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Pierre Peju

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rotko
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Inscrit le : 26 Déc 2005
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MessageSujet: Pierre Peju   Lun 3 Juil - 7:24

Pierre Peju, Naissances chez Folio 3384.

On a deja parlé de la petite Chartreuse, le film de Jean-Pierre Denis avec Olivier Gourmet, tiré du livre de Peju. Prix france Inter 2003.

Peju dirige une recherche sur "la représentation de l'enfance" au collège international de philosophie.
Ici, sous une couverture due à Valérie Winckler, ce sont des nouvelles.
La première surprendra et vous serez ému(e)s : l'apparition raconte une naissance dans un camp de la mort. 35 pages. Vous vous en souviendrez.

Du coup je remets
ICI le compte-rendu des visages de l'aube fruit de la rencontre entre Valérie Winckler et Nancy Houston.

et je rappelle le fil premiers regards pour les photos

http://grain-de-sel.cultureforum.net/viewtopic.forum?t=572
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rotko
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Inscrit le : 26 Déc 2005
Messages : 23714

MessageSujet: Re: Pierre Peju   Mar 4 Juil - 6:51

Pierre Peju, Naissances chez Folio n°3384.

Ce recueil de nouvelles doit être lu dans l’ordre. La première est épouvantable, elle traduit à la fois la grossièreté des hommes et l’horreur de la situation, tout en montrant le caractère sacré d’un naissance, que chacun perçoit, comme malgré lui.

Les nouvelles suivantes, dramatiques ou reposant sur des inquiétudes ou des fantasmes, piquent au vif et émeuvent.

Toutefois le lecteur attentif risque d’être rebuté par le retour des personnages ou des situations de la première nouvelle : on sent alors que ce recueil est concerté, et que le fil liant ces naissances les unes aux autres est artificiel et bien ténu : Dans l’attente de l’accouchement un père rencontre un marginal, il y voit, dans son inquiétude un mauvais présage, ou un signe du destin.

Citation:
Qui était-il exactement ? […] un être égaré, un éternel orphelin, un garçon de mère inconnue né peut-être autrefois dans un camp, durant la guerre, et errant depuis, dans la paix revenue, de maternité en maternité afin de crier à ceux qui attendent ou mettent au monde des enfants toute l’horreur d’être né ?


L’auteur renvoie donc à la première nouvelle en présentant ce fils devenu adulte comme, dans un passage précédent, il rappelait la mère avec le personnage d’une fleuriste.

En revanche, le rôle de père dans la naissance donne lieu à quelques passages pertinents :

Citation:
Qui dira cette marge muette du père qui prépare tant bien que mal à comprendre non pas que cet être nouveau soit de lui, mais que cet être soit le « sien » ?


La fin du livre comparant les problèmes de l’écriture à celui d’un accouchement ne me convainquent pas, et les métaphores sont à mes yeux tirées aux forceps.

Ce n’est pas un hasard si la couverture de ce livre représente une photo de Valérie Winckler, et Péju le sait bien qui juxtapose les premiers et derniers regards comme l’a fait la photographe.

Citation:
Les sages-femmes furent frappée par l’intensité de ce regard. Si grave, si lointain. Est-ce une antique sagesse, est-ce une pensée muette mais millénaire qui étincelle un court moment dans les yeux ouverts de l’enfant nouveau-né ?

Ce regard est-il la trace d’un savoir profond, absolu, qui bien vite va s’effacer et dont l'être humain ne retrouvera que quelques bribes éparses au cours de sa vie consciente ?

Ou bien ce regard n’est-il que le miroir de notre étonnement ?
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roudita
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Messages : 373
Localisation : Bruxelles

MessageSujet: Re: Pierre Peju   Jeu 27 Sep - 6:13

Dernier en date de Pierre Péju : Coeur de Pierre

Je m'étais laissée allécher par la publicité faite autour de ce livre et j'avoue que malgré un début difficile, je ne le regrette pas du tout, loin de là !

Le coeur, il nous suit tout au long de cette histoire, histoire fantastique s'il en est, destins fantastiques tout autant.. Comment raconter sans déflorer ? Heu, non, c'est impossible donc tout ce que je dirai est ceci : on s'attache aux personnages, tous, Leila la jeune lycéenne en quête d'autre chose, Schulz le vieux monsieur qui a tout perdu, Larsen l'écrivain qui range ses livres dans des boites qu'il appelle des cercueils, Ellen l'Irlandaise, Juliette la femme evanescente, Mémé la Noire et sa soupe...

Deux petits morceaux choisis par moi qui j'espère vous donneront envie de le lire :

Citation:
“- Et vous, vous me racontez qu’un écrivain, bien à l’abri dans son monde, décide de mettre certains mots sur le papier et que ce qu’il écrit se passe vraiment ?
- C’est un peu ça…
- (…) Mais alors ? Alors ? Comment on peut lui dire, à ce bonhomme, que c’est dégoûtant de faire ça ?” (p.117)

“Tout à coup, dans ma poitrine, à l’endroit où, en principe, se trouvait mon coeur, j’ai cru sentir un timide battement : plop ! quelques secondes se sont écoulées et encore : ploplop ! ploplop ! Douceur et douleur. Timide palpitation.” (p.240)

_________________
Lire, c'est aller à la rencontre d'une chose qui va exister. (I.Calvino)
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Pierre Peju

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