Anharmo pilier

Inscrit le : 17 Mar 2008 Messages : 98
 | Sujet: S.F. : un labo d'expérience sans complexe ? Jeu 27 Mar - 1:02 | |
| La question de la scientificité des oeuvres de S.F. a déjà été abordé mais il me paraît interressant d'allier cette pertinence des sciences exactes avec celle des sciences humaines et sociales. Je m'explique : l'avantage - et non des moindres - de la S.F. est cette libertée de sujet, de créer tout un univers et d'y expérimenter tout un ensemble d'hypothèse (des plus dingues aux plus sérieuses). Avantage doublé par son statut de "mauvais genre" (classement peut-être employé sur Grain de Sel de manière ironique) le borne moins à rendre des comptes. |
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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22802
 | Sujet: Re: S.F. : un labo d'expérience sans complexe ? Jeu 27 Mar - 7:32 | |
| | Anharmo a écrit: | | "mauvais genre" (classement peut-être employé sur Grain de Sel de manière ironique) |
Parfaitement, mais ailleurs aussi. c'est la revendication orgueilleuse d'un terme initialement péjoratif employé par des tenats de la "bonne littérature" au "bon genre"  |
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rotko pilier

Inscrit le : 26 Déc 2005 Messages : 22802
 | Sujet: Re: S.F. : un labo d'expérience sans complexe ? Jeu 27 Mar - 7:37 | |
| Cette précision faite, on attend des exemples où la Sf s'est montrée d'avant garde sur la science et l'actuel monde moderne. Oui, les robots par exemple, mais l'idée n'est pas neuve, on la trouve dans l'Iliade, je crois chant XVIII.
| Citation: | Héphaïstos fut le premier fabricant de créatures artificielles "techniques". Homère y décrit des tables circulaires sur trois pieds, munies de roues. Autonomes, elles se rendaient seules vers l'Olympe pour y transporter les produits de la forge d’Héphaïstos. |
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Anharmo pilier

Inscrit le : 17 Mar 2008 Messages : 98
 | Sujet: Re: S.F. : un labo d'expérience sans complexe ? Jeu 27 Mar - 15:32 | |
| Je serai tenté dans un premier temps de renvoyer à un article paru sur le site "schismatrice.net" reprenant une communication faite en décembre 2002 au colloque L'imaginaire et l'electricité : http://www.schismatrice.net/spip.php?article4
Il y est question dans un premier point de l'influence de la S.F. concernant la familiarisation des pays anglo-saxons - et plus spécifiquements étasuniens - vis à vis de la technologie : contrairement à l'Europe, méfiante quant à la technologie (réticence due en grande partie à l'association faite avec les machines de guerre, les camps de concentration, l'inhumanité que peut engendrer la science), les auteurs se reposant sur l'imaginaire scientifique tel que E.A.Poe ou H.G.Wells sont devenus plus facilement des classiques.
Il est ensuite question du cyberespace, un espace virtuel d'échange d'information par l'intermédiaire d'une machine (actuellement l'ordinateur et internet), dont W.Gibson donne une sympathique définition dans Neuromancien :
| Citation: | | Le cyberspace. Une hallucination consensuelle vécue quotidiennement en toute légalité par des dizaines de millions d’opérateurs, dans tous les pays, par des gosses auxquels on enseigne les concepts mathématiques... Une représentation graphique de données extraites des mémoires de tous les ordinateurs du système humain. Une complexité impensable. Des traits de lumière disposés dans le non-espace de l’esprit, des amas et des constellations de données. Comme des lumières de villes, dans le lointain... |
Un nouveau Far-West ? Peut-être bien ; Case dans Neuromancien est un cow-boy, un hacker, connecté neurologiquement au cyberspace qui, avec tout son lot de prothèse et autres implants, est un élément tout ce qu'il y'a de plus ordinaire.
Dans sur L'Onde de Choc de John Brunner (The Shockwave Rider, 1975), il nous est conté un monde dans lequel toutes les informations concernant tous les individus sont accessibles à tous - enfin pas tout à fait... . Il y est fait également référence au "Style Banane", mode de vie consistant à changer régulièrement de domicile, de travail, où l'on peut louer des enfants pour un temps déterminé.
Ce qui est latent dans ces oeuvres, entre autres choses, c'est que l'on plonge dans un monde dont les lois ne sont plus dictées par des nations, des gouvernements, mais par des multinationales. C'est tenté d'anticiper les fragilités et les conséquences sociales, environnementales, économiques de l'installation - irrémédiable ? - du réseau, et quelle part de liberté nous sera allouée.
Je m'arrête ici - pour l'instant - le temps de récapituler un peu plus tout ce que j'ai pu lire. |
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