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Sylvie Germain

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rotko
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Inscrit le : 26 Déc 2005
Messages : 23714

MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Ven 26 Sep - 7:18

a propos de l'inaperçu, un avis du figaro

Citation:
Un éclat particulier nimbe ce roman, « une flaque de lumière découpée rectangulairement dans le corps du soleil, (…) plus imposante et lumineuse qu'une fenêtre », celui du peintre Mark Rothko. En s'appropriant la peinture de l'artiste américain, Sylvie Germain lui donne la fonction d'un miroir de l'âme où se mirent tour à tour les protagonistes.

Semblable à une toile qui résulterait d'une accumulation de ­couches de peinture, le roman présente plusieurs strates de ­lecture, glissant au milieu de sa prose quelques poèmes, autre corde à l'arc de la romancière.

Récit sur les tragédies intimes, L'Inaperçu est une quête spirituelle dans l'anecdotique, une photographie de vies apparemment banales, d'où le lecteur ­ressort à la fois grave et léger, doucement ébloui.
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mona
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Age : 50
Inscrit le : 18 Aoû 2006
Messages : 561
Localisation : Morbihan

MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Ven 26 Sep - 10:14

rotko a écrit:
a propos de l'inaperçu, un avis du figaro

Citation:
Un éclat particulier nimbe ce roman, « une flaque de lumière découpée rectangulairement dans le corps du soleil, (…) plus imposante et lumineuse qu'une fenêtre », celui du peintre Mark Rothko. En s'appropriant la peinture de l'artiste américain, Sylvie Germain lui donne la fonction d'un miroir de l'âme où se mirent tour à tour les protagonistes.

Semblable à une toile qui résulterait d'une accumulation de ­couches de peinture, le roman présente plusieurs strates de ­lecture, glissant au milieu de sa prose quelques poèmes, autre corde à l'arc de la romancière.

Récit sur les tragédies intimes, L'Inaperçu est une quête spirituelle dans l'anecdotique, une photographie de vies apparemment banales, d'où le lecteur ­ressort à la fois grave et léger, doucement ébloui.


et tu ne te sens pas obligé de le lire ? Laughing
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rotko
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Inscrit le : 26 Déc 2005
Messages : 23714

MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Ven 26 Sep - 11:22

j'avais mis un message, perdu pendant le tremblement de forumactif, où je me sentais plus attiré par la digression que par le récit Razz
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Arc
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Inscrit le : 20 Juil 2008
Messages : 524

MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Mer 1 Oct - 18:03

Nuit-d’Ambre

Nuit-d’Ambre est le surnom du héros. Un enfant né dans une famille déchirée par la mort de son petit frère, accidentellement tué par un chasseur.

Ce malheur bouleverse la cellule familiale et Nuit-d’Ambre ressent profondément le traumatisme des parents, qui en oublient de l’aimer. En tout cas, tel est son ressenti, basé sur une jalousie et une hargne contre ses parents aveuglés par leur douleur.

Nuit-d’Ambre s’isole donc très jeune, laissant les autres macérer dans leur deuil. Il se crée des mondes intérieurs, fictionnels pour survivre à l’absence d’attention et d’affection.

Reste sa sœur, Baladine, à qui il voue une idolâtrie platonique.

Nous suivons le parcours de cet être solitaire et habité de haine, qui quitte sa terre natale pour venir à Paris et achever de transformer sa fureur en crime.

En effet, il y rencontre un jeune boulanger sensible, tendre et candide, qu’il confie sans vergogne aux mains d’une bande de voyous, qui le mettent à mort.

Cette scène est d’ailleurs insupportable à lire. On meurt avec lui...

La maîtrise de Germain est totale : elle sait passer d’un réalisme aigu à un lyrisme féérique tout en douceur, usant d'un « sfumato » littéraire éblouissant et très personnel.

Elle fait ses gammes avec les mots.

Le lecteur perçoit une délicieuse sensation d’apesanteur, d’envol, puis est soudain rappelé à la nature humaine : la méchanceté.

Bien évidemment, une fois le forfait commis, Nuit-d’Ambre revient dans le monde. Dans notre monde. Tête à tête avec lui-même, avec sa propre monstruosité, sa difformité d’enfant vengeur. Je vous laisse imaginer ses drames intimes, encore majorés par les personnages malheureux qu’il croise.

Comme Crève-Cœur, qui est revenu fou de la guerre d’Algérie, après avoir torturé, puis tenté de sauver un enfant coupable d’être...Algérien.

J’ai savouré ce livre étonnant, magnifique, cruel, poétique.

Pour moi, Sylvie Germain a un talent immense et hypnotique.

Je viens d’acheter un deuxième livre d’elle...


PS : On rencontre dans ce récit le mari de Baladine. Il ne fait rien que voyager et lire.
Portrait : « il était de ces êtres qui ne trouvent qu’en rêvant, qui n’arrivent qu’en fuyant, et qui n’aiment que dans l’attente… »…
Ce personnage attachant et comme inaccessible meurt d’une chute de montagne : « Mais il ne tenait pas de livre ce jour là, ses mains étaient vides. Il était le livre. Le livre illisible. »




cheers
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Sylvie Germain

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