rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22207
| Sujet: Stendhal et Rimbaud Lun 19 Juin - 20:23 | |
| Le manuscrit autographe (six cahiers) d'une partie du Journal d’Henri Beyle et un exemplaire de La Chartreuse de Parme, revu et corrigé par son auteur en vue d'une nouvelle édition, devaient être vendus le 20 juin à l'Hôtel Drouot. Finalement "L'exemplaire Berès" de la Chartreuse sera remis par son propriétaire, Pierre Berès, au ministre de la culture, Renaud Donnedieu de Vabres. Au cours de la même vente seraient vendus quelques-uns des douze poèmes autographes que Rimbaud avait donnés à son ami Verlaine. La bibliothèque de Charleville-Mézieres cherche des fonds ou des mécènes pour racheter ces poèmes. |
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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22207
| Sujet: Re: Stendhal et Rimbaud Ven 23 Mai - 7:57 | |
| Voici le texte de rimbaud (sous titré Fantaisie) retrouvé dans un numéro du progrès des Ardennes sous le pseudo connu de jean Baudry chez un bouquiniste
| Spoiler: | | | C'est le soir. Sous sa tente, pleine de silence et de rêve, Bismarck, un doigt sur la carte de France, médite ; de son immense pipe s'échappe un filet bleu.
Bismarck médite. Son petit index crochu chemine, sur le vélin, du Rhin à la Moselle, de la Moselle à la Seine ; de l'ongle il a rayé imperceptiblement le papier autour de Strasbourg ; il passe outre.
À Sarrebruck, à Wissembourg, à Woerth, à Sedan, il tressaille, le petit doigt crochu : il caresse Nancy, égratigne Bitche et Phalsbourg, raie Metz, trace sur les frontières de petites lignes brisées et s'arrête…
Triomphant, Bismarck a couvert de son index l'Alsace et la Lorraine ! Oh ! sous son crâne jaune, quels délires d'avare ! Quels délicieux nuages de fumée répand sa pipe bienheureuse !
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Bismarck médite, Tiens ! un gros point noir semble arrêter l'index frétillant. C'est Paris.
Donc, le petit ongle mauvais, de rayer, de rayer le papier, de ci, de là, avec rage, enfin, de s'arrêter… Le doigt reste là, moitié plié, immobile.
Paris Paris ! Puis, le bonhomme a tant rêvé l'œil ouvert que, doucement, la somnolence s'empare de lui : son front se penche vers le papier ; machinalement, le fourneau de sa pipe, échappée à ses lèvres, s'abat sur le vilain point noir…
Hi ! povero ! en abandonnant sa pauvre tête, son nez, le nez de M. Otto de Bismarck, s'est plongé dans le fourneau ardent. Hi ! povero ! va povero ! dans le fourneau incandescent de la pipe… hi ! povero ! Son index était sur Paris ! Fini, le rêve glorieux !
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Il était si fin, si spirituel, si heureux, ce nez de vieux premier diplomate !
Cachez, cachez ce nez !
Eh bien ! mon cher, quand, pour partager la choucroute royale, vous rentrerez au palais (…) avec des crimes de… dame (…) dans l'histoire, vous porterez éternellement votre nez carbonisé entre vos yeux stupides !
Voilà ! Fallait pas rêvasser ! |
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