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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22207
| Sujet: Blaise Cendrars Jeu 27 Avr - 7:45 | |
| Blaise Cendrars
Trouées
Echappées sur la mer Chutes d'eau Arbres chevelus moussus Lourdes feuilles caoutchoutées luisantes Un vernis de soleil Une chaleur bien astiquée Reluisance Je n'écoute plus la conversation animée de mes amis qui se partagent les nouvelles que j'ai apportées de Paris Des deux côtés du train toute proche ou alors de l'autre côté de la vallée lointaine La forêt est là et me regarde et m'inquiète et m'attire comme le masque d'une momie Je regarde Pas l'ombre d'un œil |
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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22207
| Sujet: Re: Blaise Cendrars Jeu 27 Avr - 7:47 | |
| Tu m'as dit ...
Tu m'as dit si tu m'écris Ne tape pas tout à la machine Ajoute une ligne de ta main Un mot un rien oh pas grand chose Oui oui oui oui oui oui oui oui Ma Remington est belle pourtant Je l'aime beaucoup et travaille bien Mon écriture est nette est claire On voit très bien que c'est moi qui l'ai tapée Il y a des blancs que je suis seul à savoir faire Vois donc l'oeil qu'à ma page Pourtant, pour te faire plaisir j'ajoute à l'encre Deux trois mots Et une grosse tache d'encre Pour que tu ne puisses pas les lire. |
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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22207
| Sujet: Re: Blaise Cendrars Jeu 27 Avr - 7:50 | |
| prose du transiberien
En ce temps-là, j'étais en mon adolescence J'avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance J'étais à 16.000 lieues du lieu de ma naissance J'étais à Moscou dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares Et je n'avais pas assez des sept gares et des mille et trois tours Car mon adolescence était si ardente et si folle Que mon coeur tour à tour brûlait comme le temple d'Ephèse ou comme la Place Rouge de Moscou quand le soleil se couche. Et mes yeux éclairaient des voies anciennes. Et j'étais déjà si mauvais poète Que je ne savais pas aller jusqu'au bout.
http://franceweb.fr/poesie/transib1.htm |
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swallow pilier

Inscrit le : 17 Mar 2006 Messages : 833 Localisation : Espagne
| Sujet: Re: Blaise Cendrars Jeu 27 Avr - 17:14 | |
| | Beaucoup aimé la presentation, Rotko, on passe les pages, à l´aide de la petite image qui accompagne le texte, presque comme s´il s´agaissait d´un livre. Merci pour le lien. |
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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22207
| Sujet: Re: Blaise Cendrars Jeu 27 Avr - 19:58 | |
| Les Grands fétiches
I Une gangue de bois dur, Deux bras d’embryon, L’homme déchire son ventre Et adore son membre dressé.
II Qui menaces-tu Toi qui t'en vas Poings sur les hanches A peine d'aplomb Juste hors de grossir?
III Noeud de bois Tête en forme de gland Dur et réfractaire Visage dépouillé Jeune dieu insexuée et cyniquement hilare."
IV L’envie t’a rongé le menton La convoitise te pipe Tu te dresses Ce qui te manque du visages Te rend géométrique Arborescent Adolescent
V Voici l’homme et la femme Egalements laids et également nus Lui moins gras quelle mais plus fort Les mains sur le ventre et la bouche en tire-lire
VI Elle La pain de son sexe qu’elle fait cuire trois fois par jour Et la pleine outre de son ventre Tirent Sur le cou et les épaules […]
British Museum Londres, février 1916
in Poèmes nègres, Blaises Cendrars, Oeuvres complètes, le club français du livre. |
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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22207
| Sujet: Re: Blaise Cendrars Jeu 27 Avr - 20:10 | |
| | swallow a écrit: | | Beaucoup aimé la presentation, on passe les pages, à l´aide de la petite image qui accompagne le texte, presque comme s´il s´agissait d´un livre. |
C'est encore plus vrai ici, et en cliquant sur les titres manuscrits en bas de page, tu ouvres la porte aux poèmes.
http://services.wanadoo.fr/dossiers/cendrars/ |
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swallow pilier

Inscrit le : 17 Mar 2006 Messages : 833 Localisation : Espagne
| Sujet: Re: Blaise Cendrars Jeu 27 Avr - 20:44 | |
| | Des poèmes en prose qui nous sont lus. Parfait. |
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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22207
| Sujet: Re: Blaise Cendrars Jeu 27 Avr - 21:24 | |
| Contrastes
Les fenêtres de ma poésie sont grand'ouvertes sur les boulevards et dans ses vitrines Brillent Les pierreries de la lumière Écoute les violons des limousines et les xylophones des linotypes Le pocheur se lave dans l'essuie-main du ciel Tout est taches de couleur Et les chapeaux des femmes qui passent sont des comètes dans l'incendie du soir... |
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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22207
| Sujet: Re: Blaise Cendrars Dim 15 Juil - 17:53 | |
| Ceux qui connaissent bien Cendrars disent le préférer à Apollinaire
Tu es plus belle que le ciel et la mer
Quand tu aimes il faut partir Quitte ta femme quitte ton enfant Quitte ton ami quitte ton amie Quitte ton amante quitte ton amant Quand tu aimes il faut partir Le monde est plein de nègres et de négresses Des femmes des hommes des hommes des femmes Regarde les beaux magasins Ce fiacre cet homme cette femme ce fiacre Et toutes les belles marchandises II y a l'air il y a le vent Les montagnes l'eau le ciel la terre Les enfants les animaux Les plantes et le charbon de terre
la suite et quelques poèmes |
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Moon Mod.

Age : 18 Inscrit le : 16 Déc 2006 Messages : 4183 Localisation : Moon Palace
| Sujet: Re: Blaise Cendrars Mar 18 Sep - 17:21 | |
| Il manque un bon bout du poème Constrastes.
Contrastes
Les fenêtres de ma poésie sont grand’ouvertes sur les boulevards et dans ses vitrines Brillent Les pierreries de la lumière Écoute les violons des limousines et les xylophones des linotypes Le pocheur se lave dans l’essuie-main du ciel Tout est taches de couleur Et les chapeaux des femmes qui passent sont des comètes dans l’incendie du soir L’unité Il n’y a plus d’unité Toutes les horloges marquent maintenant 24 heures après avoir été retardées de dix minutes Il n’y a plus de temps. II n’y a plus d’argent. A la Chambre On gâche les éléments merveilleux de la matière première Chez le bistro Les ouvriers en blouse bleue boivent du vin rouge Tous les samedis poule au gibier On joue On parie De temps en temps un bandit passe en automobile Ou un enfant joue avec l’Arc de Triomphe... Je conseille à M. Cochon de loger ses protégés à la Tour Eiffel. Aujourd’hui Changement de propriétaire Le Saint-Esprit se détaille chez les plus petits bouti quiers Je lis avec ravissement les bandes de calicot De coquelicot II n’y a que les pierres ponces de la Sorbonne qui ne sont jamais fleuries L’enseigne de la Samaritaine laboure par contre la Seine Et du côté de Saint-Séverin J’entends Les sonnettes acharnées des tramways Il pleut les globes électriques Montrouge Gare de l’Est Métro Nord-Sud bateaux-mouches monde Tout est halo Profondeur Rue de Buci on crie L'Intransigeant et Paris-Sports L’aérodrome du ciel est maintenant, embrasé, un tableau de Cimabue Quand par devant Les hommes sont Longs Noirs Tristes Et fument, cheminées d’usine |
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