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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22227
| Sujet: Wong Kar-Wai Mar 23 Mai - 13:48 | |
| In the mood for love Wong Kar-Wai Avec Tony Leung Chiu Wai, Maggie Cheung, Rebecca Pan
Oui, c’est splendide, et le couple d’acteurs mérite bien toutes les louanges. Pourtant, à revoir le film, si on reste sensible à cette histoire d’amour romantique à souhait, le regard est différent ! la préciosité de la mise en scène, la musique un peu sirupeuse apparaissent comme des artifices et créent à mon avis un léger recul.
Le site pour revoir les belles images http://wkwai.free.fr/filmo/mood-love/in-the-mood-for-love.htm |
|  | | Provence pilier

Age : 48 Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 2155 Localisation : Au bord de la mer...
| Sujet: Re: Wong Kar-Wai Mar 23 Mai - 16:32 | |
| Peut-être est-ce parce que je le voyais pour la première fois alors ? Mais j'ai beaucoup aimé. La mise en scène n'est pas précieuse mais recherchée, travaillée. Rien n'est inutile. Et la musique certainement pas sirupeuse ! Justement, des versions épurées de vieux standards... |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22227
| Sujet: Re: Wong Kar-Wai Mar 23 Mai - 17:33 | |
| | Je comprends bien tes reactions pour les avoir éprouvées moi aussi, la première fois. |
|  | | coline pilier
Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 4106
| Sujet: Re: Wong Kar-Wai Mer 24 Mai - 0:18 | |
| | Moi je l'ai vu plusieurs fois, toujours avec le même plaisir...Je ne l'ai pas trouvé sirupeux mais extrêmement élégant et... sensuel! |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22227
| Sujet: Re: Wong Kar-Wai Mer 24 Mai - 8:09 | |
| Dans le film in the mood for love on aperçoit le numero d'une chambre 2046. J'avais beaucoup aimé 2046 qui est la suite de in the mood for love, et devant les insistances bieveillantes de Coline j'ai emprunté "in the mood for love" à un ami. Je l'ai donc vu sur mon magnetoscope. J'avais bien apprecie le film, encore qu'un peu lassé par les scenes répétitives d'escalier accentuées par la même musique.
Oui, la silhouette, oui, la demarche, oui, les robes, mais non ! à l'escalier j'ai preféré 2046 avec un ascenseur. |
|  | | Provence pilier

Age : 48 Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 2155 Localisation : Au bord de la mer...
| Sujet: Re: Wong Kar-Wai Mer 24 Mai - 8:18 | |
| Moi j'ai particulièrement aimé ces scènes répétitives justement.... ce rythme donné au film, cette notion du temps qui passe, les regards échangés quand ils se croisent... Et désolée, mais ç'aurait été une énorme faute de goût de mettre Maggie Cheung dans un ascenseur...  |
|  | | coline pilier
Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 4106
| Sujet: Re: Wong Kar-Wai Mer 24 Mai - 11:24 | |
| | Provence a écrit: | Moi j'ai particulièrement aimé ces scènes répétitives justement.... ce rythme donné au film, cette notion du temps qui passe, les regards échangés quand ils se croisent... Et désolée, mais ç'aurait été une énorme faute de goût de mettre Maggie Cheung dans un ascenseur...  |
Provence...Si je m'étais connectée avant toi, c'est sans doute ce que j'aurais répondu à Rotko!
Mais j'ai aussi beaucoup aimé 2046.... |
|  | | coline pilier
Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 4106
| Sujet: Re: Wong Kar-Wai Mer 24 Mai - 11:30 | |
| “2046”
un film de Wong Kar-Wai (à qui l’on doit déjà “As tears go by”, “Nos années sauvages”, “Les cendres du temps”, “Chungking Express”, “Les anges déchus”, “Happy Together” et surtout le fameux et merveilleux film “In the Mood for Love”.
Les acteurs: Tony Leung, Gong Li, Maggie Cheung, Takuya Kimura, Zhang Ziyi, Carina Lau, Faye Wong, Chang Chen..
Synopsis: Hong-Kong, 1966. Dans sa chambre d’hôtel, un écrivain, Chow Mo Wan, tente de terminer un roman de science-fiction situé en 2046. Dans son roman, un mystérieux train partait de temps en temps pour 2046. Tous ceux qui allaient là-bas étaient mus par la même intention : retrouver les souvenirs perdus. Mais l’écrivain est peu inspiré et peu à peu remontent les souvenirs des femmes qui ont traversé son existence solitaire Passionnées, cérébrales, romantiques toutes ont nourri son imaginaire. Mais l’une d’entre elles, Su Li Zhen, la seule qu’il ait sans doute aimée,revient constamment hanter ses pensées. Elle occupait une chambre voisine de la sienne, la chambre 2046.
« Nous avons tous besoin, dit Wong Kar-Wai, d’un endroit où stocker, voire cacher, souvenirs, pensées, impulsions, espoirs et rêves. Ce sont des aspects de nos vies sur lesquels nous ne pouvons agir, mais en même temps nous redoutons de nous en délester. Pour certains, cet endroit est un lieu réel, pour d’autres un espace mental, pour un plus petit nombre ce n’est ni l’un ni l’autre… »
Ce film est magique et cela est dû à un raffinement intellectuel indéniable, à sa musique envoûtante, à l’esthétique des images, au charme de Tony Leung, ,à l’enchaînement des portraits féminins éblouissants et sensuels.(magnifiquement maquillées, coiffées, habillées, éclairées les actrices sont sublimes) . Les décors ont aussi fait l’objet des plus grands soins.
Et l’on retrouve l’univers lancinant et mélancolique de Wong Kar-Wai, ses magnifiques images récurrentes, les corps qui se frôlent, s’aimantent. Oh ! bien sûr, on se perd parfois un peu parmi tous les personnages féminins mais peu importe….
-Il reste enfin à rendre hommage aux compositeurs des musiques du film : -Peer Raben, grand compositeur allemand, réputé pour sa collaboration avec Fasbinder. -Georges Delerue -Zbigniew Preisner (qui a composé pour les films de Kieslowski) -et , en prime, le bonheur d’écouter la « Norma » de Bellini |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22227
| Sujet: Re: Wong Kar-Wai Jeu 25 Mai - 8:01 | |
| | coline a écrit: | “2046” Ce film est magique et cela est dû à un raffinement intellectuel indéniable, à sa musique envoûtante, à l’esthétique des images, au charme de Tony Leung, ,à l’enchaînement des portraits féminins éblouissants et sensuels.(magnifiquement maquillées, coiffées, habillées, éclairées les actrices sont sublimes) . Les décors ont aussi fait l’objet des plus grands soins.
Et l’on retrouve l’univers lancinant et mélancolique de Wong Kar-Wai, ses magnifiques images récurrentes, les corps qui se frôlent, s’aimantent. Oh ! bien sûr, on se perd parfois un peu parmi tous les personnages féminins mais peu importe…. |
Les images d'une sorte de métro aérien défilent à grande vitesse ; On saura plus tard qu'il conduit vers le futur, et précisément vers l'année 2046. 2046 qui est aussi le numero de la chambre où vivait l'aimée. En arrière-plan un écrivain, M.Chow qui noircit son papier ; Il écrit de la SF pour gagner sa vie.
Pourtant ce qui l'occupe au présent, ce sont des femmes. Il les rencontre à l'hôtel où il loue un meublé, et dans les établissements nocturnes. L'une tient par exemple le rôle de croupière dans une maison de jeu, où elle triche aussi un peu. Et quand notre écrivain lui demande "Pars-tu avec moi ?" Ce sont les cartes qui répondent "Non".
De Hong Kong à Singapour, beaucoup de femmes répondent "non", même si consentantes pour des aventures sans lendemain. Mais M.Chow garde toujours en mémoire celle qui a refusé de partir avec lui. Il croit la retrouver, mais ce n'est "ni tout-à-fait la même ni tout-à-fait une autre".
On voit chez M. Chow un passé amoureux qui marque pour toujours, repoussant à 2046 l'amour absolu.
"2046" est dans le droit fil "in the mood for love". Les personnages de femmes sont magnifiques, complexes, attirants, secourables, excitants... On passe souvent à côté d'elles, car elles ont des "émotions différées". Pas facile de trouver le "timing" !
Dans ce film on appréciera les acteurs,- Mesdames, vous en pincerez pour Toni Leung et sa moustache à en oublier Clark Gable, les actrices, surtout Maggie Cheung et Zhang Ziyi, les portraits visuels, mais aussi la musique ! La Callas chantant "la Norma" et ces slows langoureux que nous connaissons tous et qui vous font venir l'amour au bord du coeur et des lèvres, à chaque nouvelle "rencontre"...
Dernière édition par le Jeu 25 Mai - 8:10, édité 1 fois |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22227
| Sujet: Re: Wong Kar-Wai Jeu 25 Mai - 8:06 | |
| question : "in the mood for love" est-il un film pudibond ?
Pudique, il l'est.
Mais les deux amoureux sont soucieux de la rumeur publique. Interiorisation de l'esprit ambiant, dira-t-on.
Ils ne veulent pas non plus ressembler à leurs conjoints respectifs, et une question revient souvent : "sommes-nous comme eux" ?
Cette retenue les brime. |
|  | | Provence pilier

Age : 48 Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 2155 Localisation : Au bord de la mer...
| Sujet: Re: Wong Kar-Wai Jeu 25 Mai - 10:52 | |
| Ne pas oublier que l'histoire se déroule en 1962
"A Malypense, j'ai eu peur d'aimer au grand jour" (Leny Escudéro) |
|  | | coline pilier
Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 4106
| Sujet: Re: Wong Kar-Wai Jeu 25 Mai - 12:42 | |
| | rotko a écrit: | | question : "in the mood for love" est-il un film pudibond ?. |
Je ne les vois pas excessivement prudes puisqu'ils se laissent tout de même aller, fortement entraînés par leur désir...
L'art de Wong Kar Wai est justement de faire ressentir le désir qui les anime en ne montrant pas d'images érotiques...Il ne montre rien, il suggère avec un esthétisme et une élégance extraordinaire et c'est notre imagination qui travaille, nos propres émotions qui naissent ...
Je les vois plutôt comme un couple d'amoureux idéalisés, ils sont très purs (la référence qu'ils font à l'attitude de leurs conjoints respectifs le dit clairement)... et très pudiques (comme tu le dis Rotko). Mais l'amour et le désir sont là, avec force, tout de même...
Provence rappelle aussi à juste titre l'année où se déroule l'action...Les choses ont tellement évolué depuis!...Le regard de la société est moins prompt à juger négativement l'adultère...En l'occurence, dans le film, le regard de la société est celui de tous ces gens qui cohabitent...Comme cela devait être pesant!...De quoi être "brimé", c'est sûr... |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22227
| Sujet: Re: Wong Kar-Wai Jeu 25 Mai - 13:05 | |
| | coline a écrit: | | rotko a écrit: | | question : "in the mood for love" est-il un film pudibond ?. |
ils se laissent tout de même aller, fortement entraînés par leur désir... [...]c'est notre imagination qui travaille, nos propres émotions qui naissent ... |
Ils ne se laissent entrainer à rien du tout, et mon imagination ne m'a rien laissé entendre qui se passe entre eux ! Le seul erotisme dans ce film est celui du cineaste et celui du spectateur. |
|  | | coline pilier
Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 4106
| Sujet: Re: Wong Kar-Wai Jeu 25 Mai - 15:43 | |
| | rotko a écrit: | | Le seul erotisme dans ce film est celui du cineaste et celui du spectateur. |
Je te sens un peu frustré d'images clairement érotiques dans ce film... Mais dis-moi, Rotko...comment l'érotisme du réalisateur a-t-il voyagé pour arriver à devenir celui du spectateur?... C'est trop fort tout de même!... |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22227
| Sujet: Re: Wong Kar-Wai Jeu 25 Mai - 16:34 | |
| | Citation: | Je te sens un peu frustré (1) d'images clairement érotiques dans ce film... Mais dis-moi, Rotko...comment l'érotisme du réalisateur a-t-il voyagé pour arriver à devenir celui du spectateur | ?...
(1) mais non ! le regard du cineaste est erotique et c'est une qualité de le trasmettre au spectateur. Mais rien n'est innocent, on s'interesse aussi aux protagonistes, on s'interroge sur leurs comportements. Les images, comme des mots signifient.
Or ces personnages n'accomplissent pas leur passion, ils restent chacun de leur côté. Le cineaste s'est servi d'eux pour ilustrer une forme d'amour idealisée, selon ta propre expression. Balzac dans le lys dans la vallée fait reflechir Mme de Mortsauf, elle comprend son erreur.
Dans in the mood for love un des amis de Tony Leung, celui qui emprunte de l'argent et va voir les prostituées, est très attiré par Maggie cheung, il le dit et mutiplie les occasions de l'approcher. Il est laid et vulgaire.
On a donc deux versants : d'un côté l'amour adulterin + celui, vulgaire, de ce tapeur-viveur, et de l'autre l'amour idéalisé, pur, platonique inaccompli, qui refuse explicitement le premier modèle : il est présenté comme parfait dans son inassouvissement. La leçon est claire. |
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