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 Les "fous"Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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Utopie
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Jeu 24 Avr - 16:16

Pfff ... suite - c'est long hesit

A propos de l'enfermement, hormis tout ce qui a été dit sur les dangers, il a un effet bénéfique, c'est d'éloigner la personne de ses proches qui eux ne sont pas toujours bénéfiques et qui sont même souvent la cause du mal être ou du moins qui l'entretiennent. Pour l'anorexique et pour d'autres symptômes, il est bien souvent impossible à la personne d'avouer ouvertement que ses proches lui sont nocifs, si il en a conscience et le dire pour des médecins, si il n'en a pas encore conscience.

Pour l'échange sur la dépression entre Monique et Seb, je n'ai pas compris non plus que Seb parlait de "fausses" dépressions mais il faut quand même dire que depuis quelques années dès qu'une personne souffre normalement, le diagnostic est la dépression.
J'ai une expérience personnelle et heureusement je me suis révoltée, suite au décès de mon père, on m'a parlé de dépression et j'ai répondu non, deuil, chagrin, oui et je l'accepte parce que c'est naturel et normal.

Il y a une semaine j'ai discuté avec un ami qui soigne des personnes âgées et il me disait qu'à force de vulgarisation des informations, on confondait tout, on ne parle pas d'azheimer pour des gens âgés, c'est une maladie et on en parle lorsque des personnes de 50/60a sont atteintes, pas à 80/90 ans ...

Nos inconscients ont changé, on ne supporte plus la réalité de la vie, l'anormalité, la faiblesse, la jeunesse et ses inconvénients comme la vieillesse etc, on paye des assurances, on sollicite la société, on réclame des dommages intérêts et pas seulement financier quoiqu'on fasse aussi plein de procès.
Je crois que les gens souffrent de ça mais ne sont pas conscients de cette exigence. Parfois j'ai l'impression de vivre dans un monde où l'on voudrait une garantie voire une obligation de vivre jeune, beau, en bonne santé et riche.

Les gens exigent une vie totalement aseptisée d'une certaine façon.
Pour moi c'est le coeur du problème dans beaucoup de cas mais on s'éloigne du sujet, car il y a de vrais problèmes et là il y a des professionnels.

Je me relis pas... le pc bugue trop...


Dernière édition par Utopie le Jeu 24 Avr - 16:34, édité 1 fois
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Utopie
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Jeu 24 Avr - 16:26

Monique Rannou a écrit:
La dame de fer qui sommeille en moi est à présent convaincue
qu'aimer quelqu'un, malgré sa maladie, ce n'est surtout pas agir toujours en fonction de ce qu'elle dit.
Tant pis pour la deception
qu'on engendre.
[...]
et pourtant, pour certaines maladies, les gens ont
du mal à reconnaître qu'il n'ont pas les compétences
pour soigner leur proche !
Je pense qu'il faut arrêter de mettre les maladies psychiatriques
à part, de les stigmatiser de cette façon. Il faut reconnaitre que dans certains cas, un suivi permanent est indispensable.
Que non, ça ne passe pas tout seul, malgré toute la bonne volonté qu'on peut avoir..

Oui je comprends ça et tu as raison, on sent le vécu et le vécu bien compris. Il y a deux débats en fait, je crois que tout le monde est d'accord sur le fait que certaines maladies sont lourdes et ne peuvent pas être prise en charge par les proches, d'autant plus qu'ils sont proches, il peut y avoir le côté "nocif" comme je le disais mais aussi le côté affectif, on ne peut pas soigner quelqu'un que l'on aime. Les médecins ne le font pas d'ailleurs même pour des maladies plus bénignes et concrètes.

Il y a aussi tous les "mal être" intermédiaires où je pense que les proches peuvent aider, agir mais pour cela, il faut lâcher certaines choses et peu sont prêts à le faire, quitter un confort, un mode de vie, une carrière pour l'autre... par exemple et je rejoins l'égoïsme dont parle Seb.
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Utopie
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Jeu 24 Avr - 16:38

Utopie a écrit:
Parfois j'ai l'impression de vivre dans un monde où l'on voudrait une garantie voire une obligation de vivre jeune, beau, en bonne santé et riche.


Merdouillis.. j'ai oublié intelligent, en fait je crois que c'est un lapsus, ce n'est pas un souhait généralisé hesit
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Utopie
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Ven 25 Avr - 19:02

J'en ai trop dit ... j'ai dit une c.... bien vi j'en dis beaucoup, c'est une question de pourcentage mais il ne faut pas que ça vous arrête no
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Seb
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Ven 25 Avr - 19:39

Utopie a écrit:
Parfois j'ai l'impression de vivre dans un monde où l'on voudrait une garantie voire une obligation de vivre jeune, beau, en bonne santé et riche.

Oui, même les petits vieux doivent faire jeune, sous peine d'être délaissés. Donc la grand-mère qui n'a pas le punch de Denise Grey ou de Line Renaud, comment elle fait?
Mais je repose ma question: comment se fait-il que le nombre de dépressions (ou plutôt de ce que nous avons appelés les états intermédiaires - grosses déprimes, états dépressifs, etc.) soit si élevé, alors que les conditions de vie sont tellement meilleures ? Je ne cherche pas juste une réponse du type "l'argent ne fait pas le bonheur", mais plutôt une analyse sociologique des raisons de cette insatisfaction chronique...
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"Jamais je ne me suis couché de bonne heure..." (Moi)
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marie chevalier
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Ven 25 Avr - 20:22

Seb, je vais te répondre à ma façon:
les jeunes se suicident
les vieux ont envie de le faire
Les moyens dépriment:
Pourquoi?

Une seule raison : la vie que l'on mène à notre époque dans des pays dits civilisés. je m'explique:
Nous sommes dans un pays où tout est fait pour que l'on puisse vivre : Climat, nature, terre...
Mais nous avons une chienlit: les médias et la possibilité de lire n'importe quoi sur n'importe quel sujet
Alors
Les jeunes se rendent compte qu'ils s'emmerdent
les vieux qu'ils sont un poids
Les moyens qu'ils n'ont pas la vie qu'ils voulaient: trop de stress, trop d'inconnus, trop de pression trop de sollicitations
alors
La déprime, le mal-être est typiquement visible dans les pays, dits développés
Dans les pays qui crèvent de faim et qui se révoltent et maintenant commencent à marcher
Pour bouffer, ont d’autre senvies en tête que de se suicider ils ont envie de vivre et se battent pour survivre
Alors nous on est des ……………………….
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que sera demain?
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Monique Rannou
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Messages : 104

MessageSujet: Re: Les "fous"   Ven 25 Avr - 21:44

Seb a écrit:
Mais je repose ma question: comment se fait-il que le nombre de dépressions (ou plutôt de ce que nous avons appelés les états intermédiaires - grosses déprimes, états dépressifs, etc.) soit si élevé, alors que les conditions de vie sont tellement meilleures ?

Sur quelle echelle de temps ? De quelle catégorie de personnes tu parles ?
Parceque du côté des jeunes, le marché de l'emploi n'évolue pas du tout en faveur d'une insouscience. C'est même tout le contraire.
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Seb
Mod.



Inscrit le : 26 Fév 2008
Messages : 577

MessageSujet: Re: Les "fous"   Ven 25 Avr - 22:00

Monique Rannou a écrit:
Sur quelle echelle de temps ? De quelle catégorie de personnes tu parles ?
Parce que du côté des jeunes, le marché de l'emploi n'évolue pas du tout en faveur d'une insouciance. C'est même tout le contraire.


je ne dis pas que tout le monde va bien et que c'est l'euphorie - quand je dis "conditions de vie meilleures", c'est que globalement, nous sommes tout de même censés vivre bien mieux - du moins matériellement - que ne vivaient les gens il y a vingt, trente ou cinquante ans. Or notre bien-être mental est bien pire, nous sommes devenus douillets, un rien nous accable, etc.
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fontelle
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Ven 25 Avr - 22:10

Merci, Marie....
J'aurais dit la même chose...
On ne déprime pas, on ne se suicide pas dans les situations vitales(manger chaque jour, survivre....)
La "déprime" est une "maladie" de riches
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Anharmo
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Inscrit le : 17 Mar 2008
Messages : 82

MessageSujet: Re: Les "fous"   Sam 26 Avr - 2:36

fontelle a écrit:
Merci, Marie....
J'aurais dit la même chose...
On ne déprime pas, on ne se suicide pas dans les situations vitales(manger chaque jour, survivre....)
La "déprime" est une "maladie" de riches


Alors, dès que l'on dépasse le stade de la survie nous sommes condamnés à la misère morale ?

Je provoque, je sais, mais l'on en est presque à se le demander : l'assistance publique apparaît généralement lorsque les problèmes sociaux deviennent trop visibles et donc génants, elle n'a rien de spontanée.
Je citais Alain Ehrenberg plus haut et c'est peut-être un phénomène de vase communicant qui s'opère : des exigences toujours plus forte et le collectif, les services publics, qui se désengagent.
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rotko
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Messages : 21044

MessageSujet: Re: Les "fous"   Sam 26 Avr - 7:14

L'angle d'attaque risque d'être biaisé si on compare les "pays pauvres et les pays riches".

L'anorexie par exemple n'existe pas en Afrique, ai-je lu, et on se demande pourquoi : s'il y a un conflit famillial; ou un malaise, il ressortirait de la famille nucléaire occidentale. Si la famille est élargie comme la famille africaine, les recours existent.

Dans petite de geneviève Brisac, la bonne thérapie ne sera pas dans les mains des psy, mais dans les relations avec le grand père.

Quant aux suicides, on dit qu'ils n'existent pas ou sont moins nombreux en temps de guerre : encore faudrait-il le verifier - on a alors d'autres occupations que faire des statistiques. D'autre part les sollicitations extérieures détournent des conflits intérieurs.

Pour en revenir aux dépressions (pas aux "déprimes"), certains sujets sont, semble-t-il, prédisposés : d'où les rechutes, et un caractère indépendant de l'aisance matérielle, ou de la condition physique initiale.

En revanche, un déprimé que je connais perd toute envie d'activité physique et même tous ses moyens physiques s'il tente malgré tout de faire ses sports habituels.
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marie chevalier
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Sam 26 Avr - 10:15

Anharmo a dit:
Citation:
Alors, dès que l'on dépasse le stade de la survie nous sommes condamnés à la misère morale ?


En quelque sorte, hélas, car n'ayant plus de sujets vitaux: trouver de l'eau, trouver du pain, trouver en quelque sorte de la nourriture pour survivre, se tuer dans les champs pour faire pousser "trois merdes" épuisent physiquement et tu n'as plus le temps de te dire: suis-je heureux? tu vois ce que je veux dire ?

Par contre, bien entendu, celui ou celle qui "a tout pour être heureux" encore qu'il faut vérifier!!!! Qu'est ce que le bonheur, si un maillon de sa chaîne se casse, il est perdu, et là, oui peut avoir une dépression?
Ce n'est pas simple comme sujet
En fait, nous ne pouvons savoir ce qui se passe dans la tête des gens qui paraissent heureux de vivre? cachent-ils leur douleur intérieure? Entassent-ils depuis des années des rancœurs qui explosent un jour où ils sont plus vulnérables?
Je n'ai jamais dit et n'oserai jamais dire que les gens qui n'ont pas à se préoccuper de leur survie sont heureux car pour moi la déprime est la suite logique d'un mal-être
ouf !! suis je claire? Embarassed
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Utopie
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Sam 26 Avr - 10:54

Seb a écrit:

Mais je repose ma question: comment se fait-il que le nombre de dépressions (ou plutôt de ce que nous avons appelés les états intermédiaires - grosses déprimes, états dépressifs, etc.) soit si élevé, alors que les conditions de vie sont tellement meilleures ? Je ne cherche pas juste une réponse du type "l'argent ne fait pas le bonheur", mais plutôt une analyse sociologique des raisons de cette insatisfaction chronique...


Je ne suis pas sociologue alors ma réponse est ce qu'elle est.

Je ne crois pas que l'on soit plus riche aujourd'hui qu'il y a 20/30 ans, on affiche plus de confort.
Le chômage, les maladies etc, il n'y a pas qu'à notre époque.

Je pense que nous vivons moins sainement sur tous les plans, on vit plus vite, on vit moins humainement (dans le sens proche de notre nature) peu importe le milieu ou le lieu, le stress, trop de stimulations.

Tu as parlé de l'éclatement de la famille qui doit compter, même si je ne suis pas sure que regroupée, elle aidait plus, il me semble aussi qu'il y ait un éclatement de la vie sociale ou amicale. En France, les gens ne sont quand même pas hyper chaleureux.

Rotko parle de terrains, ça je l'ai appris, certains n'auront jamais d'état dépressif, mais la stigmatisation peut se manifester autrement.
Tu évoques le fait que l'on soit plus douillet, oui je crois que l'on s'écoute beaucoup trop, les médias comme le dit Marie, je crois que moralement on en provoque, on est peut-être passé d'une époque où l'on cachait le mal être à une où on pointe le doigt dessus.

Je crois qu'à une époque on ne montrait pas son mal être, et sans attention sans soin, les cas légers étaient peut-être ainsi soignés car il n'y avait pas cristallisation sur les problèmes et certains étaient considérés comme "fous" justement.
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Utopie
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Sam 26 Avr - 10:58

Surprised J'ai peut être la réponse ... si les gens bossaient plus, ils n'auraient pas le temps d'être mal ... je n'ose pas vous dire qu'en plus, ils gagneraient plus ....Cool

Spoiler:
 
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marie chevalier
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Sam 26 Avr - 11:23

Utopie a écrit:
Surprised J'ai peut être la réponse ... si les gens bossaient plus, ils n'auraient pas le temps d'être mal ... je n'ose pas vous dire qu'en plus, ils gagneraient plus ....Cool

Spoiler:
 


Sans rire , Utopie, moi j'explique que dans le temps ils étaient tellement crevés physiquement que leur mental ne pouvait pas s'occuper d'autre chose que se lever le lendemain aux aurores et repartir ...
evil
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