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| Auteur | Message |
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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22948
 | |  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22948
 | Sujet: Re: les citronniers Mer 23 Avr - 8:06 | |
| | Citation: | | citoyen d'Israël et du monde» Eran Riklis scénariste et metteur en scène poursuit sa réflexion exposée précédemment dans La fiancée syrienne. Une comédie dramatique qui déjà mettait le doigt sur la situation cocasse, absurde et cauchemardesque à la fois dans laquelle s'enferment les relations entre les différents peuples de ces territoires |
Ouest-france. |
|  | | Seb Mod.

Inscrit le : 26 Fév 2008 Messages : 641
 | Sujet: Re: les citronniers Mer 23 Avr - 8:33 | |
| je le mets illico dans ma liste "qu'irez-vous voir au cinéma"... _________________ "Jamais je ne me suis couché de bonne heure..." (Moi) |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22948
 | Sujet: Re: les citronniers Mer 23 Avr - 8:55 | |
| j'avais mis d'abord cet avis dans qu'irez-vous voir au cinéma, mais la presse souligne l'originaliteé du film : grave et drôle, disant son fait à chacun :
| Citation: | L'armée israélienne, arrogante parce que puissante. Le ministre de la Défense, cynique, prêt à renoncer à ses convictions pour conserver le pouvoir.
L'autorité palestinienne, absente, plus préoccupée par elle-même que par les problèmes de son peuple. Le machisme d'une société arabe dont les hommes s'autorisent un droit de regard sur la vie des femmes | .
Là c'était "la tribune". |
|  | | Seb Mod.

Inscrit le : 26 Fév 2008 Messages : 641
 | Sujet: Re: les citronniers Ven 25 Avr - 0:16 | |
| | Citation: | | "Les citronniers" [...] La vie de Salma - interprétée avec grâce et dignité par la magnifique Hiam Abbas |
Très beau portrait de Hiam Abbas dans Libération du 24/04:
| Citation: | Il existe en France une actrice de cinéma capable de jouer en arabe, en hébreu, en anglais et en français. Vous ne voyez pas ? Elle a tourné dans le dernier Spielberg, Munich , deux fois avec Amos Gitaï et vient de terminer le prochain Jarmusch. Toujours pas ? Normal, elle a peu tourné en France, même si elle y vit depuis dix-neuf ans. C’est Hiam Abbass, Palestinienne (d’identité), Israélienne (de papiers) et Française (d’adoption)… Ne dites jamais qu’elle est une Arabe israélienne : «Je déteste cette expression. C’est une manière d’effacer mon identité et de nier la présence des Palestiniens sur cette terre.» [...]
Elle a toujours décidé de sa vie, ce qui n’est pas évident quand on est la cinquième des dix enfants d’une famille conservatrice de la société rurale palestinienne. Conservateurs, mais pas rétrogrades, ses deux parents, des professeurs, plaçaient les études et la lecture au-dessus de tout. Elle a grandi dans un joli petit village, à l’ancienne, avec maisons en pierre et remparts. L’enfant solitaire passe son temps dans les pages de l’encyclopédie paternelle ou rêvasse dans les champs en gardant les chèvres. A l’époque, il n’y a ni pauvres, ni riches et presque pas de Juifs, sauf le médecin et le postier, qui n’habitent pas dans le village. Au lycée, elle découvre la littérature juive et hébraïque ainsi que la Torah. Surtout pas la littérature arabe moderne. Tout lui paraît normal, même les visites à Yad Vashem, le mémorial de la Shoah, destinées à lui enseigner une histoire qui n’est pas la sienne. [...]
Après le bac, elle choisit, toute seule, d’étudier dans une école de photographie à Haïfa. «Les inscriptions étaient déjà closes. Je suis allée voir le directeur : "Voilà, je ne connais rien à la photo, je n’en ai jamais fait mais j’ai un sens artistique." Ils m’ont prise, je ne sais pas pourquoi.»Première élève arabe de cet institut, elle finance ses études en faisant, le soir, le ménage dans les classes où elle étudie la journée. Elle découvre aussi le «racisme» et ceux qui la traitent de «terroriste» quand l’OLP lance une attaque contre Israël depuis le sud du Liban.[...]
Sa carrière dans le théâtre, véritable passion depuis l’enfance, débute de la même façon : un coup de bluff. «J’avais fait beaucoup de théâtre amateur. En 1982, je travaillais comme photographe à Jérusalem. J’ai fait un sujet sur le théâtre al-Hakawati. Ce jour-là, je me suis dit : "C’est à ça que j’appartiens"» Elle va voir le directeur, qui lui propose de remplacer au pied levé une comédienne indisponible pour une tournée en France. Une semaine plus tard, elle est sur scène à Lyon. [...]
Pendant des années, chaque fois qu’elle retournait voir sa famille en Israël, elle y subissait les avanies réservées aux passagers d’origine arabe à l’aéroport : interrogatoire, fouille au corps, etc. Ce n’est que depuis le succès de la Fiancée syrienne, réalisé par Eran Riklis, que les employés du service de l’immigration s’excusent de ne pas l’avoir reconnue.[..] |
_________________ "Jamais je ne me suis couché de bonne heure..." (Moi) |
|  | | Seb Mod.

Inscrit le : 26 Fév 2008 Messages : 641
 | Sujet: Re: les citronniers Dim 4 Mai - 21:53 | |
| Alors je viens de voir Les citronniers, et c'est indéniablement un très beau film, très émouvant, tout en finesse, avec un jeu sur les regards, les silences.
L'histoire de Salma, cette paysanne palestinienne de Cisjordanie qui s'attache corps et âme à défendre ses citronniers pour les sauver de l'arrachage auquel ils sont promis (suite à une décision de l'Armée israélienne visant à "protéger" la résidence du ministre de la Défense nouvellement installé à proximité), est poignante. Ces citronniers, qui sont l'enjeu du film sont filmés de manière terriblement charnelle, au point qu'on jurerait en sentir l'odeur et en goûter l'acidité sucrée. Porté par la tension de l'histoire, le film est captivant de bout en bout, mais sait dépasser l'intrigue pour s'attacher à la psychologie des personnages, aux ressorts des deux sociétés israélienne et palestinienne.
L'interprétation de Hiam Abbas, tour à tour fragile, passionnée, désespérée, fière, attendrie, etc. est prodigieuse, et sa beauté crève littéralement l'écran. Il faut aussi mentionner l'autre femme du film, Rona Lipaz Michael, qui joue l'épouse du ministre avec beaucoup de relief, montrant bien comment elle doit naviguer entre ses obligations protocolaires et sa sympathie naturelle pour la cause de Salma. Il y a aussi Ali Suliman (déjà aperçu dans l'extraordinaire Paradise Now, de Hany Abu-Assaad), très convaincant dans le rôle du jeune avocat.
Une belle démarche de cinéaste, qui non seulement représente une implacable dénonciation des outrances de la politique militaire d'Israël (dont Riklis se permet même de moquer les soldats et leurs tests psychotechniques) dans les Territoires occupés, mais surtout montre ce qui rapproche ces deux peuples qu'il serait si aisé de réunir,
| Spoiler: | | | exactement comme est montrée dans le film la rencontre, plusieurs fois amorcée mais jamais réalisée, entre la paysanne palestinienne et l'épouse du ministre israélien | pour peu qu'une solution soit un jour apportée à ce conflit.
Un film à voir  _________________ "Jamais je ne me suis couché de bonne heure..." (Moi) |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22948
 | Sujet: Re: les citronniers Dim 15 Juin - 18:40 | |
| J'approuve totalement l'avis de Seb et tout ce qu'il dit de lapresence physique des femmes et des arbres :
L’histoire fort bien interprétée dans les différents rôles, avec une mention particulière pour les 2 femmes, et surtout Hiam Abbas, est parfaitement plausible, et les caractères, les attitudes, les personnages sociaux sont criants de vérité.
Rien de trop pesant dans la représentation de ce voisinage, sinon que tous les personnages sont prisonniers du mur de séparation, avec mirador s’il vous plaît, et d’une logique sécuritaire tout à fait compréhensible de la part d’un ministre et de son entourage.
Les échanges de regards disent les positions et les réactions des protagonistes.
Des remarques inventent évidemment à aller plus loin, à étendre l’horizon à La Palestine face à Israël, à voir deux logiques à l’œuvre, deux discours, deux revendications.
Mais la richesse humaine des femmes surtout, les similitudes de leurs situations affectives et familiales, font qu’on ne tombe pas dans le manichéisme : chaque camp a ses défauts, sa diaspora, et le film refuse « d’être un film américain avec une fin heureuse ».
Un très beau film avec une émotion retenue et des scènes très fortes.
Je le conseille vivement à tous.  |
|  | | Utopie Mod.

Age : 101 Inscrit le : 12 Juin 2006 Messages : 10582
 | Sujet: Re: les citronniers Sam 27 Sep - 13:51 | |
| DvD : Les Citronniers Sortie le 29 Octobre 2008  |
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