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Véronique Ovaldé

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mona
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MessageSujet: Véronique Ovaldé   Lun 11 Aoû - 17:00

Et mon coeur transparent Editions de l'Olivier

Premières phrases :

La femme de Lancelot est morte cette nuit.
Le jour de leur rencontre, quand il lui avait annoncé, Je
m’appelle Lancelot, il avait pris un air tout à fait désolé, un
air contrit qui l’avait conquise. Elle avait répondu, Eh bien,
qu’à cela ne tienne, je t’appellerai Paul. Elle avait éclaté de rire
quand il avait ajouté que son patronyme était Rubinstein.
Lancelot Rubinstein. Il s’était senti à la fois vexé et charmé par
le rire de sa femme –qui n’était pas encore sa femme. Elle
avait un rire qui rebondissait, un rire qui faisait de petits sauts
sur les surfaces lisses et réfléchissantes alentour. Lancelot
Rubinstein s’était dit qu’il allait avoir du mal dorénavant à
s’en passer. Ç’avait à voir avec quelque chose de chaud et de
laineux. C’était ce qu’il s’était dit ce soir-là, le soir du jour de
sa rencontre avec sa femme. Lancelot était un homme qui
pouvait penser qu’un rire était chaud et laineux.


Difficile d'accrocher au premier abord : la rencontre entre Lancelot et Irina est des plus loufoques (Lancelot reçoit sur la tête une chaussure, celle d'Irina, lançée par la fenêtre), il quitte sa femme Elisabeth, après 19 ans de vie commune, d'une phrase : je vais partir Irina
se trompant de prénom....
découvrant que les meubles disparaissent en sortant de leur appartement.....
et puis :

Je vais filmer des ours.
Un trou s'ouvrit sous Lancelot, il y avait un gouffre sous ce
lit, il était aspiré dans un abîme où il pourrait autant qu'il
voulait hurler et se débattre, il se retint aux draps, se crispa, il
sourit mais ça ne ressemblait à rien, il répéta, Filmer des ours ?
et elle hocha la tête et dit très doucement :
Oui, tu te souviens, c'est mon métier.



Là j'ai abandonné, à regrets...
Pour le reprendre plusieurs semaines plus tard...plus disponible à cette fantaisie, cette poésie, contrebalancées par des phrases courtes et brutes souvent en début de chapitre comme nécessaires pour amorcer la suite : Lancelot se prépare un thé. ou Kurt Bayer n'a pas vu Lancelot.
un effet plutôt raté à mon avis qui casse le ton...


Quelques chapitres très courts en exergue:
Une ombre vit sur le visage de ceux qui ont perdu quel-
qu'un. L'ombre d'une plante grimpante. Elle croît à leur insu
et, quand ils pensent que personne ne les surville, elle baigne
lurs traits d'absence, de gravité et de perplexité. C'est un
démon discret qui habite leur visage. Il se cache dès que quel-
qu'un le regarde.


.../...

Irina serait une luciole. Une luciole grillée. Un faible bruit
de cuisson et la lumière s'éteindrait.
Que reste-t-il donc d'Irina dans sa petite boîte en métal ?


Au final un roman d'amour mélancolique, construit comme un thriller mais qui n'en est pas un...
avec une question centrale : la vie de couple se doit-elle d'être transparente ?

Le livre a reçu le prix France culture -Télérama 2008
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Véronique Ovaldé

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