rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22787
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queenieinlove pilier

Inscrit le : 30 Mai 2006 Messages : 678 Localisation : Black Hole
 | Sujet: Re: Teshigahara : la femme des sables Dim 15 Avr - 9:46 | |
| j'y vais le plus vite possible, seulement dans deux salles parisiennes (mk2 beaubours et le Champo) et au une au Havre (Le studio) : je pense que les copies vont tourner rapidement, donc surveillez les progs près de chez vous. Je vous laisserai mes impressions le plus vite possible. _________________ Dans le vacarme silencieux |
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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22787
 | Sujet: Re: Teshigahara : la femme des sables Dim 15 Avr - 17:12 | |
| Je crains de ne pas voir la deuxième mouture, je n'ai pas vu non plus la première, à moins que je la trouve en DVD.
Il me restera à lire le livre, ce qui n'est pas pour me déplaire car Abe Kobo me plait beaucoup. La face d'un autre impressionne ! |
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queenieinlove pilier

Inscrit le : 30 Mai 2006 Messages : 678 Localisation : Black Hole
 | Sujet: Re: Teshigahara : la femme des sables Jeu 19 Avr - 10:56 | |
| Ce film laisse une impression étrange : mêlant à la fois le fantastique et l'ultra-réalisme, il montre combien la limite peut parfois être très fine entre le réel et l'incroyable. Un art sur l'équilibre et la contamination de la réalité par le fantastique que l'on retrouve dans beaucoup d'oeuvres nippones.
La femme des sables est un personnage lunaire, pour ne pas dire "simple d'esprit", seule depuis apparemment assez longtemps (son mari et sa fille ayant disparu "dans le sable"), elle voit l'arrivée de l'homme comme un sauvetage : non seulement il va l'aider à déblayer le sable, mais il va également lui servir de compagnon. Car cette femme désire l'homme, immédiatement. La caméra filme ses mains, ses respirations, son regard, la peau de l'homme, les mains qui glissent sur le corps en sueur... Un désir qui crève l'écran, qui est en totale corrélation avec la vie dans cette cabane. Une vie simple, faite de gestes répétitifs pour la survie, un retour à un certain archaïsme et finalement aux traditions (l'homme au fur et à mesure des années troque son habit d'explorateur (bermuda - appareils photos) contre un kimono traditionnel, son visage parfaitement bien rasé laissera finalement apparaître une petite moustache comme celles que portaient les hommes du Japon traditionnel... etc
Le film raconte aussi comment un être humain finit par s'enfermer lui-même dans un univers "confortable" : l'homme va finir par abandonner petit à petit l'idée de fuite, et va de plus en plus s'interesser au sable et notamment à une découverte scientifique incroyable. Allégorie de la société et de la condition humaine : l'homme enfermé dans un trou essaye par tous les moyens d'en sortir, constatant qu'il n'y parvient pas, il commencera à exploiter sa situation. Et finalement préférera le confort de son enfermement (une certaine sécurité : le boire et le manger quotidiennement offerts, la perspective d'une reconnaissance grâce à une découverte, le besoin de l'homme de surmonter la nature, de la contrôler...)
Un film à voir donc pour ce qu'il raconte mais aussi pour ce qu'il montre : des images de désert hallucinantes, où l'on a l'impression d'une marée, d'une cascade d'eau engloutissant petit à petit les personnages. Des plans sur le corps humains qui font ressortir à la perfection la peau envahie par le sable, irritée, et en même temps soumise. Soumise également au désir, à la passion. La scène des villageois, tous autour du trou, ricanant, dansant, portant des masques effrayants, parvient à vous glacer le sang.
La musique du film (le compositeur Toru Takemitsu a également fait la musique de Soleil Levant de Kaufman, Ran d'Akira Kurosawa ou encore L'empire de la passion de Nagisa Oshima) est aussi magnifiquement utilisée : elle est d'ailleurs d'une modernité à faire pâlir les cinéastes d'aujourd'hui.
très complète analyse du film _________________ Dans le vacarme silencieux |
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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22787
 | Sujet: Re: Teshigahara : la femme des sables Jeu 19 Avr - 11:43 | |
| Bien content d'avoir ton avis, Queenie, car je crains de ne pas être en mesure de voir le premier film ni sa deuxième mouture !
reste la ressource du DVD Woman in the dunes.
Abe Kobo qui est un auteur de premier plan a aussi écrit des nouvelles comme Mort anonyme, collection empreinte, chez Denoel dont je parlerai prochainement. |
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