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 TibulleVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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clmemont
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Inscrit le : 20 Juin 2006
Messages : 913

MessageSujet: Tibulle   Ven 16 Nov - 19:16

Première élégie, v. 57 – 78

Non ego laudari curo, mea Delia ; tecum

Dum modo sim, quaeso segnis inersque vocer.

Te spectem, suprema mihi cum venerit hora,

Te teneam moriens deficiente manu.

Flebis et arsuro positum me, Delia, lecto,

Tristibus et lacrimis oscula mixta dabis.

Flebis : non tua sunt duro praecordia ferro

Vincta, neque in tenero stat tibi corde silex.

Illo non juvenis poterit de funere quisquam

Lumina, non virgo, sicca referre domum.

Tu manes ne laede meos, sed parce solutis

Crinibus et teneris, Delia, parce genis.

Interea, dum fata sinunt, jungamus amores :

Jam veniet tenebris Mors adoperta caput,

Jam subrepet iners aetas, nec amare decebit

Dicere nec cano blanditias capite.

Nunc levis est tractanda Venus, dum frangere postes

Non pudet et rixas inseruisse juvat.

Hic ego dux milesque bonus : vos, signa tubaeque,

Ite procul, cupidis vulnera ferte viris,

Ferte et opes : ego composito securus acervo

Despiciam dites despiciamque famem




Je ne me soucie pas d’être loué, Ma chère Délie,
Tant que je suis avec toi, je demande qu’on m’appelle
Lâche et inerte ; Puissé-je te regarder
Lorsque viendra ma dernière heure
Puissé-je te tenir en mourant de ma main défaillante.
Et tu me pleureras, Délie, posé sur mon lit
Sur le point de brûler et tu me donneras des baisers
Mélangés avec de tristes larmes. Tu pleureras
Ton cœur n’aura pas été attaché
A du fer dur et le silex ne reste pas à toi
Dans ton tendre cœur.
Aucun jeune homme
Aucune jeune fille
Ne pourra rapporter
De ces funérailles
Des yeux secs à la maison.
Toi n’offense pas mes manes
Mais épargne tes cheveux détachés
Et épargnes tes tendres joues, Delie.
Pendant qu’il est temps
Pendant que les destins le permettent
Unissons nos amours
Bientôt la mort,
La tête couverte de ténèbres, viendra
Désormais, la vieillesse immobile
Arrivera à petits pas
Et il ne conviendra pas d’aimer
Ni de dire des douceurs
Quand nous aurons la tête blanche.
Maintenant, il faut servir la douce Vénus
Pendant qu’il n’est pas honteux
De casser les portes et qu’il plait
De provoquer des querelles ;
Moi, dans ce domaine
Je suis chef et bon soldat
Vous drapeaux et trompettes
Partez au loin
Apportez de blessures
Aux hommes cupides
Et apportez aussi des richesses,
Moi à l’abri
Mes provisions étant réunies
Je me moquerai des riches
Et je me moquerai de la faim.

Un peu précieux mais il a son style. Promis, je cherche une meilleure traduction.
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rotko
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Inscrit le : 26 Déc 2005
Messages : 21044

MessageSujet: Re: Tibulle   Ven 16 Nov - 19:37

je me souviens avoir traduit, pour mon usage personnel et pour le plaisir, un poème d'amour de Tibulle.
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clmemont
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Inscrit le : 20 Juin 2006
Messages : 913

MessageSujet: Re: Tibulle   Sam 17 Nov - 10:57

Un poète qui faire dire à son narrateur que l'idéal est de mener une vie simple faite de bisous et câlin loin de la guerre et de la richesse en s'occupant du vin et des chèvres ne peut pas être un mauvais bougre Happy
Certain vont-il crier à l'hérésie après une telle présentation ?
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clmemont
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Inscrit le : 20 Juin 2006
Messages : 913

MessageSujet: Re: Tibulle   Sam 12 Avr - 9:22

Qu’elle était belle la vie sous le signe de Saturne, avant que de longues routes ne soient ouvertes sur la terre ! Le pin n’avait pas encore bravé les flots azurés, ni présenté sa voile déployée aux vents. Le marin errant à la recherche du gain en des terres inconnues n’avait pas encore chargé son embarcation de marchandises étrangères. En ce temps-là, le taureau vigoureux n’avait pas encore subi le joug, le cheval n’avait pas encore mordu le frein de sa mâchoire domptée. Pas de porte aux maisons, pas de pierre enfoncée dans les champs pour en marquer exactement les limites. Les chênes donnaient spontanément du miel et les brebis offraient le lait de leur pis aux hommes insouciants. Pas d’armée, pas de colère, pas de guerres et pas d’épée, qu’un forgeron aurait fabriquée de son art affreux. Aujourd’hui sous la domination de Jupiter, ce ne sont que meurtres et blessures. Aujourd’hui, la mer et mille voies s’ouvrent soudain vers la mort.

Epargne-moi, père des dieux : mes craintes, aucun parjure, aucune parole impie proférée à l’encontre des dieux sacrés n’en est la cause. Si j’ai déjà accompli le nombre d’années fixé par le sort, fasse que ces mots soient inscrits sur la pierre qui couvrira mes restes : « Ci-gît Tibulle, emporté par une mort affreuse, alors qu’il accompagnait Messalla par terre et par mer. »

Trad. de M. Ponchont revue par F.Le Blay
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