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| | Stephen Daldry: The hours | |
| | | Auteur | Message |
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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22216
| Sujet: Stephen Daldry: The hours Dim 4 Juin - 8:47 | |
| The hours
Ce film de Stephen Daldry avec Nicole Kidman est assurément une réussite. Même si le lecteur peut être au premières images déconcerté par la succession des trois personnages qui seront les trois fils directeurs de l'intrigue, il comprend vite à qui il a affaire : Virginia Woolf la romancière, Mrs Dalloway la protagoniste du roman éponyme, et enfin la lectrice du roman. Ces trois fils, habilement tressés, contribuent à introduire le spectateur dans l'univers de la création artistique.
Bien sûr,la condition de la femme est présente, non sur le plan social, mais dans l'ordre domestique et affectif. Elle est l'âme de la maison, celle qui rassemble. A tel point qu'elle vit pour autrui, sans trouver son ancrage personnel. On évoque l'homosexualité féminine, comme une alternative au couple traditionnel, aux rôles mal répartis, aux sensibilités parfois étrangères.
Les trois fils de l'histoire ne déroulent pas des épisodes parallèles, ce qui met en relief la transposition de la vie réélle dans la création romanesque. Cette transposition est énoncée par Mrs Dalloway, mais opérée par la romancière et le cinéaste : ainsi dans "Mrs Dalloway", c'est l'homme qui est un créateur, et Mrs Dalloway le réconforte et lui vient en aide, parfait contrepoint de l'histoire de la romancière, où Mr Woolf est attentif et secourable pour Virginia. |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22216
| Sujet: Re: Stephen Daldry: The hours Dim 4 Juin - 8:49 | |
| On comprend qu'une telle structure du film The Hours évite les simplifications et les clichés. Ainsi les thèmes s'enrichissent d'être traités avec des variantes, même si la basse continue est aisément repérable : l'artiste éprouve un mal de vivre dans le monde réél, et il le traduit dans son activité créatrice.
Le thème de la mort et de la tentation du suicide déroule ses méandres dans les trois histoires, et la récurrence des images liquides est une métaphore de la mouvante complexité des sentiments.
Tout n'est pas dit. Le silence joue son rôle dans les conversations, et devant ses personnages, le cinéaste s'arrête avec pudeur devant des expressions et des attitudes. Nicole Kidman est parfois un peu raide,- peut-être pour marquer les tensions intérieures, mais Meryl Streep et Julianne Moore sont parfaites.
Le film est dense, et mériterait une seconde vision, pour en goûter toute la richesse. La musique de Philipp Glass contribue à notre plaisir, sans indiscrétion. |
|  | | maïa pilier

Inscrit le : 05 Jan 2006 Messages : 3121
| Sujet: Re: Stephen Daldry: The hours Dim 4 Juin - 9:43 | |
| | rotko a écrit: | .
Le film est dense, et mériterait une seconde vision, pour en goûter toute la richesse. La musique de Philipp Glass contribue à notre plaisir, sans indiscrétion. |
Certes, rotko J'ai lu deux fois le livre The Hours de Cunningham, deux fois Mrs Dalloway de Virginia Woolf, et j'ai bien dû voir six fois le film C'est un de mes films "fétiches"
Or je comprends mal ton analyse. Où vois-tu Mrs Dalloway herself dans le film ? Le personnage, le roman éponyme et sa créatrice sont omniprésents, mais aucune des femmes N'EST Mrs Dalloway. C'est tout au plus le surnom que son ami le poète qui se meurt du sida donne à la femme incarnée par Meryl Streep. D'autre part, tu passes sous silence un élément important : le temps. En effet, l'imbrication des trois histoires ne se comprend que dans la succession temporelle, (1923, 1949 et 1998, dans le livre) l'héritage de l'aliénation féminine et la pérennité du désir d'être enfin justement des créatrices qui se transmet d'une femme à l'autre, dans des contextes différents... Et seule l'une des femmes, Mrs Brown, celle de 1949 est mère au foyer. Mais elle n'est pas l'âme de la maison. Elle ne peut pas puisqu'elle perd son âme à être mère au foyer, et elle s'enfuit, abandonnant mari et enfant, justement... La thématique de la création littéraire, des rapports entre personnage et auteur est évidemment sous-jacente, mais pas prépondérante, à mon avis. Mrs Dalloway, le personnage, est en fait, selon Cunningham qui a vraiment écrit un autre livre que celui de Woolf, devenu un mythe au fil du siècle, mais un mythe qui renvoie les femmes au désespoir de leur condition, tout en leur donnant l'énergie de tenter, pour en sortir, des chemins détournés et considérés comme scandaleux par les sociétés dans lesquelles elles vivent... |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22216
| Sujet: Re: Stephen Daldry: The hours Dim 4 Juin - 9:51 | |
| je vais sans doute répondre à côté . Je n'ai pas lu le livre de Michael Cunningham. Mrs Dalloway est un personnage recurrent chez Virginia Woolf puisqu'elle est déjà dans La traversée des apparences. |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22216
| Sujet: Re: Stephen Daldry: The hours Dim 4 Juin - 17:29 | |
| | maïa a écrit: | J'ai lu deux fois le livre The Hours de Cunningham, deux fois Mrs Dalloway de Virginia Woolf, et j'ai bien dû voir six fois le film C'est un de mes films "fétiches"
Et seule l'une des femmes, Mrs Brown, celle de 1949 est mère au foyer. Mais elle n'est pas l'âme de la maison. Elle ne peut pas puisqu'elle perd son âme à être mère au foyer, et elle s'enfuit, abandonnant mari et enfant, justement...
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Tu as certainement raison vu ta frequentation des oeuvres. Quant à "l'âme de la maison", c'est vrai aussi que le "bonheur domestique" n'est pas l'ideal souhaité par Virginia Woolf, comme elle le dénonce déja dans la traversée des apparences. J'ai vu le film juste après avoir lu La promenade au phare où la scène du boeuf en daube est lemoment d'harmonie pour les personnages. Tu fais bien de rectifier et je lirai Michael Cunningham, Mrs Dalloway, les vagues, après Orlando, ce n'est donc pas pour tout de suite... |
|  | | | Stephen Daldry: The hours | |
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