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 Harold PinterVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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rotko
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Inscrit le : 26 Déc 2005
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MessageSujet: Harold Pinter reçoit le prix Europe   Mer 15 Mar - 14:26

La dixième édition du prix Europe pour le théâtre a couronné dimanche l'auteur dramatique Harold Pinter. L'écrivain britannique s'est déplacé à Turin pour recevoir la récompense.

Citation:
Il a profité de la cérémonie de remise du prix au fastueux Théâtre Carignano, où étaient rassemblés des gens des arts de la scène venus du monde entier, pour continuer son combat contre la politique étrangère américaine qui a conduit à la guerre en Irak. En recevant ce prix européen, il a émis le souhait qu'un jour une Europe unie puisse se dresser et résister à la domination américaine.


source : ledevoir.com
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rotko
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MessageSujet: Harold Pinter   Mer 15 Mar - 14:28

Ashes to ashes de Harold Pinter in La Lune se couche, Gallimard.

Rapports ambigus.

Un essai sur Pinter s'intitule "Théâtre de l'ambiguité". Difficile de cerner précisément les rapports du couple de quadragénaires qui parlent dans "Ashes to ashes". Est-ce un dialogue ? les pauses et les silences, les questions et les réponses "à côté", donnent plutôt l'impression d'une fausse conversation. Chacun jouerait un rôle, sans être dupe ni de ce qu'il dit, ni des paroles de l'autre.

Toutefois on sent bien que les mots à la fois masquent et révèlent une souffrance non dite qui unit les deux personnages. On en aura confirmation par la suite, sans que le secret soit dévoilé. Mais on aura pénètré dans l'intimité et la solitude des protagonistes.

Un seul acte, 30 pages à la lecture, et une charge émotive intense où silences et pauses deviennent caissons de résonance.

.
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rotko
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Inscrit le : 26 Déc 2005
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MessageSujet: Re: Harold Pinter   Mer 15 Mar - 14:28

Une soirée entre amis, in La Lune se couche, Gallimard.
2070751619

Des couples se retrouvent pour célébrer et vanter un club qui assure leur confort matériel, leur bonheur de privilégiés. Pourtant derrière les conversations mondaines se profilent des réalités qu'il n'est pas de bon ton d'évoquer. On sent d'ailleurs dans les propos artificiels tenus une violente toute prête à s'exercer.

Troubles sociaux ? criminalité endémique ? drames personnels ou malheurs liés à la condition humaine ? chacun a le choix. Pinter soulève le masque du divertissement et de la fausse communication, sorte de vertige censé dissimuler l'angoisse humaine.
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maïa
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MessageSujet: Re: Harold Pinter   Mer 15 Mar - 17:13

Avez-vous lu son discours très engagé lors de la remise du Nobel ?
Superbe Smile
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coline
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MessageSujet: Re: Harold Pinter   Mer 15 Mar - 19:45

http://www.wsws.org/francais/hiscul/2005/Decembre05/091205_Pinterdiscoursprn.shtml




Extraits:

« Le langage politique, tel que l'emploient les hommes politiques, ne s'aventure jamais sur ce genre de terrain, puisque la majorité des hommes politiques, à en croire les éléments dont nous disposons, ne s'intéressent pas à la vérité mais au pouvoir et au maintien de ce pouvoir. Pour maintenir ce pouvoir il est essentiel que les gens demeurent dans l'ignorance, qu'ils vivent dans l'ignorance de la vérité, jusqu'à la vérité de leur propre vie. Ce qui nous entoure est donc un vaste tissu de mensonges, dont nous nous nourrissons. »

« Comme le sait ici tout un chacun, l'argument avancé pour justifier l'invasion de l'Irak était que Saddam Hussein détenait un arsenal extrêmement dangereux d'armes de destruction massive, dont certaines pouvaient être déchargées en 45 minutes, provoquant un effroyable carnage. On nous assurait que c'était vrai. Ce n'était pas vrai. On nous disait que l'Irak entretenait des relations avec Al Qaïda et avait donc sa part de responsabilité dans l'atrocité du 11 septembre 2001 à New York. On nous assurait que c'était vrai. Ce n'était pas vrai. On nous disait que l'Irak menaçait la sécurité du monde. On nous assurait que c'était vrai. Ce n'était pas vrai. »

« Tout le monde sait ce qui s'est passé en Union soviétique et dans toute l'Europe de l'Est durant l'après-guerre: la brutalité systématique, les atrocités largement répandues, la répression impitoyable de toute pensée indépendante. Tout cela a été pleinement documenté et attesté.

« Mais je soutiens que les crimes commis par les États-Unis durant cette même période n'ont été que superficiellement rapportés, encore moins documentés, encore moins reconnus, encore moins identifiés à des crimes tout court. ... Bien que limitées, dans une certaine mesure, par l'existence de l'Union Soviétique, les actions menées dans le monde entier par les États-Unis donnaient clairement à entendre qu'ils avaient décrété avoir carte blanche pour faire ce qu'ils voulaient. »
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Nam
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MessageSujet: Re: Harold Pinter   Jeu 16 Mar - 0:14

Et il le mérite, son oeuvre gagne à être répandue. Bravos!
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rotko
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MessageSujet: Re: Harold Pinter   Jeu 8 Juin - 13:26

Harold Pinter, le Retour, Le manteau d'Arlequin, Gallimard.

Teddy, devenu professeur d'université, revient des Etats-Unis avec sa femme Ruth. Il retrouve son ancienne chambre, et sa famille composée de son père, de son oncle et de ses deux frères. Les rapports familiaux sont directs et rudes. Teddy n'a rien à attendre de bon de ses retrouvailles avec ses parents.

A la lecture les dialogues sont la partie émergée de l'iceberg du passé. On sent des tensions, des mensonges, des coups de griffe, une dérision du monde de l'enfance. Le plus étonnant à la lecture est la passivité-résignation de Teddy, et la passivité-acceptation de Ruth. Seuls les résidents dans la maison familiale savent où ils veulent en venir, et le lecteur-spectateur ne trouve que des bribes de réponse à ses questions.

Peu de didascalies, sauf pour désigner les lieux et quelques attitudes. Tout doit reposer sur le travail du metteur en scène et des acteurs. Telle quelle la pièce est déroutante.

http://nobelprize.org/literature/laureates/2005/pinter-bibl-f.html

Un site complet présente son oeuvre, avec des notes personnelles de Harold Pinter, des liens, une actualité et bien d'autres informations intéressantes, mais il est en anglais.

http://www.haroldpinter.org/home/index.shtml
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MessageSujet: Re: Harold Pinter   Dim 18 Juin - 4:25

J'ai beaucoup travailler sur les textes de Pinter.
Je les aime tous, j'ai un très bon souvenir d'une pièce qui se trouve dans le livre "No man's land", Une petite douleur.

L'histoire d'un couple installée dans une vie banale, une vie bien calfeutrée et apparemment sereine ou petit à petit on ressent le malaise de plus en plus présent.
Ce thème pourrait être tout à fait ordinaire mais dans le théâtre de Pinter "une petite douleur" s'intalle...
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Domi
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MessageSujet: Re: Harold Pinter   Lun 26 Fév - 22:41

Le Gardien, de Pinter, Ed. Gallimard 2006, Traduction Philippe Djian.
En ce moment au Théâtre de Paris (reprise de l'année dernière en 2006, la pièce fut jouée au théâtre de l'Oeuvre).

Il y a Davies, joué par un Robert Hirsch époustouflant.
Davies, c'est le pauvre bougre qui vit de petit boulot. Davies, c'est le vieil homme aux chaussures usées. Davies, c'est le gars pas très clair qui a des papiers avec un nom d'emprunt, des papiers avec quatre tampons seulement. Davies qui n'aime pas les Noirs. Davies qui s'est fait tabasser, qui a perdu son seul sac avec toutes ses affaires.

Il y a Aston, joué merveilleusement par Samuel Labarthe.
Aston, c'est celui qui est intervenu pour sauver Davies et le ramène dans sa maison, dans sa chambre plus exactement car toute la maison est délabrée et il faut faire des travaux et la chambre elle-même est encombrée de pots de peinture, sceaux, une tondeuse, des boîtes, des piles de journaux, deux lits, une vieille cuisinière à gaz, des planches. Aston, au premier abord, c'est le gars qui est généreux, il a sauvé Davies, il l'a amené à l'abri, il lui propose de dormir là en attendant de trouver quelque chose, il lui donne quelques shillings, il s'engage à lui ramener son sac, à lui trouver de bonnes chaussures. Aston, il veut se construire une cabane dans le jardin, c'est par ça qu'il va commencer. Alors il se met à la recherche d'outils, une scie à chantourner, une scie sauteuse. Aston, c'est le gars qui parle peu, qui parle lentement, qui parle un peu en décalé, presque énigmatique. Aston, c'est le gars qui, dans sa jeunesse, a été enfermé parce qu'il voyait des choses, et alors il a été enfermé et on lui a foutu des pinces sur le crâne et maintenant il se sent bien mieux sauf qu'il se tient à l'écart et qu'il parle pas beaucoup ou alors rarement et par monologue.

Il y a Mick joué par Cyrille Thouvenin (il n'est pas très à l'aise dans ce rôle).
Mick, c'est le frère d'Aston. Il est plus jeune. Jeune racaille (où est-ce la traduction de Philippe Djian qui donne cette impression ? Mick, la maison est à lui. Mick , il agresse d'abord Davies. Puis il l'accepte, lui promet beaucoup, ne donne rien. Mick, il a la maison, il a une camionnette, il emploie son frère. Mais il ne peut lui parler.

Les deux frères Aston et Mick offriront à tour de rôle le poste de gardien à Davies. Sont-ce eux qui se jouent de Davies ? Où Davies, à la fois pathétique, roublard, hautain, peureux, misérable, qui se joue d'eux ?

La pièce est difficile, les thèmes du pouvoir, de l'incommunicabilité, du sens y sont développés. Harold Pinter l'avait résumée de cette façon : « C'est l'histoire de deux frères qui engagent un gardien. » Jouée par ces 3 comédiens, le spectacle est extraordinaire. A plus de 80 ans, Robert Hirsch dépense une énergie incroyable. Et d'une justesse de ton. A ne pas rater pour les heureux chanceux qui le peuvent.

DAVIES : « Y a deux semaines... il était assis là et il me tient un long discours... y a environ deux semaines de ça. Un long discours, qu'il me tient. Et depuis, plus un traître mot. Mais là, il arrêtait pas de parler... tout juste si on le reconnaissait... il me regardait pas, c'était pas à moi qu'il parlait, il se soucie pas de moi. Il se parlait à lui-même ! C'est tout ce qui l'intéresse. Je veux dire, vous, vous venez me voir, vous me demandez conseil, tandis que lui, c'est pas lui qui ferait ça. Je veux dire, on a aucune conversation, vous comprenez ? C'est quand même pas possible de vivre dans la même pièce avec quelqu'un qui... qui n'a pas la moindre conversation avec vous. (pause) Je pige rien à ce gars là. »
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MessageSujet: Re: Harold Pinter   Mar 27 Mar - 20:07

Autres Voix - Harold Pinter ~ Editions Buchet Chastel



Si Pinter est célèbre pour ses pièces de théâtre et ses scénarios de films, moins connus sont ses poèmes, essais, fictions et commentaires politiques.

Dans ces textes écrits tout au long de sa carrière, Pinter, avec la verve et le mordant qui le caractérisent, s'affirme en citoyen du monde autant qu'en créateur.

D'une analyse inspirée du génie de Shakespeare à un commentaire incisif sur Beckett, en passant par de virulentes critiques des tyrannies du monde comme de l'impérialisme américain, Harold Pinter nous livre des facettes méconnues d'un des plus grands hommes de théâtre de notre temps.


* * *


J'apprécie beaucoup Pinter pour ses pièces sur lesquelles j'ai travaillé à mes débuts dans le théâtre, pour l'homme également, ses idées et ses mots, je viens de me procurer ce livre. Je partagerai cette lecture avec vous. A suivre ...
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MessageSujet: Re: Harold Pinter   Dim 9 Sep - 18:39

Poème

Ne regarde pas.
Le monde est près de s'effondrer.

Ne regarde pas.
Le monde est près de balancer toute sa lumière
Et nous fourrer dans l'étouffoir de ses ténèbres,
Ténèbres et graisse et lieu étranglé
Où nous allons tuer ou mourir ou danser ou pleurer
Ou hurler ou gémir ou couiner comme des souris
Pour renégocier notre code de départ.

Harold Pinter (1995)

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J'aime bien celui-ci malgré sa noirceur !
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