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 Pour séances de rattrapage en DVD!Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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coline
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MessageSujet: Re: Pour séances de rattrapage en DVD!   Ven 22 Sep - 11:25


L'ARC

Après un Ours d’argent à Berlin pour « Samaria », après un prix de la mise en scène à Venise pour « Locataires », « L’ARC » a été présenté en Sélection Officielle(Section Un Certain Regard) au Festival de Cannes 2005. C’est le douzième film du Coréen Kim Ki-duk (réalisateur-producteur-scénariste-monteur)

Avec :-Le vieil homme : Jeon Sung-hwan qui campe un bouleversant vieillard.
-La jeune fille : Han Yeo-reum, une splendide jeune fille au sourire énigmatique.
-L'étudiant : Seo Ji-seok

Kim Ki-Duk est né dans bourgade coréenne montagneuse et charmante, mais assez peu tournée vers le cinéma. D’ailleurs, sa voie semble toute tracée: école d'agriculture puis travail à l'usine dès 17 ans. Un peu violent et d’humeur changeante, il s'engage dans les Marines trois ans plus tard, puis pense à devenir prêtre les deux années suivantes. Ce n'est que dans son amour pour la peinture qu’il garde une certaine constance. Une passion qui date de l'enfance, et qui le pousse à tenter un pari, à l'âge de 30 ans: celui de débarquer en France, avec son seul billet d'avion à la main, pour peindre, gagnant sa vie grâce à ses oeuvres après avoir fait quelques études à Montpellier. La peinture marque d’ailleurs fortement sa filmographie et la composition de ses plans donne à penser parfois à des peintures.


Le Synopsis du film :
Le cinéaste coréen évoque dans ce film les affres de l'amour et de la jalousie à travers les yeux d'un vieil homme.
Amoureux fou d'une jeune fille, qu'il compte épouser à ses 17 ans, un sexagénaire vit avec elle (l’a-t-il enlevée ? l’a-t-il recueillie ?) sur un vieux chalutier amarré en haute mer, avec son arc aussi. Ce dernier lui permet, entre autres, d'effrayer les nombreux prétendants qui louent son bateau pour venir tendre leurs lignes en haute mer, tous avides de séduire la ravissante jeune fille. Elle s’en sert, elle-même, très bien, de l’arc. Mais lorsque elle s'éprend d'un étudiant, le vieil homme ne supporte pas de la perdre.

Entre poésie et fantastique, « L’Arc » ne ressemble à rien d’autre, comme nombre d’œuvres qui nous arrivent d’Asie.

Il pourrait ouvrir une polémique sur la pédophilie. Kim Ki-duk résumeson film en déclarant :« Puissance et beauté sonore, comme un arc bandé, je veux vivre ainsi jusqu'à mon dernier souffle ».

L’arc est plus qu’un instrument de mort rapide. Il incarne l'autorité. Son apparence est d'une grande simplicité, mais sa force est extraordinairement variable et dépend de la manière dont l'arc est bandé.
Pour le réalisateur Kim Ki-duk, l'arc permet de préserver un monde menacé des influences extérieures, mais s'avère aussi un instrument de musique rituel créant la musique pour la fille qu'il aime. En fait, il avait l'intention d'utiliser l'arc comme source musicale mais étant donné la difficulté de ce projet, il employa un violon coréen traditionnel car le son qu'il produit est proche de celui d'un arc qu'on gratte.
L’arc permet également de prédire l'avenir à la manière d'un talisman chamanique.
Mais c’est aussi un symbole sexuel…

Il s'agissait bien entendu de l'accessoire du film exigeant la plus grande attention. L'accessoiriste envisagea au départ de confier la fabrication d'un arc à un artisan, mais le réalisateur se contenta d'un arc banal acheté dans le commerce auquel il attacha plusieurs chiffons de couleur. Puis il le bricola pour qu'il ait l'air vieux et robuste.


La mer et un vieux bateau de pêche ont servi de décor à « L'ARC » .
Le plateau du film se résume au chalutier. Le spectateur est porté à admirer les images du ciel, de l'océan et du bateau sur lequel les chiffons colorés s'agitent au gré du vent… et sur la coque duquel est représentée une peinture de Bouddha.

La dernière partie, qui semble ne pas vouloir finir, passe, on le regrette, du naturalisme au fantastique.

L’esthétique du film évoque les estampes japonaises . Kim Ki-duk compose de magnifiques images. Par exemple quand la jeune fille se balance au raz de l’eau et que le vieil homme tire ses flèches depuis une seconde embarcation, sur l’effigie de Bouddha peinte sur la coque. Le procédé qui lui permet de connaître l’avenir…
L’atmosphère est délicieusement poétique et sensuelle.

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coline
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MessageSujet: Re: Pour séances de rattrapage en DVD!   Ven 22 Sep - 11:29

Je ne suis pas là pour être aimé


Réalisé par Stéphane Brizé

avec Patrick Chesnais, , Anne Consigny, Georges Wilson.

Le point de départ du film :
Pour son réalisateur, « Ce film est parti de l'envie toute simple d'observer un homme absolument incapable d'exprimer ou de recevoir la moindre émotion à un moment de fragilité de sa vie. 50 ans, Jean-Claude sent inconsciemment qu'il est l'heure de sa dernière chance pour réussir à construire affectivement quelque chose. Lui comme certains autres personnages du film se retrouvent face à un choix. Un choix qui engagera leur vie future.
Des personnages, jeunes et moins jeunes, à qui on n'a pas appris à aimer ou à être aimé…et ça va souvent de pair. Voici d'ailleurs la problématique fondamentale autour de laquelle a été construit le film. D'où le titre en forme de revendication dont on doit entendre le contraire de ce qu'il signifie. Résultat de toutes ces carences et de ces traumatismes, des gens qui se ratent, des gens qui souffrent, des gens étouffés par les regrets à la fin de leur vie, des gens qui voudraient dire ce qu'ils ont sur le cœur mais qui ne le peuvent pas ou qui ne savent pas le faire. Il suffit pourtant souvent de presque rien pour dénouer tout cela… J’observe les raisons invisibles qui les amènent à agir d'une manière ou d'une autre, laissant apparaître le paradoxe de certaines de leurs décisions qui vont parfois à l'encontre de leurs désirs propres. »

L’homme, c’est Jean Claude Delsart (Patrick Chesnais, en état de grâce, omniprésent dans son rôle d'huissier imperturbable, toujours dans la simplicité, l'économie de geste. "Je ne suis pas là pour être aimé", lui offre un rôle sur mesure). La cinquantaine, le coeur et le sourire fatigués, il a depuis longtemps abandonné l'idée que la vie pouvait lui offrir des cadeaux. Solitaire, sans enthousiasme pour son travail, sa vie est rythmée par les visites qu’il est le seul à rendre encore à un père acariâtre (magistral George Wilson qui, à mon humble avis, car il m’a été donné de le rencontrer, ne fait pas vraiment une performance d’acteur mais se montre tel qu’il est réellement : patriarche, père râleur et pudique.)
Sous les conseils de son médecin qui lui préconise de se mettre à un peu d’exercice, Jean Claude Delsart s'autorise à pousser la porte d'un cours de tango qu’il regarde parfois, de loin, de la fenêtre de son bureau...

La femme, c’est Anne Consigny : ni apprêtée, ni sophistiquée, tout simplement lumineuse, belle, juste, effacée mais présente.

... Le réalisateur se souvient : "Dès les premières mesures, avec une évidence incroyable, le couple existait. Ils ne connaissaient pas un pas de tango et je savais pourtant que c'était eux. Le lien invisible qui existe entre Jean-Claude et Françoise est le coeur absolu de mon film. Et si je mettais en présence deux comédiens qui n'avaient rien à faire l'un avec l'autre, je pouvais écrire toutes les scènes de trouble que je voulais, s'il n'y avait pas la chimie, ça n'aurait servi à rien. Et là, entre Anne et Patrick, ça marchait."
Patrick Chesnais et Anne Consigny ne dansaient pas un pas le tango au début de la préparation du film. Quelques mois avant le tournage, les deux comédiens se sont donc retrouvés plusieurs fois par semaine avec une coach pour prendre des cours particuliers.

Déjà remarqué à ses débuts pour " Le bleu des villes ", Brizé signe un deuxième long-métrage délicat, émouvant, mélancolique,aussi modeste que réussi. Intimiste, profondément attachant par sa justesse de ton, son étude du quotidien.
Ce film est sans prétention : sans intrigue ni coup de théâtre il dispense, malgré un déroulement un peu prévisible, un petit bonheur intense. Cette histoire d'amour qui se développe au son sensuel et fascinant du tango… Ces êtres en quête d'un bonheur qu'ils espèrent mais n'attendent plus… filmés simplement au ras de leurs émotions. C’est frais, tendre et, parfois, drôle…Les scènes sont structurées autour des silences, marquant le choc et l’attirance des timidités.
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coline
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MessageSujet: Re: Pour séances de rattrapage en DVD!   Ven 22 Sep - 11:32

BAHIA VILLE BASSE




Un film brésilien de Sergio Machado qui fut présenté dans la section Un Certain regard au Festival de Cannes 2005
Les principaux interprètes en sont : Wagner Moura, Lazearo Ramos et Alice Braga.
L’histoire est la même que celle du film « Jules et Jim ». Deux amis aiment la même femme qui les aime tous les deux...La différence est grande cependant dans le traitement de cette histoire de trio amoureux vieille comme le monde, et qui ne peut évoluer qu’en tragédie.
Différence de lieu, de mentalités, de milieu social aussi. Dans « Bahia ville basse », l’action se passe évidemment au Brésil où l’on n’a pas pour tradition de contenir, de modérer la chaleur des sentiments. Cette histoire d’amour et d’amitié est donc extrêment belle, sensuelle et violente.

Sérgio Machado a expliqué ainsi ses intentions :
"Dans la littérature comme au cinéma, la situation classique du triangle amoureux est celle de deux amants face à un troisième, qui se retrouve trompé – comme dans "Tristan et Iseult". Mais notre film ne parle pas de trahison, mais de passion. Un triangle amoureux se termine toujours en tragédie. Il s'agit toujours d'une figure impossible, y compris dans les versions modernes. J'ai tenté d'adopter un point de vue différent. La question durant l'écriture du scénario était la suivante : "Et pourquoi pas ? Qu'est-ce qui empêche ces personnages d'être heureux ?"."
Ainsi Karina s’embarque clandestinement pour Salvador sur le vieux bateau de Deco et Naldinho, deux jeunes hommes que relient un « travail » (trafic, petites magouilles) mais aussi une indéfectible amitié datant de leur enfance. L’intention de Karina est de devenir strip-teaseuse, elle n’est pas farouche et convient de payer de son corps le transport. Karina est d’une sensualité explosive. C’est pourquoi va naître entre les trois jeunes gens une histoire faite de passion violente, d’obsession, de jalousie et de rage qui menace l’amitié.

Au Festival de Cannes 2005, le 24ème Prix de la Jeunesse a été décerné à Cidade Baixa (Bahia, Ville Basse), premier long métrage du Brésilien Sergio Machado présenté dans la section Un Certain Regard.


Dernière édition par le Ven 22 Sep - 11:52, édité 1 fois
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coline
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MessageSujet: Re: Pour séances de rattrapage en DVD!   Ven 22 Sep - 11:35

« CLEAN »



un film d’Olivier Assayas. («Irma Vep », « Fin Août, début septembre”, « Demonlover », « Les destinées sentimentales »…)

Avec Maggie Cheung, Nick Nolte, Béatrice Dalle, Jeanne Balibar...

Magnifique Maggie Cheung, actrice de rêve, qui n’a pas volé son Prix d’Interprétation Féminine au Festival de Cannes 2004 tant elle habite ce film... Quentin Tarentino, Président du Jury a déclaré qu’elle était pour lui « l’une des meilleures actrices du monde ».

Elle tient ici le rôle intense, violent et émouvant d’une junkie qui essaie de reconstruire sa vie pour récupérer son enfant que l’on a confié à ses beaux-parents.
Capable de jouer avec talent, sobriété et naturel sur tous les registres on la découvre en junky speedée et hargneuse, en mère pleine de douceur, en jeune femme combattante ou effondrée…

Neuf ans après « Irma Vep », Oivier Asayas retrouve celle qui fut sa compagne dans les années 90. Il dit que c’est elle qui lui a inspiré ce film. Il a voulu la montrer sous un autre jour, plus proche de ce qu’elle est dans la réalité. Dans « In the Mood for Love »,dit-il, elle incarne une Chinoise classique, assez raide, avec un côté star dans le sens un peu kitsch du terme. C’est très bien mais ce n’est pas du tout elle. Ce qui l’intéresse, c’est le cinéma dans un sens vif, humain, avec une modernité un peu nerveuse. C’est ce qu’elle cherchait en venant en Europe…Et puis il y a eu ce déclic très simple : la prendre, elle, comme modèle. Une femme entre plusieurs mondes, sans nationalité précise…Là-dessus, j’ai imaginé un canevas autour d’une femme qui sort de prison et veut retrouver son enfant… »

.Maggie Cheung est donc Emily. Un femme qui fut, dans le passé, une figure reconnue dans l’univers du rock indépendant dont l’adage était « sex, drug and rock’n roll ». On la voit lutter contre les démons de son passé : la drogue dont elle abusait et qui a causé la mort de son compagnon, Lee, le père de son enfant, un musicien cocaïnomane., sur le déclin, mythique mais en panne d’inspiration. Lorsque celui-ci meurt d’une overdose, Emily est incriminée et doit purger une peine de six mois de prison. Son enfant Jay est alors confié à l’affection des parents de Lee.
On assiste au parcours d’Emily, de la chute à la rédemption. Et cela passe par la désolation de son présent : le dur renoncement à la drogue ; .le jugement et le mépris des amis musiciens de son compagnon qui lui tournent le dos ; la haine de sa belle-mère qui prétend qu’elle a tué Lee ; la douleur de la séparation d’avec son enfant, Jay, et la recherche d’un travail, n’importe lequel, pour pouvoir le retrouver Mais on assiste peu à peu à la renaissance de cette femme qui fait son retour à la vraie vie.

Olivier Assayas signe avec « Clean » un magnifique long-métrage sur l’espoir. Il y affirme sa foi en l’être humain, en sa capacité à changer, et aussi à pardonner.
Le pénible chemin vers la lumière d’Emily est éclairé magnifiquement, encore une fois, par le chef-opérateur Eric Gauthier.

L’actrice reconnaît : « Je sais qu’aucun metteur en scène ne m’aurait offert un tel rôle On pourrait penser à moi pour interpréter une droguée, mais sous un angle tragique, dramatique, sentimental… » Or, le film, très émotionnel n’est jamais lacrymal. Et dans un final somptueux, on voit même et entend chanter Maggie Cheung : Emily se reconstruit grâce à la musique et enregistre un album.

Quant à Nick Nolte il trouve dans ce film un grand rôle. Tendre et plein de sagesse, il est le père de Lee., il comprend le désarroi d’Emily, il l’encourage et croit en elle. A travers lui, Assayas fait passer un incroyable humanisme car c’est cet homme bienveillant et protecteur qui croit au changement et le rend possible.

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coline
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MessageSujet: Re: Pour séances de rattrapage en DVD!   Ven 22 Sep - 11:38









HEAD ON
Le 5ème long-métrage du réalisateur turc-allemand Fatih Atkin
Our d’Or au Festival de Berlin.

Ce film rock’n’roll est une tragédie humaniste et aussi un magnifique et âpre film d’amour… pas du genre comédie à l’eau-de-rose… Fatih Atkin filme la passion dans toute sa violence. Avec du sang, de la sueur, des cris, des larmes.
Il jette un regard sans indulgence, mais si tendre, sur les cabossés de la vie.

Lui, c’est Cahit. La quarantaine, Turc né en Allemagne , revenu de tout, sans amis, sans amour. Un type à la dérive, qui essaie de surmonter le souvenir douloureux de sa femme disparue. Pour vivre il ramasse les bouteilles vides dans un
night-club minable. Et pour survivre, il en boit d’autres, pleines. Beaucoup, beaucoup d’autres. La cocaïne et l’alcool endorment son mal de vivre…Lent suicide.
Elle, c’est Sibel ,une jeune fille de Hambourg prête à tout pour échapper à sa famille turque traditionaliste. Une drôle de fille qui aborde Cahit dans un hôpital psychiatrique où ils ont échoué tous les deux pour avoir voulu mourir. « Veux-tu m’épouser ? » lui demande-t-elle. Rebelle, elle aime trop la vie pour faire aux yeux de sa famille très religieuse et pratiquante une musulmane convenable. Seul le mariage peut la sauver.
Sans bien comprendre pourquoi ( pour la sauver peut-être, pour faire quelque chose de bien de sa vie…), Cahit se retrouve coiffé, rasé, chez ses futurs beaux-parents pour la demande en mariage... Cahit est Turc, donc acceptable pour les parents. Ils vont accepter.
Beau mariage traditionnel... Mais mariage blanc. Cahit continue à coucher avec une copine et à s’oublier dans l’alcool.. Sibel savoure sa nouvelle liberté en draguant des jeunes gens pour le plaisir. Pourtant, entre eux, sans qu’ils se l’avouent vraiment, naît un sentiment qui va les perdre pour mieux, finalement, les sauver.

Le film est servi par un duo de comédiens exceptionnels.
-Sibel Kekilli, actrice débutante hyperdouée(jusque-là elle était employée administrative dans un centre commercial de Cologne) qui donne sa force et sa vérité au film. Elle joue avec tant de fraîcheur et de justesse.
-Birol Unel, absolument formidable, magnétique. De film en film, l’acteur semble être devenu l’alter ego du cinéaste. Fatih Atkin dit de lui qu’il a le sentiment qu’il « glorifie l’autodestruction à l’instar de Kurt Cobain ou Jim Morrison ».

J’ai admiré, dans ce film que je ne suis pas prête d’oublier, à quel point Fatih Atkin parvient à mêler beaucoup de douceur au monde violent dans lequel vivent Sibel et Cahit.

L’Allemagne a eu du mal à se reconnaître dans ce miroir. Les échanges ont été difficiles avec certains journalistes lorsqu’en février dernier, le cinéaste a remporté l’Ours d’Or au Festival de Berlin. « Je suis né en Allemagne, mes enfants aussi, j’ai la double nationalité et je suis un cinéaste allemand. Derrière tout ça, il y avait une question implicite : est-ce que quelqu’un comme moi dénature la culture allemande ou en fait partie ? » Il s’agit pour Fatih Atkin de renouveler cette identité allemande en la mêlant à celle qui lui vient de ses parents, arrivés à Hambourg en 1966. Chocs culturels, contrastes, alliances
En plein débat sur la laïcité dans la société allemande, « Head On » a cristallisé les passions, au risque d’être victime de terribles récupérations. « La religion n’est pas en jeu dans mon film. Ce que le conflit entre Sibel et ses parents met en cause, c’est la culture turque machiste. Je montre que les parents sont victimes de leur propre attachement à une certaine tradition, tout en les filmant avec respect. »

La cérémonie de Lolas (les Cesars allemands) a pris une dimension symbolique. Le film a été couronné quatre fois. « Un pont entre l’Allemagne et la Turquie » s’est réjouit Fatih Atkin.
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coline
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MessageSujet: Re: Pour séances de rattrapage en DVD!   Ven 22 Sep - 11:42

« CARNETS DE VOYAGE »
un film de Walter Salles (« Central do Brazil », « Avril brisé »…)

avec : Gaël Garcia Bernal (Guevara) et Rodrigo de la Serna (Granado)…



Le film « Carnets de voyage » s’inspire des notes de voyage écrites par Ernesto Guevara lors d’un périple commencé en 1952 à travers l’Amérique Latine. Il s’inspire aussi du livre de son co-équipier d’alors, Alberto Granado : « Con el Che por America Latina »

Che Guevara écrivait ces lignes, en préambule à ses « Carnets de voyage à motocyclette » : « Entendons-nous bien ! Ce qui suit n’est pas le récit d’exploits fabuleux. C’est un fragment de nos vies parallèles, au temps où nous parcourions ensemble un même bout de chemin, dans une communauté d’aspirations et de rêves. »
« Carnets de Voyage » d’Ernesto Guevara est un livre de souvenirs, rédigé par celui-ci plusieurs années après ce voyage de jeunesse. L’ouvrage mêle aux insertions du journal original, aux descriptions spontanées des lieux découverts et des gens rencontrés, des réflexions plus tardives, qui nous éclairent sur l’évolution de Guevara, sa prise de conscience et sa destinée.

En 1952, deux jeunes argentins, Alberto Granado (biochimiste) et Ernesto Guevara (étudiant en médecine), partent à la découverte de l’Amérique latine.
Ernesto a alors 23 ans. Il appartient à une famille de la bourgeoisie .Son asthme est depuis l’enfance un souci permanent mais il a appris à le combattre. Etudiant en médecine, il n’est qu’à quelques semaines de ses examens lorsqu’il décide de faire ce voyage avec son ami Alberto.
Ils débutent leur périple sur une vieille moto pétaradante baptisée « la vigoureuse ».
Très vite, ce qui ne devait être qu’une expédition rocambolesque va s’avérer être une formidable aventure humaine qui bouleversera le destin des deux jeunes hommes.
Les rencontres qu’ils font leur révèlent la réalité politique et sociale de leur continent : la misère, l’exclusion, les inégalités, les persécutions politiques. Ils observent, échangent, s’interrogent
Ce voyage à travers le continent sud-américain déterminera pour une large part l’avenir des deux hommes.
Le périple fut vraiment un événement déterminant dans la vie du Che. Il a permis la naissance de la conscience sociale de l’un des révolutionnaires les plus idéalisés du XXème siècle.

Dans cet épisode de sa période pré-révolutionnaire, les signes annonciateurs sont là : rejet viscéral de l’injustice, dévouement envers les exclus… Se fait peu à peu son évolution intérieure au rythme des rencontres :un ex-nazi réfugié en Argentine, des lépreux reclus aux confins de la Bolivie…Dans la léproserie, les deux amis passèrent trois semaines à aider les médecins et les religieuses. Ernesto refuse de porter des gants pour toucher les malades. Il traverse à la nage le fleuve qui sépare les malades des bien-portants.

Soucieux d’authenticité, Walter Salles a longuement préparé son film.
D’abord en recueillant à Cuba la parole d’Alberto Granado, partenaire de Guevara lors de ce voyage .
En cherchant aussi à retrouver l’esprit de Guevara et Granado, à moto, puis à pied à travers l’Argentine, le Chili, le Pérou, la Colombie, le Vénézuela…
Le cinéaste a connu parfois des moments de découragement. Et d’autres d’illumination. « Au Brésil, on ne cesse de s’interroger sur notre appartenance à un continent dont nous ne parlons pas la langue. J’ai commencé ce film en doutant du rêve bolivarien d’unité transaméricaine, celui dont parle Guevara. Aujourd’hui, j’y crois. »
« En sillonnant l’Amérique latine sur ses traces, je me suis aperçu que le continent décrit il y a cinquante ans était très proche de celui que je traversais. Du coup, le film s’est sans cesse conjugué au présent, abolissant la frontière entre documentaire et fiction. J’en ai fait un principe de tournage : injecter dans le scénario, perpétuellement réécrit, la vie qui pouvait naître de rencontres de hasard. A Cuzco, par exemple, quatre femmes incas, qui ne parlent pas l’espagnol mais le quechua, ont été intégrées au récit. » Dans des lieux comme Cuzco ou le Macchu Picchu, nous avons encouragé les acteurs à dialoguer avec la population locale, comme l’avaient fait Ernesto et alberto. Ces échanges spontanés furent ensuite incorporés dans le scénario.

Dans ses notes de tournage, Salles cite l’écrivain portugais Fernando Pessoa : « Je n’évolue pas. Je voyage. »
Un an après le tournage, lorsqu’on lui demande ce qu’il a appris en chemin : »Je viens d’un milieu social aisé qui, comme celui de Guevara, était plus tourné vers l’Europe que vers le continent latino-américain. « Carnets de voyage » m’a aidé à aller dans une autre direction. Je pense que c’est le cas pour nombre de ceux qui ont travaillé sur le film. Nous avons vécu collectivement l’expérience d’une révélation : celle que les livres de Guevara nous proposent. »

Ce film est tout simplement une histoire humaine, celle d’une amitié entre deux hommes qui vont aller à la découverte de leur pays et des hommes qui l’habitent pour finalement se découvrir eux-mêmes.
Ce n’est pas une hagiographie du Che. Le mythe s’efface derrière une humanisation du personnage. Guevara apparaît calme et timide, piètre danseur, asthmatique mais plein de vie ,surtout très proche de son prochain

Walter Salles jette aussi un regard plein de tendresse sur un continent, une terre de contrastes, auquel il rend hommage.
Pour l’image, il a choisi un chef-opérateur français, Eric Gautier,( habitué des
Films d’Assayas et Chéreau.). Et la nature est superbement photographiée.

Dans les dernières scènes, le visage d’un vieil homme apparaît. Celui d’Alberto Granado (82 ans) qui a accompagné l’équipe sur le tournage.( Il paraît que l’un des moments les plus émouvants fut lorsque Alberto Granado reconnut dans la léproserie de San Pablo un patient qu’il avait traité à l’époque…)

Un film qui donne envie d’aller au cinéma…et aussi de lire « Les Carnets de voyage » du Che !
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rotko
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MessageSujet: Re: Pour séances de rattrapage en DVD!   Ven 22 Sep - 12:59

bonne idée,

Coline ! et tu nous sers de belles images, de grandes et belles images Wink
le dvd se democratise, si jen juge d'apres mon ralliement récent Laughing
j'ai commencé par le facteur sonne toujours deux fois, avec lana turner, d'après un roman de james cain.

En v.o s'il vous plait ! non sous-titré, et cet americain pur et dur m'a laissé... sur la touche !
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coline
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MessageSujet: Re: Pour séances de rattrapage en DVD!   Ven 22 Sep - 13:09

Tu veux dire "trop" grandes mes images? Happy
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rotko
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MessageSujet: Re: Pour séances de rattrapage en DVD!   Ven 22 Sep - 13:15

mais non, voyons ! Laughing on pensera peut être à les reduire Smile très amicalement, Coline, car tu m'amuses beaucoup avec des reflexions ingénues cheers
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AdL
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MessageSujet: Re: Pour séances de rattrapage en DVD!   Ven 22 Sep - 17:51

J'ai vu ce film sur DVD l'an dernier (et oui Rotko, ce n'est pas le DVD qui se "démocratise", c'est la culture -et le cinéma en particulier, dès qu'on peut la susurrer à la maison... Wink)
J'ai apprécié cet itiniraire du Che pour la même raison qu'il en a déçu bien d'autres : il (ne) s'agit (que de) la découverte de l'Amérique latine par le Che encore presque adolescent, qui va lui donner la nécessité du combat et de l'opposition à travers les injustices dont il se fait témoin direct sur ce continent. Les déçus pensaient-ils y trouver une biographie plus complète de Che Guevara?
L'écriture du scénario a duré 2 ans. Walter Salles est aussi le réalisateur de Avril brisé : Abril Despedaçado inspiré du roman de l'écrivain albanais Ismail Kadaré.
-Journal de Che Guevara encore disponible : chez l'éditeur Mille et une nuits (12 €), : Second voyage à travers l'Amérique latine (1953-1956) : journal/trad. de l'espagnol par Martine Thomas;hommage d'Alberto Granado. La couv. porte en plus : Otra vez, journal/ (journal intime tenu par le Che lors de son 2e voyage en Amérique du Sud et centrale, vers 1953-1955 et qui se conclut par la rencontre au Mexique avec Fidel Castro. L'ouvrage comporte une série de portraits sur les compagnons du Che, des observations et conclusions sur la lutte à mener contre l'impérialisme américain, des documents complémentaires : photos, articles de journaux, etc.)
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rotko
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MessageSujet: Re: Pour séances de rattrapage en DVD!   Ven 22 Sep - 19:30

je ne vois pas ce que le DVD apporte de nouveau par rapport à la cassette de magnetoscope, sinon une nouvelle technique. D'autre part on a eu de pareilles craintes sur une democratisation "au rabais" avec la télévision.

on s'est largement trompé, c'est nettement pire que tout ce qu'on pouvait imaginer aux heures de grande écoute, amha.
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Utopie
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MessageSujet: Re: Pour séances de rattrapage en DVD!   Ven 22 Sep - 20:38

Merci Coline d'avoir ouvert ce fil.

Justement je cherchais des idées pour avoir sous la main quelques films, avec diverses conditions, hormis les plus simples, qu'ils me plaisent et surtout que j'aimerai revoir (sinon autant louer) et puis qui "mine de rien" pourrait apporter un petit quelque chose à mes proches ... je suis pour l'éveil "mine de rien" Laughing

Je les achète d'occasion, en sachant que rien ne vaut un film vu dans une salle, mais ce n'est pas toujours possible ! (à part Price Minister.. si vous avez des pistes ?).

Je suis tentée par les films que tu présentes....

Il y a une mutuelle pour les frais occasionnés à cause grace à GDS ???
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Inès_Tenso
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MessageSujet: Re: Pour séances de rattrapage en DVD!   Ven 22 Sep - 21:30

Bon plan pour les DVd d'occase chez Gibert Joseph ( le magasin bleu, oui le jaune c'est Gibert Jeune) , c'est la rangée à hauteur d'yeux , j'y ai trouvé des éditions collector au prix d'un DVD simple en promo; le petit plus: ils sont classés dans l'ordre alphabétique par titre , ouais parceque pour la mutuelle Laughing
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AdL
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MessageSujet: Re: Pour séances de rattrapage en DVD!   Ven 22 Sep - 21:54

Je rebondis depuis le fil initié par Provence sur le thème de la vieillesse. (On n'a jamais fini de faire le tour!). Ici :
http://grain-de-sel.cultureforum.net/viewtopic.forum?t=767&postdays=0&postorder=asc&start=0
Il me vient à l'esprit La Ballade de Narayama du réalisateur japonais Shohei Imamura (Palme d'or Cannes 1983). Je l'ai redécouvert sur DVD il y a peu et j'avais occulté la barbarie qui composait certaines scènes. J'avais surtout garder le souvenir d'une admirable réflexion sur la nécessité d'accompagner la génération précédente au seuil de la mort.
J'ignorais que ce film était une :
Citation:
Seconde version d’un film déjà réalisé par son compatriote Keisuke Kinoshita en 1958, lui-même inspiré de l’œuvre du romancier Shichiro Fukuzawa.
<(avoir-alire)

J'ai emprunté ce film mais, tu as raison Utopie, j'aimerais aussi (re)constituer une filmographie familiale. Je ne sais pas si le journal Le Monde offre toujours certains w-end un DVD à 6€.
P-S : au sujet du support, sommes-nous nombreux à regarder encore nos anciennes VHS? A l'époque on enregistrait de nombreux films sur k7 (des caisses entières!).
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MessageSujet: Re: Pour séances de rattrapage en DVD!   Dim 24 Sep - 22:01

“2046”


un film de Wong Kar-Wai (à qui l’on doit déjà “As tears go by”, “Nos années sauvages”, “Les cendres du temps”, “Chungking Express”, “Les anges déchus”, “Happy Together” et surtout le fameux et merveilleux film “In the Mood for Love”.





Les acteurs:

Tony Leung, Gong Li, Maggie Cheung, Takuya Kimura, Zhang Ziyi, Carina Lau, Faye Wong, Chang Chen..



Synopsis:

Hong-Kong, 1966. Dans sa chambre d’hôtel, un écrivain, Chow Mo Wan, tente de terminer un roman de science-fiction situé en 2046. Dans son roman, un mystérieux train partait de temps en temps pour 2046. Tous ceux qui allaient là-bas étaient mus par la même intention : retrouver les souvenirs perdus. Mais l’écrivain est peu inspiré…et peu à peu remontent les souvenirs des femmes qui ont traversé son existence solitaire Passionnées, cérébrales, romantiques toutes ont nourri son imaginaire. Mais l’une d’entre elles, Su Li Zhen, la seule qu’il ait sans doute aimée,revient constamment hanter ses pensées. Elle occupait une chambre voisine de la sienne, la chambre 2046.



« Nous avons tous besoin, dit Wong Kar-Wai, d’un endroit où stocker, voire cacher, souvenirs, pensées, impulsions, espoirs et rêves. Ce sont des aspects de nos vies sur lesquels nous ne pouvons agir, mais en même temps nous redoutons de nous en délester. Pour certains, cet endroit est un lieu réel, pour d’autres un espace mental, pour un plus petit nombre ce n’est ni l’un ni l’autre… »



Ce film est magique et cela est dû à une magnificence rare dans le cinéma actuel, à un raffinement intellectuel indéniable, à sa musique envoûtante, à l’esthétique des images, au charme de Tony Leung, ,à l’enchaînement des portraits féminins éblouissants et sensuels.(magnifiquement maquillées, coiffées, habillées, éclairées les actrices sont sublimes) . Les décors ont aussi fait l’objet des plus grands soins.



Et l’on retrouve l’univers lancinant et mélancolique de Wong Kar-Wai., ses magnifiques images récurrentes, les corps qui se frôlent, s’aimantent.

Oh ! bien sûr, on se perd parfois un peu parmi tous les personnages féminins mais peu importe….



- Il reste à rendre hommage aux compositeurs des musiques du film :

- Peer Raben, grand compositeur allemand, réputé pour sa collaboration avec Fasbinder.

- -Georges Delerue

- -Zbigniew Preisner (qui a composé pour les films de Kieslowski)

- -et , en prime, le bonheur d’écouter la « Norma » de Bellini
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