Forum littérature, roman, polar, poésie, théâtre, BD, SF, auteurs et livres du monde entier sur le forum littéraire et tous les arts, cinéma, peinture ...

Une table conviviale pour parler des livres, des spectacles, et goûter aux plaisirs des mots.
AccueilPortailFAQRechercherIndex auteursS'enregistrerConnexion
 

Gilles Leroy

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivante
AuteurMessage
maïa
pilier



Inscrit le : 05 Jan 2006
Messages : 3122

MessageSujet: Gilles Leroy   Mer 26 Sep - 17:53

Alabama Song





Le livre est retenu pour les quatre grands prix, et pour une fois, c'est une bonne nouvelle Razz
Gilles Leroy ose se mettre dans la peau de Zelda Fitzgerald, l'épouse, la muse, mais aussi la femme haïe, spoliée, plagiée et finalement enfermée par l'écrivain, son mari...l'homme. Biographie inventée, pardonnez l'oxymore ! C'est un roman qui s'inspire de faits réels. A la première personne : Zelda se raconte. De son enfance de fille de riches un peu scandaleuse en Alabama aux dernières années en hôpital psychiatrique, en passant par l'histoire d'amour fou qu'on lui a vite volée avec Joz, l'aviateur français, elle dit la souffrance, la folie, l'alcool et l'échec mais aussi la joie de vivre, le succès, la beauté, l'art et la création.
C'est un roman que j'ai trouvé magnifique. L'écriture est superbe, Leroy a une musique qui touche, l'émotion à fleur de pages.
Bref, je voudrais bien qu'il ait le Goncourt, celui-là, ou au moins un des trois autres prix pour lesquels il est sélectionné !
Parce qu'en fait, pour le Goncourt, mon coeur balance avec le Philippe Claudel qui n'est sélectionné qu'une fois Rolling Eyes
Revenir en haut Aller en bas
Moon
Mod.



Age : 18
Inscrit le : 16 Déc 2006
Messages : 4333
Localisation : Moon Palace

MessageSujet: Re: Gilles Leroy   Mer 26 Sep - 18:06

Maïa, c'est très cruel ce que tu fais là ! J'ai envie de lire ce livre... mais je vais devoir attendre et très longtemps.

Mais bon, je le note dans un coin ! Razz


Dernière édition par Moon le Mer 14 Mai - 11:35, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
rotko
pilier



Inscrit le : 26 Déc 2005
Messages : 23714

MessageSujet: Re: Gilles Leroy   Mer 26 Sep - 20:36

tendre est la nuit sera bientôt à mon programme. un titre pareil, on dirait un slow Razz

tender is the night I love you
Revenir en haut Aller en bas
rotko
pilier



Inscrit le : 26 Déc 2005
Messages : 23714

MessageSujet: Re: Gilles Leroy   Sam 3 Nov - 7:25

le problème sera de savoir si cette fiction magnifique et cruelle, écrite du point de vue de Zelda, correspond à la réalité. On voit en effet
Citation:
une épouvantable relation conjugale : Zelda vampirisée par un Scott dominateur et égoïste. Un homme qui lui vole tout : sa joie, sa personnalité, son écriture (il signe de son nom des nouvelles écrites par elle), jusqu'à en faire une pauvre chose vouée à croupir pendant plusieurs décennies dans des cliniques psychiatriques
.

selon georges Guitton.
Revenir en haut Aller en bas
maïa
pilier



Inscrit le : 05 Jan 2006
Messages : 3122

MessageSujet: Re: Gilles Leroy   Sam 3 Nov - 9:32

Mais rotko, on s'en fiche que ça corresponde à la réalité Razz
Gilles Leroy dit clairement faire oeuvre de romancier, pas de biographe.
Ce n'est donc pas un reproche justifié !
Il n'est pas le premier qui s'inspire d'un personnage réel pour le transformer en personnage romanesque !
Revenir en haut Aller en bas
rotko
pilier



Inscrit le : 26 Déc 2005
Messages : 23714

MessageSujet: Re: Gilles Leroy   Sam 3 Nov - 9:56

Je ne suis pas contre ce que tu dis, mais je ne suis pas non plus favorable à 100% Embarassed

Quand un romancier dit que tel artiste a pillé tel autre, même dans un récit fictif, il séme le doute sur les oeuvres du signataire : Zelda était-elle l'ecrivain que Fitzgerald a pillé ?
on pense à Rodin et Camille Claudel, à Colette et Henry Gauthier- Villars, à Brecht et hélène Wiegel, à Roncerailles...

Les lecteurs sont sensibles à ces questions d'auteurs, et l'actuelle sensibilité (je ne le condamne pas, hein, rasseyez-vous tout de suite !) si vive envers les femmes dépouillées, veut qu'on soit clair sur le sujet.

Impossible à mes yeux de ne pas soulever la question, même si y répondre reste difficile.
Revenir en haut Aller en bas
maïa
pilier



Inscrit le : 05 Jan 2006
Messages : 3122

MessageSujet: Re: Gilles Leroy   Sam 3 Nov - 12:11

rotko a écrit:
Quand un romancier dit que tel artiste a pillé tel autre, même dans un récit fictif, il séme le doute sur les oeuvres du signataire : Zelda était-elle l'ecrivain que Fitzgerald a pillé ?
on pense à Rodin et Camille Claudel, à Colette et Henry Gauthier- Villars, à Brecht et hélène Wiegel, à Roncerailles...


Que fait Roncerailles dans cette liste ? Roncerailles n'a jamais existé Razz Son nom est né d'un fabuleux canular concocté par Bonnefoy pour le numéro 100 de la collection Ecrivains de toujours... Un ouvrage entier, avec biographie, biblio et même extraits d'oeuvre, entièrement inventé...
Démarche parfaitement borgesienne
Revenir en haut Aller en bas
rotko
pilier



Inscrit le : 26 Déc 2005
Messages : 23714

MessageSujet: Re: Gilles Leroy   Sam 3 Nov - 12:46

je sais bien que Roncerailles n'a pas existé en tant que poète, mais j'en suis resté à l' accaparement d' oeuvres écrites par un interné psychiatrique par un prétendu Roncerailles qui voulait en tirer gloire et bénéfice.

Cette démystification ferait partie de la mystification ? si oui, j'ai suivi le premier épisode sans connaître le second Smile
Revenir en haut Aller en bas
maïa
pilier



Inscrit le : 05 Jan 2006
Messages : 3122

MessageSujet: Re: Gilles Leroy   Sam 3 Nov - 12:50

Tout se tient. J'ai trouvé cheers
Dans un Fig Lit de 2006

Citation:
HOMMAGE Qui se souvient de cet écrivain qui eut son heure de gloire dans les années 1970 et sortait de l'imagination facétieuse d'un critique ?

UN DES CANULARS littéraires les plus réussis de ces dernières années fut l'oeuvre d'un critique respecté et talentueux qui travaillait aux Nouvelles littéraires : Claude Bonnefoy. Celui-ci imagina de toutes pièces la vie et l'oeuvre d'un dénommé Marc Ronceraille, jeune écrivain prometteur et provocateur, supposé disparu à 32 ans, en 1973, dans un accident de montagne.

Avec l'active complicité de Denis Roche, membre du comité de lecture du Seuil où il dirigeait, entre autres, la fameuse collection de poche « Écrivains de toujours », et de quelques copains mis dans la confidence (Bernard Pivot, Gilles Lapouge, Bertrand Poirot-Delpech, Philippe Sollers ou Robert Sabatier), Bonnefoy fit passer un de ses jeunes amis pour le beau et ténébreux Ronceraille, l'emmenant dans des cocktails littéraires où on le photographia en compagnie d'écrivains célèbres, lui inventant un passage à Apostrophes, ou encore une liaison tapageuse avec une actrice. En 1978, pour célébrer le numéro 100 d'« Écrivains de toujours », le Seuil publia même un Ronceraille signé Claude Bonnefoy, juste entre Charles Dickens et Georges Bataille... « C'est le patron de l'époque lui-même, Paul Flamand, se souvient Denis Roche, qui soutint le projet, à la consternation générale du comité ! » Dans son livre, fort sérieux en apparence, Bonnefoy rédigeait articles et études consacrés à l'oeuvre de sa créature, auteur en particulier d'un roman, L'Architaupe, publié en 1969 aux éditions du Lieu, rue Jacob, et qui obtint quatre voix au Goncourt. Ou encore des poèmes hermético-érotiques, caricaturant certaines expérimentations formelles à la mode dans les années 1970.

Fausses lettres manuscrites
In fine, il esquissait même une polémique : Ronceraille était-il l'auteur de ses livres, ou avait-il dérobé les manuscrits d'un de ses amis d'enfance, mort à 22 ans dans un hôpital psychiatrique ? Canular dans le canular. Côté documents, fausses couvertures de livres, fausses lettres manuscrites de Ronceraille et les photos illustrant le petit bouquin étaient soit tirées de l'album personnel du jeune volontaire, soit prises exprès, dans sa ville natale de Saint-Jean-d'Angély, ou dans des endroits très parisiens. Du grand art.

À sa parution, l'ouvrage fit sensation. Nombre de critiques furent dupes, piégés par la réputation impeccable de Bonnefoy, et un feuilleton de Poirot-Delpech en personne dans Le Monde. Pivot, lui, invita Claude Bonnefoy sur le plateau d'Apostrophes. Mais il se crut obligé, à la fin de son émission, de vendre la mèche. « Je lui en ai beaucoup voulu, commente aujourd'hui Denis Roche. Car la carrière du livre, en butte à l'hostilité des libraires, s'est arrêtée net. Dommage, on aurait pu s'amuser encore un peu ! » Totalement épuisé depuis 1998, le Ronceraille de Bonnefoy est devenu un livre pour happy few.
Revenir en haut Aller en bas
rotko
pilier



Inscrit le : 26 Déc 2005
Messages : 23714

MessageSujet: Re: Gilles Leroy   Sam 3 Nov - 13:07

eh bien, je suis tombé dedans ! Razz et j'ai lu le livre bien après 1970 dans une bibliothèque.
Revenir en haut Aller en bas
rotko
pilier



Inscrit le : 26 Déc 2005
Messages : 23714

MessageSujet: Re: Gilles Leroy   Lun 5 Nov - 16:27

Une petite remarque m'a fait dresser l'oreille :

A la fin de son evocation de Zelda, Gilles leroy ferait une allusion à une aventure amoureuse personnelle dans laquelle, toute proportion gardée, il aurait joué le rôle de l'opprimé, comme Zelda ?
Revenir en haut Aller en bas
maïa
pilier



Inscrit le : 05 Jan 2006
Messages : 3122

MessageSujet: Re: Gilles Leroy   Lun 5 Nov - 17:27

Je crois que le mieux serait que tu le lises lol

On en parlera mieux après toc
Revenir en haut Aller en bas
rotko
pilier



Inscrit le : 26 Déc 2005
Messages : 23714

MessageSujet: Re: Gilles Leroy   Lun 5 Nov - 17:30

j'en conviens, mais je voudrais lire d'abord tendre est la nuit de fitzgerald.
Revenir en haut Aller en bas
ekwerkwe
pilier



Inscrit le : 18 Déc 2006
Messages : 852

MessageSujet: Re: Gilles Leroy   Lun 26 Nov - 3:01

Contrairement à Maïa, je n'ai pas du tout aimé. J'étais partie avec de mauvaises dispositions (les "lectures obligatoires", quelle plaie), mais je ne pense pas que ça explique entièrement mon peu d'intérêt.

J'ai trouvé cette Zelda plus geignarde qu'opprimée (je parle du personnage, pas de la "vraie" Zelda, et effectivement je me moque bien que cette fausse biographie soit exacte ou pas). Libre de scandaliser, s'étalant d'ailleurs à plaisir sur ses incartades, mais incapable de faire front pour ce qui en vaut vraiment la peine. Pas qu'un personnage de roman doive forcément être libre et courageux, hein? Mais je ne l'ai trouvée ni attachante, ni intéressante - rien dans sa vie ou son caractère ne piquait mon intérêt: il y a une trop grande inadéquation entre sa vie/ses actes, et ce qu'elle dit/pense. J'ai l'impression que Leroy a plaqué sa Zelda sur la vraie, sans réussir à les faire coïncider, fut-ce dans la fiction, et dans ce cas... pourquoi le faire?
Et tous les personnages sont à l'avenant: il n'y en a pas un de crédible, qui tienne debout. Pas que je tienne aux caractères monolithiques, m'enfin... ils vivent tous dans le brouillard, là.

Sur la forme, je n'ai pas été davantage emballée. Encore moins, même. Je ne trouve pas que Leroy écrive bien. Dans le meilleur des cas, je ne faisais pas trop attention à son écriture. Mais régulièrement, quelques mots branchouillés, trop contemporains, venaient me distraire, et m'énerver au passage. Puisque c'est Zelda qui parle, à la première personne, autant lui donner un peu de crédibilité, non?
Quant à la construction, aux aller-retours entre jeunesse/souvenir et vieillesse/présent... j'ai trouvé ça terriblement confus. Peut-être est-ce volontaire, c'est même probable: une façon d'être plus près de ses pensées. Mais vraiment, moi qui adore être baladée par les constructions narratives malignes et faisant sens... je n'ai pas compris pourquoi Leroy se donnait tant de mal pour tout entremêler si le procédé n'apporte au final rien à l'histoire, à part l'impression de suivre les pensées confuses d'une personne confuse.
Spoiler:
 


Pour finir, le making-off amerlocain que nous offre l'auteur en guide de clôture est mal venu: aucune raison de prendre la main à la fin du roman! J'aurais compris qu'il fasse ça en aparté, mais en épilogue, et en rattachant ça à sa propre expérience (qui n'a pas grand chose à voir, d'ailleurs), j'ai trouvé ça prétentieux et inutile.

Bref, un Goncourt très mérité!
Razz
Et une chose est certaine: après m'être ennuyée avec The great Gatsby et Alabama Song, je ne lirai pas Tendre est la nuit...
_________________
"Nous sommes faits de la vitesse dont sont tissés les vents."
Alain Damasio, La Horde du Contrevent


Dernière édition par le Lun 26 Nov - 10:27, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
rotko
pilier



Inscrit le : 26 Déc 2005
Messages : 23714

MessageSujet: Re: Gilles Leroy   Lun 26 Nov - 7:22

Ewkwerke, très en forme, a osé dire Smile
Citation:
je me moque bien que cette fausse biographie soit exacte ou pas


Citation:
Et une chose est certaine: après m'être ennuyée avec The great Gatsby et Alabama Song, je ne lirai pas Tendre est la nuit...


Quel intérêt de prendre des personnages connus pour les mêler à une histoire inventée qui peut, la preuve !, porter préjudice à un autre écrivain et à une autre oeuvre ?

Ce serait alors jouer les parasites sur le dos d'un auteur et alimenter le scandale ? une sorte de racolage, alors ?

Je parle du procédé, pas du livre de gilles Leroy que je n'ai pas lu.

Et tant qu'à faire de contester , j'attends que d'autres lisent encore Alabama song avant de me lancer dans Gatsby le Magnifique.
Revenir en haut Aller en bas

Gilles Leroy

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivante

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Grain de sel - Forum littéraire et culturel :: FICTION :: Auteurs français et d'expression française-