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 Laurent Gaudé

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coline
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MessageSujet: Laurent Gaudé   Mar 10 Jan 2006, 18:31

Gaudé, l'auteur du soleil des scorta


a aussi écrit :

"Les sacrifiées"

Mais qui sont donc ces « Sacrifiées » et que raconte cette pièce conçue comme un tryptique ?
Les « sacrifiées » s’appellent Raïssa, Leïla et Saïda, leurs prénoms disent leur origine . Elles appartiennent à trois générations différentes. A travers leur histoire, se raconte l’Histoire…L’Histoire de l’Algérie, depuis la guerre d’indépendance jusqu’à la montée de l’islamisme, en passant par l’émigration – comme autant de cicatrices.

Prix Goncourt en 2005 pour "Le soleil des Scorta", Laurent Gaudé,est un merveilleux conteur d’histoires épiques. Son langage est à la fois si simple et si percutant, si fort.

On retrouve dans « Les Sacrifiées » le thème qui lui est cher : celui de la malédiction qui se perpétue. Ici, elle se décline sans cesse sous un nouveau visage : la guerre, l’émigration, la montée du fanatisme.

On découvre d’abord Raïssa en Algérie pendant la guerre d’indépendance. Maudite parce que sa mère est morte en la mettant au monde, « Fille tueuse de mère » (c'est comme ça qu’on l'appelle), elle est condamnée à mendier, à errer par les collines, ravitaillant parfois les fellagahs…

Leïla, elle, est la fille de Raïssa. Au moment de l’indépendance, Raïssa qui vient de la mettre au monde confie son bébé (je ne veux pas dire pourquoi) à un couple de harkis qui prend le bateau pour la France. Direction Nanterre… Devenue adulte, Leïla , très perturbée, entend enfin de la bouche de sa mère adoptive la vérité sur son passé. Elle décide alors de retourner en Algérie pour retrouver sa mère et tenter de refermer la blessure de l'abandon …

Quant à Saïda, c’est une jeune fille d’aujourd’hui, en Algérie … Une Algérie en pleine construction, libre mais pas complètement, où les femmes n'ont pas encore de place.
Saïda lutte pour l’émancipation de la femme : dans sa famille, son village…On la verrait bien militer au mouvement « Ni putes ni soumises »…

Et à la parole de ces trois femmes que le sort réunit dans cette histoire, s’ajoutent les chœurs des villageois algériens , des soldats français, des émigrés, des jeunes algériens d’aujourd’hui.

Sacrifiées, femmes broyées, Raïssa, Leïla et Saïda témoignent pourtant d'un immense espoir : ces femmes, si pleines d'une envie de vivre, vont se rebeller contre la malédiction. Que chacune soit déracinée, farouche ou jugée indécente, son désir n’est pourtant que de liberté.

Les femmes algériennes, ne sont pas seulement des «sacrifiées», elles sont aussi et plus que jamais de magnifiques résistantes à la domination patriarcale
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coline
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Mar 10 Jan 2006, 18:34

La mort du roi Tsongor raconte le drame d’un royaume qui se déchire au coeur de l’Afrique ancestrale , une Afrique lointaine, imaginaire.

Il y a longtemps, Tsongor est parti de son royaume pour tout conquérir. Vingt ans de luttes et d'expansions, jusqu'au jour où il parvint au pays des rampants, ces êtres isolés en hameaux, maigres, raides comme des piquets, qu'il anéantit comme ses précédents adversaires. Tous sauf un : Katabolonga qui s'est fait la promesse d'être maître de la mort du roi Tsongor. Devenu porteur du tabouret d'or sur lequel trône le souverain, il est à la fois serviteur et veilleur de Tsongor, avec cette promesse suspendue comme une épée au-dessus de la tête de son maître.
Ayant retrouvé la paix, ils vivent à Massaba.
Or, "Depuis plusieurs semaines, Massaba était devenue le cœur anxieux d’une activité de fourmis. Le roi Tsongor allait marier sa fille (Samilia) avec le prince des terres du sel (Kouame). Des caravanes entières venaient des contrées les plus éloignées pour apporter épices, bétail et tissus. (...) Depuis des semaines, chaque habitant de Massaba, chaque nomade avait déposé, sur la place principale, son offrande à la future mariée. C’était un gigantesque amas de fleurs, d’amulettes, de sacs de céréales et de jarres de vin. C’était une montagne de tissus et de statues sacrées. Chacun voulait offrir à la fille du roi Tsongor un gage d’admiration et une prière de bénédiction".
Cet événement est censé être l'apothéose d'une vie tout entière consacrée à la guerre. «Il n'avait travaillé qu'à cela. Donner à sa fille un homme et unir pour la première fois son empire à un autre autrement que par la guerre et la conquête.»
C’est sans compter avec un autre prétendant à laquelle Samilia s’est promise quand elle était enfant, Sango Kérim.
Le roi ne peut choisir. Plutôt que de voir la guerre ruiner son splendide royaume, il préfère s’éteindre sous les yeux de Katabolonga, l’ami fidèle, l’unique survivant d’une tribu battue par Tsongor dans ses jeunes années, celui qui aida le roi de guerre à devenir un roi de paix. " Je sens le souffle violent de la guerre dans mon dos. Elle est là, oui. Je la sens qui fond sur moi et je ne sais pas trouver le moyen de la chasser. " « Dis-leur que je suis mort parce que je n’ai pas voulu choisir entre eux. Dis-leur que ce mariage est maudit parce qu’il a fait couler mon sang et qu’il faut y renoncer. Que Samilia reste vierge encore un temps. Puis qu’elle se marie avec un troisième homme. Un homme humble de Massaba. (…) Qu’ils repartent l’un et l’autre d’où ils viennent et choisissent une autre vie à mener. "
Tsongor charge Suba, son plus jeune fils, d’ériger à travers tout le royaume huit tombeaux à l’image de ce que fut son être à la fois vénéré et haïssable.

Samilia, telle Phèdre, se sait vouée au malheur : " Oui. Je suis aux deux. C’est mon châtiment. Il n’y a pas de bonheur pour moi. Je suis aux deux. Dans la fièvre et le déchirement. C’est cela. Je ne suis rien que cela. Une femme de guerre. Malgré moi. Qui ne fait naître que la haine et le combat ".
Alors, la mort du roi Tsongor raconte le siège de Massaba pour l’amour de Samilia, les douleurs d’une fratrie royale séparée par le destin. La belle Massaba, « bientôt ville exsangue, est livrée à la haine des deux camps qui s’affrontent. Et entraînent derrière eux toute la famille du vieux roi défunt. Sako et Danga, les jumeaux, choisissent chacun un camp opposé, Liboko, le cadet, périt. Samilia rejoint Sango Kerim, au nom du serment que, petite, elle lui a fait de l’épouser et éconduit Kouame le coeur meurtri. ».
S’agit-il d’une fable disant l’histoire d’une Afrique au passé glorieux, minée et presque anéantie par les guerres ethniques fratricides ?

Les personnages semblent sortis d’un conte africain (des mangeurs de khat déciment leurs ennemis dans le délire causé par leur drogue ; des chiennes de guerres, hommes travestis en femmes, humilient leurs ennemis en murmurant à leur oreille "je suis une femme et je te tue" tandis que des amazones providentielles chevauchent des zébus.
Mais on fait aussi le lien avec l’Antiquité. Samilia est à Massaba ce que la belle Hélène fut à Troie.Le personnage de Tsongor qui ne veut trouver le repos et accomplir le passage vers l’au-delà avant que son jeune fils ne soit revenu a d’étranges résonances égyptiennes
Et le roman déroule un récit mythique aux couleurs bariolées.
Extrait : « Les hommes d’Arkalas, tout peignés et apprêtés, se jetaient les uns sur les autres et se mordaient la chair jusqu’à la mort. Ils riaient de démence en se tuant. Dansaient parfois sur le corps de leur ami d’enfance. Et Arkalas lui-même, comme un ogre fou, cherchait des yeux partout quelqu’un de son clan pour lui ouvrir les flancs et boire son sang ».
Pendant ce temps, à dos de mule, Souba poursuit la vérité sur ce que fut véritablement le roi Tsongor. Son chemin lui révèlera aussi, amèrement, la vérité sur sa propre nature. Il comprend qu’il ne pourra réussir sa mission qu’en faisant l’apprentissage de la honte. Quelle honte ? Celle d’être le fils de Tsongor, ce roi que la guerre seule a rendu grand et que la guerre rendra au néant.
« Dans un silence profond, Samilia, sans un regard pour ses frères, tourna le dos aux deux armées et s’en alla... Elle vieillit sur les routes. Allant toujours tout droit. Elle finit par atteindre les limites ultimes du royaume. Et sans même s’en apercevoir, sans un regard pour ce continent qu’elle quittait, elle passa cette dernière frontière, s’enfonça dans des terres inexplorées. »
Souba reconnaît qu’il doit en plus du tombeau à son père, rendre hommage à sa sœur :« Car il sentait que cette femme était sacrée. Sacrée par tout ce qu’elle avait traversé. Sacrée parce que tous, un à un, sans même s’en apercevoir, l’avaient sacrifiée. »

Ce qui se dégage de ce roman c’est sa force, son exotisme . L’écriture simple et dépouillée de Laurent Gaudé est une langue poétique, envoûtante.
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coline
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Mar 10 Jan 2006, 18:35

Mais j'ai encore préféré celui-là...

« Le soleil des Scorta » est celui de la région des Pouilles en Italie (le pays de Gelsomina avant qu’elle ne prenne La Strada avec Zampano !). Un soleil écrasant plus précisément le village aux terres arides de Montepuccio. C’est là que vivent les Scorta.

L'histoire de la famille Scorta se déroule sur un siècle (1870 à nos jours).
Parce qu'un viol a fondé leur lignée, ils sont nés dans l'opprobre. Une famille de "pouilleux" qui peu à peu, sur quatre générations, parvient à subsister, à planter ses racines , à saisir sa chance, à transmettre ses valeurs ,à s'accorder aux beautés de sa terre natale
Ils vivent pauvrement, et ne mourront pas riches. Mais ils ont fait vœu de se transmettre, de génération en génération, le peu que la vie leur laisserait en héritage. Et en dehors du modeste bureau de tabac familial, leur richesse c’est une expérience, un souvenir, une parcelle de sagesse, une étincelle de joie.
Mais le sang des Scorta transmet, de père en fils, l'orgueil, la fierté, la démence et la rage de vivre de ceux qui, seuls, défient un destin retors . Un destin qui génère une solidarité familiale devant les difficultés. Quel que soit le métier (tenancier d’un modeste bureau de tabac ou contrebandier, travailleur des champs ou pêcheur), les modes d’existence des personnages, rien n’altère jamais ce sentiment très fort d’appartenir à un clan où chacun, enserré dans la chaleur des siens, « le soleil des Scorta », doit « faire de son mieux, puis passer le relais et laisser sa place. »

"Nous avons fait de l'huile avec des cailloux", "C'est de l'or, disait l'oncle. Ceux qui disent que nous sommes pauvres n'ont jamais mangé un bout de pain baigné de l'huile de chez nous. C'est comme de croquer dans les collines d'ici. Ca sent la pierre et le soleil. Elle scintille. Elle est belle, épaisse, onctueuse. L'huile d'olive, c'est le sang de notre terre."
ou encore
"Regarde la sècheresse de cette terre tout autour de nous, et savoure la richesse de cette huile. Entre les deux, il y a le travail des hommes. Et elle sent aussi cela, notre huile. La sueur de notre peuple. Les mains calleuses des femmes qui ont fait la cueillette. Oui. Et c'est noble. C'est pour cela qu'elle est bonne."

Il y a aussi les secrets. Comme ceux que la vieille Carmela confie à son contemporain, l'ancien curé de Montepuccio, avant que les mots ne viennent à lui manquer.

Roman profondément humaniste que ce dernier livre de Laurent Gaudé récompensé par le Prix Goncourt.
Réflexion sur la vie, sur les vies qui se succèdent de génération en génération. Est-ce que notre destin est marqué d'avance ? Suit-il un chemin tout tracé ? Est-ce que notre vie fait partie intégrante d'autres vies ? Est-ce que tout cela est écrit et que nous n'y pouvons rien ?
Roman de la haine, de la violence, de la misère mais aussi message d'espoir, d'amour, de foi en l'homme.
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colbrune
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Mar 10 Jan 2006, 22:34

J'aime beaucoup les textes de Gaudé pour le théâtre, je pense les avoir presque tous lus.

Autre court roman de Gaudé, très bon, mais très différent de Tsongor ou de Scorta, peut-être pour MerlineM: Cris, sur la Grande Guerre. C'était son premier roman.

Préciser peut-être aussi qu'il est édité chez Actes Sud, pour le théâtre en Papiers, et que Tsongor et Cris sont disponibles en Babel.
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coline
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Mar 10 Jan 2006, 22:54

colbrune a écrit:
J'aime beaucoup les textes de Gaudé pour le théâtre, je pense les avoir presque tous lus.


Salina est de la même veine que La mort du roi Tsongor. Un personnage de femme africaine magnifique. Le poids des traditions. Une histoire d'amour absolu et de cruauté aussi...
En trois parties:
-Le sang des femmes
-La dernière vertèbre
-Le don des larmes

Des dialogues et de longs monologues d'une intensité toute particulière.Et toujours l'univers mythique, épique de Laurent Gaudé.
Ce texte de théâtre se dévore comme un roman
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bertrand-môgendre
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MessageSujet: La mort du roi Tsongor de Laurent Gaudé   Ven 17 Nov 2006, 10:08

Massada ville fortifiée d’Israël ressemblant étrangement à Massaba. Elle lui ressemble par l’histoire de ce roi Hérode le grand qui la construisit, par le long siège de sept mois entrepris par les légions romaines pour conquérir cette forteresse, par ses batailles féroces. Plutôt que de se rendre, les défenseurs avaient mis le feu, et s’étaient suicidés collectivement. Quelques similitudes lointaines nous rapprochent de l’histoire de Laurent Gaudé .
Le roi Tsangor, régnant sur un pays du continent africain, est placé face à un dilemme insoutenable : qui choisir comme prétendant pour sa fille afin d’éviter la guerre ? Son choix, pathétique, rivalise entre l’abnégation de l’être mauvais dont il s’arrogea le pouvoir suprême et la monstrueuse machination lui prédisant un avenir sans gloire pour lui et sa descendance. Comme un sursaut d’orgueil ultime, il voulut avant sa mort missionner son plus jeune fils dans une entreprise pharaonique : construire à travers tout son royaume, non pas un, mais sept tombeaux somptueux. Etaient-ce des mastaba ?
Massaba capitale du royaume Tsongor. Tsongor le souverain dirigeant un territoire immense, aux terres lointaines conquises après de longues années de guerre. De guerre il est question tout au long de ce conte africain , véritable légende vivante imprégnée de sable rouge et de pierres acérées. Gaudé raconte l’épopée sanglante d’une famille douée pour l’asservissement des peuples vaincus. Tsongor gouverne cette autocratie phallocrate, rivalise de concupiscence décadente et de compromission démoniaque. Tel un guerrier sanguinaire, le roi s’attend à mourir par la main de son pire ennemi : Katabolanga. Cet ancien chef de tribu s’enrôla volontairement au service du roi, pour devenir au fil des années outre son porteur de tabouret doré, son ombre, son confident.
L’histoire a des accents de tragédie grecque lorsque se jouent les situations cornéliennes si bien mises en scène par Gaudé. Passion des sentiments exacerbés Sango Kemin et Kowane les deux jeunes loups prétendent posséder la fille du roi : Samilia.
Fierté mâle, cruauté carnassière, imbécillité aveugle, ainsi se déroule une grande partie du roman noyé de guerre, rythmée par les incessantes batailles meurtrières.
Si une légende permet d’enjoliver les héros, celle-ci renvoie les protagonistes à leur seul destin cousu d’atrocité bestiale.
Lors de votre prochaine visite au palais de Khazné à Pétra (site creusé dans les roches calcaire de l’Egypte), vous réveillerez les fantômes maléfiques en racontant autour de vous ce que vous avez retenu du roi Tsongor.
Pour ceux et celles qui n’ont pas l’esprit arrogant méprisable, cousu sur carapace épineuse, laissez ces féroces voraces s’étriper. Attendez le prochain bateau livrer pour vous des histoires moins sordides.
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coline
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Jeu 25 Jan 2007, 17:27

ELDORADO

Depuis le mois d’octobre ce livre m’attendait…Je faisais toujours passer un autre, puis un autre avant…
Pourquoi ?
Peut-être la peur d’être déçue après avoir été enthousiasmée par Le roi Tsongor, Le soleil des Scorta et les pièces de théâtre de Laurent Gaudé, notamment Les sacrifiées.
Peut-être aussi à cause de quelques réserves émises çà et là par les critiques…J’avais lu « trop superficiel », « pas assez travaillée l’écriture », « le sujet méritait mieux que ça »…

Comme quoi rien ne vaut une estimation personnelle en matière de lecture…J’ai a-do-ré ce roman !
Son sujet : l’émigration clandestine en Europe.

« Pour la mafia des pouilles, en Italie, l’argent généré par le trafic d’immigrés est devenu supérieur à l’argent généré pas le trafic de drogue. » dit Laurent Gaudé dans une interview.

Puis :
« J’ai été un peu rattrapé par cette réalité-là, les images de l’assaut des barbelés des enclaves espagnoles au Maroc, les images d’émigrants africains tentant de passer à Ceuta et Melilla »

Voilà l’actualité brûlante qui a inspiré ce roman humaniste et bouleversant. Bouleversant à faire pleurer d’émotion tant les situations sont cruelles. Et tant certains hommes qui les vivent, à la limite de devenir des bêtes pour sauver leur peau ou appliquer les lois, ont en eux au dernier moment de magnifiques sursauts d’humanité.
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rotko
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Jeu 25 Jan 2007, 17:33

Ne pas oublier de voir Gaudé au rayon théâtre Scènes et tréteaux.

On y parle des sacrifiées et de combat de possédés.
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Jeu 25 Jan 2007, 18:03

Eldorado

L’action d''Eldorado' se déroule entre le Moyen-Orient, l’Italie et l’Afrique. C’est le récit des destins croisés d'un commandant et d'un candidat à l'émigration.

Le commandant Salvatore Piracci est un gardien des frontières. Patrouillant au large de la Sicile, il tente d’endiguer depuis plus de vingt ans, aux commandes de son navire, le Vittoria, le flot des émigrants qui tentent d’aborder les côtes européennes.
Un jour, une femme qu'il avait sauvée vient lui demander, avant de repartir au Proche-Orient, de lui donner une arme. Une arme pour se venger des passeurs qui l'avaient abandonnée en pleine mer où elle a perdu son enfant.
Ecoutant son récit, Salvatore Piracci a une prise de conscience :

«Je me dis que je ne suis que la malchance, le visage laid de la malchance. Ceux que j'attrape ne sont qu'une infime partie de ceux qui tentent la traversée [...] Depuis près de vingt ans, je promène ma silhouette sur la mer et je suis le mauvais œil qui traque les désespérés

Ses dernières interventions lui semblent au-dessus de ses forces .

Extrait :

« Ils finirent par apercevoir les embarcations. A deux cents mètres. A peine. Ballottées par les flots.
- Combien ? demanda le commandant.
- Deux, répondit Gianni.
- Deux, çà ne suffit pas, maugréa le commandant à part soi.
Le surgissement de nulle part de la frégate fut accueilli par des hurlements de joie dans les deux canots. « C’est bon signe », pensa le commandant. Il savait que les hommes véritablement épuisés, ceux qui ont vu mourir leur voisin ou qui se battent contre la faim, ne crient pas.
Gianni jeta une échelle de corde et l’opération de montée à bord put commencer. Il n’y avait manifestement pas ni blessés ni personne dont l’état empêchait le transport. Cela allait être simple et rapide. Le commandant resta sur le pont et observa les silhouettes qui, les unes après les autres, s’extrayaient de leur canot et s’agrippaient avec rage à l’échelle qui allait les sauver. Pour un instant encore, il était en train de sauver des vies. De soustraire des êtres à l’engloutissement. Pour un instant encore, il n’y avait que cela. Dès qu’ils auraient tous pris pied à bord, il allait devoir redevenir le commandant italien d’un navire d’interception. Il aurait voulu que cet instant s’étire éternellement, que ce soit cela son métier : une quête dans la nuit à la recherche d’embarcations perdues. Un combat entre lui et la mer. Rien d’autre. Reprendre les hommes à la mort. Les extirper de la gueule de l’océan. Le reste, tout le reste, les procédures d’arrestation, les centres de détention, les tampons sur les papiers, tout cela, à cet instant, était dérisoire et laid.
»'

Le commandant Piracci abandonnera sa fonction pour entreprendre un voyage vers le sud. Il veut remonter le chemin des immigrants.
Il va croiser Soleiman, candidat soudanais à l’émigration, sur un marché à Ghardaïa en Algérie.
Soleiman, que son frère Jamal a accompagné jusqu’à la première frontière. Soleiman, si jeune et longtemps si seul pour accomplir un terrible voyage initiatique.
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Jeu 25 Jan 2007, 18:09

Eldorado

Laurent Gaudé est un écrivain (excellent) de théâtre et cela se sent.
C’est une tragédie qu’il écrit dans une langue douce et évocatrice au souffle épique .
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Jeu 25 Jan 2007, 18:33

très bien coline, pour donner l'envie d'Eldorado.
Je peux, tu crois, envoyer un lien sur un autre forum pour le commentaire de "le soleil des Scorsta" ? Si non, je le copie ici.
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rotko
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Jeu 25 Jan 2007, 18:35

oui, oui, copie-le ici Razz
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Jeu 25 Jan 2007, 18:50

Finalement c'est plus simple de copier le commentaire.

A propos du le soleil de Scorta :

Lorsque Pierre Jourde revisite son pays natal (« pays perdu »), sec, aride, lozérien, aux habitations rustres pauvrement meublées par des paysans crasseux, c’est uniquement pour y décrire quelques images dévalorisantes d’habitants peu évolués, dont l’autarcie victimise l’aliénation à d’ancestrales coutumes « légumières ».
Laurent Gaudé, auteur de ce roman, "le soleil des Scorta", épousant son origine italienne, nous invite chez lui, dans ce pays sud Italien, au sein de sa belle-famille. En toile de fond, se trame l’hospitalité rugueuse des villageois. Pêcheurs ou cultivateurs sur chacun d'eux se dessinent au couteau, la profondeur de leurs traits , burinés d'accents silencieux. Les regards inquisiteurs déposés sur le visiteur, l’aguerrissent d’emblée à la morsure des éclats de soleil, aveuglant l’imprudent aux heures chaudes de l’été.

Lorsque Garcia Marquez avec « cent ans de solitude », traverse les générations d’une famille aventurière, conquérant pouvoir et destinée, à force d’intrigue et de pression violente, Laurent Gaudé lui, installe ses personnages sur une chaise, à l’ombre d’un olivier, pour écouter tranquillement la confession d’un Scorta sur le point de partir.
Laurent Gaudé satisfait les désirs de gloire des protagonistes en les réunissant au complet lors d’un banquet mémorable, sur un malheureux ponton en bois « trabucco ».

Si Giono cultive le cinabre ou distille le pastel, Laurent Gaudé crépit de sueur les pierres des murs des petites maisons serrées, offertes aux vent de l’Adriatique.
A l’huile d’olive, mélangée aux pierres des collines sèches, la vie fluide des Scorta trace un sillon invisible, comme sang de rocaille sur les pavés de ce village de pêcheurs (les habitants des Pouilles sont ils des pouilleux, au point d’imaginer qu’une union non approuvée par l’ensemble du village, soit un viol de la loi ?)
Ce soleil brûlant dégusté, par les Scorta est une aventure humaine, si quelconque, dans sa banalité qu’elle en devient poignante. A l’œil qui scrute l’horizon en quête de vie meilleure, l’écrasante chaleur dilue la volonté du rêveur, et si le mirage des jours nouveaux s’estompe peu à peu, c’est pour mieux apprécier la présence des proches (vivants ou non) qui le retient sans trop savoir pourquoi :
« il faut juste faire de son mieux, puis passer le relais et laisser la place »

La vie du clan Scorta, nous accapare tant par ses non-rebondissement, par sa non-aventure pittoresque, qu’on en oublierai presque qu’il existe une autre vie dans le village de Montepuccio.
Le roman est construit autour d’une somme de petits riens qui soude la famille dans l’existence laborieuse des petites débrouilles en évitant toutefois de se compromettre dans la facile dérive du vieux respect puant de l’homme pour l’or.
Chaque membre du clan n’est rien ; il existe uniquement car :
« le nom des Scorta passe à travers lui ».

Parce que l’insignifiance des êtres, peut se conjuguer avec la magnificence de la terre, la raison garde en mémoire, les bienfaits de ce monde (bertrand-môgendre)
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coline
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Jeu 25 Jan 2007, 19:03

Je pense que tu as vu, Bertrand, que j'avais aussi posté il y a longtemps sur Le soleil des Scorta.

A tous ceux qui aiment Laurent Gaudé, je dirais de lire au moins une de ses pièces, plutôt Les sacrifiées. Je l'ai également commentée sur ce même fil.
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bulle
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Dim 28 Jan 2007, 21:45

Laurent Gaudé est un de mes auteurs préférés.J'ai les mêmes goûts que coline parce que j'ai lu qu'elle avait aimé l'histoire de l'amour de Nicole Krauss et les livres de Jonathan Safran Foer et aussi tous les Murakami.
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Moon
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Lun 26 Fév 2007, 09:14

La mort du roi Tsongor

C'est un roman très fort et bien écrit. Le cadre est comme souvent avec Laurent Gaudé ce que j'ai le plus apprécié.
Néanmoins, ce roman ne semble pas m'avoir marqué plus que cela. J'ai aimé, mais j'ai oublié la trame du récit, les péripéties des personnages. Seule reste l'atmosphère.

Le soleil des Scorta

J'ai commencé par celui-ci, et si La mort du roi Tsongor est bien, celui-là, à mon avis, frôle les plus hauts sommets.
L'atmosphère brûlante, la force des personnages, j'ai tout aimé dans ce roman. Il me semble qu'un résumé a déjà été fait dans ce fil... non? Moon flemmarde


Dernière édition par Moon le Jeu 21 Mai 2009, 06:22, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Ven 22 Juin 2007, 05:40

et voici le petit dernier

clic !


4 textes dans 4 décors : à Saint-Malo, à New York, à Lisbonne, à Maputo capitale du Mozambique.

Sang négrier évoque une chasse aux esclaves,

la Nuit Mozambique quatre amis portugais se remémorent Maputo avant l'indépendance

Si Gramercy Park Hotel ouvre une porte à l'amour, les deux précédents textes sont assez sombres.
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Dim 16 Mar 2008, 12:08

Je ne sais pas si je dois en parler ici ou sur le fil consacré à Gaudé, mais il faut en tout cas que je vous en parle !
J'ai lu hier Cris. Et j'ai adoré. Je m'étais déjà laissée envoûter par la mélopée du Roi Tsongor et incendiée par le Soleil des Scorta. Cris, c'est presque un récit sonore. Et on pourrait, comme Faulkner, emprunter à Shakespeare son vers sur "le bruit et la fureur", tant c'est de cela qu'il s'agit. D'hommes qui hurlent et qui se battent. Contre l'ennemi. Contre l'autre. Contre la folie. Contre eux-mêmes.
Avec, entre autres, cette phrase magnifique : Le sang nous est compté.

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rotko
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Dim 16 Mar 2008, 14:01

traversine a écrit:
Je ne sais pas si je dois en parler ici ou sur le fil consacré à Gaudé, mais il faut en tout cas que je vous en parle !
J'ai lu hier Cris. Et j'ai adoré.

Excellente occasion pour remettre Laurent Gaudé à l'ordre du jour ! ce que tu en dis induit à la tentation Smile
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Moon
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Mar 16 Sep 2008, 16:22

Personne n'a encore parlé du dernier Laurent Gaudé : La Porte des Enfers ? Il me semblait pourtant ! scratch



Laurent Gaudé nous entraîne dans les rues de Naples à deux époques différentes pour nous raconter l'histoire de Mateo.
Les premiers chapitres sont un peu déroutants, on comprend mal qui est cet homme qui se dit être le fils de Mateo alors que celui est censé être mort. Mais c'est là tout le sujet du livre, la perte de cet enfant et son retour suite à l'impossibilité pour le père de s'y résigner.
L'écriture de Laurent Gaudé est sobre et l'on peut parfois palper l'émotion ressentie. Néanmoins, même si l'on passe au-dessus de l'intrigue peu réaliste et que l'on se laisse porter par l'imagination de l'auteur on a parfois du mal à y croire. Les premiers instants où Laurent Gaudé décrit la douleur des parents sont très émouvants mais l'on tombe un peu trop dans le pathos. Peut-être à la manière des tragédies antiques mais malheureusement cela ne suffit pas, de la même manière que l'exploration de certains mythes fondateurs ne suffisent pas à faire décoller l'oeuvre et à lui donner un peu plus de consistance. J'aime beaucoup Laurent Gaudé et j'ai apprécié la lecture de ce livre, cependant s'il s'agit d'un des bons romans de la rentrée, on en sort un peu déçu (comme pour la plupart des romans français contemporains) se demandant ce qu'il manque.


Dernière édition par Moon le Jeu 21 Mai 2009, 06:21, édité 1 fois
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Dindon
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Mar 16 Sep 2008, 16:58

J'oserais répondre. Il manque du souffle.
Je n'ai lu que "Le Soleil des Scorta", mais j'avais trouvé cela plat, très concis et l'atmosphère de cette famille italienne assez mal rendue.
En interview, j'ai lu l'autre jour qu'il était quand même déçu de ne pas être connu pour son théâtre. Il se considère d'abord comme un auteur à pièces.
Connaissez-vous ?
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Cécile
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Mar 16 Sep 2008, 17:57

moi moi m'sieur, je l'ai lu les enfers, sa porte... ben pas gai gai mais très bien écrit,est très axé sur la souffrance insurmontable, celle dont on espère un miracle pour qu'elle disparaisse, lui a trouvé une solution allégorique et pas sans rapport avec Hercule (la mythologie quoi). Ceci dit il dédie son livre à ses morts, ben j'aimerais pas en être, des siens.
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rotko
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Mar 16 Sep 2008, 18:21

Arc a écrit:
, j'ai lu l'autre jour qu'il était quand même déçu de ne pas être connu pour son théâtre. Il se considère d'abord comme un auteur à pièces.
Connaissez-vous ?

il faut regarder ici : j'ai lu, mais pas vu représenté Combat de possédés.

Des livres comme Eldorado chez Actes sud, un récit qui parle des gens du Sud voguant vers l'Europe/ Eldorado, ont été diversement appréciés. C'est pourquoi je m'étais rabattu sur Tahar ben jelloun avec Partir qui avait meilleure presse.
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Dindon
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Mar 16 Sep 2008, 18:23

Cécile a écrit:
moi moi m'sieur,
J'suis une dame ! pale

Ceci dit il dédie son livre à ses morts, ben j'aimerais pas en être, des siens.

Je ne sais pas ce qu'ils ont tous avec les morts cette année ! Jauffret et Lacrimosa fait dans le même registre, ou Valentine Goby et Qui touche à mon corps, je le tue (avec une héroïne qui attend d'être exécutée...).

A part cela, gardez le moral !
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Cécile
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MessageSujet: Re: Laurent Gaudé   Mer 17 Sep 2008, 07:55

... Oups Embarassed , désolée Madame Arc, comme quoi je ne suis pas perspicace, et ce n'est pas le moindre de mes défauts mais je ne m'étalerais sur le sujet c'est une surprise! cheese

oui, la mort, vaste sujet de questionnement, et on a rarement envie de s'y frotter, voir de s'en rajouter une couche en lisant les névroses des autres à son sujet tongue

(
sans rancune très chère, tu peux m'appeler monsieur si ça pouvait réparer l'outrage)
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