Forum littérature, roman, polar, poésie, théâtre, BD, SF, auteurs et livres du monde entier sur le forum littéraire et tous les arts, cinéma, peinture ...

Une table conviviale pour parler des livres, des spectacles, et goûter aux plaisirs des mots.
AccueilPortailFAQRechercherIndex auteursS'enregistrerConnexion
 

Vois ces arbres qui se pressent, se froisser rapidement.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8  Suivante
AuteurMessage
Moon
Mod.



Age : 18
Inscrit le : 16 Déc 2006
Messages : 4286
Localisation : Moon Palace

MessageSujet: Vois ces arbres qui se pressent, se froisser rapidement.   Ven 20 Juil - 23:21

Je ne suis pas sûre que le titre soit adapté - tiré d'un poème de Nerval, néanmoins il a été le premier à me venir à l'esprit. Nous avons les félins, les oiseaux, la mer, pourquoi pas les arbres ? Ils ont inspiré beaucoup d'artistes - le portail avec le tableau de Cezanne en est un exemple. Alors ?

Cezanne



Dernière édition par le Sam 21 Juil - 10:54, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Moon
Mod.



Age : 18
Inscrit le : 16 Déc 2006
Messages : 4286
Localisation : Moon Palace

MessageSujet: Re: Vois ces arbres qui se pressent, se froisser rapidement.   Ven 20 Juil - 23:25

Aux arbres

Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme!
Au gré des envieux, la foule loue et blâme ;
Vous me connaissez, vous! - vous m'avez vu souvent,
Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
Une humble goutte d'eau de fleur en fleur tombée,
Un nuage, un oiseau, m'occupent tout un jour.
La contemplation m'emplit le coeur d'amour.
Vous m'avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
Avec ces mots que dit l'esprit à la nature,
Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
Et du même regard poursuivre en même temps,
Pensif, le front baissé, l'oeil dans l'herbe profonde,
L'étude d'un atome et l'étude du monde.
Attentif à vos bruits qui parlent tous un peu,
Arbres, vous m'avez vu fuir l'homme et chercher Dieu!
Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches,
Nids dont le vent au loin sème les plumes blanches,
Clairières, vallons verts, déserts sombres et doux,
Vous savez que je suis calme et pur comme vous.
Comme au ciel vos parfums, mon culte à Dieu s'élance,
Et je suis plein d'oubli comme vous de silence!
La haine sur mon nom répand en vain son fiel ;
Toujours, - je vous atteste, ô bois aimés du ciel! -
J'ai chassé loin de moi toute pensée amère,
Et mon coeur est encor tel que le fit ma mère!

Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours,
Je vous aime, et vous, lierre au seuil des autres sourds,
Ravins où l'on entend filtrer les sources vives,
Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives!
Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,
Dans tout ce qui m'entoure et me cache à la fois,
Dans votre solitude où je rentre en moi-même,
Je sens quelqu'un de grand qui m'écoute et qui m'aime!
Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparaît,
Arbres religieux, chênes, mousses, forêt,
Forêt! c'est dans votre ombre et dans votre mystère,
C'est sous votre branchage auguste et solitaire,
Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
Et que je veux dormir quand je m'endormirai.

Victor Hugo
Revenir en haut Aller en bas
Moon
Mod.



Age : 18
Inscrit le : 16 Déc 2006
Messages : 4286
Localisation : Moon Palace

MessageSujet: Re: Vois ces arbres qui se pressent, se froisser rapidement.   Ven 20 Juil - 23:29


Clic !


Ma plus belle découverte sur le sujet. Le frère du personnage principal collectione les mythes de l'antiquité portant sur les arbres, si vous en avez en réserve je suis preneuse !
Revenir en haut Aller en bas
Moon
Mod.



Age : 18
Inscrit le : 16 Déc 2006
Messages : 4286
Localisation : Moon Palace

MessageSujet: Re: Vois ces arbres qui se pressent, se froisser rapidement.   Ven 20 Juil - 23:32

Le premier arbre de l'allée

Le premier arbre de l'allée ?
- Il est parti, dites, vers où,
Avec son tronc qui bouge et son feuillage fou
Et la rage du ciel à ses feuilles mêlée ?

Les autres arbres ? - L'ont suivi
Sur double rang, à l'infini ;
Ils vont là-bas, sans perdre haleine,
A sa suite, de plaine en plaine ;
Ils vont là-bas où les conduit
Sa marche à lui, immense et monotone,
A travers la fureur et l'effroi de l'automne.

Le premier arbre est grand d'avoir souffert
Depuis longtemps, c'est dans ses branches
Que les hivers
Prenaient, des beaux étés, leurs sinistres revanches ;
Contre lui seul, le Nord
Poussait d'abord
Et ses rages et ses tempêtes
Et quelquefois, le soir, il le courbait si fort,
Que l'arbre immensément épars sous la défaite
Semblait toucher le sol et buter dans la mort.
L'orage était partout et l'espace était blême ;
L'arbre ployé criait, mais redressait quand même,
Après l'instant d'angoisse et de terreur passé,
Son branchage tordu et son front convulsé.
Grâce à sa force large et mouvante et solide,
Il rassurait tous ceux dont il était le guide.
Il leur servait d'exemple et de gloire à la fois.
Au temps de l'accalmie, ils écoutaient sa voix
Leur parler à travers l'émoi de son feuillage.
Ils lui disaient leur peur en face du nuage
Qui rôdait plein de foudre à l'horizon subtil.
L'un voulait fuir sans lutte et l'autre se défendre ;
Tous différaient d'avis, quoique voulant s'entendre,
Si bien qu'il lui fallait assumer le péril
D'entrainer seul, là-bas, en quels itinéraires !
Ces mille arbres nourris de volontés contraires.

S'il les menait ainsi, c'est qu'il savait agir
Son vouloir était dur, mais son geste était souple.
Pour les mieux exalter, il les rangeait par couples
Et dès qu'au loin il entendait le vent rugir,
Farouche et violent, il se mettait en route.
Eux le suivaient, abandonnant dispute et doute,
Heureux de retrouver un chef dans le danger.
Ils adoraient alors et son geste enragé
Et son cri despotique à travers les tumultes.
Par les soirs éclatants ou par les nuits occultes,
Il tenait tête à tout le ciel, tragiquement ;
Tous l'admiraient et tous se demandaient comment,
A mesure que l'ombre étreignait son écorce,
Il sentait mieux l'orgueil lui insuffler la force.

Mais les arbres qu'il entraînait dans ce combat
Que son ardeur changeait en fête,
Bien qu'ils fussent ses compagnons, ne savaient pas
Quel signe alors sacrait sa tête.
Nul ne voyait le feu dont l'or le surmontait
- Vague couronne et flamboyance -
Et que s'il était maître et roi, il ne l'était
Qu'en s'affolant de confiance.

Emile Verhaeren
Revenir en haut Aller en bas
Moon
Mod.



Age : 18
Inscrit le : 16 Déc 2006
Messages : 4286
Localisation : Moon Palace

MessageSujet: Re: Vois ces arbres qui se pressent, se froisser rapidement.   Ven 20 Juil - 23:37

Et puis je vis l'arbre dodonien

Et puis je vis l'arbre dodonien
Sur sept coteaux épandre son ombrage,
Et les vainqueurs ornés de son feuillage
Dessus le bord du fleuve ausonien.

Là fut dressé maint trophée ancien,
Mainte dépouille, et maint beau témoignage
De la grandeur de ce brave lignage
Qui descendit du sang dardanien.

J'étais ravi de voir chose si rare,
Quand de paysans une troupe barbare
Vint outrager l'honneur de ces rameaux.

J'ouïs le tronc gémir sous la cognée,
Et vis depuis la souche dédaignée
Se reverdir en deux arbres jumeaux

Joachim Du Bellay
Revenir en haut Aller en bas
Moon
Mod.



Age : 18
Inscrit le : 16 Déc 2006
Messages : 4286
Localisation : Moon Palace

MessageSujet: Re: Vois ces arbres qui se pressent, se froisser rapidement.   Ven 20 Juil - 23:40

Vers gravés sur un oranger

Oranger, dont la voûte épaisse
Servit à cacher nos amours,
Reçois et conserve toujours
Ces vers, enfants de ma tendresse ;
Et dis à ceux qu'un doux loisir
Amènera dans ce bocage,
Que si l'on mourait de plaisir,
Je serais mort sous ton ombrage.

Evariste de Parny
Revenir en haut Aller en bas
Moon
Mod.



Age : 18
Inscrit le : 16 Déc 2006
Messages : 4286
Localisation : Moon Palace

MessageSujet: Re: Vois ces arbres qui se pressent, se froisser rapidement.   Ven 20 Juil - 23:48

Le roi des Aulnes

Qui chevauche si tard dans la nuit et le vent?
C’est le père, le père avec son enfant.
Il tient son enfant dans ses bras serrés
Pour le protéger, pour le réchauffer.

Mon fils, pourquoi donc cacher ton visage?
-Père, ne vois-tu pas venir le roi de Aulnes?
Avec ses cheveux, avec sa couronne?
Mon fils, ce n’est rien qu’un léger nuage.

Petit enfant, viens, viens donc avec moi!
Que de jolis jeux jouer avec moi!
Et combien de fleurs brillent sur nos bords!
Ma mère , chez elle, a des habits d’or !

_Mon père, mon père, n’entends-tu pas
Ce que me promet, ce que dit le Roi?
Calme-toi mon fils, mon fils sois tranquille
Dans les feuilles mortes c’est le vent qui file

Goethe
Revenir en haut Aller en bas
Moon
Mod.



Age : 18
Inscrit le : 16 Déc 2006
Messages : 4286
Localisation : Moon Palace

MessageSujet: Re: Vois ces arbres qui se pressent, se froisser rapidement.   Ven 20 Juil - 23:52

Cezanne



Revenir en haut Aller en bas
rotko
pilier



Inscrit le : 26 Déc 2005
Messages : 22877

MessageSujet: Re: Vois ces arbres qui se pressent, se froisser rapidement.   Sam 21 Juil - 7:33

Citation:
« Il n’est pas possible qu’il y ait, dans un autre hêtre, où qu’il soit, une peau plus lisse, de couleur plus belle, une carrure plus exacte, des proportions plus justes, plus de noblesse, de grâce et d’éternelle jeunesse ».


Un roi sans divertissement, Giono.


clic !
Revenir en haut Aller en bas
rotko
pilier



Inscrit le : 26 Déc 2005
Messages : 22877

MessageSujet: Re: Vois ces arbres qui se pressent, se froisser rapidement.   Sam 21 Juil - 7:34

Un roi sans divertissement, Giono.


Citation:
Il était constamment charrué et bouleversé de corneilles, de corbeaux et d'essaims ; il éclaboussait à chaque instant des vols de rossignols et de mésanges ; il fumait de bergeronnettes et d'abeilles ; il soufflait des faucons et des taons ; il jonglait avec des balles multicolores de pinsons, de roitelets, de rouges-gorges, de pluviers et de guêpes. C'était autour de lui une ronde sans fin d'oiseaux, de papillons et de mouches dans lesquels le soleil avait l'air de se décomposer en arcs-en-ciel comme à travers des jaillissements d'embruns.
Revenir en haut Aller en bas
Moon
Mod.



Age : 18
Inscrit le : 16 Déc 2006
Messages : 4286
Localisation : Moon Palace

MessageSujet: Re: Vois ces arbres qui se pressent, se froisser rapidement.   Sam 21 Juil - 10:37

Arbre en fleurs de Van gogh

Revenir en haut Aller en bas
Moon
Mod.



Age : 18
Inscrit le : 16 Déc 2006
Messages : 4286
Localisation : Moon Palace

MessageSujet: Re: Vois ces arbres qui se pressent, se froisser rapidement.   Sam 21 Juil - 10:40

Qui a vu quelquefois un grand chêne asséché

Qui a vu quelquefois un grand chêne asséché,
Qui pour son ornement quelque trophée porte,
Lever encore au ciel sa vieille tête morte,
Dont le pied fermement n'est en terre fiché,

Mais qui dessus le champ plus qu'à demi penché
Montre ses bras tout nus et sa racine torte,
Et sans feuille ombrageux, de son poids se supporte
Sur un tronc nouailleux en cent lieux ébranché :

Et bien qu'au premier vent il doive sa ruine,
Et maint jeune à l'entour ait ferme la racine,
Du dévot populaire être seul révéré :

Qui ta chêne a pu voir, qu'il imagine encore
Comme entre les cités, qui plus florissent ore,
Ce vieil honneur poudreux est le plus honoré.

Joachim Du Bellay
Revenir en haut Aller en bas
Moon
Mod.



Age : 18
Inscrit le : 16 Déc 2006
Messages : 4286
Localisation : Moon Palace

MessageSujet: Re: Vois ces arbres qui se pressent, se froisser rapidement.   Sam 21 Juil - 10:41

Les vieux chênes

L'hiver, les chênes lourds et vieux, les chênes tors,
Geignant sous la tempête et projetant leurs branches
Comme de grands bras qui veulent fuir leur corps,
Mais que tragiquement la chair retient aux hanches,

Semblent de maux obscurs les mornes recéleurs ;
Car l'âme des pays du Nord, sombre et sauvage,
Habite et clame en eux ses nocturnes douleurs
Et tord ses désespoirs d'automne en leur branchage.

Oh ! leurs plaintes et leurs plaintes, durant la nuit
D'abord, lointainement, douces et miaulantes,
Comme ayant joie et peur de troubler, de leur bruit,
Le sommeil ténébreux des campagnes dolentes,

Puis le désir soudain où la terreur se joint
Quand la tempête est là, hennissante et prochaine,
Puis le râlement brusque et terrible, si loin
Que les bêtes des grand'routes hurlent de haine

Ou se couchent, là-bas, dans les sillons, de peur,
Puis un apaisement sinistre et despotique,
- Une attente de glaive et d'ombre et de fureur, -
Et tout à coup la rage énorme et frénétique,

Tout l'infini qui grince et se brise et se tord
Et se déchire et vole en lambeaux de colère,
A travers la campagne, et beugle au loin la mort
De l'un à l'autre point de l'espace solaire.

Oh ! les chênes ! Oh ! les mornes suppliciés !
Et leurs pousses et leurs branches que l'on arrache
Et que l'on broie ! Et leurs vieux bras exfoliés
A coups de foudre, à coups de bise, à coups de hache !

Ils sont crevés, solitaires ; leur front durci
Est labouré ; leur vieille écorce d'or est sombre
Et leur sève se plaint plus tristement que si
Le dernier cri du monde avait traversé l'ombre.

L'hiver, les chênes lourds et vieux, les chênes tors,
Geignant sous la tempête et projetant leurs branches
Comme de grands bras qui voudraient fuir un corps,
Mais que tragiquement la chair retient aux hanches,

Semblent de maux obscurs les mornes recéleurs,
Car l'âme des pays du Nord, sombre et sauvage,
Habite et clame en eux ses nocturnes douleurs
Et tord ses désespoirs d'automne en leur branchage.

Emile Verhaeren
Revenir en haut Aller en bas
Moon
Mod.



Age : 18
Inscrit le : 16 Déc 2006
Messages : 4286
Localisation : Moon Palace

MessageSujet: Re: Vois ces arbres qui se pressent, se froisser rapidement.   Sam 21 Juil - 10:46



Un arbre dans le Masaï Mara.
Revenir en haut Aller en bas
Moon
Mod.



Age : 18
Inscrit le : 16 Déc 2006
Messages : 4286
Localisation : Moon Palace

MessageSujet: Re: Vois ces arbres qui se pressent, se froisser rapidement.   Sam 21 Juil - 11:00

La forêt

Forêt silencieuse, aimable solitude,
Que j'aime à parcourir votre ombrage ignoré !
Dans vos sombres détours, en rêvant égaré,
J'éprouve un sentiment libre d'inquiétude !
Prestiges de mon coeur ! je crois voir s'exhaler
Des arbres, des gazons une douce tristesse :
Cette onde que j'entends murmure avec mollesse,
Et dans le fond des bois semble encor m'appeler.
Oh ! que ne puis-je, heureux, passer ma vie entière
Ici, loin des humains !... Au bruit de ces ruisseaux,
Sur un tapis de fleurs, sur l'herbe printanière,
Qu'ignoré je sommeille à l'ombre des ormeaux !
Tout parle, tout me plaît sous ces voûtes tranquilles ;
Ces genêts, ornements d'un sauvage réduit,
Ce chèvrefeuille atteint d'un vent léger qui fuit,
Balancent tour à tour leurs guirlandes mobiles.
Forêts, dans vos abris gardez mes voeux offerts !
A quel amant jamais serez-vous aussi chères ?
D'autres vous rediront des amours étrangères ;
Moi de vos charmes seuls j'entretiens les déserts.

Chateaubriand
Revenir en haut Aller en bas

Vois ces arbres qui se pressent, se froisser rapidement.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 8Aller à la page : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8  Suivante

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Grain de sel - Forum littéraire et culturel :: CONTRIBUTEURS PRENEZ LA PAROLE :: Les coups de coeur par thèmes-