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 Ernst Jünger [Allemagne]Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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Laurent 02100
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MessageSujet: :)   Sam 26 Avr - 11:20

Merci de votre accueil !

J'ai lu en fait, avant même leur parution dans la pléiade, l'ensemble de ce qui y est publié, les journaux de guerre donc, et les journaux des années 39 - 48.

Je n'ai pas fait d'étude de lettres, je suis historien de formation, et j'enseigne dans le secondaire; il doit me manquer des outils d'approches des textes, et je posséde peut être davantage une sensibilité à 'l'historicité" des ces écrits, pleinement insérés dans " l'odieux XXéme siècle". Et quelle ne fut pas ma surprise de constater qu'un universitaire pendant un temps amiénois, spécialiste de 14-18, était en fait trés proche de la conceptualisation développée notamment dans " la guerre comme expérience intérieure" .

Pour être honnête, il me faut ajouter que j'ai rencontré ces récits à une période de ma vie qui m'a paru ressembler au destin des combattants. Bien sûr, en changeant ce qui doit être changé. Il est des expériences au bord de la mort, qui, hélas, font parfois écho à son propre destin .

Probablement , l'un des écueils de la lecture de la vie d'untel, c'est la recherche de ce qui ressemble à lui. Là, celà a été plutôt des ressemblances, et notamment une posture générale face aux choses. Chose de la vie pour les uns, nous. Choses de la mort pour les autres, les combattants. Faire avec dans les deux cas...
Consentir, et non subir, subtile distingo, mais qui change l'essentiel, le ressenti face aux choses.
A Langemark durant l'été 17, Jünger est pris dans un bombardement dément avec ses groupes de combattants; Que faire ? ne pas rester sous le pilon, alors, reculer ? à quoi bon ? avancer donc puisque c'est AUTANT son devoir que son intérêt. De l'autre côté du rideau de feu à peine 5 de ses hommes le rejoignent.
Au final, je suis peut être plus tourné vers l'historicité et le "psychologisme", mais c'est une approche qui peut être complémentaire de celle d'un littéraire.
Bien à vous.
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rotko
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Inscrit le : 26 Déc 2005
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MessageSujet: Re: Ernst Jünger [Allemagne]   Sam 26 Avr - 12:00

Sois tranquille, personne sur GDS* ne te reprochera d'aimer tel ou tel auteur, surtout si tu donnes tes raisons.

De plus nous sommes tous des lecteurs, avec nos manques et nos défauts, mais on apprécie les approches plurielles : qu'elles soient historiques, naives,¨ou littéraires, tout nous est bon Laughing

J'aurais bien voulu savoir le nom de ce spécialiste de 14-18, mais je comprends aussi la discretion.
Je me sens plus proche de Gunther Grass que de Jünger, notamment dans cette experience de lamort que tu précises.

Grass raconte qu'avec sa patrouille, il s'est trouvé sans le vouloir à l'intérieur des lignes ennemies. leur chef leur indique le seul moyen de fuite ! enfourcher les vélos qu'ils voient dans la cave où ils sont cachés. Tous sont d'accord, sauf Gunther Grass qui ne sait pas faire du vélo.

- on reviendra te chercher disent les autres.

En fait ils se font prendre dans un feu croisé, aucun ne s'en sort.

L'expérience de la mort, il la vit à ce moment, mais aussi en voyant les pendus le long des routes, cat étaient pendus tout soldat qui errait sans son regiment : présumé deserteur.

Dans ces conditions, l'engagement et le devoir militaire...

je pense aussi à la route des flandres de Claude Simon, où un général dit à un déserteur de se laisser fusiller bravement, pour pour l'edification de ses camarades.

je ne partage pas tellement ce point de vue militaire !
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Laurent 02100
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MessageSujet: c'est qui donc ?   Sam 26 Avr - 12:04

Un enseignant de l'université de Picardie, maintenant directeur de recherche à l'école des hautes études en sciences sociales, Stéphane Audouin Rouzeau.
En fait, la subtilité de l'analyse de Jünger dépasse sa seule expérience. Et en fait un document historique.Mais d'autres historiens, notamment S. Cazals de l'université de Toulouse développent des thèses différentes.
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madspirit
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MessageSujet: Re: Ernst Jünger [Allemagne]   Sam 26 Avr - 12:33

Difficile de trancher entre "contrainte" et "consentement", question fort intéressante au demeurant, sans doute n'y a-t-il tout simplement pas à trancher. Comme souvent en histoire il y a du bon à tirer de chaque côté des querelles d'écoles.
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Laurent 02100
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MessageSujet: Consentement et contrainte   Sam 26 Avr - 12:58

En fait, il me parait simplement que le consentement correspond à l'appropriation totale par le sujet de la chose initialement subie. la différence essentielle est là. Se rendre maitre des choses. Il est à noter que Jünger fut aussi lecteur attentif de l'oeuvre de Nietzsche, qui fut entre autre chose, un philosophe du Vivre.
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Laurent 02100
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MessageSujet: Sur Jünger   Sam 26 Avr - 13:30

Le personnage est AUSSI un presqu'encore adolescent en 1914.
Il fuga plus d'une fois du domicile familial, en 1913 notamment...
Il passa la frontière gagna Verdun... pour s'engager dans la Légion Etrangère ! Son père réussit à le ramener à la maison (il était déjà arrivé à Siddi Belabés) en annulant son engagement; il n'avait en effet que 17 ans... Il existe une photo du môme en légionnaire que l'on trouve assez facilement en cherchant un peu.

Bref; Il fut aussi proche de cercles néo romantiques qui pratiquaient une sorte de scoutisme laïque dans l'Allemagne des débuts du siècle. Cet encadrement de la jeunesse ne fut pas rare alors, la communion avec la nature constituant une expérience si ce n'est "virilisante" du moins émancipante. Peut être faut il là se rapprocher par l'idée des rites de passages qui sont communs à plus d'une socièté, à des degrés divers; Inutile ici de tuer un ilote, nous ne sommes pas à Sparte...
La chose connut un tout autre destin sous l'emprise du nazisme. Elle s'appuyait sur une pratique préexistante.

J'y reviens, tout au plus son père réussit à obtenir d'Ernst la promesse de "passer son bac d'abord", (hé oui, déjà !!) ce qu'il fera à l'automne 14... Un examen oral rapide. Muni du bachot, et pas encore "mobilisable", il s'engage au 73é régiment de fusiliers Hanovriens. La suite, on la connait; Un journal de guerre, quelques 14 carnets, dont il tirera la matière de ses récits de guerre. Et le début de la carrière d'un homme qui vécut essentiellement puis uniquement de sa plume.
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Laurent 02100
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MessageSujet: Pis tiens, tant que j'y pense   Sam 26 Avr - 13:49

E. Jünger fut "interwiouvé" par Bernard Pivot pour un numéro d'Apostrophe de 1981. En achetant la vidéo sur le site de l'INA, on peut approcher l'homme Jünger, présent à Paris pour recevoir un prix littéraire à Paris, et évoquant pour l'essentiel à cette date, la parution de ses journaux de la période 39 - 48 .

Ce numéro d'Apostrophe avait pour thème "Occupants Occupés", à savoir le destin de Paris et de la France des "années noires". Et il ne fut pas surprenant qu'aprés la diffusion de l'interview en cours d'émission de voir s'amorcer le débat autour de l'idée "Jünger, salaud ou pas". L'historien présent, H. Michel, alors le spécialiste de l'histoire de la Seconde guerre mondiale, voit en Jünger un Ponce Pilate, l'image d'une bonne Allemagne, mais bien évidemment pas celle qui est au pouvoir alors. Et l'inénarrable H. Amouroux de prendre la défense de Jünger...

Il ne m'est hélas pas possible, techniquement et légalement de vous passer ce morceau d'émission.
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rotko
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MessageSujet: Re: Ernst Jünger [Allemagne]   Dim 27 Avr - 8:42

L'actuelle désaffection dont Junger souffre en Allemagne, selon l'article de Jean pierre Amette, vient sans doute de son côté guerrier, prussien, que renie l'actuelle génération.

J'avais été sensible à ces passages dans le lieutenant Sturm, orages d'acier pourrait donner la même impression au lecteur (mots en gras dans la quatrième de couverture ):

Citation:
Le grand moment était venu. Le barrage roulant s'approchait des premières tranchées. Nous nous mîmes en marche... Ma main droite étreignait la crosse de mon pistolet et la main gauche une badine de bambou. Je portais encore, bien que j'eusse très chaud, ma longue capote et, comme je prescrivais le règlement, des gants. Quand nous avançâmes, une fureur guerrière s'empara de nous, comme si, de très loin, se déversait en nous la force de l'assaut.

Elle arrivait avec tant de vigueur qu'un sentiment de bonheur, de sérénité me saisit. L'immense volonté de destruction qui pesait sur ce champ de mort se concentrait dans les cerveaux, les plongeant dans une brume rouge ;

Sanglotant, balbutiant, nous nous lancions des phrases sans suite, et un spectateur non prévenu aurait peut-être imaginé que nous succombions sous l'excès de bonheur. "


Ernst Jünger
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Laurent 02100
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MessageSujet: Jünger sur-vivant ?   Dim 27 Avr - 12:44

L'expérience au bord de la mort, fait de l'écrivain un SUR-VIVANT, à savoir, un PLUS(SE) vivant et à la fois un épargné par hasard; expérience SUR-humaine et IN-humaine à la fois.

ch. 14 des orages d'acier "Retour en Flandres.). Dernier paragraphe. Aprés la bataille;

Tous consacrèrent ces quelques jours à jouir d'une existence durement conquise. On pouvait à peine concevoir encore qu'on eût pu échapper à la mort. La vie refluait en vous.
(ivresse bachique et fréquentation des bordels; Dans les deux cas, se sentir vivant).

Epargné par hasard, car ; Ch 7 : "Guillemont"

[quote] Houiiiii ! encore un tir groupé ! J'eus le souffle coupé car je m'aperçus quelques fractions de seconde d'avance, au miaulement toujours plus aigu, que la branche descendante de la trajectoire allait se terminer juste à côté de moi. Aussitôt aprés, une chute pesante secoua la terre près de mon pied, projetant en l'air des lambeaux de glaise molle. Et dire que c'est cet obus qui n'explosa pas !

Le "prussianisme" de Jünger n'appartient au fond qu'à lui; De "tout ça", que faire, au fond ? La blessure la plus profonde et la plus mal soignée n'est elle pas "la névrose de guerre", qui fait de l'ancien combattant, un type pour qui "rien n'est plus comme avant". Combien de paysans ne virent plus leurs champs et les bosquets environnants, mais bien un lieu de manoeuvre, voire une position favorable à la défense ? Les suicides ne furent pas rares chez ceux qui revinrent. Jünger posséde par le biais de l'écriture, les moyens de la mise à distance;
plusieurs éditions et réécritures jusqu'en 1960, date de la version définitive.
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Laurent 02100
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MessageSujet: Grass   Dim 27 Avr - 21:46

quel est d'ailleurs le titre de l'ouvrage de Grass dont il est question ? Je suis assez féru des récits des perdants.
D'ailleurs, existe t il à votre connaissance, des ouvrages d'austro hongrois, et de russe ? ( hormis "Août 14" ) ?
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rotko
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MessageSujet: Re: Ernst Jünger [Allemagne]   Lun 28 Avr - 6:45

Gunther Grass est bien présent sur GDS*, et je viens de lire pelures d'oignon.

Aôut 14, tu parles de Soljénitsyne ? ouvre le fil, je crois qu'il n'y en a pas.

Tu peux aussi parler de Martin du Gard, si tu le connais.
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Laurent 02100
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MessageSujet: Re: Ernst Jünger [Allemagne]   Jeu 1 Mai - 21:51

Citation:
Le grand moment était venu. Le barrage roulant s'approchait des premières tranchées. Nous nous mîmes en marche... Ma main droite étreignait la crosse de mon pistolet et la main gauche une badine de bambou. Je portais encore, bien que j'eusse très chaud, ma longue capote et, comme je prescrivais le règlement, des gants. Quand nous avançâmes, une fureur guerrière s'empara de nous, comme si, de très loin, se déversait en nous la force de l'assaut.

Elle arrivait avec tant de vigueur qu'un sentiment de bonheur, de sérénité me saisit. L'immense volonté de destruction qui pesait sur ce champ de mort se concentrait dans les cerveaux, les plongeant dans une brume rouge ;

Sanglotant, balbutiant, nous nous lancions des phrases sans suite, et un spectateur non prévenu aurait peut-être imaginé que nous succombions sous l'excès de bonheur. "


Ernst Jünger[/quote]

Cet extrait est tiré du chapitre "La grande bataille" ; Il relate l'offensive du 21 mars 1918 dans la région de Bapaume à laquelle le régiment de Jünger participe en tant qu'unité de pointe. De la montée en ligne à son retrait de la mélée pour cause de blessureS, ce sont quelques 100 h d'actions qui constituent la matière de ce chapitre de quelques 40 pages (Livre de poche).
Ce même chapitre sera plus conséquemment développé dans "Feu et sang" ( quelques deux cent pages dans l'édition "confortable" faite chez Christian Bourgois).

On peut véritablement prendre ce récit comme un reportage au coeur de la mélée, quasiment une réalisation "caméra sur l'épaule", pour prendre une image cinématographique.

Et l'extrait cité plus haut montre aussi la part du discours dans le récit; Cette expérience combattante reste pour Jünger, le point d'orgue de la guerre, à la fois par ses enjeux, l'ultime assaut vers la victoire, par la remise en oeuvre de la guerre de mouvement, (rien que ça !) mais aussi par ses conséquences, la victoire manquée.

l'acuité avec laquelle J. prend la mesure terrible des enjeux, ( C'est l'ultime chance de gagner) se cristallise autour de son expérience personnelle dans une sorte de paroxysme dont la transcrition par l'écriture n'est pas sans rappeler le nihilisme nietzschéen; (deux derniers paragraphes) :

Citation:
La formidable concentration des forces, à l'heure du destin où s'engageait la lutte pour un lointain avenir, et le déchaînement qui la suivait de façon si surprenante, si écrasante, m'avaient conduit pour la première fois jusqu'aux abîmes de forces étrangères, supérieures à l'individu. C'était autre chose que mes expériences précédentes; c'était une initiation, qui n'ouvrait pas seulement les repaires brûlants de l'épouvante. Là, comme du haut d'un char qui laboure le sol de ses roues, on voyait aussi monter de la terre des énergies spirituelles. J'y vis longtemps une manifestation secondaire de la volonté de puissance, à une heure décisive pour l'histoire du monde. Pourtant, le bénéfice m'en resta, même après que j'y eus discerné plus encore. Il semblait qu'on se frayât ici un passage en faisant fondre une paroi de verre - passage qui menait le long de terribles gardiens.

(à suivre)
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rotko
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MessageSujet: Re: Ernst Jünger [Allemagne]   Mar 6 Mai - 7:52

extraits d'un entretien de Julien Hervier, l'éditeur des journaux de guerre dans la Pléiade.

Citation:
L'expérience des limites a été quelque chose de très important chez lui, en particulier durant la Première Guerre où il a montré ce qu'il pouvait y avoir de fascinant dans le fait d'être en position de tuer et d'être tué, cette situation particulière où le chasseur et le gibier échangent leurs rôles en permanence.

On peut mettre cela en parallèle avec cette préoccupation majeure chez lui qui a été de chercher l'émerveillement derrière la banalité du quotidien. La drogue, l'état second, la situation de danger extrême où il faut se battre pour survivre, oui, tout cela s'est trouvé lié chez lui, après la découverte du champ de bataille.



Citation:
Jünger perpétue une très ancienne tradition : comme les stoïciens, il croit au renouvellement du monde par des embrasements périodiques, il reprend l'idée héraclitéenne de la destruction créatrice. Cette unité destruction-recréation s'oppose à une vision statique du monde. Cependant, la destruction gratuite, pour le simple plaisir de détruire, est quelque chose qui l'a toujours révulsé. Il a par exemple été profondément dégoûté par la tactique de la « terre brûlée ».
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rotko
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Inscrit le : 26 Déc 2005
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MessageSujet: Re: Ernst Jünger [Allemagne]   Sam 14 Juin - 8:25

Extrait d'un compte rendu du journal de guerre dans "le temps".

dans «Feu et sang» (1925), dont Jünger fait parvenir à Hitler un exemplaire dédicacé, la pulsation de la bataille, la joie sauvage de l'affrontement, l'irrésistible désir de tuer: un enthousiasme belliciste et un vitalisme forcené exprimés par des assertions plus délirantes encore dans «Le Combat comme expérience intérieure» (1922).

La guerre résulte d'une «loi de nature», l'esprit combatif «pèse plus lourd que toute ratiocination sur le bien et le mal», la mort pour le pays et sa grandeur est «honneur suprême et terme radieux». Inscrit en nous, le combat «est le dernier mot de notre raison», il faut obéir «à la volonté enflammée du sang» et «sur les forges de la guerre, marteler le monde dans des frontières nouvelles».

tout l'article

j'ai l'impression que ce mot "expérience" est la traduction du mot

Citation:
Erleben : faire l’expérience de chose, vivre sans recul, intensément, éprouver.


dont il était question dans ce fil de Kemperer.
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