rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21873
| Sujet: Georges-Arthur Goldschmidt Dim 11 Mar - 9:50 | |
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Georges-Arthur Goldschmidt, Le poing dans la bouche, Verdier.
Un parcours physique, personnel, et intellectuel.
| Citation: | | J’étais coupable de mon innocence, de ma schuldhaftigkeit dit ici l’allemand, de cet état de faute sans culpabilité. Je n’avais rien commis envers quelque un d’autre et j’étais pourtant coupable. Telle était la suffocation initiale contre laquelle on ne pouvait que s’enfoncer le poing dans la bouche ou hurler son désespo | ir.
Juif exclu par son pays et par sa langue, maltraité dans un pensionnat savoyard, son enfance ne fut que hurlement, fureur, déchirement et hâte.
Il raconte son « parcours », l’adoption de la langue française dans des œuvres qui lui parlaient personnellement : Pascal, Rousseau, La Bruyère, la reconquête de la langue allemande et la rencontre de ses grands écrivains. Georges-Arthur Goldschmidt, est le traducteur français de Kafka et de Handke.
Son livre nous rappelle utilement que la langue peut aussi façonner des esprits, déterminer des comportements, être dévoyée à des fins discriminatoires. C’est aussi une expérience personnelle de lecteur, comme une biographie. |
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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21873
| Sujet: Re: Georges-Arthur Goldschmidt Dim 11 Mar - 22:51 | |
| | Citation: | Un jargon meurtrier et administratif avait remplacé la langue allemande […]; C’était une langue qui, d’appréhension, vous creusait le dos, une langue criminelle qui contaminait la langue allemande tout entière. Cette langue nazie, glacée et artificielle, on avait été obligé d e la parler à l’école on n’y parlait plus que de Fahnenspruch (serment au drapeau) de Volksgemeinshaft, communauté dont on m’avait exclu sans que je comprenne pourquoi. J’avais même, moi aussi chanté Die Fahne hoch, le chant nazi et peut -être même Morgenrot: Morgen rot, Moregenrot leuchtest mir zum frühen Tod, Aurore, aurore tu m’illumines la mort précoce , car la mort avait été inscrite au plus intime de la langue allemande, elle était partout, pétrifiait toute chose. |
Plus loin, Goldschmidt dit que la langue était devenue servile, qu'elle amenait à la soumission. La langue qu'on emploie n'est pas innocente. |
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