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Le film d'auteur français

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coline
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Inscrit le : 04 Jan 2006
Messages : 4104

MessageSujet: Changement d'adresse   Jeu 12 Oct - 16:33



Un film d’ Emmanuel Mouret.



Avec : Emmanuel Mouret lui-même, Frédérique Bel (que l’on connaît pour son personnage de Dorothy Doll dans La Minute blonde sur Canal), Fanny Valette…(et, erreur de casting à mon goût, Dany Brillant)



David (Emmanuel Mouret) et Anne (Frédérique Bel), co-locataires d’un appartement et s’entendant à merveille, cherchent l’amour chacun de leur côté.



Ce film est une comédie sentimentale, un petit bijou décalé, à la fois burlesque et mélancolique avec des dialogues très enlevés. C’est plein de douceur, de raffinement et de légèreté, de pureté.



"Enfant, mon amour du cinéma a commencé avec le burlesque et cela ne m'a pas quitté !", constate Emmanuel Mouret. "Je trouve que la maladresse est extrêmement belle, touchante, cinématographique, plaisante à voir. Elle est ainsi pour moi l'expression la plus profonde de l'homme : un être dans un monde qui lui est étranger et auquel il essaie de s'adapter. Dans le burlesque, les personnages se cassent la figure mais ils se relèvent toujours l'air de rien, comme si les compteurs étaient remis chaque fois à zéro. En cela, Anne et David sont des personnages hérités du burlesque. Même dans le plus grand désarroi, ils gardent beaucoup d'espoir et n'accusent jamais la vie ou les autres. Là est la grande élégance des personnages de burlesque, ils n'ont aucune rancoeur !"



Découvrez les extraits ici pour avoir une idée du ton de ce film qui m’a fait passer un très bon moment :
Voir plutôt lesextraitset teasers que la Bande annonce d'ailleurs:
http://www.allocine.fr/film/video_gen_cfilm=109717.html
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coline
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Inscrit le : 04 Jan 2006
Messages : 4104

MessageSujet: Le film d'auteur français   Lun 8 Jan - 17:58

C'est un sujet qui me touche. C'est pourquoi je poste une partie de l'article du Monde sur ce sujet...

2006, sale année pour les auteurs de cinéma
(LE MONDE | 06.01.07)

Extraits:
Le cinéma français se porte à merveille : près de 190 millions d'entrées ont été enregistrées en 2006, plusieurs films dépassent le million de spectateurs et la part de marché de la production nationale tutoie celle des films américains. Mais ce succès est surtout le fait de films dits commerciaux : comédies sentimentales (Je vous trouve très beau, Donne-moi ta main), policier (Ne le dis à personne), dessin animé (Arthur et les Minimoys).
Pendant ce temps, dans son pays natal, le film d'auteur est au plus mal.

Les deux vitesses du cinéma français
En 2006, sur les 10 premiers du classement au box-office en France, on trouve sept films français :

1. Les Bronzés 3 : 10,35 millions d'entrées.

4. Camping : 5,48 millions d'entrées.

5. Arthur et les Minimoys : 4,44 millions d'entrées (exploitation toujours en cours).

7. Je vous trouve très beau : 3,53 millions d'entrées.

8. Prête-moi ta main : 3,48 millions d'entrées (exploitation toujours en cours).

9. Indigènes : 3,1 millions d'entrées.

10. La Doublure : 3,08 millions d'entrées.


Mais:

Bled Number One, de Rabah Ameur- Zaïmèche : 70 000 entrées en trois semaines d'exploitation.

Cœurs, d'Alain Resnais : 460 000 entrées en six semaines.

Flandres, de Bruno Dumont : 80 000 entrées en six semaines.

Lady Chatterley, de Pascale Ferran : 127 500 entrées en sept semaines.


Parmi les films français sélectionnés à Cannes en 2006:

Transylvania, de Tony Gatlif, film de clôture : 100 000 entrées.

La Californie, de Jacques Fieschi, sélection Un certain regard : 120 000 entrées.

Les Anges exterminateurs, de Jean-Claude Brisseau, Quinzaine des réalisateurs : 20 000 entrées.


En 2006, sur les cinq films nommés au prix Louis-Delluc, le "Goncourt du cinéma", trois n'ont pas passé la barre des 150 000 spectateurs, qu'avaient franchie quatre des cinq nommés de 2005.

Les revenus propres (recettes en salle, ventes de droits) d'Arte Cinéma, l'un des acteurs majeurs du cinéma français d'auteur, sont tombés de 2 millions à 0,5 million d'euros.
A une exception près, les huit distributeurs de l'association Dire, qui regroupe les principaux pourvoyeurs de films d'auteur pour les salles, ont vu leurs résultats s'effondrer.

Ni les prix obtenus dans les festivals, ni le soutien de la critique, ni le renom de leurs auteurs n'ont empêché ces échecs.
Flandres, de Bruno Dumont, Grand Prix au Festival de Cannes, n'a attiré que 80 000 spectateurs ; L'Intouchable, de Benoît Jacquot, prix de la meilleure jeune actrice à Venise pour Isild Le Besco, finira sa carrière autour de 35 000 entrées.

D'autant que le cinéma français se contente d'accessits dans les grands festivals. En dix ans, la plus haute récompense lui a échappé à Cannes, Berlin et Venise, à l'exception d'Intimité, de Patrice Chéreau, Ours d'or à la Berlinale en 2001.

Le cinéma d'auteur a toujours connu des échecs. Mais jusqu'à 2005, une grosse poignée de films arrivaient à conquérir un public plus large.

En 2006, seuls Quand j'étais chanteur, de Xavier Giannoli, et La Tourneuse de pages, de Denis Dercourt, ont dépassé 500 000 entrées. Azur et Asmar et Indigènes, deux gros succès, se situent dans une problématique différente : le premier est un dessin animé, le second un film de guerre ancré dans le débat politique.

Ce qui ressemble à une débâcle suscite de nombreuses réflexions.
Les intéressés rappellent d'abord la dégradation des conditions d'exposition des films.
Régine Vial, des films du Losange, qui a distribué Bled Number One, de Rabah Ameur-Zaïmèche (70 000 entrées), pointe "l'énorme inégalité" des conditions de sortie entre les films coproduits par les télévisions, qui se voient garantir une exposition médiatique, et des films d'auteur qui se contentent du soutien d'une presse écrite en perte d'audience.

Le président du Festival de Cannes et du prix Louis-Delluc, Gilles Jacob, déplore le succès limité du lauréat 2006 du Delluc, Lady Chatterley, de Pascale Ferran, qui avait "tout ce qu'il fallait pour en faire un film populaire". Au bout de cinq semaines, ce film qui a bénéficié d'une critique élogieuse et d'un bouche-à-oreille favorable enregistrait 130 000 entrées.

Il semble que le public cinéphile, attentif à la critique comme au bouche-à-oreille, soit en voie de disparition. Or c'est lui qui faisait le succès des films d'auteur. Gilles Jacob le pense, tout comme Thomas Ordonneau, jeune patron de Shellac, une société de distribution qui peut se prévaloir de l'une des rares bonnes surprises, les 150 000 entrées de la comédie d'Emmanuel Mouret Changement d'adresse. "La cinéphilie n'existe plus", dit-il, en espérant qu'elle pourra se reconstituer autour de cinémas où les films ne disparaîtraient pas de l'affiche avant même que les spectateurs se soient décidés à les voir.

Cette crise met en danger les distributeurs indépendants, qui comptaient parmi les principaux financiers des films d'auteur. Ceux-ci se font avec de moins en moins d'argent (Changement d'adresse a été tourné pour 600 000 euros).

L'appauvrissement des budgets suscite des tensions entre producteurs et réalisateurs. "Les films se font avec 70 % du budget nécessaire et les cinéastes commencent à tourner fatigués et humiliés", dit Gilles Jacob.

Frédéric Niedermayer, qui a produit Changement d'adresse, explique que chaque producteur doit "savoir jusqu'où on peut descendre" dans la réduction des coûts. Edouard Weil, le producteur de Clean, d'Olivier Assayas, de Palais royal, de Valérie Lemercier, et de Quand j'étais chanteur, déplore que "certains auteurs ne sachent rien ou ne veuillent rien savoir de l'énergie qu'il faut déployer pour qu'un projet aboutisse".

Pour qu'un film existe, il n'y a guère d'autre solution que de recourir à des vedettes. Quand j'étais chanteur a permis à Gérard Depardieu de donner pour la première fois depuis longtemps sa mesure, face à Cécile de France.
Et La Tourneuse de pages a bénéficié de la popularité de Catherine Frot. Seule la présence de ces stars permet d'accéder au circuit de la promotion télévisée, mais le recours aux vedettes grève le budget du film.
Bamako, d'Abderrhamane Sissako, doit en partie son succès à l'appui d'associations de la mouvance altermondialiste.

Tout le monde reconnaît que le système qui a permis aux deux faces du cinéma, l'art et l'industrie, de prospérer en France arrive à épuisement. Mais le nouveau système, qui fera entrer en jeu la vidéo à la demande et de nouveaux modes de diffusion, "n'est pas encore viable", estime Michel Reilhac. L'année 2007 s'annonce rude.

(Thomas Sotinel)
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coline
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Inscrit le : 04 Jan 2006
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MessageSujet: Re: Le film d'auteur français   Lun 8 Jan - 18:20

Pas d'écho à ce post...
J'ai eu envie de le faire remonter tout de même devant le terrible constat concernant le cinéma d'auteur...

Je vous souhaite vraiment de "croiser" ce film.
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coline
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Inscrit le : 04 Jan 2006
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MessageSujet: Re: Le film d'auteur français   Lun 8 Jan - 18:23

coline a écrit:


En 2006, sur les 10 premiers du classement au box-office en France, on trouve sept films français :

1. Les Bronzés 3 : 10,35 millions d'entrées.

4. Camping : 5,48 millions d'entrées.



:cry: Je trouve ce constat affligeant!
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rotko
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MessageSujet: Re: Le film d'auteur français   Lun 8 Jan - 18:44

l'article du monde est très élogieux

Citation:
éblouissantes variations sur les jeux de l'amour


Citation:
Changement d’adresse est un petit bijou comique et lunaire. Variation sur les airs bien connus de la fable version Eric Rohmer et du conte initiatique à la Truffaut, Emmanuel Mouret y réussi à imposer sa personnalité en tant que cinéaste mais aussi acteur. Plus mathématicien que philosophe, son équation amoureuse se révèle totalement imparable.

sur fluctuat
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coline
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MessageSujet: Re: Le film d'auteur français   Lun 8 Jan - 19:22

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Moon
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MessageSujet: Re: Le film d'auteur français   Lun 8 Jan - 20:06

J'en ai parlé avec les parents d'une amie l'autre jour. Le constat est affligeant ! Je suis perplexe : comment peut-on se contenter de films comme camping ou les bronzés ? scratch
Je ne suis d'ailleurs pas allée les voir. Ils ne me tentaient absolument pas, même pour me détendre ! Quitte à dépenser entre 9 et 6 euros autant aller voir des films qui valent le détour... m'enfin c'est mon avis Laughing
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Utopie
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MessageSujet: Re: Le film d'auteur français   Mar 9 Jan - 5:53

Le problème est récurrent. Le cinéma d'auteur a ses habitués, ses festivals, ses jeunes auteurs et il n'est pas que français Shocked
Ici ou là dans les campagnes des cinémas s'installent avec deux salles dont une salle pour le cinéma d'auteur, alors qu'à Paris bcp de salles ont fermé.
Les sections cinéma dans les écoles sont pleines, c'est positif.

Le cinéma d'auteur ne passe pas dans de grosses salles, sur des gros médias, etc. c'est un peu aussi sa fonction de ne pas être en premier plan, bon bien sur, bien sur il faut qu'il vive et que ces beaux films soient vus.

On en entend parler dans des médias plus discrets.
Je connais pas mal d'auteurs dont parfois je n'ai même pas pu voir les films, c'est dur, injuste mais je crois que le meilleur moyen est de parler de leur travail.

Pourquoi pas dans ce fil ? pourquoi pas raccrocher le fil sur Bamako ? faire un fil justement réunissant les films et surtout les suivre en tant que réalisateurs/auteurs comme le fait Rotko pour l'auteur de Bamako car que répondre quand on ne peut voir un film précis.
Suivre leur travail c'est ce qui peut leur faire le plus de satisfaction, justement pour les films d'auteur.

Faisons-leur la part belle ? on parle ici de leurs films, de l'actualité, il y en a qui passent sur arte ... si vous voulez ?
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rotko
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MessageSujet: Re: Le film d'auteur français   Mar 9 Jan - 10:32

Le probleme essentiel reste celui de la distribution. Où verrons-nous ces films, sauf à courir les petites salles d'art et d'essai ?

L'exception culturelle francaise dont on nous a rebattu les oreilles, il faudrait balayer devant notre porte pour appliquer des critères de qualité dans la distribution.
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queenieinlove
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MessageSujet: Re: Le film d'auteur français   Mar 9 Jan - 12:54

J'ai un peu de mal avec le film d'auteur français.. j'ai essayé quelques fois, mais je vais souvent voir des films "d'auteurs" étrangers.
je pense que c'est avant tout une question de distribution... et peut-être de publicités... je ne suis pas sûre.. et puis, il faut le dire : il y a le téléchargement.

rien que dans le ciné où je travaille j'apprends en arrivant, que leur mois de décembre a été calme parce qu'ils ont dû remplir leur quota de films français (un quota annuel non remplit pendant le reste de l'année) !
Le problème c'est que le cinéma est une industrie, un commerce et que malheureusement, les gens pensent beaucoup avec leur porte-monnaie.

Du coup, quand on veut voir un film unpeu underground, on se retrouve dans une mini salle, au son pourri et aux sièges inconfortables : dans ces cas-là pour le même prix on préfère parfois payer les 8€ pour le film dans la méga salle (considéré également comme un critère de qualité pour le film) que d'aller s'esquicher dans une boite à sardines. Et quelques mois plus tard on s'achète le dvd.
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MessageSujet: Re: Le film d'auteur français   Mar 9 Jan - 12:57

je vais rajouter autre chose qui me vient à l'esprit : je ressens le film d'auteur français comme un genre s'adressant à une classe d'âge "mûre" aux alentours de 50 ans. Alors que le cinéma d'auteur étranger se tourne plus facilement vers un public plus jeune, et du coup plus large.

c'est un sentiment, je n'en ai aucune preuve.
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MessageSujet: Re: Le film d'auteur français   Mar 9 Jan - 13:05

queenieinlove ressent
Citation:
je vais rajouter autre chose qui me vient à l'esprit : je ressens le film d'auteur français comme un genre s'adressant à une classe d'âge "mûre" aux alentours de 50 ans. Alors que le cinéma d'auteur étranger se tourne plus facilement vers un public plus jeune, et du coup plus large.

c'est un sentiment, je n'en ai aucune preuve.

penche toi sur les courts métrages, pour avoir l'impression que le réalisateur s'adresse à toi. Il existe de pures merveilles dont quelques uns sélectionnés passent dans les festivals comme Montpellier, Clermont Ferrand.
Certes il y a à boire et à manger, mais comme dans toute création débridée, tu peux trouver ton compte (pour le coup c'est jeune et dynamique)
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