Forum littérature, roman, polar, poésie, théâtre, BD, SF, auteurs et livres du monde entier sur le forum littéraire et tous les arts, cinéma, peinture ...

Une table conviviale pour parler des livres, des spectacles, et goûter aux plaisirs des mots.
AccueilPortailFAQRechercherIndex auteursS’enregistrerConnexion
 Marina TsvétaïévaVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Tchipette
Mod.



Age : 45
Inscrit le : 19 Nov 2007
Messages : 1385

MessageSujet: Marina Tsvétaïéva   Jeu 27 Mar - 7:37

La neige

Neige, neige
Plus blanche que linge
Femme lige
Du sort : blanche neige
Sortilège!
Que suis-je et où vais-je?
Sortirai-je
Vif de cette terre

Neuve? Neige,
Plus blanche que page
Neuve neige
Plus blanche que rage
Slave...

Rafale, rafale
Aux mille pétales,
Aux mille coupoles,
Rafale-la-folle!

Toi une, toi foule,
Toi mille, toi râle,
Rafale-la-Saoule
Rafale-la-Pâle
Débride, dételle,
Désole, détale,
A grands coups de pelle,
A grands coups de balle.

Cavale de flamme,
Fatale mongole,
Rafale-la-femme,
Rafale : raffole.


1923 : poème écrit en français.
Revenir en haut Aller en bas
Tchipette
Mod.



Age : 45
Inscrit le : 19 Nov 2007
Messages : 1385

MessageSujet: Re: Marina Tsvétaïéva   Jeu 3 Avr - 6:28

Mars

O pleurs d'amour, fureur !
D'eux-mêmes - jaillissant !
O la Bohême en pleurs !
En Espagne : le sang !

Noir, ô mont qui étend
Son ombre sur le monde entier !
Au créateur : grand temps
De rendre mon billet.

Refuse d'être. De suivre.
Asile des non-gens :
Je refuse d'y vivre.
Avec les loups régents

Des rues - hurler : refuse
Quant aux requins des plaines -
Non ! -Glisser : je refuse -
Le long des dos en chaïne.

Oreilles obstruées,
Et mes yeux voient confus.
A ton monde insensé
Je ne dis que : refus.

15 mars, 11 mai 1939
Revenir en haut Aller en bas
Utopie
Mod.



Age : 100
Inscrit le : 12 Juin 2006
Messages : 9985

MessageSujet: Re: Marina Tsvétaïéva   Jeu 3 Avr - 12:35

Intéressante découverte, je ne connais pas, tu peux nous en dire plus, je vais voir ce que je trouve. respect
Revenir en haut Aller en bas
Tchipette
Mod.



Age : 45
Inscrit le : 19 Nov 2007
Messages : 1385

MessageSujet: Re: Marina Tsvétaïéva   Jeu 3 Avr - 20:11

Marina tsvétaïéva est née en 1892 en Russie. Sa vie n'est qu'une suite de malheurs et d'errance.

Elle perd sa mère, pianiste, de tuberculose lorsqu'elle a 14 ans, se marie à 20 ans avec SergueI Efron qui devient tuberculeux en 1914. En 1912 elle met au monde sa première fille Ariadna ou Alia, puis Irina en 1917. Irina meurt de malnutrition en 1920. A partir de 1922 les Efron quittent l'URSS pour Berlin, puis Prague, puis Paris. En 1925, naissance de leur fils Mour.

En 1937 Ariadna rejoint Moscou, ainsi que Sergueï. Il faut attendre deux ans avant que Marina et Mour ne les rejoignent. Lorsqu'ils arrivent à Moscou, Ariadna est ïnternée de même que Sergueï.

En 1941, invasion de l'URSS par l'allemagne, Marina se suicide, Mour est tué sur le front, Sergueï exécuté.

Ariadna sortira de prison en 1955 et passera les 20 années suivantes à réhabiliter et faire connaître la poésie de sa mère.

Marina Tsvétaïéva fut très liée avec Mandelstam et Pasternak.

Sa poésie est limpide et sombre. Tout brûle et tout flamboie.

Citation:

Ma faim est insatiable
De tristesse, de passion, de mort<<;
[...]
Il est pourtant un délice :
J'attends celui qui le premier
Me comprendra enfin
Et tirera à bout portant.


Pourtant Marina aime la vie, et les hommes et les femmes. Un rien suffit à la réjouir.

Citation:

Temple ou maison : vide, personne...
Tout m'est égal, rien à parier.
Mais si sur le chemin buissonne
Un arbre, et si c'est - un sorbier...


A ne pas lire les jours de spleen.
Revenir en haut Aller en bas
rotko
pilier



Inscrit le : 26 Déc 2005
Messages : 21044

MessageSujet: Re: Marina Tsvétaïéva   Mar 8 Avr - 8:28

Citation:
D’où pareille tendresse ?
J’en ai bien d’autres – des boucles –
Caressées, et des lèvres
Connues – plus sombres que les tiennes.

J’ai vu s’allumer et mourir des étoiles,
(D’où pareille tendresse ?)
J’ai vu s’allumer et mourir des prunelles
Au seuil de mes prunelles.

Et à bien d’autres chants
J’ai prêté mon oreille en plein cœur de la nuit
(D’où pareille tendresse ?)
A même la poitrine du chantre.

D’où pareille tendresse ?
Et que faire avec elle, jouvenceau
Espiègle, chantre de passage,
Aux cils si longs – sans leurs pareils ?



Marina Tsvetaeva, Les Carnets, traduits du russe par Eveline Amoursky et Nadine Dubourvieux, coll. "Littérature étrangère", Editions des Syrtes.
Revenir en haut Aller en bas
Marina TsvétaïévaVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Grain de sel - Forum littéraire et culturel :: FICTION :: Poésie ininterrompue-