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| | Kafka [République Tchèque - germanophone] | |
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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21297
| Sujet: Kafka [République Tchèque - germanophone] Mer 4 Jan - 23:05 | |
| je viens de lire "la colonie penitentiaire" chez Folio. c'est la nouvelle de cinquante pages qui donne son titre à ce recueil d'autres récits.
Un voyageur se fait expliquer par un offcier volubile le fonctionnement d'une machine à "executer" (au sens propre !) les décisions de justice. Le mecanisme est plus compliqué et plus retors que la jugement qui, lui, est expeditif.!
A cette conférence enthousiaste assiste un condamné, qui lui aussi s'interesse ingenuement au fonctionnement !
Dans cette nouvelle, il ya de l'humour noir dans les situations, mais les éléments humains sont tellement déconcertants par leurs réactions et comportements qu'on a l'impression de vivre dans un monde de fous... c'est donc moins drôle et plus noir !! |
|  | | Dinou pilier

Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 77 Localisation : Paris
| Sujet: incontournable. Jeu 5 Jan - 11:48 | |
| Kafka fait, incontestablement, partie de ces incontournables de la littérature...
J'ai ouvert la Métamorphose un soir d'Automne, j'étais alors encore au lycée, et je ne l'ai pas lâchée de la nuit...
Du coup, j'ai lu Le Procès et le Chateau dans la journée...
Je trouve que c'est un style d'écriture extrêmement viril, percutant, déstabilisant, violent parfois... C'est une expérience très particulière de lire Kafka, et j'imagine que c'est à cela aussi qu'on reconnait les grands auteurs.
^^ |
|  | | Calou pilier
Inscrit le : 05 Jan 2006 Messages : 47
| Sujet: Re: Kafka [République Tchèque - germanophone] Ven 6 Jan - 21:52 | |
| | J'ai noté deux ouvrages sur Kafka qui m'attirent: Mon cher Franz d'une polonaise éditée chez Sabine Wespieser. C'est une fiction épistolaire. Puis Kafka sur le rivage de Murakami (j'attends le SP, sûre donc de le lire, celui-là. Mais l'autre aussi, je l'ai vu à la bibli). |
|  | | Igitur pilier
Age : 35 Inscrit le : 04 Fév 2006 Messages : 33
| Sujet: Re: incontournable. Sam 4 Fév - 23:52 | |
| | Dinou a écrit: | | Du coup, j'ai lu Le Procès et le Chateau dans la journée... |
J'ai envie de te demander : tu as vraiment lu ces 2 romans en une journée ? |
|  | | yugcib pilier

Inscrit le : 27 Jan 2006 Messages : 208 Localisation : Tartas, Landes
| Sujet: Avez vous lu écrits ou romans de Kafka? Sam 17 Juin - 11:32 | |
| LE JOURNAL DE KAFKA, traduit et présenté par Marthe Robert. (Le livre de Poche, biblio, 674 pages)
Ce combat entre Kafka et le monde, avait quelque chose de paradoxal… Poète, Kafka se sentait différent du commun des mortels et par conséquent contraint d’affirmer sa singularité. Ce qui rendait inévitable sa lutte avec le monde. Cependant, Kafka avait en même temps une autre préoccupation, un autre regard que celui d’un écrivain sans complaisance à l’égard du monde : il a voulu aider le monde à se défendre, en particulier par ce besoin qu’il sentait, de surmonter sa révolte (et plus généralement celle de l’individu), et de trouver la route ouvrant le passage vers une communauté vivante, celle des hommes coexistant ensemble dans une tradition, une culture, une histoire… Ce journal est, selon Marthe Robert, « le témoignage le plus poignant de toute l’histoire de la littérature ». « Nous avons été chassés du paradis mais le paradis n’a pas été détruit pour cela »… Ce « paradis » n’était-il pas cette Connaissance, ou mieux peut-être, cette « vérité » originelle, totalement pure, affranchie de ce « sens du monde » régi par les lois des hommes et les mécanismes inextricables des codes et des procédures ? Retrouver ce « paradis », puisqu’il existe toujours, apparaît donc comme une nécessité… D’autant plus que la certitude de sa « redécouverte » s’ouvre dans une perspective encore plus belle et plus émouvante que celle qui, à l’origine, « n’en était qu’à la gestation de son commencement », oserais-je dire… En fait, ce n’est pas le « dieu » des Chrétiens, ni celui des Musulmans ou un autre « dieu »… qui nous a chassés du « paradis » : c’est nous, les humains, qui avons en partie, perdu la Connaissance, et qui avons cru retrouver cette Connaissance par la Science, la Civilisation, la Technologie, les lois édictées par des monarques ou des parlements, les codes et procédures sans cesse remaniés et adaptés aux évolutions politiques et sociales… le plus souvent, hélas, au bénéfice d’une minorité « privilégiée » d’humains… Mais cette Connaissance existait avant que l’humain ne fût, ici ou ailleurs…
…Le Journal de Kafka, 674 pages. Un casse tête aux dires de certains, à la seule idée que l’on peut se faire de ce que suggère à priori, la lecture des écrits et des romans de Kafka… Mais quelle pureté de langage ! Quelle précision ! Quelle minutie dans les moindres détails ! Et surtout quelle écriture ! _________________ "Nous ne pouvons savoir! Nous sommes accablés d'un manteau d'ignorance et d'étroites chimères!" [Arthur Rimbaud] |
|  | | yugcib pilier

Inscrit le : 27 Jan 2006 Messages : 208 Localisation : Tartas, Landes
| Sujet: Coup de hache sur une mer gelée... Mer 27 Sep - 17:40 | |
| « Un livre doit être la hache qui fend la mer gelée en nous », écrivait Kafka en 1904, dans une lettre à Oskar Pollak, le 27 janvier…
Cette « mer gelée en nous » n’est-elle pas comme une banquise dont les bourrelets, les rides, les creux et les bosses à perte de vue, sont autant de repères et de marques pour ces « aventuriers » de la vie que nous sommes, alors que nous venons tout juste de franchir l’une de ces « frontières » de l’Histoire, sans doute la plus déterminante mais aussi la plus incertaine ; et de pénétrer en un « territoire » qui pourrait être comme les « territoires » précédents, un immense palier, une sorte de plateau au bout duquel il n’y pas d’horizon discernable ? Et ne traversons nous pas, en nos existences qui passent comme l’éclair de l’orage ou comme une « éternité » entre deux portes, de ces « territoires paliers » qui sont autant de « banquises » tracées de nos chemins ? A la surface de cette « mer gelée en nous », et même, je crois, jusqu’à une certaine profondeur, s’y répète, s’y perpétue l’immobilisme des habitudes, une certaine forme de renoncement ou d’indifférence, ou, ce qui n’est guère mieux, une forme d’espérance « angélique » et d’une consistance purement émotionnelle ; et, ce qui est sans doute pire encore, un ensemble de certitudes trop vite acquises dont on fait un « rempart sécuritaire » qui, de toute évidence, ne peut résister aux grands blizzards que les évènements autour de nous ont soulevé… Il est assurément très peu, de ces livres ou de ces écrits, de nos jours comme par le passé, qui sont cette « hache fendant la mer gelée »… Et quand bien même voleraient en éclats tous ces repères, toutes ces habitudes, tout ce renoncement, toute cette indifférence, ces « shizophrénies intellectuelles », ces certitudes, ces angélismes et ces hypocrisies… N’en viendrait-il pas d’autres, de ces bourrelets, de ces rides, de ces creux et de ces bosses à perte de vue ? « Un livre qui fend la mer gelée » est un livre qui dérange parce qu’il casse ce sur quoi l’on marche… Et c’est fou ce que l’on s’attache à ce qui porte nos pas ! _________________ "Nous ne pouvons savoir! Nous sommes accablés d'un manteau d'ignorance et d'étroites chimères!" [Arthur Rimbaud] |
|  | | Vincimil Invité
| Sujet: Re: Kafka [République Tchèque - germanophone] Mer 27 Sep - 19:37 | |
| | J'ai lu le Procès. Pas deux fois! Un calvaire. Il est là dans ma biblio et personne n'en veut, je le déconseille. |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21297
| Sujet: Re: Kafka [République Tchèque - germanophone] Mer 8 Nov - 18:42 | |
| Franz Kafka, la métamorphose, Garnier-Flammarion.
L’opprobre des siens.
Le cauchemar commence au réveil, quand Grégoire s’aperçoit qu’il est devenu « une véritable vermine » avec un « ventre brun », une « carapace » et des « nervures arquées ».
Impossible de travailler, impossible d’infliger à sa famille le spectacle de sa hideur. Grégoire ne se plaint pas, mais il est une charge, une honte aux yeux de tous. Il vit en reclus, sans communication possible, malgré ses bonnes intentions, à l’intérieur comme à l’extérieur.
La métamorphose date de 1912, en pleine période de publication des écrits de Freud : L’interprétation des rêves est de 1905, Totem et Tabou date de 1913.
Est-ce une allégorie ? quel en est le sens ? La famille Samsa rêve d’un gendre qui, lui, remplirait le rôle attendu. Grégoire, inapte au travail, fardeau pour sa famille, intériorise sa propre inutilité. |
|  | | yugcib pilier

Inscrit le : 27 Jan 2006 Messages : 208 Localisation : Tartas, Landes
| Sujet: La métamorphose Mer 8 Nov - 23:08 | |
| Grégoire intériorise sa propre inutilité... Il est désespérant d'intérioriser son inutilité : toutes les portes se ferment, et en particulier celles qui pourraient s'ouvrir. Cette métamorphose est un drame intérieur : le drame de l'être devenu seul parce que transformé de telle manière qu'il ne peut paraître aux autres que hideux... Mais la métamorphose n'est vraiment réelle QUE parce que Grégoire se sent et se voit hideux... Alors, les autres le voient hideux. En intériorisant sa hideur, Grégoire l'extériorise en fait... Mais il y a encore pire que la hideur : l'inutilité. _________________ "Nous ne pouvons savoir! Nous sommes accablés d'un manteau d'ignorance et d'étroites chimères!" [Arthur Rimbaud] |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21297
| Sujet: Re: Kafka [République Tchèque - germanophone] Jeu 9 Nov - 7:50 | |
| | yugcib a écrit: | Mais la métamorphose n'est vraiment réelle QUE parce que Grégoire se sent et se voit hideux... Alors, les autres le voient hideux. En intériorisant sa hideur, Grégoire l'extériorise en fait.... |
De parfaits inconnus, les locataires, découvrent sa presence et sont choqués. Ton interpretation est interessante mais ne colle pas avec tous les détails du texte.
C'est vrai aussi que le récit est à la première personne, donc que les interpretations de Gregoire sont personnelles. Il peut se tromper sur les sentiments qu'il prête à autrui, et notamment à sa soeur.
Certains ont, paraît-il, évoqué un inceste masqué, l'affaire est complexe. |
|  | | oxymoron44 pilier

Age : 36 Inscrit le : 13 Sep 2006 Messages : 138
| Sujet: Re: Kafka [République Tchèque - germanophone] Jeu 9 Nov - 13:43 | |
| Sa soeur Grete est d'ailleurs la seule qui semble en mesure d'accepter la différence de Gregor; je me rappelle surtout avoir eu l'impression d'un huis-clos dans lequel l'espace se réduit. Gregor à mon sens représente l'homme rejeté, enfermé dans sa différence, rejeté pour ce qu'il parait être et non ce qu'il est intrinsèquement. J'y ai vu en fait une sorte de critique étrange des rapports humains, de leur fausseté et de la superficialité fragile de l'attachement aux autres (du moins dans la vie de Kafka). On remarquera encore la présence de cette espèce chère à Kafka, à savoir, le fonctionnaire type enfermé dans des costumes étriqués et des mentalités absconses. Le fonctionnaire chez Kafka n'a pas la grandeur pédante et noble de celui qu'on aperçoit chez Dostoïevsky ou Gogol mais supporte le poids du travail contraint qui le mène quelquefois à des rôles de quasi guestapistes (cf le procès notamment). |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21297
| Sujet: Re: Kafka [République Tchèque - germanophone] Jeu 9 Nov - 13:57 | |
| oxymoron disait | Citation: | | le fonctionnaire type enfermé dans des costumes étriqués et des mentalités absconses |
on y voit l'empreinte de l'expressionnisme. |
|  | | coline pilier
Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 4107
| Sujet: Re: Kafka [République Tchèque - germanophone] Ven 10 Nov - 0:53 | |
| Pour les amateurs de Kafka: Le dernier amour de Kafka. La vie de Dora Diamant Un livre de Kathy Diamant Je n'ai pas lu alors je cite: Une approche de la personnalité de Kafka que l'on voit vivre à trav de connaissances ou de notes du cahier de Dora. Tout ce qui est raconté dans ce livre a le mérite d'être construit comme un récit placé au coeur de l'univers de Kafka sans tenter d'en interpréter les écrits. La seconde partie de ce livre offre pour intérêt de témoigner de la vie des exilés juifs ou non. La façon dont ces exilés tentent de survivre et, dans le cas de Dora Diamant, les efforts pour préserver et transmettre ce que représente Kafka révèlent une fois de plus à quel point nazisme et stalinisme ont détruit la manière de vivre en Europe. Le livre de Kathi Diamant fait voir Kafka et mesurer la destruction du monde. (La Quinzaine Littéraire) |
|  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21297
| |  | | rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21297
| Sujet: Re: Kafka [République Tchèque - germanophone] Mar 27 Nov - 14:24 | |
| La dernière métamorphose de Hirano Keiichirô débute sur la métamorphose de Kafka, et propose plusieurs interprétations de Gregor Samsa.
1ère interprétation :
Gregor deviendrait un cancrelat parce qu’enfermé dans son rôle d’individu routinier. La "métamorphose" ne serait qu’une manifestation visible de ce qu’il est devenu intérieurement.
| Citation: | | « Il vivait avec sa famille et allait au travail, enfermé dans la dure carapace d’un énorme cancrelat. Et tout le monde trouvait cela parfaitement normal. Ensuite quand, quand l’anormalité de cette situation est apparue au grand jour,, toute la famille en est restée pétrifiée de surprise.. Seul Gregor Samsa peut-être se doutait vaguement de quelque chose. Il n’est donc pas autrement surpris. » |
2e interprétation.
Ce serait la manifestation de son être intérieur et il découvrirait ainsi sa propre apparence cauchemardesque.
3e interprétation.
Ce serait l’effet du ressentiment de ses proches contre lui, humiliés de ce qu’il ait été le soutien de la famille.
| Citation: | | La "métamorphose" peut également être considérée comme une occasion de révéler au grand jour, sous forme de la répugnance que leur inspire le cancrelat, l’aversion latente de la famille envers Gregor. |
Ce serait une | Citation: | | « révélation. Si les parents ont éprouvé un tel choc à la vue du cancrelat, n’était-ce pas à cause de la surprise de voir surgir ainsi sous leurs yeux , sous une forme grotesque, la haine pour leur fils dissimulée jusque-là au fond d’eux-mêmes ? |
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