Françoise Rey elle-même...Ce ne sont pas les plus croustillants (et je ne trouve pas qu'elle lise très bien)...Dans le troisième, elle parle de son livre...

à peine très allechant ses lectures, par l'écrivaine. A tout prendre, je préfère son commentaire sur l'aspect très "rentre-dedans" voulu par amour, un livre à lire à deux pour en faire profit. C'est joliement dit.
Je crois qu'il est temps à présent de donner la quatrième de couverture, pour que les futurs lecteurs, connaissent le sujet.
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coline
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MessageSujet: Re: Françoise Rey   Lun 22 Jan - 1:14

bertrand-môgendre a écrit:
coline invite
Citation:
Sur ce site, deux extraits de La femme de papier par Françoise Rey elle-même...Ce ne sont pas les plus croustillants (et je ne trouve pas qu'elle lise très bien)...Dans le troisième, elle parle de son livre...

à peine très allechant ses lectures, par l'écrivaine. A tout prendre, je préfère son commentaire sur l'aspect très "rentre-dedans" voulu par amour, un livre à lire à deux pour en faire profit. C'est joliement dit.


Je suis entièrement d'accord avec toi.

Tu la postes, la quatrième de couv'?
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bertrand-môgendre
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MessageSujet: Re: Françoise Rey   Lun 22 Jan - 1:18

Quatrième de couverture
Renvoyée à sa plume après une fulgurante et torride liaison, une femme écrit à son amant. "Le coeur tendre, le ventre désoeuvré", elle effeuille l'album de leurs souvenirs, de leurs folies. Avec les vrais mots de l'impudeur, elle invite le lecteur éberlué à la suivre dans un voyage mouvementé au bout de la sensualité... De son compagnon, nous ne connaîtrons que deux couleurs : le jaune de ses yeux et le vert de son pull... Mais nous découvrirons vite ses caprices et ses fantasmes auxquels elle se soumet, tout en laissant parler son propre corps. Jamais une femme n'est allée aussi loin dans l'évocation de sa vie érotique. Cela donne un roman libertin, une histoire de corps qui viendra mourir dans les profondeurs du coeur ! --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre. (trouvé sur le site amazon)
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swallow
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MessageSujet: Re: Françoise Rey   Lun 22 Jan - 1:21

Non, ce n´est pas que çà, Coline. C´est merveilleusement écrit, beaucoup d´humour aussi.
Il y a pourtant 2 choses qui me retiennent un peu:
(1)- Comme je suis une femme batie à l´ancienne, je continue inévitablement à séparer plaisir et douleur dans le registre érotique.
Je n´arrive pas à inclure tout de qui est susceptible de faire mal dans le monde de l´érotisme.
Les descriptions masos deviennent complément, summum de la recherche de la satisfaction pour la femme de papier, dans sa prospection afin de reconquerir son amant et celà de manière aussi naturelle que tenace.
j´ai du mal à la suivre.

(2). La femme de papier ne sait s´abstenir ( son amant encore moins ) de tierces personnes pour mener son affaire à bien. Il leur faut un temoin pour corser les choses, la libido, le plaisir : c´est tantôt un troisième ou une troisième partenaire, un spectateur ( pendant la projection d´un film-porno), celà peut aussi être un chat ( episode tordant de la crème Chantilly).
Ce qui me laisse penser que dans certaines situations, les amants ne se suffisent pas à eux-mêmes. Comme s´ils avaient besoin d´un public, d´un compère pour executer leurs cabrioles.
Là aussi je les ai trouvés un peu à court d´imagination.

Mais la langue de Françoise Rey se faufile avec élégance extrême dans des territoires ou tout autre qu´elle aurait sombré à la première description dans la vulgarité.
La scène de l´obstetricien est un véritable tour de force: on se surprend à pouffer de rire, tandis qu´on est en plein domaine scatologique. Ce n´est pourtant jamais ni grossier ni obcène.
C´est un vrai exercice de style et de maîtrise de la part de Françoise Rey. Elle nous égare sans nous abuser et parvient à ce que le lecteur ne se sente ni rudoyé ni eclaboussé dans les bourbiers où elle nous conduit.
_________________
"A quoi rêvent dans les fleurs les papillons qui ne bougent plus ?"
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coline
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Messages : 4106

MessageSujet: Re: Françoise Rey   Lun 22 Jan - 1:33

Tu as raison de souligner l'humour Swallow...

Ah...J'ai hâte de connaître les réactions des uns et des autres à propos de ce livre...
C'est une parenthèse un peu spéciale dans le programme de nos lectures...
Je n'aimerais pas lire très souvent ce genre d'ouvrage...Mais une fois de temps en temps, c'est très agréable...Et j'aurai certainement envie, d'ici quelque temps, de lire un autre Françoise Rey.
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aérial
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MessageSujet: Re: Françoise Rey   Lun 22 Jan - 10:47

confused Je suis furaxe ,tout s'est effacé...

Je vous disais juste qu'au vu de vos commentaires ,j'allais donc me replonger dans la lecture de cette fameuse "Femme de papier " avec une certaine concupiscence !
Je n'en n'avais lu à vrai dire que la première nouvelle plutôt prometteuse , et l'avais retrouvée direct dans un taxi où ils batifolaient à plusieurs en toute gaité , dédordée que j'étais par d'autres lectures .
.
Autant dire que je l'avais plutôt abordée en diagonale ( tiens ,seule position que la donzelle n'ait pas essayée? )en me demandant si on n'avait pas affaire à une Catherine Millet de dernière heure ...
Mais non ,semble t'il ! Donc ,je m'y replonge dès que je quitte mes "Hommes entre eux" (même Dubois s'y frotte maintenant * Wink )et vous donnerai mes impressions...

* je plaisante bien sûr ,ce n'est pas du tout le propos ..
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Seuguh
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MessageSujet: Re: Françoise Rey   Lun 22 Jan - 12:19

Bon... ma réaction est mi-figue, mi-raisin. Bien qu'ayant lu ce livre très vite (et l'ayant apprécié - la scène du vieux de l'hospice m'a bien amusé), je trouve qu'en le lisant, je me sentais comme une sorte de voyeur, sentiment un peu désagréable. D'un autre côté, certaines scènes sont "limites", je veux parler en tout cas de celle de l'accoucheur - je ne me suis pas, comme swallow, surpris à rire. Ceci dit, je l'ai lu le 3 janvier (dans un état proche de l'Ohaio), c'était parfait après ma débauche du 31.


PS : coline, tu es prête à lire Houellebecq. A côté de ça, il est fleur bleue flower
PPS : Bertrand, je te félicite une fois de plus pour ta prose.
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coline
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Messages : 4106

MessageSujet: Re: Françoise Rey   Lun 22 Jan - 13:27

Seuguh a écrit:
PS : coline, tu es prête à lire Houellebecq. A côté de ça, il est fleur bleue flower


Ce qui me choque chez Houellebecq c'est plutôt qu'il salisse tout...Pas Françoise Rey...

Ceci dit, je n'aime pas toutes ses nouvelles...
Les deux auxquelles tu fais allusion, aérial, sont celles que j'ai préférés...Justement parce que, ces deux-là, je ne les trouve pas "glauques".
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rotko
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Inscrit le : 26 Déc 2005
Messages : 22221

MessageSujet: Re: Françoise Rey   Lun 22 Jan - 13:48

J'attendrai que Bertrand aborde (sic) la gourgandine pour mettre mon grain de sel.
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bertrand-môgendre
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MessageSujet: la gourgandine de Françoise Rey   Mar 23 Jan - 14:04

la gourgandine de Françoise Rey

Si le roman est autobiographique, combien la vie de cette petite fille a du être brimée par tant d’interdits familiaux. Toute cette jeunesse perdue à ravaler ses sentiments, à cacher ses joies, renflouer ses tristesses ; toute cette jeunesse masquée derrière une éducation rigoureuse ; tous ses désirs tus, ses élans du cœur retenus. Ne devrait-on jamais dire la vérité ? Par souci de la maîtrise d’une éducation respectueuse des faussetés perverses, le flatteur glaviote ses effets de manche sirupeux, embobine la dite-cible de soyeux atours flash-bonbon. Où s’en vont les âmes guerrières ? Où se cachent la négation du tout cuit pré-maché ? Que devient le refus d’encuculement silencieux (lire Ferdydurke de Gombrowizc) ?
Pourtant, rien ne fit moins d’elle qu’une femme épanouie, libérée par l’acceptation de son état, explosante de reconnaissance envers un père non pas tortionnaire, mais sûrement très angoissé de ne pas pouvoir se montrer à la hauteur pour éduquer sa fille, à qui, il n’a jamais su dire : « merci d’exister ».
Bien dissimulée derrière un gourgandinage de bon aloi, elle se révèle être bien équilibrée la bougresse.
Qui put mieux qu’elle, connaître la passion des corps aimants, cette prison qui enferme les cœurs dont la seule délivrance passe par la déchirure, la perte des sens qu’ordonne la raison ?
Françoise Rey est une tactile dans son écriture vivante. Elle utilise la plume comme un tâcheron son outil de façonnage au service d’une construction bien architecturée.
Parfois sa cuisine me paraît fade et résolument insipide. Comme la chair est triste, lorsque l’âme du rétameur n’a pas baisé la coquille des casseroles rondes (Queneau). Gargouille inexpurgeable veille sur l’œuvre d’une écrivaine sensuelle, délivreuse de thèmes affriolant, aguicheuse aux mains moites.
Ecriture facile et légère, elle n’a pourtant pas assez révélé ce qu’il y a de plus profond en elle : ce sentiment solide de la sincérité des cœurs.

PS : vous trouverez le quatrième de couverture et résumé sur tous les sites commerçants.
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Françoise Rey

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