bertrand-môgendre pilier

Age : 53 Inscrit le : 30 Juil 2006 Messages : 428 Localisation : ici et là
 | Sujet: Florian Zeller Mer 20 Déc - 19:16 | |
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Mise à part quelques redondances à vocation philosophico-popularo-éllistiques, du genre « il fallait jouir ici et maintenant » et autres extraits de correspondances de Flaubert pour le coup tout à fait de circonstance, il se peut que ce genre de roman soit un élément supplémentaire à votre recherche d’auteurs contemporains (autre que Houellebecq) soucieux d’étaler sans craintes les problèmes au quotidien du preux français banal.
Quelques pointes de cynisme convergeant attestent la triste réalité entre autre celle de l’utilisation des impôts du contribuable français : jeux, bakchich, filles de joies à discrétion pour les représentants de l’état français. Qualifier notre époque moderne suréquipée de moyens de communication hâtif autant que oisif, en terme de non-retour vers l’absolu nécessité du silence et de l’attente, relève d’une pensée profonde regrettant la disparition des lettres manuscrites empruntes de mots doux , durs ou creux de pensées graphées, liées par le sceau de la confiance partagée .
Un voyage en Egypte démontre, si besoin en était, l’impérialisme grandissant de la toute puissance du monde musulman dans les pays africains, aux prises avec des actes terroristes infâmes. Cumuls des informations, malaxage de la terreur avec les fausses croyances imbues d’idées reçues, le tout réuni donne des aprioris, des erreurs d’interprétations diffamatoires. Voilà une prise de position incantatoire envers les méfaits de la mort de l’esprit, de l’esprit critique, de la pensée unique, de l’illettrisme. Un tantinet exotique, un souffle de satire agrémenté d’une pincée de verte critique envers les religions monothéistes, sans oublier l’accroche des mots qu’il faut, pour moderniser le discours des dénigrements culturels ( et cultuels) classiques , le tout arroser d’une verve à la fois sympathique voir même douce-amère, et le roman fiction-friction est réellement bouclé. Envisager de résoudre le terrorisme par la simple révolution sexuelle relève de l’utopie la plus soixante-huitarde qui soit, et c’est néanmoins la thèse accrédité par le héros de ce roman.
Quelques phrases clés extraites, issues de ce roman : « les confidences sont toujours des aveux de faiblesse » « les nuances sont une façon de ne pas penser » « toute personne réfléchissant sur l’islam, est immédiatement suspectée de vouloir dire d’autres choses que ce qu’elle dit vraiment » « elle faisait partie de ces femmes modernes profondément égocentriques, qui sont devenues incapables d’amour parce que trop obsédées par elles-mêmes".
Comme l’auteur a peur que ce leurre compte pour du beurre, il enfonce le clou de la supercherie en nous faisant croire qu’il n’en est pas l’auteur (aujourd’hui suicidé), mais le simple retranscripteur, formulant une pensée qu’il dénonce. Une manière d’avoir un propre ôh d’indignation (comme propre rot), face aux propos du héros. Se laver les mains dans la propre eau lisse du « c’est pas moi, c’est les autres ». Bien tourné, judicieusement amené, l’affaire est crédible. _________________ là où se pose le vent, tu ne manques pas d'air |
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schlass pilier

Age : 25 Inscrit le : 20 Nov 2006 Messages : 76
 | Sujet: Re: Florian Zeller Mar 2 Jan - 16:25 | |
| D'après le site Evene, il voudrait entrer dans "l'écurie de Houellebecq". Je doute qu'une telle chose existe. C'est en tout cas un jeune homme très bien en Cour (prof de lettres à Sciences-Po à 27 ans), peut-être un peu trop pour qui veut promouvoir une littérature dérangeante.
Cela dit comme je ne veux pas m'arrêter à ce genre de préjugés, je lirai ce roman. |
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roudita pilier

Inscrit le : 05 Jan 2006 Messages : 373 Localisation : Bruxelles
 | Sujet: Re: Florian Zeller Mar 4 Sep - 21:20 | |
| Lu et fini de lire aujourd'hui. Personnellement j'ai bien aimé. Le côté mise en abîme de l'auteur et de l'histoire, je le trouve assez bien trouvé. Le contenu, quant à l'Islam.. bah, ca aurait pu être un autre endroit, une autre religion, etc... J'aime l'idée du livre.
Quelques citations dans mon bloc-note dont une que j'aime vraiment beaucoup :
” C’est le téléphone, et notamment le portable, qui a définitivement assassiné la pratique de la correspondance. Je pense souvent à ces femmes qui vivaient dans l’espérance, sur le gage d’une seule lettre d’amour, quand l’autre, par exemple, partait à la guerre. Les mots avaient alors une force redoutable puisqu’ils décidaient des vies. On attendait, et on faisait confiance même sans nouvelle de l’autre pendant des périodes infinies. Aujourd’hui, on commence à paniquer dès qu’on ne parvient pas à le joindre sur son portable. Que fait-il ? Ppourquoi ne répond-elle pas ? Avec qui est-il ? L’angoisse a gagné du terrain. Nous sommes entrés dans une période sans retour qui signe la fin de l’attente, c’est-à-dire de la confiance et du silence.” (p.51) _________________ Lire, c'est aller à la rencontre d'une chose qui va exister. (I.Calvino) |
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