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JMG Le Clézio

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Calou
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Inscrit le : 05 Jan 2006
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MessageSujet: JMG Le Clézio   Mer 8 Fév - 10:46



J'annonce tout de suite la couleur: je suis une inconditionnelle de Le Clézio depuis ses débuts Happy .

Je suis plongée dans la lecture de son dernier roman OURANIA que je trouve formidable. Il prouve une fois de plus, se renouvellant à chaque livre, dans la forme plus que dans le fond car ses thèmes sont récurrents, qu'il est un immense écrivain qui compte dans le panorama littéraire contemporain.

Humaniste, combattant, il dénonce poétiquement, s'appuyant sur la mythologie sud-américaine, les fléaux du pouvoir, de l'argent, de la prostitution, du travail des enfants, du saccage écologique et j'en passe.
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rotko
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Inscrit le : 26 Déc 2005
Messages : 22220

MessageSujet: Re: JMG Le Clézio   Mar 28 Mar - 21:26

Le Clezio « Etoile errante », Gallimard.

Esther s’appelle Hélène et vit dans l’arrière pays niçois. C’est l’été 43 où les Juifs, regroupés sous surveillance italienne, guettent et redoutent l’avancée allemande. Fillette, Esther regarde autour d’elle, la nature et les gens, les résidents et les regroupés, les enfants et les adultes, tentant de comprendre et d’éprouver les chagrins et les joies de chacun.

Bientôt, elle doit quitter cet ultime havre, pause dans la fuite, pour chercher un nouveau refuge vers Israël, la terre promise.. On fait alors la connaissance d’une autre errante, Nedjma, la Palestinienne, obligée à son tour de fuir les camps.

La lecture d’ « étoile errante » réserve de très belles pages, notamment les promenades d’Esther–Hélène dans les paysages qu’elle découvre.

Si le malheur existe dans les romans de Le Clezio, on n’y croit jamais tout à fait. L’émerveillement des sensations, le regard neuf porté sur le monde en font un écrivain « primitiviste » qui célèbre la lumière les paysages, les plaisirs des sens. Dans son univers, point de méchants. L’errance est ponctuée de naissances et de rencontres.

A la fin de l’œuvre, l’évocation de Nice et le retour sur les lieux de l’enfance offrent au lecteur de bons moments. Toutefois cette structure en boucle peut apparaître comme un itinéraire contraint. A ces longs romans, je préfère « la ronde » et les nouvelles plus concises.

A mes yeux, le plus gênant est cette volonté de réconcilier tout le monde sur fond de générosité: « juifs et palestiniens, frères d’errance » ! on voudrait y croire …..
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Nam
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Age : 23
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Localisation : Paris

MessageSujet: Re: JMG Le Clézio   Ven 31 Mar - 21:02

(je détourne le sujet à mon habitude...)

"Il y avait ce silence surtout, un silence si grand et si fort que Lullaby avait l'impression qu'elle allait mourir. Très vite, la vie se retirait d'elle et partait, s'en allait dans le ciel et dans la mer. C'était difficile à comprendre, mais Lullaby était certaine que c'était comme cela, la mort. Son corps restait où il était, dans la position assise, le dos appuyé contre la colonne blanche, tout enveloppé de chaleur et de lumière. Mais les mouvement s'en allaient, se disolvaient en elle. Elle ne pouvait pas les retenir."


(Lullaby, inconditionnellement)

Ce qui ressort pour moi des textes de Le Clézio, c'est une lumière toute particulière. Douce, des rayons de soleil qui brûlent des peaux hâlées, un goût d'été exotique oublié. Les jambes nues d'une jeune filles, adossée à la fenêtre, la lumière de l'extérieur et les murs blancs, un tableau de Balthus. C'est ce moment tranquille avant le voyage, avant la déroute, la nuit. On a envie d'y rester, dans la lumière de Le Clezio, juste une minute, et repartir, comme si de rien n'était. Regarder encore ce soleil qui sait transformer n'importe quelle ville. C'est tout juste le silence de la lumière lorsque les regards se tournent enfin vers elle.
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Esther
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Inscrit le : 27 Mar 2006
Messages : 152
Localisation : Paris

MessageSujet: Re: JMG Le Clézio   Dim 2 Avr - 9:57

bonjour à tous.
Rokto et moi, nous nous relançons dans la lecture du "désert". je suis bien contente de savoir qu'il y a une inconditionnelle de Le Clézio pour nous en dire plus.
me concernant et pour me situer par rapport à cet auteur, "L'africain", récit très personnel de Le Clézio m'a réconcilié avec cet auteur. J'ai dévoré son dernier roman "Ourania" et me plonge donc avec grand délice dans "Désert". Comme quoi, il y a vraiment un âge approprié pour apprécier son style. Cela aurait été dommage de rester sur les préjugés de jeunesse.
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swallow
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Inscrit le : 17 Mar 2006
Messages : 833
Localisation : Espagne

MessageSujet: Evoluer   Ven 7 Avr - 16:35

Je ne raterai pas vos commentaires, Esther et Rotko, au sujet de JM Le Clezio.
Esther, lorsque tu ecris "Cela aurait été dommage de rester sur les préjugés de jeunesse.", c´est exactement ce qui m´est arrivé.
Je n´ai pas accroché quand j´ai decouvert JM Le Clezio au travers du Rêve Mexicain.
Celà donnait dans la surabondance encyclopédique, le floklore du moins, est-ce la sensation que me donnait la lecture de cet ouvrage, à l´epoque où je l´ai lue.( vers 1990?).
Mais parait- il, s´il y a un auteur qui a terriblement evolué, c´est bien JM Le Clezio.
Peut- être un jour me replongerai-je dans cette litterature? Parlez- nous de lui.
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rotko
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Inscrit le : 26 Déc 2005
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MessageSujet: Re: JMG Le Clézio   Ven 7 Avr - 16:49

le rêve mexicain m'avait bien plu, et j'y avais trouvé un réel interêt de recherche historique et de comprehension des cultures dites "primitives", bien malmenées par les envahisseurs europeens. J'y reviendrai.

Curieusement, Le Clézio et cet intérêt pour la culture de l'autre, fut l'occasion de mon départ - volontaire celui-là, d'un groupe où une webmaster décrétait, sans aucun argument bien sûr, qu'il avait une mentalité hexagonale.

Esther aura sans doute fini le livre avant moi. Si tu veux jouer les troisiemes voix, même avec une oeuvre différente, tu enrichiras la chorale qui promet d'avoir des timbres différents !
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Esther
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Inscrit le : 27 Mar 2006
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Localisation : Paris

MessageSujet: Re: JMG Le Clézio   Dim 9 Avr - 14:19

Je n'ai pas encore fini "désert", je prends mon temps. Je ne vous cacherais pas qu'il me tombe parfois des mains, mais chose étrange, je finis toujours par le reprendre. Il y a comme une atmosphère magique qui se produit : très peu d'actions, et pourtant on suit les personnages avec grande attention. Tout l'intérêt du roman réside dans les descriptions, les sensations, les odeurs, non, j'avoue ce texte me fascine.

Il a en effet "évolué", quoique pouvons-nous employé ce terme. Disons plutôt qu'il est passé d'un style où son but était de nous faire ressentir l'atmosphère d'un lieu, d'un temps ...dans "désert", à une envie de mettre ses idéaux en avant dans "Ourania". Il est vrai que dans la seconde partie de "désert", Le Clézio change de décord et nous plonge au milieu de la pauvreté, thème principal chez cet auteur.

j'attends d'avoir terminé ma lecture.
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rotko
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Inscrit le : 26 Déc 2005
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MessageSujet: Re: JMG Le Clézio   Dim 9 Avr - 18:01

Esther a écrit:
l'intérêt du roman réside dans les descriptions, les sensations, les odeurs, non, j'avoue ce texte me fascine.


Citation:
[Lalla] sent l’odeur des arbres qui arrive dans le vent, mêlée au goût âcre de la mer. Le sable jaillit par instants dans le ciel, forme des trombes oscillantes, en équilibre au sommet des dunes, qui se brisent ensuite d’un coup, en jetant des milliers d’aiguilles sur les jambes et le visage de l’enfant.
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rotko
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Inscrit le : 26 Déc 2005
Messages : 22220

MessageSujet: Re: JMG Le Clézio   Mar 11 Avr - 22:56

Esther a donc fini le livre et j'ebauche un résumé, sans dire la fin ! Wink

Le Clézio, Désert, Folio

Itinéraires ou errances ?

Dès le procès -verbal, Adam Pollo marche à l’aventure, goûtant les sensations d’un parcours libre. Avec Désert, on trouve une errance collective, celle des tribus avec le charismatique Mai el Ainine, et Nour, et un itinéraire individuel, celui de Lalla qu’on accompagne de l’enfance à la maternité.

Les premières tentent de résister ou de fuir l’armée des envahisseurs européens (Maroc 1910), la seconde quitte fréquemment son bidonville pour le désert, rêvant d’un départ vers l’Europe…

allez, Esther, tes impressions maintenant...
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Esther
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MessageSujet: Re: JMG Le Clézio   Mer 12 Avr - 17:19

j'ai beaucoup aimé la première partie, que ce soit en ce qui concerne l'histoire de Nour ou celle de Lalla. Je reproche toutefois à Le Clézio dès cette première partie un peu trop de répétitions. Fascinée dans un premier temps par ce manque d'actions des personnages, Le Clézio nous plonge plus dans un roman de sensations que d'actions, j'ai été déçu par la seconde partie, celle où Lalla se retrouve à Marseille. Alors, c'est le flop total : que tout s'accèlère, pourquoi pas, Le Clézio tente toutefois de garder en vue son envie de nous faire ressentir odeurs, bruits, couleurs ... mais que lorsque l'incohérence prend place, là, je dis stop.
Autant il n'y avait aucune action dans la première partie, autant dans la seconde, tout se passe sans que l'on comprenne réellement le pourquoi du comment : que Lalla s'enfuie, Ok, qu'elle tombe enceinte, pourquoi pas, mais que le hartani disparaisse, que sa tante se retrouve elle aussi à marseille et apparemment avant Lalla, puis que Lalla décide de partir de chez sa tante alors que quelques paragraphes avant, elles étaient très liées et cette histoire de cigarettes avec son ami radicz (vous me direz si cela vous a marqué) et le fameux sigle qui signifie 2 choses à la fois, alors là, j'ai pas compris. Enfin bon, trop d'incohérence qui me laisse comme un arrière goût. Sans parler des photos ...

On parle déjà de tout cela et après on voit pour continuer. En espérant que vous ayez réussi à me suivre.
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Nam
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MessageSujet: Re: JMG Le Clézio   Jeu 13 Avr - 1:01

Je me souviens que j'avais été moi aussi destabilisée par la fin, notamment à Marseille (mais le moment où je l'ai lu commence à être loin..). La toute fin par contre, m'avait réconcilée .. mais je parle encore de souvenirs vagues
_________________
Les seules pensées zen que vous puissiez trouver en haut d'une montagne sont celles que vous avez apportées avec vous. (Robert Pirsig)
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rotko
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MessageSujet: Re: JMG Le Clézio   Jeu 13 Avr - 7:55

Desert est un livre composite : il est lent pour les deambulations de Lalla, c'est le temps du désert, et des pays pauvres, rapide pour la fuite de Radicz, dans la ville lieu d'agressions ;

le recit est fabuleux pour les populations de Mai el Ainine, sorte d'épopée qui tourne mal, et le ton héroïque devient une déploration, l'histoire de Lalla est "primitive", d'une "naîveté" originelle.

Avec Marseille, on en vient à un réalisme qui correspond à certains livres de Tahar Ben Jelloun sur la condition des immigrés en France. En même temps persiste un aspect "conte de fée" avec Lalla covergirl. C'est vrai que son caractère ne correspond pas aux exigences des séances de pose; ce que Le Clezio tente de dissimuler en transformant son photographe en un "mitrailleur" de Lalla au naturel.

C'est vrai aussi qu'il y a des "ellipses" ! la grossesse de Lalla n'apparait pas sur les photos alors qu'un vieillard de l'hôtel l'a remarquée...
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rotko
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MessageSujet: Re: JMG Le Clézio   Jeu 13 Avr - 18:19

Esther a écrit:
Il y a comme une atmosphère magique qui se produit : très peu d'actions, et pourtant on suit les personnages avec grande attention. Tout l'intérêt du roman réside dans les descriptions, les sensations, les odeurs, non, j'avoue ce texte me fascine


Dans Désert, , à l’instar de beaucoup de protagonistes de son récit - Naman, Aamma, le guerrier aveugle, Le Clézio se fait conteur : pour mettre en relief les sensations fondamentales, il a recours à un langage élémentaire, aussi naïf que Lalla. Le lecteur devient un enfant à qui le conteur communique des sensations et sentiments primitifs, bien loin de la modernité. La sensation brute est celle d’une « petite croix blanche » et il retarde le plus possible le mot « avion ».

Citation:
Certains matins, il y a dans le ciel quelque chose que Lalla aime bien : c’est un grand nuage blanc, long et effilé qui traverse le ciel à l’endroit où il y a le plus de bleu. Au bout du fil blanc, on voit une petite croix d’argent qui avance lentement, si haut qu’on la distingue à peine. Lalla regarde longtemps la petite croix qui avance dans le ciel, la tête renversée en arrière. Elle aime voir comment elle avance dans le grand ciel bleu, sans bruit, en laissant derrière ce long nuage blanc, formé de petites boules cotonneuses qui se mélangent et s’élargissent comme une route, puis le vent passe sur le nuage en blanc et lave le ciel. Lalla pense qu’elle aimerait bien être là-haut, dans la minuscule croix d’argent, au-dessus de la mer, au-dessus des îles, comme cela, jusqu’aux terres les plus lointaines. Elle reste encore longtemps à regarder le ciel, après que l’avion a disparu.
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rotko
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MessageSujet: Re: JMG Le Clézio   Ven 14 Avr - 11:33

Dans son évocation des éléments, Le Clézio montre souvent la présence humaine comme inopportune . Il ne va pas jusqu’à dire comme Valéry que l’homme est « le secret défaut à l’intérieur du grand diamant » de la nature, mais certaines phrases sont révélatrices.

Le silence du Hartani :
Citation:
« il ne veut pas entendre le langage des hommes »;
p.131

le vent du désert :
Citation:
« le vent froid brûle [Lalla], le vent terrible qui n’aime pas la vie des hommes,,il souffle pour l’abraser, pour la réduire en poudre. Le vent qui souffle ici n’aime guère que les scorpions et les scolopendres, les lézards et les serpents, à la rigueur les renards au pelage brûlé. »
p.202

Le désert lui-même :
Citation:
" La brûlure du désert se répand, remonte ses veines, se mêle à ses viscères. Le regard d’Es Ser est terrible et fait mal parce que c’est la souffrance qui vient du désert,la faim, la peur, la mort qui arrivent, qui déferlent. La belle lumière d’or, la ville rouge, le tombeau blanc et léger d’où émane la clarté surnaturelle, portent eux aussi le malheur l’angoisse, l’abandon.. C’est un long regard de détresse qui vient, parce que la terre est dure et que le ciel ne veut pas des hommes ».
p. 206
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rotko
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MessageSujet: Re: JMG Le Clézio   Ven 14 Avr - 17:36

Nam a écrit:


Ce qui ressort pour moi des textes de Le Clézio, c'est une lumière toute particulière.[...] la lumière de l'extérieur et les murs blancs,[...] On a envie d'y rester, dans la lumière de Le Clezio, juste une minute, et repartir, comme si de rien n'était. Regarder encore ce soleil qui sait transformer n'importe quelle ville. C'est tout juste le silence de la lumière lorsque les regards se tournent enfin vers elle.


Nam a raison de parler de la lumière chez Le Clézio : le personnage de Lalla en retire une aura merveilleuse qui irradie et transforme tout le décor. Bachelard y verrait une épiphanie.

Citation:
Maintenant, elle marche plus légèrement, en rebondissant sur ses semelles élastiques, une main dans la poche de sa salopette. Ses cheveux noirs tombent en lourdes boucles sur le col de son manteau, étincellent à la lumière de l’électricité blanche.

[…] Il y a comme l’éclair du feu dans le noir des cheveux de Lalla, dans le cuivre rouge de son visage. Maintenant c’est comme si la lumière de l’électricité avait ranimé la couleur du soleil du désert, comme si elle était venue là, dans le Prisunic, directement du chemin qui vient des plateaux de pierre.

Peut-être que tout a disparu, réellement, et que le grand magasin est seul au centre du désert sans fin, pareil à une forteresse de pierre et de boue. Mais c’est la ville que le sable entoure, que le sable enserre, et on entend craquer les superstructures des immeubles de béton, tandis que courent les fissures sur les murs, et que tombent les panneaux de verre miroir des gratte-ciel.

C’est le regard de Lalla qui porte la force brûlante du désert. La lumière est ardente sur ses cheveux noirs, sur la natte épaisse qu’elle tresse au creux de son épaule, en marchant. La lumière est ardente dans ses yeux couleur d’ambre, sur sa peau, sur ses pommettes saillantes, sur ses lèvres….


Désert p.332.
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JMG Le Clézio

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