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 Une colonisation qui a laissé des tracesVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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Patrice Hénin
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MessageSujet: une colonisation qui a laisé des traces   Mer 14 Juin - 6:57

Quand je dis certains des banlieus, ne venez pas, c'est de l'humour qui vaut ce qu'il vaut, en pensant aux casseurs. La pelouse de Reuilly a eu sa manif des forains qui ont protester contre le projet de reléguer cette fête foraine, la plus importante d'Europe, à la campagne, je ne sais plus où.
Oubli de service d'ordre, poubelles brulées, casseurs...

Je pense aussi à ceux qui sifflent la Marseillaise pour le Matchs algérie - France.

Bon, je me déconnecte, douche, home works, cours d'informatique a donner cet aprésm, couché 3H00, levé 4H30...

Patrice, pas Patrick
Bonne journèe

P.S.: connaissez-vous Miriam Naïdi-Dupont?: http://chezmimidup.blogspirit.com/ pas sa place dans le sujet, très femme pour les femmes, mais sa place dans un site littéraire.
Moi qui n'aime pas la poésie, il a fallu que tombe sur son blog!
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L'argent qui corrompt, qui pourrit, qui détruit;
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Patrice Hénin
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Age : 59
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MessageSujet: une colonisation qui a laissé des traces   Mer 14 Juin - 7:07

C'et en plein air, gratuit, organisé par la Ligue Droits Homme sous l'égide de la Mairie Paris 12, dans le cadre des débats sur la décolonisation, à cause de l'anniversaire de l'expo coloniale 1931.

Débats jusqu'en novembre;
Débat après le film sur la pelouse de Reuilly (emplacement foire du trône)
ChhhiaaHo... crevé.
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rotko
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Inscrit le : 26 Déc 2005
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MessageSujet: Re: Une colonisation qui a laissé des traces   Mer 14 Juin - 7:37

Patrice :
Citation:
l'anniversaire de l'expo coloniale 1931.


beau sujet ! on en parle ici

http://www.herodote.net/19310506.htm

Certains ne se laissaient pas abuser par cette démonstration, comme le montre

http://www.ldh-toulon.net/article.php3?id_article=176

La ligue des droits de l'homme a l'honneteté de publier des tracts qui la mettent en cause.
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rotko
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MessageSujet: Re: Une colonisation qui a laissé des traces   Mar 20 Juin - 6:12

swallow a écrit:
Je parlais de la chance de ces petits catalans, basques ou autres qui s´entraînent dès leur plus jeune âge à s´exprimer en 2 langues differentes et à devenir totalement bilingues sans efforts et de manière très naturelle


"malaise linguistique en Catalogne" précise le journal Libération dans un article qui developpe les points de vue adverses :

.
Citation:
Dans la rue, au travail, en famille [...] le bilinguisme est vécu au quotidien le plus naturellement du monde . Le contentieux est politique. Dans cette région travaillée depuis des siècles par un fort sentiment nationaliste, catalan et castillan sont tous deux idiomes officiels. Dans la pratique, le catalan est déclaré «prioritaire», employé en exclusivité dans l'administration, l'enseignement ou les médias

On estime que 94 % des Catalans comprennent les deux langues ; 50,1 % sont plus à l'aise en catalan, 44,2 % en castillan, 4,7 % se disent parfaitement bilingues.


http://www.liberation.fr/page.php?Article=391319
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Loudon Dodd
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MessageSujet: Re: Une colonisation qui a laissé des traces   Mar 20 Juin - 23:18

Le grand Mike Davis a écrit un livre traduit en 2003 pour les éditions La Découverte et qui vient de paraitre en poche, consacré aux sécheresses de la fin du XIXème siècle (dûes au phénomène climatologique connu aujourd'hui sous le nom "d'El Nino") et aux famines subséquentes.

Une part conséquente de l'ouvrage porte sur le cas de l'Inde, alors sous la domination bonhomme et paternaliste de l'Angleterre victorienne : on y voit notamment analysé le décalage entre les discours auto-satisfaits de l'administration coloniale qui explique comment, grâce à son action, la famine a été endiguée, ou presque, et la réalité : des millions de morts, dus moins aux doctrines du darwinisme social (qui a pourtant joué son rôle) qu'à la rapacité exemplaire des exploiteurs britanniques, qui grâce au chemins de fer notamment, ont réussi à mettre à l'abri des miséreux les réserves de nourriture dans des zones moins touchées par la sécheresse, mais néanmoins touchées par la famine (du fait de la spéculation sur les prix non-régulée par l'Etat, obéissant en cela aux dogmes libre-échangistes), ainsi qu'à opérer ce tour de force qui consistait à récupérer l'impôt de populations qui n'avaient littéralement plus rien.

La thèse de l'ouvrage est résumée dans son titre :

Génocides tropicaux, catatrophes naturelles et famines coloniales (1870-1900) aux origines du sous-développement

(le terme "génocide" est la traduction de l'Anglais "Holocaust", dont l'auteur justifie l'emploi - qui ne consiste pas à comparer les faits décrits dans le livre avec l'entreprise nazie de destruction des Juifs d'Europe - dans son introduction)[/i]
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Tous ceux qui paraissent fous le sont, et encore la moitié de ceux qui ne le paraissent pas.
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Patrice Hénin
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MessageSujet: Une colonisation qui a laissé des traces   Lun 26 Juin - 19:18

Voici un tuyau pour afficher sous Windows XP les caractères chinois que Grain-de-Sel ne voie pas :

http://www.chine-informations.com/mods/dossiers/ecrire-lire-caracteres-chinois-sur-windows_944.html

Hors sujet, je sais, mais rapport avec qqs de mes précédents posts.

De plus, bonne occasion de découvrir un site d'infos de chine, littéraire, et +
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rotko
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MessageSujet: Re: Une colonisation qui a laissé des traces   Mar 4 Juil - 17:36

Citation:
La France, sur plus d’un demi-siècle, a affronté le mouvement irréversible et mondial de décolonisation des peuples. Il fut vécu, sur ma terre natale, en lourd passif de vies humaines écrasées, de sacrifices privés et publics innombrables, et douloureux, cela, sur les deux versants de ce déchirement.

L’Afrique du Nord, du temps de l’Empire français, — comme le reste de l’Afrique de la part de ses coloniaux anglais, portugais ou belges — a subi, un siècle et demi durant, dépossession de ses richesses naturelles, déstructuration de ses assises sociales, et, pour l’Algérie, exclusion dans l’enseignement de ses deux langues identitaires, le berbère séculaire, et la langue arabe dont la qualité poétique ne pouvait alors, pour moi, être perçue que dans les versets coraniques qui me restent chers.

Mesdames et Messieurs, le colonialisme vécu au jour le jour par nos ancêtres, sur quatre générations au moins, a été une immense plaie !

Une plaie dont certains (1) ont rouvert récemment la mémoire, trop légèrement et par dérisoire calcul électoraliste. En 1950 déjà, dans son « Discours sur le Colonialisme » le grand poète Aimé Césaire avait montré, avec le souffle puissant de sa parole, comment les guerres coloniales en Afrique et en Asie ont, en fait, « décivilisé » et « ensauvagé », dit-il, l’Europe ».


(1) Implicitement
Citation:
sur les deux versants de ce déchirement
.

Extrait du discours d'Assia Djebar

http://www.academie-francaise.fr/immortels/discours_reception/djebar.html
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Patrice Hénin
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MessageSujet: La Bataille d'Alger   Jeu 20 Juil - 5:38



C’est avec retard que je fais mon petit compte-rendu du film "La bataille d'Alger", projeté en plein air sur la pelouse de Reuilly, (emplacement de la foire du Trône, Paris 12).

L'empire français ?
AVANT :

Le chant des africains 1944 (que les anciens de la 1ère armée française, Rhin et Danube, et des troupes de marine, aiment et aimaient entonner à la fin de leur réunion)

Refrain
C'est nous les africains qui arrivons de loin
Nous venons des colonies
Pour défendre LE PAYS
...
Le beau drapeau de NOTRE FRANCE ENTIERE
...
Pour LE PAYS
Pour LA PATRIE
...

Premier couplet
...
Gardiens jaloux de NOS COULEURS (ironie)
...
En criant, en chantant, en avant
Serrons les rangs.
(Note de Patrice :
Versez votre sang
Hommes de couleur
Pour nos couleurs
Au feu, au premier rang
)

Deuxième couplet :
Pour le salut de NOTRE EMPIRE
...
La faim, la mort, nous font sourire (NdP : aujourd'hui aussi?)
...

Troisième couplet
DE TOUS LES HORIZONS DE FRANCE
...
Quatrième couplet (celui-là, j'ai la gorge serrée)
Et lorsque finira la guerre
Nous reviendrons à nos gourbis
Le cœur joyeux et l'âme fière
D'avoir libéré LE PAYS
En criant, en chantant, en avant
Serrons les rangs.


PENDANT :

Le film sur la vraie libération de LEUR PAYS !


Quelques éléments extraits du site Allo-Ciné
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=7259.html

Pour ceux qui ne veulent pas quitter la lecture de ma superbe note, quelques extraits copiés-collés de cette page Allo-Ciné :

DEBUT EXTRAITS

Réalisé par Gillo Pontecorvo
Avec Jean Martin, Yacef Saadi, Brahim Haggiag
Film algérien, italien.

Année de production : 1966
Titre original : La Battaglio di Algeri

Un souci d'authenticité :
Histoire et fiction sont intimement liées dans le film. Ce dernier voit en effet le jour grâce au concours des autorités algériennes, qui en subventionnent, supervisent et contrôlent l'exécution. Elles sont représentées en la personne de Saadi Yacef, directeur de Casbah Films, et surtout, ancien chef politique du F.L.N pour la zone d'Alger. Il joue son propre rôle dans le film, à travers un scénario inspiré de ses propres souvenirs.

Malgré un Lion d'Or à Venise, un prix de la Critique à Cannes et trois nominations aux Oscars, La bataille d'Alger, interdit de diffusion en salles, doit attendre 1971 pour obtenir son visa d'exploitation en France. Mais à la suite de pressions et de menaces, il est très vite retiré des écrans.
Une projection du film eut lieu le 27 août 2003 au Pentagone, à laquelle ont assisté des officiers d'Etat-major et des civils. Dans son édition du 7 septembre, le quotidien américain The New York Times faisait état de propos tenus par un responsable du ministère, déclarant que "ce film donne une vision historique de la conduite des opérations françaises en Algérie" et que "sa projection était destinée à provoquer une discussion informée sur les défis auxquels les Français ont dû faire face". En d'autres termes, le haut commandement américain tentait d'étudier les erreurs de l'occupation française en Algérie afin de trouver une issue aux drames suscités par la présence des troupes américaines en Irak.

Le 9 janvier 2004, le film ressort sur les écrans aux Etats-Unis. Après une projection spéciale deux jours plus tôt à Bethesda (Washington, DC), en présence de Saadi Youcef, La Bataille d'Alger est montrée à New York, Los Angeles, Pasadena, Chicago, Washington, et plus d'une douzaine de villes des Etats-Unis. Suivi d'un remarquable accueil critique et public, le film rapporte plus de 500 000 dollars de recettes.
FIN EXTRAITS

Je suis arrivé à la pelouse de Reuilly un peu tard, je n'ai pas assisté au premier débat de la ligue des Droits de l'Homme, mais j'ai entendu un intervenant qui rappelait que le colonel Mathieu avait expérimenté sur lui-même la "gégéne" : "C'est très douloureux, mais supportable, je regrette vraiment d'avoir recouru à cette méthode qui me paraissait indispensable à l'époque."

Temps superbe, une quarantaine de personnes seulement, plus un moustique, qui n'a pas voulu admettre que c'était ma place.

Alors voici l'histoire de "La Bataille d'Alger".

Je raconte ce film, mais avec mon ressenti personnel, dans mon blog : tenez compte du fait que j'avais 7-8 ans en 1956-57, lorsque mon père parachutiste a été affecté en Algérie.
Pour Grain-de-sel, je ne raconte que le film, pas ce que j'ai vu et connu en Algérie. Les sentiments et aventures se trouvent sur mon blog.

Mon père n'a pas participé à la bataille d'Alger, mais se battait dans les djebels. Au début, j'étais heureux d'être en Algérie : c'était calme, les gens étaient gentils, les arabes, les pieds-noirs un peu moins, aucun n'étaient français, aux yeux de mes parents et de leurs amis militaires ou fonctionnaires.

Dans le film, tous l'étaient, aux yeux de l'administration, et ce film explique que là aussi, la ville était coupée en deux :
les droits pour les uns, dans la magnifique Alger l'européenne,
les devoirs pour les autres, dans la mystérieuse et louche Casbah, un entrelacs de ruelles si étroites qu'elles sont en fait des couloirs plein d'escaliers, qui tournent et montent cette colline de la vieille Alger, la vraie.
Et qui se terminent souvent en cul de sac, pour les occidentaux. Mais en fait chaque porte en bois est une sortie privée.

Il y a donc deux Algers, l'européenne et la Casbah, la vraie ville historique.

La Casbah ? J'en ai vaguement entendu parler, quant mon père y a été affecté, après la bataille d'Alger. Fallait pas y aller, "ils kidnappent les fils de militaire, ils donnent des bonbons avec des lames de rasoir dedans". La rébellion avait été matée. Je n'ai rien su.

Dans le film, après avoir montré la division des 2 mondes (pour moi des 3 mondes, arabes, pieds-noirs, nos amis de familles de militaires), ils expliquent la reprise en main des mœurs décadentes de la Casbah par le FLN : plus d'alcool, de prostitution, ni même de cigarettes.

Puis commence très vite l'histoire d'Ali La Pointe. Un illettré, boxeur, vivant de petits boulots, un parmi les innombrables algériens qui ne supportait plus les humiliations quotidiennes, d'être payé avec un lance-pierre, au propre !

Un jour, c'en est trop, un pied-noir lui fait un croc en jambe alors qu'il courait. Boxeur, il l'étale d'un coup de poing, crime de lèse-pied-noir. Surpris du manque de réaction de la bande des jeunes fêtards, il prend conscience d'une force inutilisée : le nombre.

Ali La Pointe décide de rejoindre le FLN. Une femme toute voilée de blanc, lui donne sa première mission, d'un chef invisible qu'il n'a pas le doit de rencontrer. Sa mission ? Abattre un policier dans le dos, à la sortie du café, où il a l'habitude de prendre un verre, le patron étant un indic.

La femme lui fournira l'arme juste avant de tirer, dans la foule de la ruelle.
Ali trouve cela bizarre de ne pas avoir l'arme tout de suite, mais il accepte.

Dans la rue, remplie d'une foule d'arabes, Ali La Pointe emboîte le pas du policier, la femme sort le pistolet de son panier, le lui glisse.

Mais au lieu de tirer dans le dos, Ali La Pointe se précipite en face du policier, qui semble plus figé par l'incrédibilité que par la peur (ils jouent tous merveilleusement bien dans ce film), et avant de tirer, Ali s'écrie à l'adresse de la foule "vous voyez, mes frères, il ne faut pas avoir peur, c'est nous les plus forts, les plus nombreux", et il tire.

Plusieurs fois.
Aucun coup ne part, la foule renverse le policier, le submerge, et Ali, furieux, rejoint la femme et s'enfuie avec elle.
Une fois chez elle, elle lui dit simplement, je te conduis à celui qui t'a confié la mission.

Le chef lui explique alors pourquoi il n'y avait pas de balles.
Si je t'ai ordonné de ne pas tirer sur le cafetier, ne tire pas sur lui, c'est quand même un algérien, et si tu avais été un indic des français, tu aurais tué le cafetier-cafeteur. Mais tu n'aurais pas tiré sur le policier français. Et je t'avais dit de tirer dans le dos, pour que tu puisses fuir, couvert par la foule.

Tu es des nôtres. Je vais te présenter un autre combattant, tu ne connaîtras que lui et moi. Moi, j'en connais un autre, qui me donne mes ordres, et personne d'autre. Si tu es arrêté, essaye de tenir 24 heures, après, tu dis tout. On sera loin.

Plus tard, dans le film, le colonel Matthieu explique à la presse la nécessité d'obtenir des aveux rapidement, par tous les moyens, justement à cause de cette tactique.

Premiers attentats, premières ratonnades chez les pieds-noirs, contre les "crouilles". De préférence des innocents, ceux qui viennent travailler dans la ville.

Peur et surprise : la Casbah, la honte d'Alger l'européenne, est entourée de sacs de sables, de points de contrôle. En France, on ne comprend pas. Un policier à Alger explique au téléphone, "ils ne peuvent être qu'une poignée de voyous, cela fait 130 ans qu'ils nous aiment, dans ce pays !"

L'armée arrive en renfort, des appelés pas très expérimentés. Ils embarquent un pauvre vieux pas très reluisant, donc dégoutant aux yeux des bidasses, pas de passe : "j'li ai oublii, y retourne chi moi li cherché", allez, les flics, embarquez le !

Un autre bidasse commence a fouiller une femme toute de blanc vêtue et voilée. Elle se met dans une rage folle, hurle, un soldat intervient, explique au premier "tu ne sais pas qu'il ne faut pas toucher à leurs femmes !"

Mais les attentats se poursuivent dans la ville européenne. Alors la haine et la panique augmentent, les contrôles sont plus hargneux, la Casbah devient une vraie prison, mais du même coup, elle est nettoyée de ses indics, pour le FLN .

Les enfants jouent un rôle important dans ce film. Une scène cruelle les montre s'acharner sur un vieil alcoolique qui essaye de monter un interminable escalier. Ils le chahutent jusqu'en haut, où il finit en rampant. Et la meute d'enfants se déchaînent, le fait rouler sous les coups jusqu'en bas. Il ne se relève pas.

L'humiliation subie à tout instant aux points de passage, amène le FLN à une autre tactique.

Des femmes dévoilent leur courage, se dévoilent, coupent leurs cheveux, se maquillent, sous les yeux horrifiés de leurs mères en pleurs. Ces jeunes filles sont presque inexpressives, déterminées, elles font penser à des robots que rien n'arrêtera.

Effectivement, ces jolies arabes "occidentales" passent sans problèmes les points de contrôles, sous les compliments des appelés dragueurs, contents de voir qu'il y a des femmes qui semblent préférer la civilisation, les pauvres, obligées de vivre dans la Casbah, on ne peux pas les tracasser, ces mignonnes, pour des sacs à main tout à fait féminin. Vous feriez cela à Paris ?

Donc, elles déposent leurs sacs à main, elles ont toutes réglées leur montre, s'installent chacune dans un lieu de débauche où les civils dansent, insouciants. Elles s'en vont, tout le monde comprend, on n'arrête pas de les draguer.
Ce furent les dernières explosions dans l'Alger européen.

Maintenant, les français métropolitains commencent leurs ratonnades, à Paris.
D'autres se demandent pourquoi on envoie leurs enfants guerroyer 2 ans pour ces pieds-noirs. Les bidasses écrivent à leurs familles. Racontent. Non, ce n'est pas un département français, c'est un peuple qui résiste à l'humiliation. Oui, on torture, comme la Gestapo.

Sous les applaudissements, arrive en fanfare le colonel Mathieu. Vive les paras ! Ils se sont battus en Indochine, et ce n'est pas la jungle, ici ! On va gagner, les mater.

Le colonel Matthieu brieffe ses hommes : "Certains d'entre vous ont peut-être attrapé le ténia."
A cet instant du film, je souris. J'ai eu le ténia en Algérie. Je maigrissais à vue d'œil. C'est donc un ver solitaire local ?

Pour résumer, il explique qu'il suffit de tuer la tête du FLN, comme un ténia. "Le chef connaît deux hommes, qui à leur tour en connaissent deux autres. C'était un peu la base de l'organisation des résistants, ainsi qu'en Indochine. Le tout compose un ensemble de pyramides."

Mais c'est la grève générale. Perte de temps. Alger au point mort. Mais la Casbah meurt de faim, malgré les provisions. Et le colonel poursuit et accélère les traques, fait parler les prisonniers.

Je vous passe les scènes violentes des descentes dans la Casbah. Les chefs du FLN sont tués, ne se rendent pas, sauf un, qui ne peux rien dire, de toute façon, il n'y a plus personne a dénoncer plus haut. Un autre, découvert, préfère se faire sauter, en même temps que les soldats qui l'ont cerné.

C'est donc bien vrai, mon père m'avait dit que techniquement, la guerre d'Algérie avait été gagnée par les paras. Alors pourquoi avoir accordé l'indépendance ?

On le comprend dans le film.
Après 2 ans de calme, mais de méfiance et défiance, un jour, tous les algériens envahissent par milliers la ville d'en bas, une foule immense, brandissant des drapeaux algériens faits de chiffons, fabriqués avec n'importe quoi.

On peut ratonner un groupe, on peut bloquer tous les accès de la Casbah, on ne peut plus mater ce qui est partout, unanime, ubique, la force d'une nation qui a eu 130 ans d'humiliations.

Parce que le colonel a commis une seule erreur, sous les yeux réprobateurs du concert des nations : en abattant le FLN, dont il commençait à admirer le courage de leurs chefs, il a forgé avec des martyrs l'âme d'une nation, qui n'a plus besoin d'armes, seulement des drapeaux de chiffons.

Il n'y a pas une seule allusion au général De Gaulle, dans ce film qui ne parle que de la bataille d'Alger en 1957.

Je rajouterai donc ce que j'ai entendu il y a quelques jours dans une interview télévisée de Pierre Messmer, ancien ministre de la Défense, au sujet de ses contacts avec De Gaulle à cette époque.

- mon général, il y a le problème des harkis, des pieds-noirs, ils sont trop nombreux pour rentrer. Nous avons gagné cette guerre. Je vous comprends, ne pourrait-on rester, essayer d'accorder l'autonomie, et conserver une autorité de protection ?

- Vous voulez que ça recommence ?

APRES :

Mars 1962 :


A part quelques S.A.S., qui refusent pour la première fois de désobéir aux ordres, l'armée française reçoit l'ordre d'embarquer en refoulant les harkis, pourtant français, et appartenant à l'armée. Même ceux qui réussissent à embarquer sont renvoyés en Algérie.

En été et automne 1962, 150 000 harkis seront atrocement massacrés, ainsi que leurs femmes et enfants.

Le harki de Tébessa aurai du tuer sa femme et sa fille, au lieu de se tirer une balle dans le ventre.
Ma copine, qu'est-ce qu'ils t'ont faite, a toi et ta maman….

C'est raconté là :
http://www.chez.com/justiceharkis/MASSACRE.HTML
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colbrune
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MessageSujet: Re: Une colonisation qui a laissé des traces   Jeu 7 Sep - 15:07

Un petit pavé :

http://livres.fluctuat.net/blog/8332-a-40-ans-le-petit-robert-est-il-devenu-reac-.html
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Seuguh
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MessageSujet: Re: Une colonisation qui a laissé des traces   Jeu 7 Sep - 15:48

Je croyais que c'était un pavé de lecture, d'où mon hésitation à ouvrir ce lien, mais en fait, il s'agit d'un pavé dans la marre farao

De toute façon, le Petit Robert est toujours plus conservateur que le Petit Larousse...

Mais là, oui, ça choque un peu, même si l'expression "mise en valeur" peut être interprété de façon économique, et donc, en terme d'exploitation...
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xian
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MessageSujet: Re: Une colonisation qui a laissé des traces   Ven 8 Sep - 5:37

L'histoire du Monde n'étant que celle des diverses migrations (que l'on peut appeler si l'on veut "colonisation") depuis les passages Indo-européens jusqu'aux boatpeople de Lampedusa (en passant par la marche papale pour diviser la Terre en deux hémisphères en massacrant les Mayas et autres Aztèques) quel est l'intérêt réel de tenter de faire disparaître les traces (ou d'en modifier les causes, raisons et conséquences) de tel ou tel autre fait historique passé ?
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rotko
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MessageSujet: Re: Une colonisation qui a laissé des traces   Ven 8 Sep - 7:36

On peut certes remonter loin et noyer le poisson, mais il faut bien regarder le passé sans se mettre un bandeau coloré sur les yeux.

Que la colonisation ait consisté à une mise en valeur, je rejoins Seughu : mise en valeur au profit de qui ? Voir la colonisation comme une entreprise philanthropique est aussi hasardeux que d'attribuer des préoccupations sociales généreuses à l'actuel MEDEF, à mon avis.
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rotko
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MessageSujet: Re: Une colonisation qui a laissé des traces   Sam 9 Sep - 20:51

Citation:
Et qu'était la colonisation de nouvelles terres sinon l'exploitation, la mise en valeur de ses richesses, au bénéfice des colons ?


Alain Rey responsable du robert.
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rotko
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MessageSujet: Re: Une colonisation qui a laissé des traces   Lun 11 Sep - 12:42

Propos d’un gauchiste ?

Citation:
Dans sa revue des fléaux de sottise et de haine auxquels il s’attaque, Fernandez a traité les divers racismes, les diverses exclusions. Comme nous sûmes bien éliminer ! Et l’Afrique ? Et l’homme noir ? L’écrivain aborde le sujet dans Jérémie !, Jérémie ! - titre qui conviendrait à un gospel. Il choisit de regarder en priorité les descendants des déportés d’Afrique vers les Caraïbes, des millions d’esclaves arrachés à leur vraie vie. Les déportations, de mieux en mieux organisées et rentables, payèrent l’architecture des villes atlantiques, enrichirent nos beaux esprits.


Citation:
Et cela dura jusqu’à nos récentes républiques. Ils nous font rire, les bons apôtres de la « repentance », les escamoteurs d’un crime. La traite ! On a toujours pris en France la chose à la légère : oncle Tom, Y’a bon Banania. Même "le Nègre de Pontarlier " Toussaint Louverture : le froid Jurassien a de grandes vertus…Voluptueux, chanteur de romances créoles et buveur de ti punch : nonchalance, madras, biguines, colliers choux - chers esclaves… on lit Césaire, on lit Glissant : on a raison, ils sont de grand poètes […] Le Roots français, le gros roman sur la traite française reste à écrire.


Ce gauchiste, c’est Michel Tournier dans le Figaro magazine du 11 mars 2006 p 69.
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Utopie
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MessageSujet: Re: Une colonisation qui a laissé des traces   Lun 11 Sep - 13:34

Un gauchiste au Figaro Magazine lol!
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