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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22787
 | Sujet: Georges Brassens Mer 4 Jan - 14:23 | |
| Les copains d'abord
Non, ce n'était pas le radeau De la Méduse, ce bateau Qu'on se le dise au fond des ports Dise au fond des ports Il naviguait en pèr' peinard Sur la grand-mare des canards Et s'app'lait les Copains d'abord Les Copains d'abord
Ses fluctuat nec mergitur C'était pas d'la litterature (1) N'en déplaise aux jeteurs de sort Aux jeteurs de sort Son capitaine et ses mat'lots N'étaient pas des enfants d'salauds Mais des amis franco de port Des copains d'abord
C'étaient pas des amis de luxe Des petits Castor et Pollux Des gens de Sodome et Gomorrhe Sodome et Gomorrhe C'étaient pas des amis choisis Par Montaigne et La Boetie Sur le ventre ils se tapaient fort Les copains d'abord
C'étaient pas des anges non plus L'Évangile, ils l'avaient pas lu Mais ils s'aimaient tout's voil's dehors Tout's voil's dehors Jean, Pierre, Paul et compagnie C'était leur seule litanie Leur Credo, leur Confiteor Aux copains d'abord
Au moindre coup de Trafalgar C'est l'amitié qui prenait l'quart C'est elle qui leur montrait le nord Leur montrait le nord Et quand ils étaient en détresse Qu'leurs bras lancaient des S.O.S. On aurait dit les sémaphores Les copains d'abord
Au rendez-vous des bons copains Y avait pas souvent de lapins Quand l'un d'entre eux manquait a bord C'est qu'il était mort Oui, mais jamais, au grand jamais Son trou dans l'eau n'se refermait Cent ans après, coquin de sort Il manquait encore
Des bateaux j'en ai pris beaucoup Mais le seul qu'ait tenu le coup Qui n'ai jamais viré de bord Mais viré de bord Naviguait en père peinard Sur la grand-mare des canards Et s'app'lait les Copains d'abord Les Copains d'abord
(1) Remarque : avec la litterature et les spectacles, ça marche quand même, et on se fait la conversation  |
|  | | MerlineM pilier

Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 43 Localisation : Paris
 | Sujet: GB... Mer 4 Jan - 22:45 | |
| http://www.lesamisdegeorges.com/
un très joli site...si vous passez par le 14ème arrondissement de Paris n'oubliez pas de faire une petite pause impasse florimont...
POUR VOUS /
les amis de Georges étaient un peu anars Ils marchaient au gros rouge et grattaient leurs guitares Ils semblaient tous issus de la même famille Timides et paillards et tendres avec les filles Ils avaient vu la guerre ou étaient nés après Et s'étaient retrouvés à Saint-Germain-des-Prés Et s'il leur arrivait parfois de travailler Personne n'aurait perdu sa vie pour la gagner
Les amis de Georges avaient les cheveux longs A l'époque ce n'était pas encore de saison Ils connaissaient Verlaine, Hugo, François Villon Avant qu'on les enferme dans des microsillons Ils juraient, ils sacraient, insultaient les bourgeois Mais savaient offrir des fleurs aux filles de joie Quitte à les braconner dans les jardins publics En jouant à cache-cache avec l'ombre des flics
Les amis de Georges, on les reconnaissait A leur manière de n'être pas trop pressés De rentrer dans le rang pour devenir quelqu'un Ils traversaient la vie comme des arlequins Certains le sont restés, d'autres ont disparu Certains ont même la Légion d'honneur - qui l'eût cru? Mais la plupart d'entre eux n'ont pas bougé d'un poil Ils se baladent encore la tête dans les étoiles
Les amis de Georges n'ont pas beaucoup vieilli A les voir on dirait qu'ils auraient rajeuni Le cheveu est plus long, la guitare toujours là C'est toujours l'ami Georges qui donne le la Mais tout comme lui ils ne savent toujours pas Rejoindre le troupeau ou bien marcher au pas Dans les rues de Paris, sur les routes de province Ils mendient quelquefois avec des airs de prince En chantant des chansons du dénommé Brassens |
|  | | Dinou pilier

Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 77 Localisation : Paris
 | Sujet: décalage Jeu 5 Jan - 11:58 | |
| Je fais partie de cette jeune génération qui n'a pas connue Brassens, et j'en suis fort navrée... Il n'empêche que la plupart de mes ami(e)s et moi-même sommes fan de ce grand moustachu...
Les grands hommes ne meurent jamais. |
|  | | Seuguh pilier

Age : 31 Inscrit le : 17 Mai 2006 Messages : 2598 Localisation : Bruxelles
 | Sujet: Re: Georges Brassens Jeu 18 Jan - 15:13 | |
| La complainte des filles de joie
Bien que ces vaches de bourgeois (bis) Les appell'nt des filles de joie (bis) C'est pas tous les jours qu'ell's rigolent Parole, parole C'est pas tous les jours qu'elles rigolent
Car, même avec des pieds de grues (bis) Fair' les cents pas le long des rues (bis) C'est fatigant pour les guibolles Parole, parole C'est fatigant pour les guibolles
Non seulement ell's ont des cors (bis) Des œils-de-perdrix, mais encor (bis) C'est fou ce qu'ell's usent de grolles Parole, parole C'est fou ce qu'ell's usent de grolles
Y a des clients, y a des salauds (bis) Qui se trempent jamais dans l'eau (bis) Faut pourtant qu'elles les cajolent Parole, parole Faut pourtant qu'elles les cajolent
Qu'ell's leur fassent la courte échelle (bis) Pour monter au septième ciel (bis) Les sous, croyez pas qu'ell's les volent Parole, parole Les sous, croyez pas qu'ell's les volent
Ell's sont méprisées du public (bis) Ell's sont bousculées par les flics (bis) Et menacées de la vérole Parole, parole Et menacées de la vérole
Bien qu'tout' la vie ell's fass'nt l'amour (bis) Qu'ell's se marient vingt fois par jour (bis) La noce est jamais pour leur fiole Parole, parole La noce est jamais pour leur fiole
Fils de pécore et de minus (bis) Ris pas de la pauvre Vénus (bis) La pauvre vieille casserole Parole, parole La pauvre vieille casserole
Il s'en fallait de peu, mon cher (bis) Que cett' putain ne fût ta mère (bis) Cette putain dont tu rigoles Parole, parole Cette putain dont tu rigoles
J'aime bien la version chantée par Barbara, légèrement modifiée (utilisation de "on" au lieu d'"elles" - comme elle fait pour d'autres chansons d'ailleurs)
Dernière édition par le Jeu 18 Jan - 16:35, édité 1 fois |
|  | | marie chevalier pilier

Age : 66 Inscrit le : 11 Jan 2006 Messages : 5233 Localisation : picardie
 | Sujet: Re: Georges Brassens Jeu 18 Jan - 16:22 | |
| LA CANE DE JEANNE
La cane De Jeanne Est morte au gui l'an neuf L'avait fait la veille Merveille Un œuf
La cane De Jeanne Est morte d'avoir fait Du moins on le présume Un rhume Mauvais
La cane De Jeanne Est morte sur son œuf Et dans son beau costume De plumes Tout neuf
La cane De Jeanne Ne laissant pas de veuf C'est nous autres qui eûmes Les plumes Et l'œuf
Tous, toutes Sans doute Garderons longtemps le Souvenir de la cane De Jeanne Morbleu _________________ que sera demain? http://pagesperso-orange.fr/Marie-Chevalier/ |
|  | | coline pilier
Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 4104
 | Sujet: Re: Georges Brassens Jeu 18 Jan - 17:07 | |
| Le gorille Paroles: Georges Brassens C'est à travers de larges grilles, Que les femelles du canton, Contemplaient un puissant gorille, Sans souci du qu'en-dira-t-on. Avec impudeur, ces commères Lorgnaient même un endroit précis Que, rigoureusement ma mère M'a défendu de nommer ici... Gare au gorille !...
Tout à coup la prison bien close Où vivait le bel animal S'ouvre, on n'sait pourquoi. Je suppose Qu'on avait du la fermer mal. Le singe, en sortant de sa cage Dit "C'est aujourd'hui que j'le perds !" Il parlait de son pucelage, Vous aviez deviné, j'espère ! Gare au gorille !...
L'patron de la ménagerie Criait, éperdu : "Nom de nom ! C'est assommant car le gorille N'a jamais connu de guenon !" Dès que la féminine engeance Sut que le singe était puceau, Au lieu de profiter de la chance, Elle fit feu des deux fuseaux ! Gare au gorille !...
Celles là même qui, naguère, Le couvaient d'un œil décidé, Fuirent, prouvant qu'elles n'avaient guère De la suite dans les idées ; D'autant plus vaine était leur crainte, Que le gorille est un luron Supérieur à l'homme dans l'étreinte, Bien des femmes vous le diront ! Gare au gorille !...
Tout le monde se précipite Hors d'atteinte du singe en rut, Sauf une vielle décrépite Et un jeune juge en bois brut; Voyant que toutes se dérobent, Le quadrumane accéléra Son dandinement vers les robes De la vieille et du magistrat ! Gare au gorille !...
"Bah ! soupirait la centenaire, Qu'on puisse encore me désirer, Ce serait extraordinaire, Et, pour tout dire, inespéré !" ; Le juge pensait, impassible, "Qu'on me prenne pour une guenon, C'est complètement impossible..." La suite lui prouva que non ! Gare au gorille !...
Supposez que l'un de vous puisse être, Comme le singe, obligé de Violer un juge ou une ancêtre, Lequel choisirait-il des deux ? Qu'une alternative pareille, Un de ces quatre jours, m'échoie, C'est, j'en suis convaincu, la vieille Qui sera l'objet de mon choix ! Gare au gorille !...
Mais, par malheur, si le gorille Aux jeux de l'amour vaut son prix, On sait qu'en revanche il ne brille Ni par le goût, ni par l'esprit. Lors, au lieu d'opter pour la vieille, Comme l'aurait fait n'importe qui, Il saisit le juge à l'oreille Et l'entraîna dans un maquis ! Gare au gorille !...
La suite serait délectable, Malheureusement, je ne peux Pas la dire, et c'est regrettable, Ça nous aurait fait rire un peu ; Car le juge, au moment suprême, Criait : "Maman !", pleurait beaucoup, Comme l'homme auquel, le jour même, Il avait fait trancher le cou. Gare au gorille !... |
|  | | coline pilier
Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 4104
 | Sujet: Re: Georges Brassens Jeu 18 Jan - 17:16 | |
| La fessée La veuve et l'orphelin, quoi de plus émouvant ? Un vieux copain d'école étant mort sans enfants, Abandonnant au monde une épouse épatante, J'allai rendre visite à la désespérée. Et puis, ne sachant plus où finir ma soirée, Je lui tins compagnie dans la chapelle ardente.
Pour endiguer ses pleurs, pour apaiser ses maux, Je me mis à blaguer, à sortir des bons mots, Tous les moyens sont bons au médecin de l'âme... Bientôt, par la vertu de quelques facéties, La veuve se tenait les côtes, Dieu merci ! Ainsi que des bossus, tous deux nous rigolâmes.
Ma pipe dépassait un peu de mon veston. Aimable, elle m'encouragea : " Bourrez-la donc, Qu'aucun impératif moral ne vous arrête, Si mon pauvre mari détestait le tabac, Maintenant la fumée ne le dérange pas ! Mais où diantre ai-je mis mon porte-cigarettes ? "
A minuit, d'une voix douce de séraphin, Elle me demanda si je n'avais pas faim. " Ça le ferait-il revenir, ajouta-t-elle, De pousser la piété jusqu'à l'inanition : Que diriez-vous d'une frugale collation ? " Et nous fîmes un petit souper aux chandelles.
" Regardez s'il est beau ! Dirait-on point qu'il dort. Ce n'est certes pas lui qui me donnerait tort De noyer mon chagrin dans un flot de champagne. " Quand nous eûmes vidé le deuxième magnum, La veuve était émue, nom d'un petit bonhomm' ! Et son esprit se mit à battre la campagne...
" Mon Dieu, ce que c'est tout de même que de nous ! " Soupira-t-elle, en s'asseyant sur mes genoux. Et puis, ayant collé sa lèvre sur ma lèvre, " Me voilà rassurée, fit-elle, j'avais peur Que, sous votre moustache en tablier d'sapeur, Vous ne cachiez coquettement un bec-de-lièvre... "
Un tablier d'sapeur, ma moustache, pensez ! Cette comparaison méritait la fessée. Retroussant l'insolente avec nulle tendresse, Conscient d'accomplir, somme toute, un devoir, Mais en fermant les yeux pour ne pas trop en voir, Paf ! j'abattis sur elle une main vengeresse !
" Aïe ! vous m'avez fêlé le postérieur en deux ! " Se plaignit-elle, et je baissai le front, piteux, Craignant avoir frappé de façon trop brutale. Mais j'appris, par la suite, et j'en fus bien content, Que cet état de chos's durait depuis longtemps : Menteuse ! la fêlure était congénitale.
Quand je levai la main pour la deuxième fois, Le cœur n'y était plus, j'avais perdu la foi, Surtout qu'elle s'était enquise, la bougresse : " Avez-vous remarqué que j'avais un beau cul ? Et ma main vengeresse est retombée, vaincue! Et le troisième coup ne fut qu'une caresse... |
|  | | coline pilier
Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 4104
 | Sujet: Re: Georges Brassens Jeu 18 Jan - 17:19 | |
| La non-demande en mariage Ma mie, de grâce, ne mettons Pas sous la gorge à Cupidon Sa propre flèche Tant d'amoureux l'ont essayé Qui, de leur bonheur, ont payé Ce sacrilège...
R: J'ai l'honneur de Ne pas te de- mander ta main Ne gravons pas Nos noms au bas D'un parchemin
Laissons le champs libre à l'oiseau Nous seront tous les deux priso- nniers sur parole Au diable les maîtresses queux Qui attachent les cœurs aux queues Des casseroles!
+R:
Vénus se fait vielle souvent Elle perd son latin devant La lèchefrite A aucun prix, moi je ne veux Effeuiller dans le pot-au-feu La marguerite
+R:
On leur ôte bien des attraits En dévoilant trop les secrets De Mélusine L'encre des billets doux pâlit Vite entre les feuillets des li- vres de cuisine.
+R:
Il peut sembler de tout repos De mettre à l'ombre, au fond d'un pot De confiture La jolie pomme défendue Mais elle est cuite, elle a perdu Son goût "nature"
+R:
De servante n'ai pas besoin Et du ménage et de ses soins Je te dispense Qu'en éternelle fiancée A la dame de mes pensées Toujours je pense
+R: |
|  | | Seuguh pilier

Age : 31 Inscrit le : 17 Mai 2006 Messages : 2598 Localisation : Bruxelles
 | Sujet: Re: Georges Brassens Jeu 25 Jan - 14:03 | |
| | Elle est belle, la non-demande (très bien arrangée par Miossec qui l'interprète aussi) |
|  | | Seuguh pilier

Age : 31 Inscrit le : 17 Mai 2006 Messages : 2598 Localisation : Bruxelles
 | Sujet: Re: Georges Brassens Jeu 25 Jan - 14:04 | |
| L'hécatombe
Au marché de Brive-la-Gaillarde, à propos de bottes d'oignons, Quelques douzaines de gaillardes se crêpaient un jour le chignon. A pied, à cheval, en voiture, les gendarmes, mal inspirés, Vinrent pour tenter l'aventure d'interrompre l'échauffourée.
Or, sous tous les cieux, sans vergogne, c'est un usage bien établi, Dès qu'il s'agit de rosser les cognes tout le monde se réconcilie. Ces furies perdant toute mesure, se ruèrent sur les guignols, Et donnèrent, je vous l'assure, un spectacle assez croquignol.
En voyant ces braves pandores être à deux doigts de succomber, Moi je bichai, car je les adore sous la forme de macchabées. De la mansarde où je réside, j'excitais les farouches bras Des mégères gendarmicides, en criant:"hip,hip,hip,hourra!"
Frénétique l'une d'elle attache le vieux maréchal des logis, Et lui fait crier:"mort aux vaches! Mort aux lois! Vive l'anarchie!" Une autre fourre avec rudesse le crâne d'un de ces lourdauds Entre ses gigantesques fesses qu'elle serre comme un étau.
La plus grasse de ces femelles, ouvrant son corsage dilaté, Matraque à grands coups de mamelles ceux qui passent à sa portée Ils tombent, tombent, tombent, tombent, et selon les avis compétents Il paraît que cette hécatombe fut la plus belle de tous les temps.
Jugeant enfin que leurs victimes avaient eu leur content de gnons Ces furies, comme outrage ultime, en retournant à leurs oignons Ces furies à peine si j'ose le dire tellement c'est bas, Leur auraient même coupé les choses: par bonheur ils n'en avaient pas! Leur auraient même coupé les choses: par bonheur ils n'en avaient pas! |
|  | | louve pilier

Age : 54 Inscrit le : 17 Déc 2006 Messages : 72 Localisation : Dijon
 | Sujet: Georges Brassens Lun 29 Jan - 1:27 | |
| Je veux dédier ce poème A toutes les femmes qu'on aime Pendant quelques instants secrets A celles qu'on connaît à peine Qu'un destin différent entraîne Et qu'on ne retrouve jamais
A celle qu'on voit apparaître Une seconde à sa fenêtre Et qui, preste, s'évanouit Mais dont la svelte silhouette Est si gracieuse et fluette Qu'on en demeure épanoui
A la compagne de voyage Dont les yeux, charmant paysage Font paraître court le chemin Qu'on est seul, peut-être, à comprendre Et qu'on laisse pourtant descendre Sans avoir effleuré sa main
A celles qui sont déjà prises Et qui, vivant des heures grises Près d'un être trop différent Vous ont, inutile folie, Laissé voir la mélancolie D'un avenir désespérant
Chères images aperçues Espérances d'un jour déçues Vous serez dans l'oubli demain Pour peu que le bonheur survienne Il est rare qu'on se souvienne Des épisodes du chemin
Mais si l'on a manqué sa vie On songe avec un peu d'envie A tous ces bonheurs entrevus Aux baisers qu'on n'osa pas prendre Aux coeurs qui doivent vous attendre Aux yeux qu'on n'a jamais revus
Alors, aux soirs de lassitude Tout en peuplant sa solitude Des fantômes du souvenir On pleure les lèvres absentes De toutes ces belles passantes Que l'on n'a pas su retenir
Georges Brassens
Stéphane Persyn spesyn@pratique.fr ajoute la contribution suivante :
je prends la peine de prendre ma plume pour dire que le poème des Passantes chanté par Georges Brassens, n'a en fait pas été écrit par Brassens, mais par un auteur jusque là inconnu, nommé Antoine Pol.
Georges Brassens l'a trouvé dans un de ces établissements de droits d'auteurs (je ne sais plus comment ça s'appelle), et a trouvé ce poème.
Il a alors demandé à l'auteur, Antoine Pol, l'autorisation de mettre ce poème en musique...
Il a accepté. Ils avaient pris rendez-vous un mois plus tard, car Brassens voulait le rencontrer...
Antoine Pol est décédé (de vieillesse) une semaine avant qu'ils se rencontrent. L'un des grands regrets de Brassens, fut de ne jamais avoir connu cet homme. |
|  | | Seuguh pilier

Age : 31 Inscrit le : 17 Mai 2006 Messages : 2598 Localisation : Bruxelles
 | Sujet: Re: Georges Brassens Lun 29 Jan - 11:38 | |
| Merci louve - et monsieur Persyn, de ces précisions - je savais que le texte avait été écrit par un obscur poète, mais ne connaissais pas tous ces détails.
Le Vent
Si, par hasard Sur l'Pont des Arts Tu croises le vent, le vent fripon Prudenc', prends garde à ton jupon Si, par hasard Sur l'Pont des Arts Tu croises le vent, le vent maraud Prudent, prends garde à ton chapeau
Les jean-foutre et les gens probes Médis'nt du vent furibond Qui rebrouss' les bois, détrouss' les toits, retrouss' les robes Des jean-foutre et des gens probes Le vent, je vous en réponds S'en soucie, et c'est justic', comm' de colin-tampon*
Si, par hasard Sur l'Pont des Arts Tu croises le vent, le vent fripon Prudenc', prends garde à ton jupon Si, par hasard Sur l'Pont des Arts Tu croises le vent, le vent maraud Prudent, prends garde à ton chapeau
Bien sûr, si l'on ne se fonde Que sur ce qui saute aux yeux Le vent semble une brut' raffolant de nuire à tout l'monde Mais une attention profonde Prouv' que c'est chez les fâcheux Qu'il préfèr' choisir les victimes de ses petits jeux
Si, par hasard Sur l'Pont des Arts Tu croises le vent, le vent fripon Prudenc', prends garde à ton jupon Si, par hasard Sur l'Pont des Arts Tu croises le vent, le vent maraud Prudent, prends garde à ton chapeau
* comprends pas colin-tampon... |
|  | | maïa pilier

Inscrit le : 05 Jan 2006 Messages : 3121
 | Sujet: Re: Georges Brassens Lun 29 Jan - 12:05 | |
| | Seuguh a écrit: | | * comprends pas colin-tampon... |
"Colin", comme dans colin-maillard, diminutif péjoratif - trouvé chez Rabelais- de Colas (déjà diminutif de Nicolas) et "tampon", pour désigner au 16ème siècle, le tambour des soldats suisses sans doute en référence à leur corpulence. L'expression "s'en moquer comme de colin-tampon" vient -mais on n'a pas de certitudes - peut-être du fait que les Français riaient de ces soldats suisses... |
|  | | Seuguh pilier

Age : 31 Inscrit le : 17 Mai 2006 Messages : 2598 Localisation : Bruxelles
 | Sujet: Re: Georges Brassens Lun 29 Jan - 12:17 | |
| Merci bien, très chère  |
|  | | marie chevalier pilier

Age : 66 Inscrit le : 11 Jan 2006 Messages : 5233 Localisation : picardie
 | Sujet: Re: Georges Brassens Lun 29 Jan - 14:45 | |
| Merci Maia je ne connaissais pas cette histoire. Dieu s'il existe Au ciel de qui se moque-t-on ? Était-ce utile qu'un orage Vînt au pays de Jeanneton Mettre à mal son beau pâturage ? Pour ses brebis, pour ses moutons, Plus une plante fourragère, Rien d'épargné que le chardon ! Dieu, s'il existe, il exagère, Il exagère.
Et là-dessus, méchant, glouton, Et pas pour un sou bucolique, Vers le troupeau de Jeanneton, Le loup sortant du bois rapplique. Sans laisser même un rogaton, Tout il croque, tout il digère. Au ciel de qui se moque-t-on ? Dieu, s'il existe, il exagère, Il exagère.
Et là-dessus le Corydon, Le promis de la pastourelle, Laquelle allait au grand pardon Rêver d'amours intemporelles, - Au ciel de qui se moque-t-on ? - Suivit la cuisse plus légère Et plus belle d'une goton. Dieu, s'il existe, il exagère, Il exagère.
Adieu les prairies, les moutons, Et les beaux jours de la bergère. Au ciel de qui se moque-t-on ? Ferait-on de folles enchères ? Quand il grêle sur le persil, C'est bête et méchant, je suggère Qu'on en parle au prochain concile. Dieu, s'il existe, il exagère, Il exagère.
G. Brassens _________________ que sera demain? http://pagesperso-orange.fr/Marie-Chevalier/ |
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