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Jean Paul Dubois

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rotko
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MessageSujet: Jean Paul Dubois   Mar 20 Juin - 11:36


Jean-Paul Dubois, Une vie française, Editions de l'Olivier.

L'Histoire et Moi, un couple jubilatoire.

De Charles De Gaulle à Chirac, Paul Blick (Blick ! pas "Block" !) déroule sa petite existence, et raconte d'une même foulée alerte l'éveil de son sens politique et de sa sexualité. C'est un réquisitoire contre la bourgeoisie bien-pensante et les institutions hypocrites, où la verve se mêle à un jubilatoire irrespect. Belle insolence ! A chaque régime ses tares - et ses tarés, ses aventures érotiques et amoureuses, selon une "correspondance" qui flatte la sagacité du lecteur et réveille ses souvenirs.

Apprécions le style. Décapant dans la charge, il allie la métaphore et le rythme oratoire. Au hasard, le portrait d'un principal de collège.

Citation:
"Edmond Castan-Bouisse menait son école comme on barre un cuirassé. Lui, seul maître aux gouvernes, quelques subalternes notoirement lâches et soumis, alignés dans la première coursive, et tous les autres, apprentis, contremaîtres mêlés, entassés dans la salle des machines. Autrement dit, Castan-Bouisse était un con luminescent, une endive gorgée de suffisance et revigorée par l'échec de 68".


Pourtant derrière ce ton fracassant se révèle un individu sensible, moral, non dupe des valeurs hautement proclamées par la conjoncture. Un amoureux des arbres, un amateur du silence. Le récit peut donc devenir dramatique, car la vie a des soubresauts (pas toujours érotiques) et de cruels ricochets.


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Provence
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MessageSujet: Re: Jean Paul Dubois   Jeu 26 Oct - 22:15

Mon chouchou Laughing
J'ai tout, j'ai tout lu, sauf son premier livre, introuvable : Compte-rendu analytique d'un sentiment désordonné.

Pourquoi ? Un univers, des personnages qui me parlent. Si j'osais, je le comparerais à Fante (le Fante de Mon chien Stupide), à Carver.

D'ailleurs dans ma bibliothèque, il est à côté des auteurs américains Laughing

Je relis régulièrement Tous les matins je me lève, l'histoire d'un écrivain dilettante, de sa famille, de sa voiture, de sa maison qu'il agrandit lui-même au fur et à mesure de ses besoins ou envies. Beaucoup d'humour et d'ironie, d'amour de la vie.
Ce livre a le don de me faire plaisir, de me charmer. Happy


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coline
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MessageSujet: Re: Jean Paul Dubois   Jeu 26 Oct - 22:19

Provence a écrit:


D'ailleurs dans ma bibliothèque, il est à côté des auteurs américains Laughing

Je relis régulièrement Tous les matins je me lève, l'histoire d'un écrivain dilettante, de sa famille, de sa voiture, de sa maison qu'il agrandit lui-même au fur et à mesure de ses besoins ou envies. Beaucoup d'humour et d'ironie, d'amour de la vie.
Ce livre a le don de me faire plaisir, de me charmer. Happy


Ce sont des arguments convaincants Provence!
Noté! Merci.
Le sujet de ce livre-là me tente plus que le premier cité .
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aérial
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MessageSujet: Re: Jean Paul Dubois   Jeu 26 Oct - 22:53

..Alors là, Provence , je crois bien qu'on doit avoir certains goûts en commun,côté lecture ,ou en tout cas ,le même sens de l'humour..
Pour Dubois ,je partage complètement ton penchant!
Cet auteur ,quand je finis un de ses livres ,c'est à chaque fois le même système :je suis sous le charme ,complètement !
Il m'enchante avec son auto-dérision,son sens de la formule ,sa vision un peu désenchantée du monde ,ses petites failles et sa tendre ironie..Il est avant tout , foncièrement humain et ose se mettre à nu ,souvent!
..Et ça ,pour un "mec" ,c'est craquant !! I love you
Bon,je m'arrête ,je m'emballe un peu ...

Pour ce qui est de ses livres ,mes préférés sont:Tous les matins je me lève parce que c'est par celui-ci que j'ai commencé ,normal,il m'a marquée et La vie me fait peur ,excellent...
Les autres sont très bons aussi (peut-être moins le dernier ,un peu décevant )mais je m'efforce parfois de passer à autre chose pour ne pas m'en lasser .

Voilà,j'ai dit en gros ce que j'en pensais ...Mais pas de problème ,je peux vous faire des comments plus précis sur ses livres si vous voulez!!


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Provence
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MessageSujet: Re: Jean Paul Dubois   Jeu 26 Oct - 23:02

cheers Happy
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aérial
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MessageSujet: " Hommes entre eux " Editions de l'Olivier - Janvi   Dim 7 Jan - 11:04

Article paru chez "Télérama "cette semaine (et noté 4 étoiles!)à propos de "Hommes entre eux ":

(Je brûle d'impatience de me le procurer ! bounce )


<< Dès son titre , le nouveau roman de Jean- Paul Dubois fait sentir sa différence. Plus abrupt ,plus âpre , "Hommes entre eux " claque un peu sec ,suscite l'interrogation . L'humour et la distance de "Tous les matins je me lève " " Les poissons me regardent " Kennedy et moi " ont soudain disparu . "Hommes entre eux "ressemble à son décor ,un paysage de neige étincelant ,sauvage et inquiétant , étrange et assourdi , vibrant d'une énergie originelle , mais d'une incroyable fragilité ,dominé par ce sentiment que la mort ,jamais ne vous lâche des yeux .
C'est très beau ,et l'on est immédiatement saisi par les deux personages au centre du livre ,deux faces d'une même figure ,caractéristique de l'univers de l'auteur .

Côté sombre , Paul Hasselbanck ,56 ans , Toulousain désemparé ,épuisé par une maladie dégénératrice qui a emporté son père . Et côté lumière , Floyd Paterson ,l'homme des grands espaces ,tels qu'on les rencontre chez Jim Harrison ,débordant de vitalité ,chasseur solitaire et tourmenté ,solidement fiché dans ce paysage de l'Ontario où il a toujours vécu .
Deux hommes que la mémoire d'une femme ,Anna ,va réunir quelques jours dans le huis clos d'une maison de bois ,coupée du monde par une tempête de neige .
Le livre prend alors définitivement le tour d'une épreuve initiatique qui va tout faire basculer .Jusqu'au dernier acte ,d'une brutalité fulgurante ,parfaitement inattendu ,ouvert à toutes sortes d'interprétation.

On brûle de raconter cette histoire jusqu'au bout .(...) On s'en gardera pour ne pas compromettre la lecture de ce texte qui évoque avec une si belle urgence la fatigue de nos civilisations ,l'insignifiance des combats et des espoirs humains ,l'intranquillité fondamentale de nos vies ,mais aussi la beauté du monde ,les vertus du silence et de la présence aux choses ,la nostalgie d'une sorte degrâce animale ,d'une innocence sauvage .L'insouciance désormais inacessible ,du premier matin ...>>

Michel Abescat .
.
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rotko
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MessageSujet: Re: Jean Paul Dubois   Dim 7 Jan - 19:29

Citation:
...C'est un roman magnifique que nous propose Jean-Paul Dubois. L'efficacité et la clarté du style, de la narration, de la construction, une efficacité très américaine, très « harrisonienne », se fond avec bonheur à une psychologie très européenne. L'analyse, fine, subtile des sentiments, conduit à une tension intense qui n'est pas sans rappeler les meilleures pages du Gide de la Symphonie pastoraleou du Nizan de La Conspiration. Étincelant, ce huis clos recroquevillé dans les frimas du Grand Nord canadien nous porte vers les sommets lumineux de la réflexion sur la condition humaine.


jean paul dubois dans le figaro
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MessageSujet: Re: Jean Paul Dubois   Dim 7 Jan - 20:09

Happy
J'ai lu aussi à propos de Dubois :
Citation:
....le Carver français...

Je n'aime pas vraiment ce genre de rapprochement, de raccourci, de comparaison Wink , mais dans ma bibliothèque, Dubois est à côté de Carver, et ce n'est pas par hasard.

J'ai réservé le nouveau chez mon libraire dès la parution de l'article dans Télérama Wink (très bien mon libraire : il a un site internet où l'on peut réserver les livres Happy )
et j'ai par la même occasion commandé les livres qui me manquaient de lui (achetés à leur parution, mais prêtés... et non rendus evil )
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aérial
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MessageSujet: Re: Jean Paul Dubois   Sam 27 Jan - 16:52

Hommes ente eux -Editions de l'Olivier-

Ceux qui ne connaissent pas encore Dubois vont pénétrer dans son univers par la grande porte !

Les autres , ceux qui le connaissent , vont sans doute être surpris de le retrouver ici en homme mûr , débarrassé de son style en demi-teinte et de son humour désenchanté qui nous le rendaient si familier .
Dans ce roman très fort ,Dubois a laissé ses égarements d'homme un peu dilettante,d' adulescent angoissé par la vie ,et ose la regarder bien en face : Avec intensité ,âpreté et même sauvagerie .
Il n'y a plus cette connivence dans laquelle on retrouvait un presque frère .

L'ironie légère fait place à la gravité , brûlante ,immédiate , La tendresse complice ,à une réelle confrontation :celle de l'homme et de ses démons.
Ici on est au plus près des choses , de la vie ,de ses douleurs ..Ses phrases sont coupées tranchantes , elles nous touchent direct ,dans la chair de nos émotions et l'on reste frappé par leur puissance .

..Le résumé? Son héros Paul Hasselbank est atteint d'une maladie orpheline et génétique dont son père a souffert . Sentant la fin se rapprocher ,il décide de partir à la recherche d' Anna , la femme qu'il a aimée sans pouvoir la saisir , qui l'a quitté , et va donc se retrouver transporté dans l'Ontario , là où ses traces se perdent , chez son rival Floyd Patterson: Un homme solitaire , 'homme entier"qui passe son temps en communion avec la nature ,à pêcher et à chasser.. .

Mais cet homme rugueux , aussi fort que lui est faible , aussi en harmonie avec l'existence que lui l'est en désaccord , est-il réellement son contraire ? Ou son double?
Peut-être est-il l'autre partie de lui-même , le côté animal qui sommeille en chacun de nous et ne peut se révéler que dans cet univers brutal ,aux confins du monde ,là où la folie guette..

Une épopée au bout de lui-même ,en quête de sa vérité , tel Aguirre dont il suit la trace , poursuivi par les archers et les flèches de son destin ..

Une quête initiatique sous forme de renaissance où << la terreur de la mort , la hantise de trouver sa place sur terre >>conditionnent et restent sous-jacentes à toute son oeuvre :

<< La vie n'est rien d'autre que ce filament illusoire qui nous relie aux autres.>> I love you
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MessageSujet: Re: Jean Paul Dubois   Sam 27 Jan - 19:55

Wink Je l'ai commencé cet après-midi Happy
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aérial
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MessageSujet: Re: Jean Paul Dubois   Dim 28 Jan - 21:12

Provence a écrit:
Wink Je l'ai commencé cet après-midi Happy


J'ai hâte de connaître tes impressions... Le changement de ton est tellement radical !

Et tu me diras comment tu as trouvé la fin (mais discrètement , bien sûr , !)
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Provence
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MessageSujet: Re: Jean Paul Dubois   Dim 28 Jan - 21:25

Je vais essayer de le finir rapidement, alors, pour ne pas trop te faire attendre Laughing
Cependant pour le moment, je ne trouve pas un si grand changement. Il me semble que certains autres romans étaient déjà de la même veine (je pense à Maria est morte, Les poissons me regardent). Mais je n'en suis qu'au début.
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Provence
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MessageSujet: Re: Jean Paul Dubois   Mer 14 Fév - 10:25


Vous commencez par enlever la jaquette, complètement râtée (ah ! le symbolisme des traces de pas de sang dans la neige blanche..... evil )Et puis les livres de l'Olivier sont très beau comme çà, sans jaquette.
Cela me fait penser, que les couvertures de la réédition des livres de Dubois chez Points sont totalement râtées elles-aussi Twisted Evil ). Mais je m'éloigne !

Je n'ai pas trouvé de changement de ton radical dans ce dernier livre de Dubois.
Si le cadre change, les thèmes restent à peu près les mêmes :
Citation:
ce qu’on a aimé, la nature à laquelle on appartient, le corps qui rappelle son existence, le sexe, la vie et la mort

Il m'a même semblé par moment que Dubois s'éparpillait un peu, qu'il se perdait dans des épisodes et des détails qui n'apportaient que peu de choses à l'histoire. Mais peut-être était-ce simplement parce que j'étais impatiente d'arriver à la fin.
Une fin pour le moins surprenante, à laquelle je ne m'attendais pas. Même si on pressent depuis le début que cette histoire ne finira pas de façon banale.
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bertrand-môgendre
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MessageSujet: Jean Paul Dubois   Mar 27 Mar - 21:27

Hommes entre eux de Jean Paul Dubois édition de l’olivier 19 euros

un document « au trait » pour flèche brisée dans cœur gravé

Présentation de l'éditeur
Paul Hasselbank et Floyd Paterson n’ont aucune raison de se rencontrer.. L’un vit à Toulouse. Il est gravement malade. L’autre habite North Bay (Ontario). Il sillonne les grands espaces et chasse à l’arc en solitaire.
Pourtant, à leur insu, quelque chose relie ces deux hommes. Quelque chose, ou plutôt quelqu’un. L’un et l’autre ont aimé la même femme, Anna, qui les a quittés. Dès lors, leur rencontre devient inévitable. Entre Hasselbank, le français au bout du rouleau, et Paterson l’homme des bois, une relation violente et subtile se noue. Dans le huis clos d’une maison rouge isolée par le bizzard, au bord d’un lac gelé, ils vont connaître , enfin, leur heure de vérité.
Ces hommes entre eux peuvent-ils survivre dans un monde transformé en désert par la disparition d’une femme ? Hanté par les archers invisibles d’Agairre ou la colère de Dieu, ils tentent d’échapper aux flèches que leur réserve le destin.
Porté par la beauté des paysages glacés du Grand µNord canadien, ce roman étincelant nous conduit jusqu’à cette part animale qui gît au fond de chacun d’entre nous, faisant de l’un une proie et de l’autre un chasseur.


Vous y trouverez, le mâle avec son exigence brute du rut, du sang dans les rapports « bestials ».
L’écriture est fade. Je n’ai pas de surprise ni d’intérêt dans l’intrigue trop téléphonée. Tout y est : la violence des combats de coqs, les filles nues qui dansent, cruelles. La beauté promise par l’éditeur n’existe pas.

Commencez le livre à partir de la page 130, vous économiserez votre temps et vous ne manquerez rien. A partir de ce chapitre, l’auteur est au meilleur de sa forme. Je suis persuadé qu’il a du commencé à écrire son livre à partir de cette idée originale, puis, pour étoffer sa nouvelle, il a certainement sur-rajouté des chapitres inutiles.
La rencontre des deux hommes est fort bien décrite. La chute, décevante ressemble au reste du roman : je n’y crois pas un seul instant, devant tant d’incohérence.

Au meilleur de son œuvre, l’auteur cite une croyance indienne à propos des tempêtes :
« Les indiens disent que la seule chose que l’on ait à craindre pendant le blizzard, c’est que le vent soulève la mauvaise part que chacun porte en soi et que, lorsque tout s’apaise, apparaisse à la lumière ce que l’on a parfois essayé d’enfouir tout au long d’une vie. »
Un autre extrait du même acabit (pas très loin de l’Acadie…) :
« Je crois qu’il ne faut jamais regarder trop longtemps en soi. C’est là que se trouve notre pire visage, celui que nous essayons de dissimuler pendant tout une vie. »
(bertrand-môgendre)
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Jean Paul Dubois

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