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 Amin Maalouf - [Liban]Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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Aristarque
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MessageSujet: Amin Maalouf - [Liban]   Mer 4 Jan - 23:10

Les Jardins de Lumière par Amin Maalouf le Livre de Poche . Amin Maalouf a choisi de nous raconter la vie, l'oeuvre et le martyre de Mani ou Manès(216-277), prophète perse fondateur du manichéisme.
Né à Babylone, issu d'une famille qui appartenait à une secte baptiste judéo-chrétienne, Mani dès l'âge de quatre ans, fut élevé dans une morale rigoureuse basée sur l'abstinence et la chasteté.
Adulte, visité par un ange qu'il appelle le Jumeau, envoyé par Le Royaume de la Lumière, il gagne l'Inde, il prêche en Médie, en Perse et chez les Parthes. Tout en se disant apôtre du Christ, il reconnait comme prophètes Bouddha et Zoroastre.
Tout cela, Maalouf nous le conte à la manière des orientaux qui, avec des phrases simples, des mots colorés et qui chantent, ont su depuis des temps immémoriaux, captiver leurs auditeurs.
Ecoutons-le: C'est Mani qui prêche.......
<>
C'est pourquoi lorsqu'on lui offre de riches cadeaux, Mani les refuse avec ces mots :<>>
Encore Mani [i]:<< Je respecte toutes les croyances, et c'est bien cela mon crime aux yeux de tous. Les chrétiens n'écoutent pas le bien que je dis du Nazaréen, ils me reprochent de ne pas dire du mal des Juifs et du Zoroastre. Les mages ne m'entendent pas lorsque je fais l'éloge de leur prophète, ils veulent m'entendre maudire le Christ et le Bouddha. Car lorsqu'ils rassemblent le troupeau des fidèles, ce n'est pas autour de l'amour mais de la haine, c'est seulement face aux autres qu'is se retrouvent solidaires....Mon crime est de vouloir les consilier. Je le paierai. Car ils se réunissent pou me damner...>>........

Il le paya au prix fort: << Mani fut livré au supplice des fers. Une lourde chaîne scellée autour du cou, trois autres autour du buste, trois à chaque jambe, et trois encore à chaque bras. San autre violence ni sévisse ni cachot. Il était seulement retenu dans une cour dallée, près du poste de garde.
Sous le poids, la vie allait s'écouler goutte à goutte. Ordre avait été donné de le nourrir pour qu'il souffre plus longtemps......Au vingt-sixième matin, s'acheva le dernier acte de ce que l'on pourrait appeler sa passion ?...son supplice?...son martyre?....sa crucifiction?....Mani aurait simplement dit "son bannissement". C'était en l'an 584 des astronomes de Babel, le quatrième jour du mois d'Addar et pour l'ère chrétienne le 2 mars 274, un lundi.>>

Mani ou Manès est devenu au fil des siècles , pour les religions dominantes du monde, le démon menteur, le récipient gorgé de Mal, le maniaque, le responsable d'un perfide enchantement et son message, l'ignoble superstition, la pestilentielle hérésie.
Lui qui fut l'apôtre de Jésus en Egypte et le Bouddha de Lumière en Chine !
Lui qui, parlant de Dénagt sa compagne et adepte disait: "Ses habits dessinent le contours de mon Royaume vagabond" C’est peut-être le livre le plus poignant de tous ceux que j’ai lu de Maalouf.[/i]
_________________
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rotko
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MessageSujet: Re: Amin Maalouf - [Liban]   Mer 4 Jan - 23:20

Amin malouf est dans les forums un des rares ecrivains contemporains a faire l'unanimité pour lui.
je n'ai pas encore lu le rocher de Tanios Embarassed
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rotko
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Inscrit le : 26 Déc 2005
Messages : 21297

MessageSujet: Re: Amin Maalouf - [Liban]   Mer 4 Jan - 23:24

j'en suis resté à Léon l'Africain

Au début, le livre de Grenade, celui des tromperies politiques, de l'exil et
du regret. Les amours du père, partagé entre deux femmes comme entre deux cultures, européenne et arabe.
Nous sommes au 16e siècle, et le narrateur se rappelle, enfant, son arrivée à Fès, ses amitiés avec Haroun, l'étrange destin de sa demi-soeur, Mariam, objet de convoitise, de marchandages et de vengeance. Le narrateur vivra aux premières loges, en public et en privé,
l'affrontement de civilisations en guerre.
Amin Malouf entraîne son lecteur dans une page d'histoire qu'on vit au jour le jour, dans un autobiographie imaginaire qui évite le pittoresque facile pour une authenticité intelligente.
Le récit est dense, et le style, sobre, pour une époque et
des vies fertiles en rebondissements.

Théophile Gautier regrettait que les Arabes aient quitté l'Espagne, nous, on se réjouit d'avoir un écrivain d' origine libanaise qui sert si bien notre langue, et qui nous délivre de l'hexagone-centrisme ».
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Merlin
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Inscrit le : 05 Jan 2006
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Localisation : Bruxelles

MessageSujet: Re: Amin Maalouf - [Liban]   Jeu 5 Jan - 17:21

Les Jardins de Lumière est un des plus beaux livres d'Amin Maalouf. J'ai beaucoup aimé aussi Samarcande et Léon l'Africain. J'avais par contre été un peu déçu par Les Echelles du Levant... Quoiqu'il en soit, lire Maalouf, c'est lire intelligent !
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coline
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Inscrit le : 04 Jan 2006
Messages : 4107

MessageSujet: Re: Amin Maalouf - [Liban]   Ven 6 Jan - 11:51

ORIGINES de Amin Maalouf

« Je suis d’une tribu qui nomadise depuis toujours dans un désert aux dimensions du monde. »
La famille d’Amin Maalouf, écrivain de l’exil, est sa seule patrie.

Jusqu’ici il avait seulement effleuré l’histoire de cette famille . Dans ce livre, il plonge dans la généalogie Maalouf et retrace l’histoire des siens du XIXème siècle dans l’Empire ottoman à aujourd’hui.

A la disparition de son père, l’ histoire de ses ancêtres lui a été restituée à la faveur d’une valise encombrée de papiers, de photographies, de lettres.

« Il y a des générations qui ont souffert, qui se sont battues pour faire des études, qui ont bâti la maison qui est la mienne aujourd’hui…J’ai besoin de parler d’eux, de me faire leur interprète. Ils sont morts obscurs. Je n’ai pas le droit de les laisser sombrer dans l’oubli. »

D’autres que lui auraient parlé de « racines ». Amin Maalouf a préféré le terme « Origines » : « Je n’aime pas le mot « racines », et l’image encore moins. Les racines s’enfouissent dans le sol, se contorsionnent dans la boue, s’épanouissent dans les ténèbres ; elles retiennent l’arbre captif dès sa naissance, et le nourrissent au prix d’un chantage : « Tu te libères, tu meurs. ».
Les arbres doivent se résigner, ils ont besoin de leurs racines ; les hommes pas. »

Amin Maalouf remonte notamment sur les traces de son grand-père Botros et de son oncle Gebrayel. Botros a un jour décidé de quitter la maison familiale, sans l’accord de ses parents, et d’aller dans une autre partie de la montagne libanaise pour étudier. Il est devenu un homme de Lettres éclairé. Il n’a pas eu le courage de partir mais celui de rester sur place, de construire une école au village, de lui donner le nom d’école « Universelle ».
Gebrayel, lui, voulait aller ailleurs, découvrir « les contrées américaines ».Il est parti faire fortune à Cuba.

Ce livre, d’une lisibilité et d’une limpidité absolues est une profession de foi en matière de tolérance . En toile de fond, l’espoir déçu de Botros d’une société qui respecte les appartenances confessionnelles et les cultures de chacun tout en rejetant les conflits identitaires. Un rêve toujours d’actualité.
« En décrivant la déception de mon grand’père à son époque, je décris celle qui est la mienne aujourd’hui. J’ai toujours rêvé de créer, par le biais de mes écrits, des passerelles entre le monde occidental et le monde oriental. Mais la confrontation entre ces deux mondes, que je croyais évitable, semble s’imposer à nous et c’est le fanatisme qui risque de prendre le dessus. La perspective d’une lutte entre ces deux mondes m’attriste. »
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coline
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Inscrit le : 04 Jan 2006
Messages : 4107

MessageSujet: Re: Amin Maalouf - [Liban]   Ven 6 Jan - 11:53

Amateurs des livres de Amin Maalouf, n'hésitez pas, foncez sur "Les jardins de lumière" (un livre consacré à Mani, peintre, médecin, prophète au nom oublié mais pourtant sur toutes les lèvres lorsqu'on parle de "manichéisme"!)...ou encore sur "Les échelles du Levant" (nom donné à un chapelet de cités marchandes par lesquelles les voyageurs d'Europe accédaient à l'Orient: Constantinople, Alexandrie, Smyrne, Adana, Beyrouth...Le héros, un homme, Ossyane, pris dans la tourmente de l'Histoire, dépossédé de son avenir, à qui il ne reste que l'amour.)... et "Samarcande" bien sûr, la Perse d'Omar Khayyam (que j'ai découvert il y a peu)...

Inutile d'ajouter,mais je le fais tout de même, que j'adore cet auteur.
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MerlineM
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MessageSujet: Amin malouf   Ven 6 Jan - 16:54

vous m'avez donné l'envie d'avoir envie alors.... Amin malouf fera partie de mes premières lectures 2006 star
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et si nous écrivions des mots arc-en-ciel Mary'M
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rotko
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MessageSujet: Re: Amin Maalouf - [Liban]   Mer 1 Mar - 9:53

AMIN MAALOUF
LE PERIPLE DE BALDASSARE
roman

Né au Liban en 1949, Amin Maalouf vit en France depuis 1976.il a reçu le prix Nonino pour l'ensemble de son œuvre.

premiers chapitres du périple de baldassare ici

http://www.edition-grasset.fr/chapitres/ch_maalouf.htm
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annie
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MessageSujet: Amin Malouf : Les croisades vues par les Arabes   Dim 14 Mai - 16:45

Les croisades vues par les Arabes, croisades vues de l'autre bord. Edifiant et cruel.
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annie
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MessageSujet: Amin Maalouf   Dim 14 Mai - 16:51

Lire aussi Les Identités meurtrières

Sorry, je n'excelle pas dans la critique littéraire. Je recommande simplement le livre.
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rotko
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MessageSujet: Re: Amin Maalouf   Dim 14 Mai - 17:23

annie a écrit:
Lire aussi Les Identités meurtrières

Sorry, je n'excelle pas dans la critique littéraire. Je recommande simplement le livre.


Bonjour a toi Annie ! n'hesite pas à donner tes impressions de lecture. Nous ne donnons pas dans la critique litteraire - il y a des professionnels !, mais dans les impressions et avis d'amateurs (aux sens multiples ! qui aiment les livres, ou donner leur grain de sel, ou même se défient des professionnels ). Toutes les formes sont permises, voire souhaitées, ce qui permet aussi d'échanger entre nous.
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coline
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MessageSujet: Re: Amin Maalouf - [Liban]   Mer 7 Juin - 20:19

Adriana Mater

Je ne savais pas jusqu'à il y a quelques jours qu'Amin Maalouf était l'auteur de deux livrets d'Opéra. J'ai acheté le livret d'Adriana Mater et comme le texte ne comporte pas un intérêt démesuré j'ai envie de résumer l'Opéra. J'espère que vous ne m'en voudrez pas...

Adriana Mater est donc le livret de l'Opéra qui porte le même titre, composé par la Finnoise Kaija Saariaho et créé à l'Opéra Bastille le 30 mars 2006.
C’est le deuxième livret d'opéra de l'auteur après L'amour de loin (2001).

Adriana mater comporte sept tableaux.
Le texte est très simple mais l’écriture d'un livret n'est pas celle d'une pièce de théâtre : chant, orchestre et costumes apportent plus au texte que la simple lecture de ses répliques.

Adriana Mater se passe dans un pays en guerre.
Adriana se prélasse en chantant un vieux refrain nostalgique. Elle rêve du prince charmant. Lorsqu'elle veut rentrer chez elle, sa route est barrée par Tsargo, un jeune homme ivre. Elle se refuse à lui, 'elle le trouve grossier et bien trop porté sur la bouteille. Il s'en va, humilié.

Plus tard, les grondements de la guerre font écho à la fureur de Tsargo. Le jeune homme revient en habit de combat, une arme à la main. Il frappe à la porte d'Adriana. Sous prétexte de surveiller des troupes ennemies, il force sa porte… et l'on comprend que la jeune femme est violée. Tsargo disparaît.


Adriana est enceinte. Elle discute avec sa sœur, qui lui reproche d'avoir choisi de garder l'enfant. L'enfant à naître porte deux sangs, celui d'une victime et celui du bourreau. « Sera-t-il Caïn ou Abel? » se demande Adriana.

Pendant dix-sept ans, elle cache la vérité à son fils , Yonas. L'adolescent l'apprend par une tierce personne. Son père n'est pas du tout mort en héros en essayant de les protéger, comme Adriana le lui a toujours raconté. L'adolescent est ivre de rage.

« Ne crois-tu pas qu'il est encore plus lourd à porter,
Le mensonge ?
Quand tout le monde connaît la vérité sur toi,
Et que toi tu l'ignores ?
Quand tout le monde autour de toi chuchote,
Avec pitié, avec mépris,
Sans que tu en devines la raison ? »

« Yonas,
De grâce, suspends ton interrogatoire !
Puisque tu es devenu soudain adulte,
Viens te mettre un instant à ma place,
Sur la chaise de l'accusée !
A toi de répondre maintenant !
A quel âge aurais-je dû dire à mon enfant que j'avais été violée ?
Et que le violeur était son propre père ?
A quel âge dis-moi ? A quatre ans ? A huit ans ?
Ou dix ans ? Ou douze ?
Le Ciel ne m'a pas envoyé mon fils emballé dans la soie,
Avec un mode d'emploi !
J'ai dû lui inventer un avenir, un passé, et une vie quotidienne.

Je t'ai aimé comme j'ai pu, Yonas,
A toi maintenant de m'aimer
Autant que tu pourras. »


Apprenant le retour de Tsargo, Yonas crie vengeance et se met en quête de son père pour lui faire payer son crime. Adriana ne cherche pas à l'en dissuader.

Yonas va donc à sa rencontre. L'autre, de dos, ne fait pas trop de difficulté pour avouer qui il est et ce qu'il a commis. Yonas lui annonce qu'il a l'intention de le tuer. Mais il ne veut pas le frapper dans le dos ; il lui demande de se retourner, et de le regarder. Tsargo se retourne lentement, il est devenu aveugle…

La fin de l'opéra porte sur la question de savoir si Yonas mettra sa vengeance à exécution ou non . De cela dépend s'il est le fils spirituel de son père ( un criminel donc ) ou celui de sa mère Adriana.

« Cet homme méritait de mourir, mais toi, mon fils, tu ne méritais pas de le tuer », lui dit Adriana.
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Aristarque
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MessageSujet: Re: Amin Maalouf - [Liban]   Mar 24 Oct - 23:20

annie a écrit:
Les croisades vues par les Arabes, croisades vues de l'autre bord. Edifiant et cruel.


Les CROISADES vues par les ARABES Amin MAALOUF
J'ai Lu n° 1916

L'auteur est reconnu comme un spécialiste du monde Arabe. A la lecture de cette étude historique nous ne pouvons qu'en être convaincus.
Que sont les CROISADES, pour la majorité d'entre nous ? L'épopée d'une foule d'illuminés qui exhortés par le moine Pierre L'Hermite, puis au fil des décennies par divers papes, partirent en 8 expéditions étalées de 1106 à 1291 "délivrer" le tombeau du Christ, vers cette Palestine mythique et lointaine, et gagner ainsi le pardon de leurs péchés. Et s'enrichir à l'occasion, en s'appropriant les richesses des Infidèles après les avoir massacrés, ou réduits en esclavage.
On ne nous a appris que ce que les "envahisseurs" ont bien voulu raconter. Mais qu'en pensaient les Arabes, leurs historiens et chroniqueurs ?...Maalouf tente de combler cette lacune. Et nous étonne par l'abondance de ses citations.
A noter qu'il ne fait référence à des témoins "Franj" (francs) , que pour donner plus de vraisemblance aux faits qui pourraient nous sembler faux ou outranciers dans leur horreur macabre: des actes de cannibalisme, après la prise de Maara en janvier 1099. Une lettre des chefs croisés au pape l'informe :"qu'une terrible famine assaillit l'armée......et la mit dans la cruelle nécessité de se nourrir des cadavres des Sarrasins". Raoul de Caen chroniqueur rapporte:" à Maara, les nôtres faisaient bouillir des païens adultes dans des marmites; ils fixaient les enfants sur des broches et les dévoraient grillés"......Albert d'Aix, qui a participé personnellement à cette bataille écrit:" les nôtres ne répugnaient pas à manger non seulement les Turcs et les Sarrasins tués, mais aussi les chiens".......
Au fil du récit, nous retrouvons des personnages rendus immortels par cette insolite et tristement célèbre péripétie de notre histoire. Bohemond et Godefroi de Bouillon, Tancrède, Baudouin, Renaud de Châtillon "qui symbolisera, un jour, toute la malfaisance des Croisés", Louis IX qui n'a jamais vu Jérusalem, malgré sa sainteté, Richard Coeur de Lion "ce géant roux, prototype du chevalier belliqueux et frivole, dont la noblesse des idéaux cache mal la brutalité déroutante et la totale absence de scrupules"
Coté musulman, le roi Nourredin et son successeur Saladin ont la vedette parmi la nuée d'émirs, de sultans, de vizirs qui se succèdent à la tête des nombreux royaumes victimes des Croisades, et qui ne vaincront que lorsqu'ils seront réunis sous la férule d'un seul: Saladin.
Pendant près de 200 ans, tout ce petit monde, s'étripe, tue, viole, pille, renie ses promesses, et les accords passés (parfois contre nature), et, écrit dans le sang et la misère, une atroce page d'histoire qui aura des répercussions jusqu'à nos jours.
Ainsi que le constate l'auteur "à la veille du 3ème millénaire, les responsables politiques et religieux du monde Arabe se réfèrent constamment à Saladin, à la chute de Jérusalem et à sa reprise. Israël est assimilé, dans l'acception populaire comme dans certains discours officiels, à un nouvel Etat Croisé". Et que dire des USA de Busch actuellement ?.........
Notre spécialiste du monde Arabe conclut par cette phrase, prphétique: " à la fois fasciné et effrayé par ces Franj qu'il a connus barbares, qu'il a vaincus, mais qui depuis ont réussi à dominer la Terre, le monde Arabe ne peut se résoudre à considérer les Croisades comme un simple épisode d'un passé révolu" . A lire comme une curiosité, pour l’accepter peut-être comme un réquisitoire.
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rotko
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MessageSujet: Re: Amin Maalouf - [Liban]   Mer 8 Aoû - 21:42


clic !


Citation:
Au XIIe siècle, le troubadour Jaufré Rudel, lassé de sa vie de plaisirs, s'embarque pour l'Orient. Ne lui a-t-on pas dit qu'à Tripoli vit la femme qui incarne son idéal d'un amour pur ? Hélas, Jaufré, frappé par la maladie, n'arrivera que pour mourir dans les bras de celle qui, avertie de son entreprise, a senti toute la beauté de cet amour de loin…


Le texte est très court, et seulement deux courts passages sont en occitan. voir le texte d' anne-marie Garat
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JLNogaro
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Messages : 32

MessageSujet: Re: Amin Maalouf - [Liban]   Mer 8 Aoû - 22:07

annie a écrit:
Lire aussi Les Identités meurtrières

Sorry, je n'excelle pas dans la critique littéraire. Je recommande simplement le livre.


Si je me souviens bien, cet excellent (De ça j'en suis sûr !) livre traite du phénomène de résilience.
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Amin Maalouf - [Liban]Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
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