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Seuguh pilier

Age : 31 Inscrit le : 17 Mai 2006 Messages : 2597 Localisation : Bruxelles
| Sujet: Robert Desnos Mar 30 Jan - 16:48 | |
| La colombe et l'arche
Maudit
soit le père de l'épouse
du forgeron qui forgea le fer de la cognée
avec laquelle le bûcheron abattit le chêne
dans lequel on sculpta le lit
où fut engendré l'arrière-grand-père
de l'homme qui conduisit la voiture
dans laquelle ta mère
rencontra ton père !
Corps et Biens, 1923 |
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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21297
| Sujet: Re: Robert Desnos Mar 30 Jan - 17:57 | |
| j'aime bien cette complainte héroique et pleine d'humour, la complainte de Fantomas. 1
Écoutez... Faites silence... La triste énumération De tous les forfaits sans nom, Des tortures, des violences Toujours impunis, hélas ! Du criminel Fantômas.
2
Lady Beltham, sa maîtresse, Le vit tuer son mari Car il les avait surpris Au milieu de leurs caresses. Il coula le paquebot Lancaster au fond des flots.
3
Cent personnes il assassine. Mais Juve aidé de Fandor Va lui faire subir son sort Enfin sur la guillotine... Mais un acteur, très bien grimé, À sa place est exécuté.
4
Un phare dans la tempête Croule, et les pauvres bateaux Font naufrage au fond de l’eau. Mais surgissent quatre têtes : Lady Beltham aux yeux d’or, Fantômas, Juve et Fandor.
la suite est ICI
FINAL Allongeant son ombre immense Sur le monde et sur Paris, Quel est ce spectre aux yeux gris Qui surgit dans le silence ? Fantômas, serait-ce toi Qui te dresses sur les toits ? |
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clmemont pilier

Inscrit le : 20 Juin 2006 Messages : 916
| Sujet: Re: Robert Desnos Mar 30 Jan - 20:30 | |
| Tiens cela me rappelle des souvenirs, j'avais appris un extrait de la complainte en sixième ainsi que
La rue de Bagnolet Le soleil de la rue de Bagnolet N'est pas un soleil comme les autres Il se baigne dans le ruisseau, Il se coiffe avec un seau, Tout comme les autres, Mais, quand il caresse mes épaules C'est bien lui et pas un autre, Le soleil de la rue Bagnolet Qui conduit son cabriolet Ailleurs qu'aux portes des palais. Soleil tout drôle et tout content, Soleil de la rue de Bagnolet, Pas comme les autres.
J'avoue avoir préféré la complainte de Fantômas |
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clmemont pilier

Inscrit le : 20 Juin 2006 Messages : 916
| Sujet: Re: Robert Desnos Mar 30 Jan - 20:31 | |
| Et maintenant je travaille plutôt
Ce coeur qui haïssait la guerre voilà qu'il bat pour le combat et la bataille ! Ce coeur qui ne battait qu'au rythme des marées, à celui des saisons, à celui des heures du jour et de la nuit, Voilà qu'il se gonfle et qu'il envoie dans les veines un sang brûlant de salpêtre et de haine. Et qu'il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent Et qu'il n'est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans la ville et la campagne Comme le son d'une cloche appelant à l'émeute et au combat. Écoutez, je l'entends qui me revient renvoyé par les échos.
Mais non, c'est le bruit d'autres coeurs, de millions d'autres coeurs battant comme le mien à travers la France. Ils battent au même rythme pour la même besogne tous ces coeurs, Leur bruit est celui de la mer à l'assaut des falaises Et tout ce sang porte dans des millions de cervelles un même mot d'ordre : Révolte contre Hitler et mort à ses partisans ! Pourtant ce coeur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons, Mais un seul mot : Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères Et des millions de Francais se préparent dans l'ombre à la besogne que l'aube proche leur imposera. Car ces coeurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté au rythme même des saisons et des marées, du jour et de la nuit.
Quelle diversité ! |
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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21297
| Sujet: Re: Robert Desnos Mar 30 Jan - 20:38 | |
| Celui-ci, vu la destinée de Desnos me plaît particulièrement.
J'ai tant rêvé de toi
J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité. Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant et de baiser sur cette bouche la naissance de la voix qui m'est chère?
J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués en étreignant ton ombre à se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas au contour de ton corps, peut-être. Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante et me gouverne depuis des jours et des années, je deviendrais une ombre sans doute. O balances sentimentales.
J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps sans doute que je m'éveille. Je dors debout, le corps exposé à toutes les apparences de la vie et de l'amour et toi, la seule qui compte aujourd'hui pour moi, je pourrais moins toucher ton front et tes lèvres que les premières lèvres et le premier front venu.
J'ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé, couché avec ton fantôme qu'il ne me reste plus peut-être, et pourtant, qu'à être fantôme parmi les fantômes et plus ombre cent fois que l'ombre qui se promène et se promènera allégrement sur le cadran solaire de ta vie.
Robert Desnos - 1930 |
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clmemont pilier

Inscrit le : 20 Juin 2006 Messages : 916
| Sujet: Re: Robert Desnos Mar 30 Jan - 23:42 | |
| Destinée qui a été assez bien chantée par Ferrat
Robert le Diable
Tu portais dans ta voix comme un chant de Nerval Quand tu parlais du sang jeune homme singulier Scandant la cruauté de tes vers réguliers Le rire des bouchers t'escortait dans les Halles Tu avais en ces jours ces accents de gageure Que j'entends retentir à travers les années Poète de vingt ans d'avance assassiné Et que vengeaient déjà le blasphème et l'injure
Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne Comme un soir en dormant tu nous en fis récit Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie Là-bas où le destin de notre siècle saigne
Debout sous un porche avec un cornet de frites Te voilà par mauvais temps près de Saint-Merry Dévisageant le monde avec effronterie De ton regard pareil à celui d'Amphitrite Enorme et palpitant d'une pâle buée Et le sol à ton pied comme au sein nu l'écume Se couvre de mégots de crachats de légumes Dans les pas de la pluie et des prostituées
Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne Comme un soir en dormant tu nous en fis récit Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie Là-bas où le destin de notre siècle saigne
Et c'est encore toi sans fin qui te promènes Berger des longs désirs et des songes brisés Sous les arbres obscurs dans les Champs-Elysées Jusqu'à l'épuisement de la nuit ton domaine O la Gare de l'Est et le premier croissant Le café noir qu'on prend près du percolateur Les journaux frais les boulevards pleins de senteur Les bouches du métro qui captent les passants
Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne Comme un soir en dormant tu nous en fis récit Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie Là-bas où le destin de notre siècle saigne
La ville un peu partout garde de ton passage Une ombre de couleur à ses frontons salis Et quand le jour se lève au Sacré-Cœur pâli Quand sur le Panthéon comme un équarissage Le crépuscule met ses lambeaux écorchés Quand le vent hurle aux loups dessous le Pont-au-Change Quand le soleil au Bois roule avec les oranges Quand la lune s'assied de clocher en clocher
Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne Comme un soir en dormant tu nous en fis récit Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie Là-bas où le destin de notre siècle saigne |
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Provence pilier

Age : 47 Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 2155 Localisation : Au bord de la mer...
| Sujet: Re: Robert Desnos Mer 31 Jan - 9:05 | |
| Merci clmemont pour avoir mis ici les paroles de cette chanson qui me trotte dans la tête depuis qu'hier j'ai lu ce fil Desnos
Je copie ici les vers que j'avais cités dans le fil jongleries et autres joyeusetés (Jeux de mots)
En 1923, Desnos écrit et publie L'Aumonyme dans lequel il joue sur les similitudes sonores et les décrochements de sens que produit l'homonymie.
Notre paire quiète, ô yeux ! que votre "non" soit sang (t'y fier ?) que votre araignée rie que vol honteux soit fête (au fait) Sur la terre (commotion !)
Donnez nous aux joues réduites notre pain quotidien. Part donnez-nous nos oeufs foncés Comme nous part donnons à ceux qui nous ont offensés. nounou laissez-nous succomber à la tentation et d'aile ivrez nous du mal. |
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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21297
| Sujet: Re: Robert Desnos Jeu 1 Fév - 14:40 | |
| etonné de la disposition de j'ai tant reve de toi
ici |
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Provence pilier

Age : 47 Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 2155 Localisation : Au bord de la mer...
| Sujet: Re: Robert Desnos Jeu 1 Fév - 14:47 | |
| Oui.... C'est pour adapter le texte à l'illustration, j'imagine  |
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clmemont pilier

Inscrit le : 20 Juin 2006 Messages : 916
| Sujet: Re: Robert Desnos Jeu 1 Fév - 16:15 | |
| Demain
« Agé de cent mille ans, j'aurais encor la force De t'attendre, ô demain pressenti par l'espoir. Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses, Peut gémir: Le matin est neuf, neuf est le soir.
Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille, Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu, Nous parlons à voix basse et nous tendons l'oreille À maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.
Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore De la splendeur du jour et de tous ses présents. Si nous ne dormons pas c'est pour guetter l'aurore Qui prouvera qu'enfin nous vivons au présent. »
1942 |
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Utopie Mod.

Age : 100 Inscrit le : 12 Juin 2006 Messages : 10022
| Sujet: Re: Robert Desnos Jeu 1 Fév - 16:41 | |
| | rotko a écrit: | | etonné de la disposition de j'ai tant reve de toi ici |
Pourquoi tu es étonné ? et Provence aussi ? Parce qu'il n'est pas aligné à gauche ? c'est peut-être pour l'image. En fait je demande car le site est celui du Club des Poètes que je connais.
Et un petit poème :
La grenouille aux souliers percés La grenouille aux souliers percés A demandé la charité Les arbres lui ont donné Des feuilles mortes et tombées Les champignons lui ont donné Le duvet de leur grand chapeau L'écureuil lui a donné Quatre poils de son manteau L'herbe lui a donné Trois petites graines. Le ciel lui a donné Sa plus douce haleine Mais la grenouille demande toujours, Demande encore la charité Car ses souliers sont toujours, Sont toujours percés.
Robert DESNOS |
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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 21297
| Sujet: Re: Robert Desnos Mer 14 Fév - 11:57 | |
| pour chasser la pluie, je mets quelques vers du Chant pour la belle saison cliquez, et vous trouverez la poème en entier.
J'aime et je chante le printemps fleuri. J'aime et je chante l'été avec ses fruits. J'aime et je chante la joie de vivre. J'aime et je chante le printemps. J'aime et je chante l'été, saison dans laquelle je suis né.
Robert DESNOS |
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Yaelle habitué(e)
Inscrit le : 20 Fév 2007 Messages : 14
| Sujet: Re: Robert Desnos Mer 21 Fév - 12:45 | |
| CONTE DE FEE
Il était un grand nombre de fois Un homme qui aimait une femme Il était un grand nombre de fois Une femme qui aimait un homme Il était un grand nombre de fois Une femme et un homme Qui n'aimait pas celui-ci et celle qui les aimaient.
Il était une fois Une seule fois peut-être Une femme et un homme qui s'aimaient.
Robert DESNOS |
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Yaelle habitué(e)
Inscrit le : 20 Fév 2007 Messages : 14
| Sujet: Re: Robert Desnos Sam 24 Fév - 0:09 | |
| Au mocassin le verbe
Tu me suicides, si docilement. Je te mourrai pourtant un jour. Je connaîtrons cette femme idéale et lentement je neigerai sur sa bouche. Et je pleuvrai sans doute même si je fais tard, même si je fais beau temps. Nous aimez si peu nos yeux et s'écroulerai cette larme sans raison bien entendu et sans tristesse. Sans.
Robert Desnos Extraits de Corps et biens |
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Seuguh pilier

Age : 31 Inscrit le : 17 Mai 2006 Messages : 2597 Localisation : Bruxelles
| Sujet: Re: Robert Desnos Mer 7 Mar - 19:38 | |
| ISABELLE ET MARIE
Isabelle rencontra Marie au bas de l'escalier : "Tu n'es qu'une chevelure ! lui dit-elle - et toi une main - main toi-même, omoplate ! - omoplate ? c'est trop fort, espèce de sein ! - Langue ! dent ! pubis ! - oeil ! - cils ! aisselle ! rein ! - gorge !... oreille ! - Oreille ? moi ? regarde-toi, narine ! - non mais, vieille gencive ! - doigt ! - con !" |
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