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| Auteur | Message |
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colbrune pilier

Inscrit le : 27 Déc 2005 Messages : 865
 | |  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 23714
 | Sujet: Re: Marie N'Diaye Dim 15 Jan - 9:23 | |
| Papa doit manger, de Marie N'Diaye, éditions de Minuit.
Papa, noir, a quitté sa compagne blanche depuis dix ans, sans jamais donner signe de vie. Par contre, il lui a laissé deux filles. Le voila qui revient, prétendument riche, en fait pauvre et menteur, sinon fabulateur. Le personnage est vu par les membres de la famille et les proches à travers des images toutes faites du Noir, il en joue, et le spectateur se pose beaucoup de questions à son sujet, sans pouvoir arrêter son jugement.
J' ai vu cette pièce au théâtre, et Marie N'Diaye ne facilite pas la tâche des comédiens ! Tout repose sur le personnage de papa, qui n'arrête pas de parler...composante certes essentielle du personnage, mais quel fardeau pour l'acteur ! à la comédie francaise, il s'en tirait très bien, mais je n'aurais pas voulu être à sa place - le public ne m'a d'ailleurs rien proposé, (mdr).
Les petites filles tiraient leur épingle du jeu, mais que penser des autres personnages ? la mère, très effacée, docile... comme les femmes ne sont plus ; et les grands-parents ? des présences quasi muettes, désapprobatrices par l'attitude, mais sans partition, si je puis dire. Quant au compagnon actuel de Maman, un prof soixante- huitard attardé, il brasse lesmots et les idées toutes faites devant un problème qui le dépasse.
Enfin, un sujet de réflexion : si l'auteure n'avait pas été africaine, que n'aurait-on pas dit sur les stéreotypes, la dévalorisation de l'immigré, etc...Il est vrai que "ces immigrés-là" ne vont pas à la comédie francaise, ni sans doute dans beaucoup de théâtres.
A la limite, on serait tenté de penser que "papa" joue un rôle symbolique, représentant le tiers-monde dans une impasse. Notamment à la fin de la pièce, ce qui justifierait le titre : (quels que soient ses défauts), "papa doit manger" Mais rien dans le texte, à ma connaissance, ne justifie explicitement cette interprétation. |
|  | | alexnihat pilier

Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 326 Localisation : Somewhere, not here
 | Sujet: Re: Marie N'Diaye Dim 15 Jan - 9:52 | |
| j'ai également vu cette pièce de Marie N'Diaye miseen scène au Français par André Engel.
Contrairement à Rotko, je trouve que la mise en scène d'Engel sert bie nle propos de l'auteure. Placée en banlieue pariseinne au milieu des années 80, Papa doit manger permet une double lecture : l'intégration des immigrés durant la période mittérandienne de la Fance ET la question de l'importance du rôle patriarcal dans la société africaine. Marie est une femme africaine ce qui permet de traiter de ce sujet: l'homme part, soit disant à la recherche d'une travail pourfaire vivre sa famille, échoue non sans avoir trouvé une autre femme et tente de revenir dans cette famille recomposée qui a réussi, tant bie nque mal a quelque peu évoluer dans l'échelle sociale française. La mamen vit en effet avec une prof de lycée de banlieue.
La mise en scene, un appartement sans profondeur (au sens propre comme au figuré) permet au spectateur de faire partie intégrante de la satire sociale qui se joue devant lui. Bakary Sangaré se srot magistralement de ce rôle de père indigne, Rachida Brakni laisse éclater tout son talent (qui sera vérifié de multiplie fois par la suite) mais la rôle remarquable est tenu par amina Touidjine, lorsque Mina est enfant, qui tient à elle seule l'ensemble de la pièce. _________________ that's it, baby ! |
|  | | alexnihat pilier

Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 326 Localisation : Somewhere, not here
 | Sujet: Re: Marie N'Diaye Dim 15 Jan - 9:54 | |
| | alexnihat a écrit: | j'ai également vu cette pièce de Marie N'Diaye miseen scène au Français par André Engel.
Contrairement à Rotko, je trouve que la mise en scène d'Engel sert bie nle propos de l'auteure. Placée en banlieue pariseinne au milieu des années 80, Papa doit manger permet une double lecture : l'intégration des immigrés durant la période mittérandienne de la Fance ET la question de l'importance du rôle patriarcal dans la société africaine. Marie est une femme africaine ce qui permet de traiter de ce sujet: l'homme part, soit disant à la recherche d'une travail pourfaire vivre sa famille, échoue non sans avoir trouvé une autre femme et tente de revenir dans cette famille recomposée qui a réussi, tant bie nque mal a quelque peu évoluer dans l'échelle sociale française. La mamen vit en effet avec une prof de lycée de banlieue.
La mise en scene, un appartement sans profondeur (au sens propre comme au figuré) permet au spectateur de faire partie intégrante de la satire sociale qui se joue devant lui. Bakary Sangaré se srot magistralement de ce rôle de père indigne, Rachida Brakni laisse éclater tout son talent (qui sera vérifié de multiplie fois par la suite) mais la rôle remarquable est tenu par amina Touidjine, lorsque Mina est enfant, qui tient à elle seule l'ensemble de la pièce. |
excusez les fôtes d'orthographe mais j'ai pas le courage de corriger mes boulettes ... _________________ that's it, baby ! |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 23714
 | Sujet: Re: Marie N'Diaye Lun 16 Jan - 17:46 | |
| sois tranquille Alexhinat, je ne conteste pas du tout la mise en scène ni le talent des acteurs. J'ai vu la pièce, sans vraiment accrocher, tel est mon problème. J'ai lu un roman de Marie N'Diaye et avant de donner mon sentiment, je vous laisse juger si l'hebdo Lire est plus enthousiaste que moi ...
| Citation: | | Marie Ndiaye n'impose rien, ne joue jamais dans le registre de l'émotion. Ainsi de sa dernière héroïne, Lucie, sorcière mal aimée, dont on suit avec froideur le pauvre parcours. Un mari morose et rancunier, deux filles au cœur sec, une voisine épouvantable, des parents indifférents... Lucie, piètre sorcière, a beau verser quelques larmes de sang, le monde lui échappe. En l'espace de trois mois, son mari volage s'évapore, ses filles, transformées en corneilles, prennent leur envol, tandis que ses parents séparés ricanent devant ses dérisoires tentatives de réconciliation. Pas question pourtant de pleurer sur le sort de la petite-bourgeoise. Qui ne cesse d'ailleurs de fustiger sa propre incompétence, sa couardise et son manque d'énergie. C'est qu'aux yeux de Marie Ndiaye «on n'est pas toujours aussi victime qu'on le paraît, ni aussi coupable». Tel est le message de ce nouveau conte fantastique? «Ça se pourrait bien!» Parole de Normande. |
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|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 23714
 | Sujet: Re: Marie N'Diaye Lun 16 Jan - 17:50 | |
| voici ma version Marie Ndiaye, La sorcière, Edition de Minuit. 2707315699 Familles décomposées. La narratrice, sorcière médiocre, transmet ses pouvoirs à ses deux filles jumelles, nettement plus douées. Mais les soucis sont ailleurs : tous les foyers connaîssent des turbulences. La narratrice est débordée ! elle voudrait contrôler ses filles et leurs pouvoirs extra-naturels, récupérer son mari et/ou son argent, réconcilier ses parents séparés : Elle court donc à Paris, Poitiers, Bourges ...
Le lecteur attend. Il ne s'étonne pas que les jumelles volent littéralement de leurs propres ailes, que le mari fuyard ait une autre famille nombreuse, ou que la narratrice donne des cours "de voyage astral sans secousse". Il attend vainement que le charme opère...
Chez lire, on disait | Citation: | | suivre avec froideur le pauvre parcours | ça me convient assez, cet air de détachement  |
|  | | colbrune pilier

Inscrit le : 27 Déc 2005 Messages : 865
 | Sujet: Re: Marie N'Diaye Mar 17 Jan - 0:42 | |
| | rotko a écrit: | | Citation: | | Marie Ndiaye n'impose rien, ne joue jamais dans le registre de l'émotion. |
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Autant cette "distance" de l'auteur m'a sans doute fait tomber des mains "Rosie Carpe", autant elle m'a convenu dans " Un temps de saison".
Est-ce qu'on aime chez Gide la distance qu'il prend par rapport à ces héros ? Est-ce qu'on aime chez Stendhal son adhésion aux partis-pris de ses héros ? |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 23714
 | Sujet: Re: Marie N'Diaye Mar 17 Jan - 7:54 | |
| En l'occurence; c'est moi qui ai pris dela distance avec "la sorcière" (le personnage et le roman). Chez Stendhal, plus quel'adhesion au personnage, je verrais plutôt la distance, mais on en reparlera dans un endroit "convenable"  |
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