rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22877
 | Sujet: Raymond Chandler Jeu 20 Déc - 19:05 | |
| le grand sommeil
Il est un peu jauni mon série noire, et je me décide à le lire après l'avoir acheté rien du tout il y a quelques années dans une brocante.
je découvre donc qu'il est traduit par Boris Vian et a été achevé d'imprimer le 15 juin 1950.
Aux innocents les mains pleines ! |
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rotko pilier

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 | Sujet: Re: Raymond Chandler Jeu 20 Déc - 19:08 | |
| J’ai vu plusieurs fois la film le grand sommeil si bien que je ne suis pas dépaysé par le livre de Chandler.
Marlowe est bien le seul pivot stable sur lequel on puisse compter dans cet univers corrompu où les filles vous tombent dans les bras pour vous insulter l’instant d’après, ou vice versa.
Quant aux hommes, tous des pourris : maîtres chanteurs, pornographes, tricheurs professionnels pleins aux as, individus cupides et grossiers, qui ont un revolver apparent et l’autre caché.
Qu’importe ! Marlowe ramasse les revolvers des hommes comme les pistolets pour dames,
C‘est si courant qu‘il ne s‘étonne rien, jouant les naïfs.
| Citation: | « Sa main jaillit sous sa veste et un Lüger noir apparut. Il le tenait de ses longs doigts bruns, sans me viser, sans viser personne. - Du sang, dit-il. Du sang ici, sous ce tapis. Beaucoup de sang. - Pas possible ? Dis-je, l’air intéressé. » |
Apparemment rien ne le touche, sauf…une rare confidence.
| Citation: | | « Elle pouvait m’appeler comme elle voulait, n’importe qui pouvait. Mais ça c’était ma chambre. Tout ce que j’avais comme « foyer ». Il s’y trouvait toutes mes affaires, tout ce qui touchait à ma vie, tout mon passé, tout ce qui me servait de famille. Pas grand-chose : quelques livres, quelques tableaux, la radio, l’échiquier, des vieilles lettres, des trucs comme ça. Mais quoi que ce soit, c’était tous mes souvenirs. » |
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rotko pilier

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 | Sujet: Re: Raymond Chandler Ven 21 Déc - 12:33 | |
| Le grand sommeil accumule les scènes d’action, sans s’attarder sur les mobiles.
Pourtant une conversation finale mettra les points sur les i pour un lecteur avide de comprendre pourquoi les sales affaires font boule de neige.
Les scènes d’action se déroulent dans des décors précis qu’on voit par les yeux de Marlowe. Il rend donc de grands services tout en restant discret. Il n’est pas rare qu’un chapitre se termine sur son silence délibéré :
| Citation: | « La porte claqua et moi, j’étais là et je regardais. Je redescendis l’allée et retournai chez moi. » |
On en apprécie d’autant plus ce personnage taciturne quand, pour dire son humeur, il mentionne qu’ « il pleuvait toujours ».
A moins, mais c’est rare, qu’il ne se lâche en une seule phrase, comme dans ce passage :
| Citation: | | « L’air de la nuit pénétra peu à peu avec un relent douceâtre et défraîchi qui me rappelait les rues de la ville et les fumées d’échappement. Je pris mon verre et bus lentement. La porte se ferma tout en bas. Des pas sonnèrent sur le trottoir tranquille. Une voiture démarra, pas très loin. Elle se rua dans la nuit avec un bruit brutal d’engrenages. Je revins au lit et le regardai. L’empreinte de sa tête marquait encore l’oreiller et les draps gardaient celle de son corps mince et corrompu. Je reposai le verre et déchirai sauvagement toute la literie. » |
Oui, j'aime bien ! |
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