mona pilier

Age : 50 Inscrit le : 19 Aoû 2006 Messages : 556 Localisation : Morbihan
 | Sujet: Véronique Ovaldé Lun 11 Aoû - 17:00 | |
| Et mon coeur transparent Editions de l'Olivier
Premières phrases :
La femme de Lancelot est morte cette nuit. Le jour de leur rencontre, quand il lui avait annoncé, Je m’appelle Lancelot, il avait pris un air tout à fait désolé, un air contrit qui l’avait conquise. Elle avait répondu, Eh bien, qu’à cela ne tienne, je t’appellerai Paul. Elle avait éclaté de rire quand il avait ajouté que son patronyme était Rubinstein. Lancelot Rubinstein. Il s’était senti à la fois vexé et charmé par le rire de sa femme –qui n’était pas encore sa femme. Elle avait un rire qui rebondissait, un rire qui faisait de petits sauts sur les surfaces lisses et réfléchissantes alentour. Lancelot Rubinstein s’était dit qu’il allait avoir du mal dorénavant à s’en passer. Ç’avait à voir avec quelque chose de chaud et de laineux. C’était ce qu’il s’était dit ce soir-là, le soir du jour de sa rencontre avec sa femme. Lancelot était un homme qui pouvait penser qu’un rire était chaud et laineux.
Difficile d'accrocher au premier abord : la rencontre entre Lancelot et Irina est des plus loufoques (Lancelot reçoit sur la tête une chaussure, celle d'Irina, lançée par la fenêtre), il quitte sa femme Elisabeth, après 19 ans de vie commune, d'une phrase : je vais partir Irina se trompant de prénom.... découvrant que les meubles disparaissent en sortant de leur appartement..... et puis :
Je vais filmer des ours. Un trou s'ouvrit sous Lancelot, il y avait un gouffre sous ce lit, il était aspiré dans un abîme où il pourrait autant qu'il voulait hurler et se débattre, il se retint aux draps, se crispa, il sourit mais ça ne ressemblait à rien, il répéta, Filmer des ours ? et elle hocha la tête et dit très doucement : Oui, tu te souviens, c'est mon métier.
Là j'ai abandonné, à regrets... Pour le reprendre plusieurs semaines plus tard...plus disponible à cette fantaisie, cette poésie, contrebalancées par des phrases courtes et brutes souvent en début de chapitre comme nécessaires pour amorcer la suite : Lancelot se prépare un thé. ou Kurt Bayer n'a pas vu Lancelot. un effet plutôt raté à mon avis qui casse le ton...
Quelques chapitres très courts en exergue: Une ombre vit sur le visage de ceux qui ont perdu quel- qu'un. L'ombre d'une plante grimpante. Elle croît à leur insu et, quand ils pensent que personne ne les surville, elle baigne lurs traits d'absence, de gravité et de perplexité. C'est un démon discret qui habite leur visage. Il se cache dès que quel- qu'un le regarde.
.../...
Irina serait une luciole. Une luciole grillée. Un faible bruit de cuisson et la lumière s'éteindrait. Que reste-t-il donc d'Irina dans sa petite boîte en métal ?
Au final un roman d'amour mélancolique, construit comme un thriller mais qui n'en est pas un... avec une question centrale : la vie de couple se doit-elle d'être transparente ?
Le livre a reçu le prix France culture -Télérama 2008 |
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