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Accoucher... autrement

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la-petite-normande
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MessageSujet: Accoucher... autrement   Lun 14 Avr - 20:49

aujourd'hui, en France, il semble que l'accouchement ne puisse plus que s'envisager à l'hopital.
De plus, en plus, peut être grâce à Internet, des personnes militent pour que chaque femme, chaque couple puissent être réellement informés sur les conséquences des pratiques médicales actuelles et puissent faire, s'ils le souhaitent, d'autres choix.
Il y a les bien connues maisons de naissance... qui depuis des années restent dans les cartons du Gouvernement. Des lieux qui devaient rendre possible un accouchement, lorsque la grossesse le permet, dans un environnement non médicalisé. Pour plus d'info... par

Des maisons de naissance que l'on retrouve dans de nombreux pays, mais dont la France ne veut pas.

Alors, lorsque l'on parle d'accouchement à domicile, les interlocuteurs sont le plus souvent attérés et traitent le couple et la femme d'inconscients, de rêveurs, voire d'irresponsables.
Et pourtant !...
l'accouchement à domicile est bien moins dangereux que l'on le pense. Mais cette réaction ne fait que traduire la façon dont on percoit la grossesse... comme une étape dangeureuse, une maladie...
quelques infos et une vidéo sur le sujet ici


Pourtant, il serait temps de repenser l'approche médical de l'accouchement. Il n'est pas question de rejeter tout progrès ! Mais d'intégrer un peu plus d'humanité dans des pratiques hypermédicalisées. De revoir la façon d'utiliser certains outils.
De nombreux profesionnels, l'OMS remettent en question l'utilité de pratiques parfois trop systématiques, telles que le déclenchement de l'accouchement, le monitoring systématique, le rasage du pubis, le lavement... et bien sur la position allongée !!!! Une position contre nature qui engendre 10 fois plus de douleurs que lorsque la femme a la posibilité de choisir sa position d'accouchement (souvent accroupie ou à 4 pattes).
Bien sur accoucher dans cette position, c'est beaucoup moins "digne", beaucoup moins propre cheese . Juste... plus naturel et plus facile geek
Toutes ces pratiques ne sont pas anodines et ont leurs conséquences ! Et bien souvent les médécins "oublient" d'expliquer les conséquences de ces actes, ne permettant pas à la patiente de pouvoir choisir de façon éclairée.

Aujourd'hui, commencent à se profiler des projets de naissances (très pratiqués en Angleterre). Le couple rencontre le médecin, la sage femme de la maternité qu'ils ont choisi et expliquent ce qu'ils souhaitent ou pas. Ne pas oublier que l'on peut refuser un acte médical (par exemple episotomie, toucher vaginal...etc). L'idéal étant qu'un dialogue, que le praticien écoute et explique ce qui est possible ou pas., le couple réajustant son projet si nécessaire/possible. Le plus souvent, la réaction du milieu hospitalier est juste..... frileuse !
plus d'infos

Sur le sujet :
accoucher en sécurité, plaidoyer pour une naissance plus naturelle, de Sophie Gamelin-Lavois
Préparer son accouchement du même auteur
Un des sites internet de Sophie Gamelin

un film à voir également, très beau à mon sens le premier cri qui n'est plus à l'affiche
site officiel
qui suit le parcours de femmes sur toute la planète qui vont donner la vie, de l'Afrique, à la banquise, en passant par le Méxique ou la France.
la Bande annonce splendide
Un seul regret à mon sens mais de taille, les producteurs auraient pu consacrer une petite partie des bénéfices pour financer des associations luttant pour l'amélioration des conditions de la femme dans le monde. Cela n'a pas été fait à ma connaissance...
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Chacun reçoit le récit à la hauteur où son âme respire.
Jacqueline Kelen
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la-petite-normande
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MessageSujet: Re: Accoucher... autrement   Lun 14 Avr - 20:50

Pour ceux qui sont courageux... un extrait d'un autre ouvrage qui développe ce que je n'ai fait qu'effleurer . En remarque, je ne suis pas d'accord avec tous les arguments du Docteur Dogna, cela mériterait approfondissement. Mais cela à le mérite d'apporter un autre regard et de nous permettre de nous interroger.

DR Michel Dogna



ACCOUCHEMENT

L'accouchement médicalisé a été tellement banalisé par la presse féminine que les femmes n'ont même plus idée qu'elles peuvent refuser toutes ces techniques qui les rendent totalement dépendantes des médecins et qui les dépossèdent du vrai vécu de leur accouchement.
Entrées à l'hôpital, elles se soumettent à toutes les directives qui leur sont imposées, pensant que plus l'accouchement sera contrôlé par une technologie ultramoderne, plus il aura de chance d'être réussi. Elles se livrent, corps et âmes, aux technocrates de l'accouchement qui, d'un bout à l'autre du travail, décideront de tout sans laisser au corps de la femme, ni au bébé lui-même, l'occasion de s'exprimer.
Elles se résignent à être des patientes allongées sur des lits d'hôpital, plutôt que des futures mères, en train d'accoucher activement.
Il serait temps que les femmes reprennent, elles-mêmes, les décisions concernant leur accouchement. Il serait souhaitable qu'elles reprennent le contrôle de leur corps et la responsabilité de leur bébé après la naissance. Pour cela, elles doivent être correctement informées sur la réalité des protocoles couramment employés dans les hôpitaux, sur leurs inconvénients et leurs effets secondaires, afin de choisir en conscience, l'accouchement qui leur convient le mieux.

1)LE MONITORING
Systématiquement posé dès l'arrivée à la maternité, cet appareil encombrant, qui oblige à rester allongée, enregistre les contractions utérines et le rythme cardiaque du bébé. Il est censé détecter d'éventuelles détresses foetales. Or, il s'avère que le taux croissant de césariennes est en corrélation avec l'usage croissant du monitoring. Une étude, réalisée en 1982, montre que dans 74% des cas, les tracés du monitoring indiquent une détresse foetale alors qu'il n'y en a pas. Croyant les bébés en danger, les médecins pratiquent des césariennes qui se révèlent inutiles.

2)LA PERFUSION
Elle entrave la liberté de mouvement et est particulièrement pénible au milieu d'une contraction. Mise en place pour le cas où..., elle facilite surtout l'administration de médicaments et antalgiques. Les bébés des femmes ayant reçu des médicaments pendant l'accouchement ont des difficultés de succion à la naissance.

3)LA PÉRIDURALE
Cette « merveilleuse » invention qui facilite la naissance reflète très bien la société dans laquelle nous vivons où tout fonctionne par le biais d'intermédiaires protecteurs : la télé, écran à la réalité ; la péridurale, écran à la force de la naissance ; le biberon, écran au désir de téter du bébé... Ce ne sont pas les médecins qui imposent la péridurale, mais bien les femmes qui la réclament, avec insistance, pour la dissociation du corps et du mental qu'elle entraîne et pour la libération vis-à-vis du biologique. (Les femmes s'ennuient et trouvent le temps long sous la péridurale, attachées qu'elles sont sur leur lit. Alors elles s'occupent à bouquiner pendant que leur corps s'occupe à accoucher). Cependant, la généralisation de la péridurale est la conséquence de l'accouchement en position lithotomique (allongée sur le dos, les jambes relevées) imposée aux femmes par le corps médical, parce qu'elle permet une meilleure visibilité ! Très inconfortable pour la parturiente, cette position multiplie au moins par dix les douleurs de l'accouchement. Contrairement à ce qui est dit couramment dans la presse, la péridurale ne rend pas l'accouchement plus rapide et facile. Elle est plutôt un facteur de complication.

D'après l' « American Journal of Obstetrics and Gynecology » qui a fait paraître une étude concernant des femmes ayant choisi d'accoucher sous péridurale :
la première phase du travail a duré en moyenne deux heures de plus ;
la deuxième phase a duré une heure de plus ;
plus de la moitié de ces femmes ont eu besoin d'oxytocine pour intensifier le travail ;
quatre fois plus de femmes ont eu des bébés se présentant mal ;
deux fois plus de femmes ont eu recours aux forceps et ventouse ;
un quart d'entre elles (25%) a accouché sous césarienne (comparé aux 2% pour le groupe qui avait choisi un accouchement sans médication !).

Si les risques liés à la péridurale ont diminué au fil du temps pour la mère (douleurs chroniques du dos notamment), on n'en connaît pas encore les conséquences et effets secondaires pour l'enfant. Les fabricants américains d'anesthésiques utilisés pour les péridurales, se contentent de signaler que leur action à long terme sur le foetus n'a pas été étudiée, pas plus que leur impact sur la vie ultérieure de l'enfant.
Pour ce qui est des effets immédiats, des études récentes ont montré de très nombreux effets négatifs sur les bébés dont les mères ont reçu des antalgiques : atteinte du système nerveux central, diminution des réactions sensori-motrices (qui peuvent affaiblir la création de liens avec l'enfant), perturbation de comportement alimentaire (la majorité des bébés souffrent de reflux gastrique), perturbation du réflexe de succion, abaissement du score aux tests de développement infantile, augmentation de l'irritabilité. Il a été institué que les femmes ont besoin de médicaments pour résister aux souffrances de l'accouchement, mais elles ont le droit de les accepter ou de les refuser. Durant le travail, il suffit de quelques mesures simples : marcher, changer de position et ne pas rester sur le dos ; pour diminuer le besoin de médicaments. Le soutien et les encouragements des proches et des « accompagnants » jouent également un très grand rôle. Les sages-femmes, outre leur compétence médicale, assurent un soutien psychologique important.

4)LE RASAGE DU PUBIS ET LES LAVEMENTS INTESTINAUX
Fréquemment pratiqués par les hôpitaux, ils ont pour but de créer un champ stérile afin d'éviter la contamination de ce qu'ils considèrent comme un « site chirurgical ». Cette pratique déshumanise et désexualise en fait la zone vaginale, coupant ainsi la femme de son périnée et des émotions qui y sont liées. A sa sortie du canal vaginal, le bébé est recouvert d'un film protecteur constitué par les bactéries du vagin maternel. Il est immunisé contre elles parce qu'il a vécu dans le même écosystème que sa mère pendant neuf mois.

5)LA RUPTURE DE LA POCHE DES EAUX
Pratiquée dans les hôpitaux à 3-4 cm de dilatation ou à 7-8 cm, ce geste médical fait partie du protocole (c'est-à-dire qu'une sage-femme qui ne l'aura pas exécuté ne sera pas couverte en cas de problème). Or, la poche des eaux est un « coussin » entre la tête du bébé et le col de l'utérus sur lequel elle s'appuie. Elle amortit et adoucit le travail. Une fois la poche percée, la tête du bébé est en contact direct avec le col et les contractions sont beaucoup plus douloureuses. Si on laisse la nature faire son travail, la poche des eaux se perce généralement d'elle-même au moment de l'expulsion. On a vu parfois naître des bébés encore enveloppés dans leur membrane.

6)LA POSITION LITHOTOMIQUE
Déjà évoquée précédemment pour les douleurs accrues qu'elle procure, cette position, imposée aux femmes par le corps médical depuis Louis XIV, n'a rien de naturel. En Afrique, en Asie et en Amérique du Sud, les femmes accouchent en position accroupie. Cette position pousse naturellement le bébé vers le bas. Une étude, menée par le Pr. Moysès Paciornik, auprès des Indiennes des forêts du sud du Brésil, montre que l'incontinence urinaire d'effort, qui atteint près de 30% des jeunes femmes « civilisées » ayant eu des enfants, a une incidence de moins de 6% chez les Indiennes du Brésil. Cette discordance trouve sa cause première dans la manière d'accoucher : au moment de l'expulsion, le canal vaginal de l'accouchée s'ouvre quand elle est accroupie, se ferme lorsqu'elle est assise et se ferme encore davantage (environ 28%) si elle est couchée. De plus, la position couchée crée des situations organiques défavorables aux structures du canal vaginal qui est alors facilement atteint de déchirures, voire de rupture, ce qui affaiblit le plancher pelvien. La position accroupie protège les éléments du plancher pelvien des lésions d'allongement, de déchirements, de déboîtement et de rupture, garantissant ainsi la femme de l'incontinence urinaire d'effort. C'est de la postion couchée que découle toute la médicalisation de l'accouchement : péridurale, épisiotomie, forceps...

7)L'ÉPISIOTOMIE
Tout comme la rupture de la poche des eaux, l'épisiotomie fait partie du protocole. Or, contrairement à l'idée reçue, l'épisiotomie ne diminue pas le risque de complications périnéales. Au contraire, elle le majore. Une étude parue dans le Lancet (décembre 1994) montre que l'épisiotomie est systématique, elle concerne 83% des accouchées et on observe, post-partum, davantage de réparations chirurgicales, de douleurs périnéales et de complications de cicatrisation. Lorsque l'indication est réfléchie, 30% des parturientes la subissent. Les injections d'oxytocine, pour accélérer la dilatation du col, ne laissent pas aux tissus le temps de s'imprégner d'hormones et de se détendre correctement. Cette médication implique systématiquement le recours à l'épisiotomie. Pour que la mère échappe à la déchirure périnéale et à l'épisiotomie, il faut qu'elle soit en position verticale (accroupie, à quatre pattes) pour travailler avec la pesanteur et non contre elle. De cette manière, la tête du bébé étire lentement le périnée, sans provoquer de déchirure.
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MessageSujet: Re: Accoucher... autrement   Lun 14 Avr - 20:52

8)LE REMPLACEMENT DE LA SAGE-FEMME PAR UN MEDECIN OBSTÉTRICIEN
Celui-ci ne devrait intervenir qu'en cas de problème.
* les pays qui ont les plus faibles taux de mortalité maternelle et périnatale sont ceux qui ont les taux les plus élevés d'accouchements suivis par des sages-femmes (Pays-Bas, pays scandinaves, Japon).
* les pays qui ont les taux les plus élevés d'obstétriciens ont les taux les plus élevés de césariennes (USA 25%).
L'O.M.S conseille de faire appel à des sages-femmes pour le suivi de la grossesse, la naissance et les soins du nouveau-né. Les résultats sont alors meilleurs pour les mères et pour les bébés car les sages-femmes proposent une surveillance prénatale personnalisée. Elles respectent la naissance en tant que processus normal et encouragent à faire des choix éclairés. Elles offrent aux femmes désirant des accouchements normaux, naturels et doux, une surveillance compétente de la grossesse.

L'HÔPITAL EST-IL L'ENDROIT LE PLUS SÛR POUR ACCOUCHER ?

La sécurité est mesurée par la mort (mortalité) et la maladie (morbidité) durant le travail, l'expulsion et pendant les heures ou jours qui suivent. Une étude américaine portant sur 242 000 naissances à l'hôpital et 2 200 naissances à la maison montre un taux de mortalité infantile de 12‰ dans les hôpitaux, contre 4‰ dans les naissances à domicile planifiées (Centre américain de surveillance des maladies). Une autre étude menée par le Dr Lewis Mehl prouve que les complications et les interventions sont beaucoup plus fréquentes à l'hôpital qu'à la maison.
* Parmi les mères accouchant à la maison, 5% seulement reçoivent une médication contre 75% parmi les mères hospitalisées.
* Il y a 3 fois plus de césariennes à l'hôpital que dans les naissances planifiées à domicile puis transférées à l'hôpital.
* Le taux de détresses foetales, d'infections néonatales et de lésions dues à l'accouchement est plus élevé chez les bébés nés à l'hôpital.
* Le taux d'épisiotomies est 10 fois plus élevé chez les mères hospitalisées et elles souffrent 2 fois plus souvent de déchirures périnéales graves dues à l'utilisation des forceps et à la position lithotomique.
* L'O.M.S estime que les hôpitaux qui ont un taux de césariennes supérieur à 10% interviennent trop souvent dans le déroulement de l'accouchement.
Ces études, comme bien d'autres, soulignent qu'il faut réexaminer la croyance générale qui fait croire que l'hôpital est le lieu le plus sûr pour accoucher !

CHOISIR SON ACCOUCHEMENT

La description de tout l'arsenal technologique lié à l'accouchement médicalisé montre bien qu'il est pris en charge à 100% par le corps médical : la femme sur sa table d'accouchement suit à la lettre les consignes qui lui sont données pour être « délivrée » de son bébé par un médecin qui accouche à sa place. Or, de plus en plus de femmes réclament que leur soit rendu cet instant qui n'appartient qu'à elles. Elles veulent rester actives pendant leur accouchement, elles veulent faire respecter leur choix de naissance, elle se sentent capables de mettre au monde elles-mêmes leurs bébés.
La résistance vient des obstétriciens : c'est une question de pouvoir, c'est une question de contrôle, c'est surtout une question d'argent. Un accouchement à l'hôpital coûte en moyenne 3 fois plus cher qu'un accouchement à la maison (comptez de 1 500 à 3 000 € pour un accouchement sous césarienne). A la maison, un accouchement coûte de 450 à 750 €. (La base de remboursement d'une naissance à la maison est de 140 € pour la Sécu !).
Il faut donc que les choses changent, que les femmes, et elles seules, soient décidées à les faire changer et qu'elles se prennent en charge. Alors seulement le système reconnaîtra que l'accouchement est un processus physiologique normal et non pas médical. Il admettra que faire appel à des sages-femmes est la meilleure solution pour les futures mères. Il donnera aux femmes les vrais choix de naissance : comment, où et avec qui accoucher.

LES INGRÉDIENTS D'UNE NAISSANCE DOUCE

1)LA CONFIANCE
Le conditionnement social précis, consistant à faire croire aux femmes qu'elles sont incapables d'accoucher normalement, doit être remplacé par l'idée que le corps de la femme sait accoucher et que son bébé sait naître. Car alors, elle retrouve la confiance. Elle a besoin d'être aimée par ceux qui l'entourent de façon à se sentir suffisamment à l'aise pour suivre son instinct. Si on lui fait confiance, elle se fait confiance. Elle fait confiance à son corps, à son partenaire, à son bébé et à l'événement dans son ensemble, en respectant son intuition. Elle ressent la puissance du processus de la naissance et ne lutte pas contre lui.

2)LA PRÉPARATION
D'après Michel Odent, une femme ne peut pas apprendre à accoucher, car l'accouchement est un processus involontaire qui met en jeu des structures anciennes, primitives, mammaliennes du cerveau. Les informations, qui préparent donc le mieux une future mère à une naissance douce, sont celles qui lui rendent sa foi en la capacité d'accoucher naturellement. Si elle est sûre d'elle, elle se laisse moins facilement détourner de ce qu'elle veut et de ce qu'elle sait être juste et bon pour elle et son bébé. Si elle est en paix avec son partenaire et avec sa famille, elle trouvera auprès d'eux réconfort et énergie et aura envie de les faire participer.

3)LA VISUALISATION
Visualiser consiste à voir un événement ou un but désiré comme s'il était réellement arrivé. Toute action est précédée d'une pensée. Si une femme enceinte a peur d'accoucher, il peut être intéressant pour elle de se visualiser en train de se détendre, de s'abandonner et de faire naître son bébé avec facilité. Il est très important qu'elle ait une image de la manière dont elle aimerait que son accouchement se déroule. On demanda à un groupe de 20 femmes qui avaient eu une césarienne si, avant le début du travail, elles s'étaient vues en train d'accoucher : étonnamment une seule répondit par l'affirmative. En visualisant un accouchement correspondant à ses désirs, la future mère l'intègre consciemment à son état psychocorporel et en fait une réalité consciemment décidée.

4)UN ENVIRONNEMENT RASSURANT
Lorsque la femme est dans un environnement confortable, rassurant, sans distraction (allées et venues de personnes étrangères dans la pièce, par exemple), elle passe plus facilement dans un état de conscience dominé par l'instinct dans lequel le travail se fait spontanément et où les sensations douloureuses sont nettement atténuées. Le cerveau sécrète alors des endorphines qui sont des analgésiques et tranquillisants naturels de l'organisme. Ces endorphines ont un effet sédatif sur la perception de la douleur. Plus le corps réagit à l'oxytocine naturelle qui fait contracter l'utérus, plus il y a d'endorphines libérées dans le système, ce qui diminue la douleur et crée un sentiment de bien-être. Si la femme est traitée de manière impersonnelle, dans l'environnement froid d'un hôpital, qu'on lui injecte des hormones synthétiques, des médicaments, elle répond par l'inhibition et la peur. Le corps se replie alors sur lui-même en bloquant la libération d'endorphine et en produisant de l'adrénaline qui fait ralentir le travail.
On sait aujourd'hui, que pour faciliter un accouchement, le rendre moins douloureux, plus court et donc moins dangereux, il faut un endroit familier et une parfaite intimité où la femme ne se sente ni observée ni contrôlée. Pour ce faire, il faut lui rendre les lieux familiers bien avant l'accouchement et quand elle n'accouche pas à la maison, il faut penser à de petites salles de naissance, meublées simplement mais sans matériel médical, en y créant une intimité. Dans un accouchement dit physiologique, c'est le cerveau ancien, lié à l'instinct, qui fonctionne et qui doit sécréter les hormones nécessaires aux contractions. A un certain stade du travail, la femme change d'état de conscience et donne l'impression de se couper du monde. Ce changement d'état de conscience est nécessaire à l'équilibre hormonal et ne doit pas être perturbé par une réactivation du néo-cortex et donc par une trop grande lumière.
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MessageSujet: Re: Accoucher... autrement   Lun 14 Avr - 20:52

5)LA LIBERTÉ DE MOUVEMENT
Si la femme est physiquement active durant le travail, son bébé est constamment en train de se repositionner dans l'utérus, de se réajuster, de descendre, ce qui le prépare à la naissance. En demandant à une femme de rester au lit et en réduisant sa liberté de mouvement, on augmente la nécessité d'intervenir. Les deux positions les plus souvent choisies dans le monde sont l'agenouillement et l'accroupissement. Les femmes qui s'accroupissent ou s'agenouillent pour l'expulsion sont celles qui restent actives et bougent durant le travail. En redressant la femme, on lui donne le contrôle de son corps. On la fait passer du statut de patiente sur laquelle on réalise un accouchement à celui de femme ayant le pouvoir d'accoucher. Lorsqu'elles ne sont pas gênées par des interventions médicales, les femmes savent instinctivement comment accoucher et elles le font à leur manière. Si on les laisse libres physiquement et émotionnellement, si elles ne sont pas obligées de prendre certaines positions, ni de se taire ou de se contrôler, si elles sont soutenues par un calme réconfort, par de la compréhension et de la tendresse, le travail progresse généralement facilement et spontanément.

6)LE SILENCE
Un élément important d'une naissance douce, pour la mère comme pour le bébé, est le silence. Dans une atmosphère calme et silencieuse, la femme ne se laisse pas distraire et reste centrée sur elle-même. Elle passe alternativement d'une concentration profonde durant les contractions à un état plus léger entre celles-ci. L'intimité et le silence accroissent sa résistance et sa capacité à se focaliser sur sa tâche qui est de mettre au monde son enfant. Le bavardage inutile du médecin ou de la sage-femme peut perturber le travail. Par ailleurs, un bébé qui naît dans un environnement silencieux n'est pas effrayé par l'intensité des sons et des voix.

7)LA LUMIÈRE TAMISÉE
On l'a vu précédemment, la pénombre crée une atmosphère relaxante et intime dans laquelle la femme, centrée sur son corps, accouche plus facilement. Une faible lumière (bougie, cheminée) est idéale aussi pour les yeux de l'enfant. Dans une salle de naissance sombre, le nouveau-né ouvre presque immédiatement les yeux, regarde sa mère et cet instant est inoubliable. Les bébés qui naissent dans une atmosphère paisible, crépusculaire, sont plus calmes et plus éveillés que les autres.

LE RÉFLEXE D'ÉJECTION DU FOETUS

Lorsqu'une femme accouche dans une parfaite intimité, on assiste au moment des dernières contractions précédant l'arrivée du bébé, à un réflexe d'éjection du foetus. Souvent, juste avant l'orage de la naissance, les femmes expriment une peur d'une façon plus ou moins directe (j'ai peur, je vais mourir ou qu'est-ce qui se passe ?). Si pendant cette brève phase de transition, il n'y a aucune interférence, si la femme peut exprimer sa peur librement, les fortes contractions d'éjection surgissent dans toute leur efficacité. C'est ce que Michel Odent appelle « la peur physiologique ». Lors de la dernière contraction, la future mère est souvent debout, penchée en avant, appuyée sur un meuble, suspendue à quelque chose ou à quatre pattes. Les déchirures sont très rares après un véritable réflexe d'éjection car les femmes trouvent des positions qui permettent une distension harmonieuse de la vulve.

LES SOINS DU NOUVEAU-NÉ

1)LE CORDON
Si on laisse le nouveau-né relié à son cordon tant qu'il bat, la transition avec la respiration pulmonaire est progressive et douce. Tout en continuant à recevoir l'oxygène du placenta par le cordon, il commence à respirer par ses poumons et les remplit progressivement en s'adaptant à son nouvel élément. Il faut normalement 15 à 20 minutes pour que la circulation sanguine dans le cordon diminue puis s'arrête. Durant l'intervalle séparant sa naissance de la section du cordon, le nouveau-né est posé sur le ventre de sa mère.

2)LES PREMIÈRES CARESSES
S'il est mis dans les bras de sa mère, le bébé bénéficie immédiatement de la relation peau à peau. La mère le masse et le caresse. Ce geste simple a le pouvoir de calmer et d'apaiser un nouveau-né. Cela est autant bénéfique à la mère qu'au bébé, car ce sont les contacts de peau à peau qui permettent des liens indestructibles.

3)LE BÉBÉ AU SEIN
Lors d'une naissance douce, ne pas se précipiter pour mettre le bébé au sein. Dès les premiers instants, celui-ci tourne la tête, sa bouche se contracte et s'arrondit, sa langue entre et sort. La mère et le bébé coordonnent instinctivement leur action, le bébé trouve le sein et se met à téter. Michel Odent fait remarquer qu'il a pu observer des bébés nés à la maison, qui à l'âge de 3 heures ont déjà passé 2 heures à téter vigoureusement, des bébés qui gardent un contact peau à peau avec leur mère, jour et nuit, dans un lieu familier, des bébés qui, contrairement à cette idée généralement admise, ne perdent pas de poids dans les jours qui suivent leur naissance.

4)LE COUPLE MÈRE-BÉBÉ
La préoccupation majeure, lors d'une naissance douce doit être de ne pas perturber le couple mère-bébé et de ne pas avoir d'attitude agressive envers le nouveau-né. Dans les hôpitaux, on est généralement pressé de couper le cordon ; on aspire le bébé, même s'il crie énergiquement alors qu'il n'y a aucun inconvénient à le laisser crachoter des glaires pendant un jour ou deux. On évalue le « score d'Apgar », on lui met des gouttes dans les yeux, on le pèse, on recherche des malformations... puis on le sépare de sa mère pour qu'elle se repose. Toutes ces pratiques réduisent, de façon subtile, le contact mère-bébé. Après une naissance naturelle, la mère est éveillée et consciente, dynamisée par l'accouchement et désireuse de passer du temps avec son bébé, pour le toucher, le regarder, le nourrir, tandis que le bébé a besoin de la présence réconfortante de sa mère et de sa chaleur, de son contact, de sa voix, de son odeur. L'exaltation qu'éprouvent beaucoup de femmes après leur accouchement les aide à dépasser leur épuisement.

Conclusion

Nous avons essayé de montrer qu'une naissance naturelle n'est pas forcément douloureuse et insupportable, et que contrairement à une idée qui se répand de plus en plus actuellement, une femme peut accoucher sans péridurale, dans la ferveur et la joie. Ferveur de sentir son corps envahi par des forces qui la dépassent, ardeur de ce corps à se défendre efficacement et naturellement contre la douleur, joie immense d'être allée au bout de soi et d'en revenir avec cette merveille qu'est un bébé. Pour cela, il faut que les femmes retrouvent cette confiance en elles, qu'elles ont perdue, et cette certitude absolue qu'elles peuvent accoucher par leurs propres moyens. Qui la leur rendra ? Les sages-femmes bien sûr. En répondant à leurs questions, en répondant à leurs doutes, en accompagnant discrètement un processus physiologique normal et non pas en essayant de le maîtriser à tout prix. Car c'est la maîtrise technologique qui a fait oublier aux femmes que, pour donner naissance à leurs petits, elles ont besoin avant toute chose d'intimité, car l'intimité garantit la sécurité mais aussi permet d'exprimer librement ses sentiments et ses émotions. Dans un accouchement vivant, tout le corps peut être amené à s'exprimer dans des réalités comme crier ou déféquer qui choquent aujourd'hui notre société aseptisée. Il appartient aux femmes de reprendre le contrôle de leur accouchement. Si elles sont décidées à demander ce qu'elles veulent pour elles et leurs bébés, on ne pourra pas leur refuser. Il leur appartient aussi de se regrouper pour faire entendre leur voix, pour faire changer les pratiques obstétricales, pour faire changer la façon de diriger les accouchements et de mettre au monde les bébés. Car les données rassemblées prouvent que les naissances douces (et notamment les naissances à la maison) désirées par les parents sont de plus en plus sans danger. L'accouchement change la vie des femmes pour toujours. Il faut faire en sorte que ce changement aille dans un sens sain et positif pour elles et qu'il les conforte dans l'idée qu'elles sont faites pour avoir des bébés dans la dignité, le pouvoir et l'amour.

Réf : Michel Odent : Votre bébé est le plus beau des mammifères, Ed. Albin Michel.
Barbara HARPER : Choisir son accouchement, Ed. Vivez Soleil.
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MessageSujet: Re: Accoucher... autrement   Jeu 22 Mai - 16:48

Petite Normande,
La documentation que tu as rassemblée ici est remarquable.
Dans mes connaissances (la fille d'une amie entre autres), plusieurs personnes se sont accouchées à domicile et en ont été ravies.
Aux Pays-Bas, par exemple, c'est très courant.
Je pense que quand la grossesse se passe normalement, ça doit vraiment être chouette de pouvoir choisir l'environnement et l'atmosphère dans lesquels on s'accouche, etc
En ce qui me concerne, j'ai refusé les échographies durant la grossesse (sauf une au début) ainsi que la péridurale. Presque tout le "travail" s'est passé chez moi, mais j'ai quand même été à la maternité de l'hôpital pour l'accouchement (qui a été très peu médicalisé puisqu'il s'est passé 28 minutes entre mon entrée dans le hall de l'établissement et le moment où j'ai tenu Alexandrine dans mes bras). Si cela avait été possible, je pense que j'aurais aimé m'accoucher chez moi.
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Monique Rannou
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MessageSujet: Re: Accoucher... autrement   Jeu 22 Mai - 18:33

Moué.

Effectivement, il y a des sujets à aborder. Mais je n'ai jamais accouché,
alors je me vois mal faire la morale aux autres. Par contre,
il y a beaucoup de phrases dans les extraits que tu cites qui me hérissent le poil.
Je sais pas, ça ressemble beaucoup à certains courants émergeants,
qui remettent en cause le progrès
(ce qui est légitime, le doute est primordial, mais je ne partage pas tous ces points de vues).
Il y a tout de même une certaine peur des science à l'heure actuelle,
sans doute sommes-nous vraiment dans la période post-moderne.
Je trouve néanmoins certaines phrases quasi-mysthiques,
et l'argumentation un peu légère parfois.
C'est tout de même ignorer pas mal de progrès, qui se voient notamment sur le nombre de mort nés.
Je ne vois pas en quoi le toucher vaginal est un scandale.
Rappelons que le suivi gynécologique des femmes a contribué
a contrôler un peu mieux pas mal de maladies. Effectivement, la femme peut refuser,
de la même façon qu'on peut refuser tous les soins, mais je ne trouve pas ça très justifié
(à moins d'être dans un type de croyances très particulier. Les délires de pureté,
ce qui me fait penser, un peu, à certaines sectes...)

Citation:
Si on laisse la nature faire son travail.

Ca me fait bondir. Il y a une époque ou certains aidaient même la nature à faire sa sélection naturelle, histoire de ne pas perdre de temps.
(je suis un peu provoc, je suis en pleines mentruations)

Citation:
Elle ressent la puissance du processus de la naissance et ne lutte pas contre lui.

Amen, amen !

Citation:
car l'accouchement est un processus involontaire
qui met en jeu des structures anciennes, primitives, mammaliennes du cerveau.

Là, on voit le le monsieur n'est pas neurologue... parce qu'il se ferait rembarrer pour pas moins.
Si la femme se souvient aussi de sa proximité avec les cétacés, elle aura envie d'accoucher dans une piscine.
Pour les femmes qui laissent exprimer leur esprit reptilien, alors, elles feront un nid avec des couettes ?
Je trouve ce genre d'argument complètement débile, on se sert de l'évolution pour avancer des théories de psychologie complètement infondées.

Citation:
Une faible lumière (bougie, cheminée) est idéale aussi pour les yeux de l'enfant.

Excusez moi, mais là je me marre.

Citation:
Les bébés qui naissent dans une atmosphère paisible, crépusculaire, sont plus calmes et plus éveillés que les autres.

Ceux qui naissent sur de la musique de RAMMSTEIN sont des futures racailles ? (étrangement, il n'y a plus de source scientifique, je veux voir les statistiques derrière).

Citation:
car ce sont les contacts de peau à peau qui permettent des liens indestructibles..

J'aime pas ça non plus, la maternité ne se joue pas les 3 premières minutes de la naissance.
Dieu merci. Ce genre de phrase peut être très culpabilisant pour certaines mères,
celle pour qui tout ne se passe pas très bien, celles qui ne sont pas les mères biologiques...


Bref. Sur le fond, je ne me positionnerai pas. Mon point de vue est biaisé.
Je connais des accouchements difficiles. Les gens que je connais qui ont pratiqué
l'accouchement à domicile ont suivi un effet de mode : le bio, les chevres, l'accouchement à domicile
(tout en gardant le téléphone portable et le home cinema).

Par contre, pour les arguments, je trouve ça léger. Je n'aime pas le style,
l'argumentation. Et l'hypocrisie. L'accouchement à domicile n'a de sens
que si l'on sait qu'en cas de problème, on peut aller aux urgences.
Dans ce cas, pourquoi pas.
Les chiffres donnés me semblent un peu sans fondements.
Heureusement que tous les gens qui accouchent chez eux n'ont pas une grossesse
difficile. C'est donc normal qu'il y ait moins de césariennes !
C'est un peu facile de nous mettre les deux en comparaison.

Je trouve certains passages assez culpabilisants pour certaines femmes (et constables, si la venue d'un enfant est un événement,
l'accouchement en lui-même ne réjouit pas tout le monde)... .

Je n'ai pas le temps de mieux rédiger mon message, je m'en excuse.
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rotko
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MessageSujet: Re: Accoucher... autrement   Jeu 22 Mai - 19:18

je n'ai pas moi-même une expérience de l'accouchement, evidemment, mais le courant clinique des lilas ne date pas d'hier, voulant supprimer un stress inutile.

De plus en plus de femmes qui préfèrent accoucher chez elles en s'entourent de toutes les précautions nécessaires.

un aveu qui explique ce que je dis plus haut : moi-même je suis né à domicile rire
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Syl
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MessageSujet: Re: Accoucher... autrement   Jeu 22 Mai - 19:41

Pas du tout d'accord avec toi sur l'effet de mode (entre autres), Monique.
Quant au bio, aux chèvres, etc, c'est un "bel" amalgame que tu fais-là, je pense! evil

Pour ma part, je mange bio, je ne consomme pas de médicaments allopathiques, ne possède pas de téléviseur (je préfère GDS cheese ) et considère que beaucoup de médecins vont à l'encontre du serment d'Hippocrate : "Primum non nocere". Il a également dit "que ta nourriture soit ton premier médicament". A chacun son truc ! chapeau
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Monique Rannou
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MessageSujet: Re: Accoucher... autrement   Jeu 22 Mai - 21:49

Syl, je parlais du cas que je connais. Je ne généralisais pas.
Je résume pas tous ceux qui accouchent chez eux à ce cas.
Je disais juste que c'est pas facile pour moi de les comprendre (eux, dans ce cas là).
Après, ça ne me gène pas, si les gens ont des grossesse sans souci, qu'ils sont entourés, je ne vois pas pourquoi je m'opposerai à ça.

Par contre, je pense que oui, il y a beaucoup d'interrogations face à la science à l'heure actuelle. Et là j'élargis ... ce n'est pas juste la péridurale. Une remise en cause plus globale. J'ai rencontré des personnes qui refusent de se faire vacciner (et pas pour des causes religieuses). Je ne développerai pas ici, mais je ne comprends pas.

Ce que je critique, c'est un peu la diabolisation de la medecine à travers ces textes. J'ai l'impression que ce que vivent les femmes à l'hopital est terrible. A lire le texte, le personnel soignant est inhumain, il fait du bruit, n'a rien compris à son métier, et fait tout pour augmenter les risques chez l'enfant et la mère, et inflige la douleur sans raison. Je trouve ça un peu mensonger.
Ce n'est pas le témoignage des dernières personnes qui y ont accouché dernièrement. Et sans doute aussi parceque je connais du personnel hospitalier, je me braque un peu.

Voilà, j'ai déjà parlé avec des femmes qui sont "contre" la péridurale, et ca me rend perplexe. On parle de l'indelicatesse des medecins qui l'imposent, mais je trouve ça aussi un peu limite de décider à la place des gens quelle douleur ils peuvent encaisser, et de laisser sous-entendre qu'une bonne mère doit accepter la douleur.
Dans le texte, je n'aime pas aussi l'aspect accouchez comme nous pour "le bien être de l'enfant" (argument sous-jacent).
Je n'aime pas le style naif, les exagérations (le coup des poils pubiens.... quel drame !). Un peu plus et il reprocherait au personnel soignant de demander à la femme d'oter sa culotte pour accoucher. Il y a même certains points qui me gènent vraiment, mais je ne dois pas être le public cible.

Pour ceux qui pensent que la femme sait accoucher toute seule,
et que c'est juste une question de bonne volonté, il suffit de voir
les taux de mortalité infantile, entre autre au Niger (10% des naissances ... j'y suis allée, j'ai su, j'ai pas voulu voir ) pour réaliser que malgré tout, on a amplement bénéficié des apports de la medecine traditionnelle.
Accoucher chez soi est une décision qui n'a de sens que si on sait qu'on peut nous accueillir en cas de problème.
C'est pour cette raison que je ne vois pas l'intérêt de casser
du medecin pour en justifier le choix.

C'est marrant (ou pas), j'ai l'impression d'être souvent complètement en dehors de vos opinions.
C'est pas que je cherche du soutien, la solitude me va si bien,
mais c'est à se demander si vous n'êtes pas tous cousins !
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Sphynx
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MessageSujet: Re: Accoucher... autrement   Jeu 22 Mai - 22:38

Les lectrices de GDS sont priées, que dis-je, priées, TENUES d'accoucher dans une bibliothèque. On tolérera un léger fond musical: la musique adoucit les meufs. On tamisera les lumières et, dès l'approche des contractions finales, on préparera les livres. Les lecteurs choisis par la famille s'installeront en cercle autour de la future maman, et se relaieront pour lire le texte à voix haute ou mieux, pour le réciter. Il est important de respecter les goûts et convictions des futurs parents. Le personnel librégynécologique aura été prévenu en conséquence, et l'on prendra en compte que la lecture de Proust induit un accouchement long mais généralement peu douloureux, qu'il vaut mieux prévoir les forceps avec Dantec et qu'Homère nécessite un bon entraînement respiratoire. Au cas où l'enfant peine à naître, quelques vigoureux haïkus hâteront la délivrance. Eviter Robbe-Grillet de préférence, ou prévoir, si l'on passe outre, un chapitre ou deux de San-Antonio.
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MessageSujet: Re: Accoucher... autrement   Jeu 22 Mai - 22:40

merci de vos interventions à tous.
Monique,
je précise au début que je ne suis pas d'accord non plus avec tout ce qui est avancé ! Et oui encore, dans mon esprit, l'accouchement à domicile n'a de sens que s'il est possible d'être dirigée en cas de besoin sur un hopital.
Je suis tentée par un accouchement à domicile, mais pas à n'importe quel prix non plus. Mais bon, tout cela reste de l'hypothétique je n'ai jamais eu d'enfant et ne suis pas enceinte (ce n'est pas faute d'essayer lol)
Un accouchement à domicile, ou dans un hopital si je peux avoir mon mot à dire. Parce que c'est moi qui accouche tout de même à la base ;o) et que je ne suis pas malade...

Je ne suis pas une extrémiste, ni dans un sens, ni dans l'autre.
Ce qui me choque moi, c'est que le choix des mamans qui veulent accoucher à domicile soit souvent diabolisé sans autre procès.
Ce qui me révolte dans de nombreuses situations, c'est de voir que l'on impose a tous une seule façon de faire. Mais nous sommes si divers... comment une seule voie, pourrait-elle nous satisfaire TOUS ?

Pourquoi est-ce si mal vu en France alors que dans d'autres pays cela ne pose pas pb ? et surtout pourquoi nos résultats en terme de mortalité néo natale (je crois) même s'ils sont très bas restent relativement mauvais par rapport à nos voisins ?
Et puis pourquoi nous faire accoucher dans une position douloureuse ? qui peut m'expliquer ? ???

Ensuite, je m'interroge aussi (je n'ai pas de réponse donc) sur l'intérêt de recourir systématiquement ou presque à la péridurale, au déclenchement de l'accouchement... ect... et aux risques de ses pratiques. Toute pratique à ses avantages et ses inconvénients. Et pour choisir, il faut être informé honnetement !
Pour le toucher vaginal, il faut que je retrouve des sources, mais doute sur l'utilité de la pratique...

pourquoi raser systématiquement le pubis ? Et si moi je tiens à mes poils ??? lol si je tiens à un minimum de respect de mon corps ? à ne pas être vétue d'une tunique de patient, ... ect pour certaines cela n'a aucune importance. Pour moi, de part mon histoire, mes expériences, la somme de ces pratiques si. geek

Pour tout dire, pendant longtemps, je ne me suis pas vue enceinte, en partie parce que l'accouchement tel qu'il m'était présenté, que je le voyais m'angoissait. a l'époque, je n'avais jamais entendu parler de l'accouchement à domicile, je n'expliquais pas ce réel malaise. Mais à partir du moment où je me suis renseignée sur l'acd, que j'ai découvert le projet de naissance (diversement recu par les médecins français, alors qu'en Angleterre s'est fréquent manifestement - mais avec d'autres dérives !), j'ai été soulagée. C'est peut être très bête mais c'est ainsi. Le besoin d'être active, de savoir ce que je veux (même si ce n'est pas ce qui est obtenu lol la nature fait ce qu'elle veut). difficile d'exprimer clairement cela ici.


pour le reste, Je crois que l'on ne peut pas vraiment faire de généralité, les situations sont très disparates d'une équipe médicale à l'autre... d'un établissement à l'autre. D'un accouchement à l'autre. J'ai des amies qui ont eu des accouchements terribles, au sens où selon mes référentiels, l'équipe médicale a traité les parents de façon affreuses. Ex : césarienne difficile sans informer en temps réel la maman et le papa. Imaginez vous sur une table, on est entrain de vous faire une césarienne, cela dure longtemps, personne ne vous dit rien !!! Une fois le bébé arrivé, il est directement emmené sans que la maman ne soit rassurée, accompagnée par quelques mots. Elle se retrouve seule, sans le papa dans la salle d'attente - qui lui non plus ne sait rien !!!
Et manifestement mes belles-soeurs qui ont accouché "classiquement" (dont une césarienne) n'ont pas été traumatisées ;o).

Pour conclure, ce qui est formidable, c'est que finalement, on trouvera toujours ou presque une étude pour affirmer tout et son contraire tongue ... la science a ses limites geek
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Chacun reçoit le récit à la hauteur où son âme respire.
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Les livres veulent seulement être LIBRES ! Voyez ce que je veux dire : http://www.bookcrossing.com


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MessageSujet: Re: Accoucher... autrement   Jeu 22 Mai - 22:41

Sphynx lol lol
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MessageSujet: Re: Accoucher... autrement   Jeu 22 Mai - 22:48

Juste deux petites choses :
la première, c'est que même dans les hôpitaux on privilégie, le contact mère-enfant dès les premiers instants, l'allaitement, l'homéopathie, les huiles essentielles etc...

la seconde, c'est que pour être tout à fait naturel, l'accouchement n'en est pas moins parfois extrêmement dangereux (et après tout, la maladie et la mort sont eux aussi parfaitement naturels, ce qui ne nous empêche guère d'essayer de lutter contre). Trop de femmes ont perdu la vie au cours de ces derniers milliers d'années, pour que nous puissions l'oublier. L'hémorragie massive de la délivrance, c'est une urgence vitale : 4 décès pour 1000 accouchements dans le monde, cela va de 24 décès pour 100 000 naissance en Europe par exemple à 830 pour 100 000 en Afrique. En France, il y a un peu plus de 800 000 naissances par an, ce qui donne presque 200 mort(e)s par an...

Sphynx : un service mère-enfant-livre ? cheese
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MessageSujet: Re: Accoucher... autrement   Jeu 22 Mai - 22:52

PS, pour petite normande...le rasage n'est du qu'au fait que si cela doit se "finir" par une césarienne, dans les cas d'accouchements difficiles, la désinfection n'est pas efficace avec les poils.

Après, je crois qu'il faut se choisir un gynéco ou une sage-femme (cela se pratique de plus en plus) en qui l'on puisse avoir confiance et qui seront à même de définir le lieu et le déroulement de l'accouchement en respectant les désirs (raisonnables) des futures mamans Wink

Non, non pas d'envie de fraises pendant l'accouchement
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Sphynx
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MessageSujet: Re: Accoucher... autrement   Jeu 22 Mai - 22:57

Tchipette : 'xactement!

Et pour parfaire la chose, on pourrait donner des prénoms signifiants (un peu comme les Chinois qui appellent leurs enfants "soir chaud de lune nouvelle" ou "humble passereau sous le jonc qui tremble"). Ce qui donnerait, en maternelle " dis-donc, La Condition Humaine, tu arrêtes de tirer les cheveux de Millenium ? Va plutôt jouer avec La Jeune Parque ou Don Qui Chotte !"
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Accoucher... autrement

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