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| Auteur | Message |
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ice pilier

Inscrit le : 08 Mar 2006 Messages : 94
 | Sujet: Imre Kertesz [Hongrie] Mer 18 Oct - 13:10 | |
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Je viens de terminer Etre sans destin.Terrible récit qui nous est là dépeint. C'est avec douceur si je puis m'exprimer ainsi que nous commençons le périple d'Imre. Il ne semble pas conscient de la gravité des faits qui se trament. D'abord son père qui doit partir dans les camps de travail. Ce passage ci peut le révéler [...]Il a commencé par ma dire que, comme je le savais, mon père "nous quitte" demain.je lui ai dit que je le savais. Il voulait m'entendre dire s'il allait me manquer. Comme cette question m'énervait un peu , j'ai répondu: "Naturellement" et comme je trouvais ça un peu court j'ai vite ajouté " Beaucoup"[..] où bien [..] J'aurai voulu que mon père ne soit plus là[..] Alors qu' Imre doit aller à la briquetterie, le bus dans lequel il se trouve s'arrête et tous les juifs doivent sortir. Ainsi commence sa déportation, mais tout ceci est pris à la légère par le protagoniste ( en même temps il n'a que 15 ans) [..] c'était plus agréable de rester là au frais que de suer au travail [..] Finalement tout le monde est détendu, cela peut paraître à nous lecteurs incongru. mais tout cela à l'air si "naturel" ( terme récurrent dans son récit). A son arrivée au camp , il est encore dans le wagon et il entend des bruits qui courent: [...] tout le monde pouvait récupérer son bien, cela va de soi, mais d'abord les objets devaient passer à la désinfection et nous à la douche : effectivement il était grand temps; c'était aussi mon avis[..] Comment interpréter cela , c'est tragi-comique .
C'est étonnant à quel point il est positif au tout début, mais cet positivisme s'amoindrit ! C'est incroyable cet instinct de survie qu'il a su et voulu garder coûte que coûte même si cela lui paraissait inutile. Je trouve que dans ce livre le processus de déshumanisation est amplifié (d'une part par le camp mais ça je ne révèle rien) par son statut . Il est juif mais les juifs ne le reconnaîssent pas en tant que tel, et de plus il est hongrois, les autres du camp le désignent par " ce hongrois" . Comment peut-on réussir à survivre à cela, et surtout comment se reconstruire.Du fait qu'il es rentré jeune on a aussi cette vision très naïve du camp. Tout ce qui arrive semble naturel. Enfin voilà mes sentiments sur ce livre, écrit avec beaucoup de recul, et différent du témoignage de Primo Lévi..
4/5 _________________ www.alcyone.forumactif.com |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22877
 | Sujet: Re: Imre Kertesz [Hongrie] Mer 25 Oct - 6:34 | |
| | Chez Actes sud, j'ai commencé la metamorphose mais c'est un journal ; donc un texte fragmenté où je ne trouve pas mes repères. je m'orienterai donc vers Etres sans destin. |
|  | | Utopie Mod.

Age : 101 Inscrit le : 12 Juin 2006 Messages : 10535
 | Sujet: Re: Imre Kertesz [Hongrie] Mer 23 Jan - 18:17 | |
| C'est un auteur sur ma liste et je vois la sortie d'un titre en poche :
Un autre - Imre Kertész aux éditions Babel (Actes sud poche)
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|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22877
 | Sujet: Re: Imre Kertesz [Hongrie] Ven 4 Avr - 18:39 | |
| Imre Kertesz, Le chercheur de traces, Actes Sud. Traduit par Natalia Zaramba-Huzswaî et Charles Zaremba.
Un personnage appelé « l’hôte » ou « l’envoyé » est chargé d’une « mission » dont on devine qu’il a , sans que ce soit dit explicitement, un rapport avec la guerre et les camps.
Hébergé chez un collègue à l’occasion d’un colloque dans le pays, il exprime le désir de visiter l’endroit qu‘il a manifestement connu. On perçoit le malaise de son interlocuteur qui veut le dissuader de retourner sur les lieux, et qui se dérobe aux questions avec beaucoup de gêne et de mauvaise foi.
En fait cette mauvaise foi est aussi celle de la ville voisine de l’endroit du camp (le mot n’est pas prononcé) mais aussi dans le maquillage du lieu de mémoire, devenu un site touristique. |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22877
 | Sujet: Re: Imre Kertesz [Hongrie] Ven 4 Avr - 18:40 | |
| le chercheur de traces
| Citation: | Il entra dans une salle, un hall d’exposition -qu’était-ce au juste ? Il crut être égaré dans un aquarium, parmi de monstres morts, des dragons empaillés, des fossiles préhistoriques ; la salle sentait encore la peinture fraîche, tout était agréablement illuminé, délimité par des barrières, fourré derrière des vitres, l’ordre transcendant, l’apparat scientifique et une délicate abstraction constituaient dans cet environnement sécurisant une exposition étrange, voire honteuse : accessoires de romans d’épouvante, marché aux cauchemars, collection d’instruments désuets, bazar de curiosités.
Il regardait et ne reconnaissait rien. Que pouvait prouver à lui ou à quiconque, ce dépotoir habilement, très habilement même, déguisé en collection poussiéreuse ? |
A travers ce court récit, c’est la solitude, la rancœur, et les cauchemars des survivants qui nous sont transmis, dans une atmosphère oppressante de silence, seul moyen de faire partager au lecteur cette effroyable expérience.
Un livre très fort. |
|  | | aelita pilier

Inscrit le : 12 Jan 2006 Messages : 307
 | Sujet: Re: Imre Kertesz [Hongrie] Mar 29 Avr - 17:00 | |
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Roman policier Kertész, Imre traduit par : Natalia Zaremba-Huzsvai et Charles Zaremba Actes Sud , Paru en février 2006
En 1976, Imre Kertész est tenu d’écrire un roman en deux semaines, à la demande des éditions d’Etat de son pays, la Hongrie ; ces éditions étaient soumises au régime prosoviétique de Budapest.
Imre Kertész tente d’écrire une histoire simple et succincte. Le lecteur peut imaginer que son court, mais horrible récit se passe en Amérique latine sous une dictature qui en succède à une autre.
L’auteur choisit de faire raconter l’histoire d’un policier tortionnaire, Antonio Martens, qui croupit en prison, par cet abject policier lui-même.
Cet ignoble policier passe en revue, dans son esprit, tous les actes de barbarie qu’il a commis. La plupart d’entre eux ne lui ont posé aucun dilemme avec sa conscience.
En se confessant aux autres tortionnaires qui le retiennent en prison, Antonio Martens tente d’obtenir un peu de clémence de leur part.
Par cette courte histoire, Imre Kertész place son lecteur devant le terrible silence de la conscience d’un bourreau.
Cette absence de conscience révèle le caractère lâche et machiavélique d’Antonio Martens.
Les victimes, elles, ont d’autres préoccupations face au silence, celles de penser s’il est préférable d’échapper à une mort injuste ou de résister héroïquement jusqu’à finalement tomber tout de même dans l’aveu.
C’est en cours de lecture que l’on comprend le sens sarcastique du titre Roman policier que lui a donné son auteur. |
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