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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21297
| Sujet: Aragon Lun 30 Avr - 7:48 | |
| Je ferai de ces mots notre trésor unique Les bouquets joyeux qu’on dépose au pied des saintes Et je te les tendrai ma tendre ces jacinthes Ces lilas suburbains le bleu des véroniques Et le velours amande aux branchages qu’on vend Dans les foires de Mai comme les cloches blanches Du muguet que nous n’irons pas cueillir avant Avant ah tous les mots fleuris l’á-devant flanchent Les fleurs perdent leurs fleurs au souffle de ce vent Et se ferment les yeux pareils à des pervenches Pourtant je chanterai pour toi tant que résonne Le sang rouge en mon coeur qui sans fin t’aimera Ce refrain peut paraître un tradéridéra Mais peut-être qu’un jour les mots que murmura Ce coeur usé ce coeur banal seront l’aura D’un monde merveilleux où toi seule sauras Que si le soleil brille et si l’amour frissonne C’est que sans croire même au printemps dès l’automne J’aurai dit tradéridéra comme personne
in "Les amants séparés" |
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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21297
| Sujet: Re: Aragon Lun 30 Avr - 7:49 | |
| Les lilas et les roses
Ô mois des floraisons mois des métamorphoses Mai qui fut sans nuage et Juin poignardé Je n'oublierai jamais les lilas ni les roses Ni ceux que le printemps dans ses plis a gardés
Je n'oublierai jamais l'illusion tragique Le cortège les cris la foule et le soleil Les chars chargés d'amour les dons de la Belgique L'air qui tremble et la route à ce bourdon d'abeilles Le triomphe imprudent qui prime la querelle Le sang que préfigure en carmin le baiser Et ceux qui vont mourir debout dans les tourelles Entourés de lilas par un peuple grisé
Je n'oublierai jamais les jardins de la France Semblables aux missels des siècles disparus Ni le trouble des soirs l'énigme du silence Les roses tout le long du chemin parcouru Le démenti des fleurs au vent de la panique Aux soldats qui passaient sur l'aile de la peur Aux vélos délirants aux canons ironiques Au pitoyable accoutrement des faux campeurs
Mais je ne sais pourquoi ce tourbillon d'images Me ramène toujours au même point d'arrêt A Sainte-Marthe Un général De noirs ramages Une ville normande au bord de la forêt Tout se tait L'ennemi dans l'ombre se repose On nous a dit ce soir que Paris s'est rendu Je n'oublierai jamais les lilas ni les roses Et ni les deux amours que nous avons perdus
Bouquets du premier jour lilas lilas des Flandres Douceur de l'ombre dont la mort farde les joues Et vous bouquets de la retraite roses tendres Couleur de l'incendie au loin roses d'Anjou
LOUIS ARAGON «Le Crève-Coeur» Gallimard 1940
Louis Aragon oeuvres poétiques complètes Gallimard, «la Pléiade», deux volumes, |
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Moon Mod.

Age : 18 Inscrit le : 16 Déc 2006 Messages : 4127 Localisation : Moon Palace
| Sujet: Re: Aragon Lun 16 Juil - 21:34 | |
| Est-ce ainsi que les hommes vivent ?
Tout est affaire de décor Changer de lit changer de corps À quoi bon puisque c'est encore Moi qui moi-même me trahis Moi qui me traîne et m'éparpille Et mon ombre se déshabille Dans les bras semblables des filles Où j'ai cru trouver un pays.
Coeur léger coeur changeant coeur lourd Le temps de rêver est bien court Que faut-il faire de mes nuits Que faut-il faire de mes jours Je n'avais amour ni demeure Nulle part où je vive ou meure Je passais comme la rumeur Je m'endormais comme le bruit.
C'était un temps déraisonnable On avait mis les morts à table On faisait des châteaux de sable On prenait les loups pour des chiens Tout changeait de pôle et d'épaule La pièce était-elle ou non drôle Moi si j'y tenais mal mon rôle C'était de n'y comprendre rien
Est-ce ainsi que les hommes vivent Et leurs baisers au loin les suivent
Dans le quartier Hohenzollern Entre La Sarre et les casernes Comme les fleurs de la luzerne Fleurissaient les seins de Lola Elle avait un coeur d'hirondelle Sur le canapé du bordel Je venais m'allonger près d'elle Dans les hoquets du pianola.
Le ciel était gris de nuages Il y volait des oies sauvages Qui criaient la mort au passage Au-dessus des maisons des quais Je les voyais par la fenêtre Leur chant triste entrait dans mon être Et je croyais y reconnaître Du Rainer Maria Rilke.
Est-ce ainsi que les hommes vivent Et leurs baisers au loin les suivent.
Elle était brune elle était blanche Ses cheveux tombaient sur ses hanches Et la semaine et le dimanche Elle ouvrait à tous ses bras nus Elle avait des yeux de faÏence Elle travaillait avec vaillance Pour un artilleur de Mayence Qui n'en est jamais revenu.
Il est d'autres soldats en ville Et la nuit montent les civils Remets du rimmel à tes cils Lola qui t'en iras bientôt Encore un verre de liqueur Ce fut en avril à cinq heures Au petit jour que dans ton coeur Un dragon plongea son couteau
Est-ce ainsi que les hommes vivent Et leurs baisers au loin les suivent. |
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Moon Mod.

Age : 18 Inscrit le : 16 Déc 2006 Messages : 4127 Localisation : Moon Palace
| Sujet: Re: Aragon Lun 16 Juil - 21:36 | |
| Ce passage, déjà sougliné dans le fil Rainer Maria Rilke par Rotko, est absolument splendide. Moi qui adorais déjà Aragon pour son Aurélien, et ses courts récits...
| Citation: | Le ciel était gris de nuages Il y volait des oies sauvages Qui criaient la mort au passage Au-dessus des maisons des quais Je les voyais par la fenêtre Leur chant triste entrait dans mon être Et je croyais y reconnaître Du Rainer Maria Rilke.
Est-ce ainsi que les hommes vivent Et leurs baisers au loin les suivent. |
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clmemont pilier

Inscrit le : 20 Juin 2006 Messages : 916
| Sujet: Re: Aragon Ven 3 Aoû - 19:08 | |
| Il n'y a pas d'amour heureux
Rien n'est jamais acquis à l'homme Ni sa force Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix Et quand il croit serrer son bonheur il le broie Sa vie est un étrange et douloureux divorce Il n'y a pas d'amour heureux
Sa vie Elle ressemble à ces soldats sans armes Qu'on avait habillés pour un autre destin A quoi peut leur servir de se lever matin Eux qu'on retrouve au soir désoeuvrés incertains Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes Il n'y a pas d'amour heureux
Mon bel amour mon cher amour ma déchirure Je te porte dans moi comme un oiseau blessé Et ceux-là sans savoir nous regardent passer Répétant après moi les mots que j'ai tressés Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent Il n'y a pas d'amour heureux
Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare Il n'y a pas d'amour heureux
Il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri Et pas plus que de toi l'amour de la patrie Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs Il n'y a pas d'amour heureux Mais c'est notre amour à tous les deux |
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Moon Mod.

Age : 18 Inscrit le : 16 Déc 2006 Messages : 4127 Localisation : Moon Palace
| Sujet: Re: Aragon Dim 16 Sep - 18:33 | |
| Nous étions faits pour être libres Nous étions faits pour être heureux Comme la vitre pour le givre Et les vêpres pour les aveux Comme la grive pour être ivre Le printemps pour être amoureux Nous étions faits pour être libres Nous étions faits pour être heureux
Toi qui avais des bras des rêves Le sang rapide et soleilleux Au joli mois des primevères Où pleurer même est merveilleux Tu courais des chansons aux lèvres Aimé du Diable et du Bon Dieu Toi qui avais des bras des rêves Le sang rapide et soleilleux
Ma folle ma belle et ma douce Qui avais la beauté du feu La douceur de l'eau dans ta bouche De l'or pour rien dans tes cheveux Qu'as-tu fait de ta bouche rouge Des baisers pour le jour qu'il pleut Ma folle ma belle et ma douce Qui avais la beauté du feu
Le temps qui passe passe passe Avec sa corde fait des nœuds Autour de ceux-là qui s'embrassent Sans le voir tourner autour d'eux Il marque leur front d'un sarcasme Il éteint leurs yeux lumineux Le temps qui passe passe passe Avec sa corde fait des nœuds
Nous étions faits pour être libres Nous étions faits pour être heureux Le monde l'est lui pour y vivre Et tout le reste est de l'hébreu Vos lois vos règles et vos bibles Et la charrue avant les bœufs Nous étions faits pour être libres Nous étions faits pour être heureux |
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joce22 pilier

Age : 57 Inscrit le : 10 Sep 2007 Messages : 442 Localisation : Paris
| Sujet: Re: Aragon Dim 11 Nov - 10:48 | |
| Tu n'en reviendras pas
Tu n'en reviendras pas toi qui courais les filles Jeune homme dont j'ai vu battre le cœur à nu Quand j'ai déchiré ta chemise et toi non plus Tu n'en reviendras pas vieux joueur de manille
Qu'un obus a coupé par le travers en deux Pour une fois qu'il avait un jeu du tonnerre Et toi le tatoué l'ancien Légionnaire Tu survivras longtemps sans visage sans yeux
On part Dieu sait pour où Ça tient du mauvais rêve On glissera le long de la ligne de feu Quelque part ça commence à n'être plus du jeu Les bonshommes là-bas attendent la relève
Roule au loin roule le train des dernières lueurs Les soldats assoupis que ta danse secoue Laissent pencher leur front et fléchissent le cou Cela sent le tabac la laine et la sueur
Comment vous regarder sans voir vos déstinées Fiancés de la terre et promis des douleurs La veilleuse vous fait de la couleur des pleurs Vous bougez vaguement vos jambes condamnées
Déjà la pierre pense où votre nom s'inscrit Déjà vous n'êtes plus qu'un nom d'or sur nos places Déjà le souvenir de vos amours s'efface Déjà vous n'êtes plus que pour avoir péri
Louis Aragon, Le Roman inachevé, 1956
mis en musique et chanté par Léo Ferré _________________ Joce http://blog.aufeminin.com/blog/see_54416_1/Chios http://photos.linternaute.com/auteur/25857/6080133319/ |
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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21297
| Sujet: Re: Aragon Dim 17 Fév - 8:33 | |
| Odeur des myrtils Dans les grands paniers Que demeure-t-il De nous au grenier ?
Ombre mon royaume J'y retrouverais Les anciens arômes Et les noirs portraits
Les enfants qui dorment Les fauteuils boiteux Les ombres difformes La trace de jeux
C'était moi peut-être Ou peut-être vous Les yeux des fenêtres Sont vides et fous
Dans les mois de paille Il fait doux guetter Le cri court des cailles Divisant l'été
Le vent se repose Aux bords bleus du temps Les hérons gris rose Marchent sur l'étang
Il me semble entendre Un train loin d'ici Dans les osiers tendres Le jour est assis
La fin d'août paresse Et les arbres font Des lentes caresses Aux plafonds profonds
Mémoire qui meurt Photos effacées Rumeur ô rumeur Des choses passées
Louis Aragon |
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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21297
| Sujet: Re: Aragon Sam 15 Mar - 14:24 | |
| Je vous salue ma France, arrachée aux fantômes ! Ô rendue à la paix ! Vaisseau sauvé des eaux... Pays qui chante : Orléans, Beaugency, Vendôme ! Cloches, cloches, sonnez l'angélus des oiseaux !
Je vous salue, ma France aux yeux de tourterelle, Jamais trop mon tourment, mon amour jamais trop. Ma France, mon ancienne et nouvelle querelle, Sol semé de héros, ciel plein de passereaux...
Je vous salue, ma France, du les vents se calmèrent ! Ma France de toujours, que la géographie Ouvre comme une paume aux souffles de la mer Peur que l'oiseau du large y vienne et se confie.
Je vous salue, ma France, où l'oiseau de passage, De Lille à Roncevaux, de Brest au Montcenis, Pour la première fois a fait l'apprentissage De ce qu'il peut coûter d'abandonner un nid !
Patrie également à la colombe ou l'aigle, De l'audace et du chant doublement habitée ! Je vous salue, ma France, où les blés et les seigles Mûrissent au soleil de la diversité...
Je vous salue, ma France, où le peuple est habile À ces travaux qui font les jours émerveillés Et que l'on vient de loin saluer dans sa ville Paris, mon coeur, trois ans vainement fusillé !
Heureuse et forte enfin qui portez pour écharpe Cet arc-en-ciel témoin qu'il ne tonnera plus, Liberté dont frémit la silence des harpes, Ma France d'au-delà le déluge, salut ! |
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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21297
| Sujet: Re: Aragon Sam 15 Mar - 14:30 | |
| on reconnaît la comptine
Orléans, Beaugency, Notre -Dame de Cléry (bis) Vendôme, Vendôme Quel chagrin, quel ennui, de compter toutes les heures Quel chagrin, quel ennui, de compter jusqu’à minuit Orléans, Beaugency, Notre-Dame de Cléry (bis) Vendôme, Vendôme
voici son air |
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Akemi pilier

Age : 21 Inscrit le : 15 Aoû 2007 Messages : 164 Localisation : Marseille
| Sujet: Re: Aragon Sam 15 Mar - 16:10 | |
| Je vous laisse mon préféré, c'est sur la vie qui passe vite, la vieillesse et la mort qu'on voit arriver mais les mots sont merveilleux.
J'arrive où je suis étranger:
Rien n'est précaire comme vivre Rien comme être n'est passager C'est un peu fondre comme le givre Et pour le vent être léger J'arrive où je suis étranger
Un jour tu passes la frontière D'où viens-tu mais où vas-tu donc Demain qu'importe et qu'importe hier Le coeur change avec le chardon Tout est sans rime ni pardon
Passe ton doigt là sur ta tempe Touche l'enfance de tes yeux Mieux vaut laisser basses les lampes La nuit plus longtemps nous va mieux C'est le grand jour qui se fait vieux
Les arbres sont beaux en automne Mais l'enfant qu'est-il devenu Je me regarde et je m'étonne De ce voyageur inconnu De son visage et ses pieds nus
Peu a peu tu te fais silence Mais pas assez vite pourtant Pour ne sentir ta dissemblance Et sur le toi-même d'antan Tomber la poussière du temps
C'est long vieillir au bout du compte Le sable en fuit entre nos doigts C'est comme une eau froide qui monte C'est comme une honte qui croît Un cuir à crier qu'on corroie
C'est long d'être un homme une chose C'est long de renoncer à tout Et sens-tu les métamorphoses Qui se font au-dedans de nous Lentement plier nos genoux
O mer amère ô mer profonde Quelle est l'heure de tes marées Combien faut-il d'années-secondes A l'homme pour l'homme abjurer Pourquoi pourquoi ces simagrées
Rien n'est précaire comme vivre Rien comme être n'est passager C'est un peu fondre comme le givre Et pour le vent être léger J'arrive où je suis étranger. _________________ Hayaki koto kaze no gotoku. Shizukanaru koto hayashi no gotoku. Shinryakusuru koto hi no gotoku. Ugokazaru koto yama no gotoku. |
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Moon Mod.

Age : 18 Inscrit le : 16 Déc 2006 Messages : 4127 Localisation : Moon Palace
| Sujet: Re: Aragon Mer 28 Mai - 17:20 | |
| La rose et le réséda
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas Tous deux adoraient la belle prisonnière des soldats Lequel montait à l'échelle et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas Qu'importe comment s'appelle cette clarté sur leur pas Que l'un fut de la chapelle et l'autre s'y dérobât
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas Tous les deux étaient fidèles des lèvres du coeur des bras Et tous les deux disaient qu'elle vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas Quand les blés sont sous la grêle fou qui fait le délicat Fou qui songe à ses querelles au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas Du haut de la citadelle la sentinelle tira Par deux fois et l'un chancelle l'autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas Ils sont en prison Lequel a le plus triste grabat Lequel plus que l'autre gèle lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas Un rebelle est un rebelle deux sanglots font un seul glas Et quand vient l'aube cruelle passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas Répétant le nom de celle qu'aucun des deux ne trompa Et leur sang rouge ruisselle même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas Il coule, il coule, il se mêle à la terre qu'il aima Pour qu'à la saison nouvelle mûrisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas L'un court et l'autre a des ailes de Bretagne ou du Jura Et framboise ou mirabelle le grillon rechantera Dites flûte ou violoncelle le double amour qui brûla L'alouette et l'hirondelle la rose et le réséda |
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