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Ian Rankin

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Pascal9
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Messages : 36

MessageSujet: Ian Rankin   Mer 21 Juin - 18:47

Ian Rankin - l’étrangleur d’Edimbourg.


« Il conduisit doucement. Il n’aimait pas revenir dans le Fife, où le bon vieux temps avait été tout sauf ça, où les coquilles vides des maisons désertes étaient peuplées de fantômes, où quelques rares boutiques baissaient leur rideau chaque soir. Ces rideaux métalliques faits pour que les voyous y taguent leurs noms. Pour Rebus, c’était l’horreur absolue. Un paysage à ce point absent. Plus que jamais, ça puait l’abus, la négligence, la vie totalement gâchée ». – Ian Rankin, l’étrangleur d’Edimbourg.
John Rebus n’est pas un héros magnifié et ce livre n’est pas un livre de vacances…Ici nul exotisme clinquant, nulle course poursuite en voiture puissante… Nous sommes loin des complots ésotériques et impénétrables.
De Glasgow ou dans ce cas d’Edimbourg, nous ne retiendrons ni le pittoresque ni le charme, ces villes comme toutes les grandes cités ont des tumeurs et les personnages qui y évoluent ont des failles insondables. Le tourisme de masse est loin, les lochs et autres typiques distilleries de nobles whiskys ne sont plus que des photos jaunies et des étiquettes crasseuses sur des comptoirs collants…
Edimbourg est la ville de Jekyll et Hyde, symbole de la dualité des protagonistes de cette triste histoire. Aucun manichéisme dans le bouquin de Rankin, le constat d’une lutte, de pauvres gens qui se débattent avec leurs démons personnels et récurrents…
Rebus « laisse des plumes » et la plupart de ses rares illusions dans chacune de ses enquêtes se raccrochant à ce qu’il peut, la religion, la prière et l’alcool en ce qui le concerne…
Les personnages ne sont ni beaux, ni jeunes, ni véritablement sympathiques, mais finalement on ne peut s’empêcher de s’y attacher, nous les rencontrons à chaque coin de rue, parfois, nous vivons les mêmes choses…
Même si chronologiquement, « L’étrangleur d’Edimbourg » n’est pas le premier acte des enquêtes de Rebus, il constitue une bonne entrée en matière dans l’univers de Rankin. Son écriture ne sombre jamais dans le pathos, c’est peut-être encore plus âpre, c’est un constat, sans appel, sur la vie des grandes villes de province, de leur solitude larvée et de l’incommunicabilité… cela va au-delà d’un simple roman policier…
Ce n’est pas un grand Malt racé et distingué que l’on déguste confortablement installé, non… c’est un raide scotch de contrebande, avalé en hâte sur le coin d’un comptoir, près d’un port sale et gris… Ce n’est pas mauvais finalement, de temps en temps…
« A proximité de son appartement. Il passa devant une épicerie ; sur le trottoir étaient empilées des palettes de bouteilles de lait et de petits pains. Le propriétaire s’était plaint à Rebus de petits vols occasionnels, mais refusait de porter plainte. Le magasin était aussi désert que la rue, la solitude du moment à peine troublée par un taxi roulant au loin des pavés et la persistance des gazouillis matinaux. Rebus regarda autour de lui, s’attardant sur les nombreuses fenêtres aux rideaux fermés, puis arracha prestement six petits pains, les fourgua dans la poche de son manteau et s’éloigna un peu trop vivement. Marquant une hésitation, il revint sur la pointe des pieds vers la magasin – l’assassin revenant sur les lieux du crime, le chien retournant à son vomi. Rebus n’avait jamais vu un chien faire ça, mais puisque saint Pierre le disait…
Après un nouveau coup d’œil à la ronde, il subtilisa une bouteille de lait sur une des palettes et s’éclipsa en sifflotant un air en silence… » Ian Rankin – L’étrangleur d’Edimbourg.
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"Il est très bien, dans une fable,
De faire parler un camembert.
Son style est coulant, agréable,
Et puis il fait si bien les vers."
Francis BLANCHE
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rotko
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Inscrit le : 26 Déc 2005
Messages : 22220

MessageSujet: Re: Ian Rankin   Mer 21 Juin - 19:52

Citation:
Edimbourg est la ville de Jekyll et Hyde, symbole de la dualité des protagonistes de cette triste histoire. Aucun manichéisme dans le bouquin de Rankin, le constat d’une lutte, de pauvres gens qui se débattent avec leurs démons personnels et récurrents…
Rebus « laisse des plumes » et la plupart de ses rares illusions dans chacune de ses enquêtes se raccrochant à ce qu’il peut, la religion, la prière et l’alcool en ce qui le concerne…
Les personnages ne sont ni beaux, ni jeunes, ni véritablement sympathiques, mais finalement on ne peut s’empêcher de s’y attacher, nous les rencontrons à chaque coin de rue, parfois, nous vivons les mêmes choses…


Tu as l'air de bien connaître et apprécier cet auteur ?

Citation:
cela va au-delà d’un simple roman policier…


j'ai vu les couvertures de ses livres avec des couleurs criardes, et j'ai eu peur de tomber sur une litterature racoleuse. A te lire, je reviens sur mes prejugés, heureusement ! car le titre ne m'aurait pas attiré.
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Ian Rankin

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