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 Otto Preminger

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MessageSujet: Otto Preminger   Jeu 06 Sep 2012, 15:05

Un livre revient sur la carrière du très talentueux Otto Preminger (un de mes réalisateurs préférés!)


De Laura (1944) à Rivière sans retour (1955) puis à Exodus (1960), du Cardinal (1963) à The Human Factor (1979), magnifique dernier film, Otto Preminger n'a cessé d'évoluer. Le Preminger que défendirent Jacques Rivette, Jean-Louis Noames ou Serge Daney au présent, dans les années 1950 et les années 1960, n'est donc pas le même que celui que relisent aujourd' hui, année après année, période après période, Olivier Eyquem, Chris Fujiwara, Christoph Huber, Pierre Léon, Miguel Marias et Mathieu Macheret.
Cet ouvrage ne rend pas seulement hommage à l'une des oeuvres capitales du cinéma hollywoodien. Il célèbre aussi sa plasticité, son évolution, c'est-à-dire son actualité.


J'ai beaucoup apprécié Laura, film qui se pose en cadre métafictionnel. La fiction à l'intérieur de la fiction déstabilise complètement le spectateur qui a été bien abusé tout le long.

On pense que Laura a été tuée, finalement, elle est vivante, mais on essaiera de l'assassiner par la suite.

On pense avoir trouvé le meutrier, finalement, ça en est un autre.

Il faut attendre les toutes dernières minutes pour voir l'intrigue résolue, à cet égard, c'est un film policier très réussi. De plus, les dialogues sont superbes.

A voir absolument!

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rotko
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MessageSujet: Re: Otto Preminger   Jeu 06 Sep 2012, 18:56


1949 : L'Éventail de Lady Windermere (The Fan ou Lady Windermere's Fan)

1954 : Rivière sans retour

1960 : Exodus

trois films tres différents que j'ai vus, un fil devrait exister sur GDS*

erreur de ma part ! L'Éventail de Lady Windermere c'est la version de Lubitsch que j'ai vue.

Exodus était un film à grand spectacle. Il posait problème, me semble-t-il; par les leçons que tirait Paul Newman de cet épisode dramatique.

La rivière sans retour, un film mythique dont je me souviens pour deux raisons : Marylin Monroe (+ john Wayne) chantait, et le radeau descendait le courant. belle chanson, d'ailleurs.


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Natalia
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MessageSujet: Re: Otto Preminger   Dim 09 Sep 2012, 15:12

Personnellement j'aimerais voir ce film Laura, ton commentaire me met l'eau à la bouche Aglaé.
Amatrice de polar, je suis intéressée
Merci cheers
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rotko
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MessageSujet: Re: Otto Preminger   Dim 09 Sep 2012, 16:05

je peux avoir laura, il suffirait de se mettre d'accord. En revanche je crains qu'il y ait une confusion avec les yeux de Laura, titre connu, que je n'ai point vu.

film de Irvin Kershner

Cette photographe voit par flash ce que voit un assassin au moment de tuer. Un enquêteur en chasse du serial killer envisage qu'elle dise vrai, et se rapproche d'elle. Laura voit soudain par l'il de l'assassin ces mêmes escaliers qu'elle vient de monter
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MessageSujet: Re: Otto Preminger   Dim 09 Sep 2012, 16:42

Mon réseau n' a pas Laura

Je peux avoir La rivière sans retour ouCharmante famille ( un montage ? scratch )
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rotko
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MessageSujet: Re: Otto Preminger   Dim 09 Sep 2012, 16:54

moi j'ai 7 titres de Preminger.

Pour l'instant tarkovsky est le réalisateur du bimestre. J'ai dèjà l'enfance d'Ivan.

Une fois le programme fixé, on s'y tient, quitte à faire un petit détour sur une autre piste, à l'occasion.

Je reste donc sur Tarkovski en priorité. La BPI prête aussi des DVD...
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Natalia
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MessageSujet: Re: Otto Preminger   Dim 09 Sep 2012, 17:33

Pour Tarkovsky ma bib a quelques titres je vois ça mardi
j'en profiterai pour demander Preminger
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rotko
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MessageSujet: Re: Otto Preminger   Sam 13 Oct 2012, 06:20





Avec : Gene Thierney (Laura Hunt), Dana Andrews (Mark McPherson), Clifton Webb (Waldo Lydecker), Vincent Price (Shebley Carpenter).

point de départ : qui a tué Laura ? l'inspecteur fait la tournée des suspects.

je l'ai vu hier soir ! un film qui repose sur le subterfuge et l'ambiguité.

Subterfuge, puisque tel personnage est substitué à un autre, telle horloge est identique à sa jumelle, et que plusieurs personnes dont le spectateur tombent dans le miroir aux illusions, prenant le reflet pour l'objet premier.

ambiguité, puisque les personnages jouent sur plusieurs tableaux, l'un dit aimer telle femme et en courtise une autre, l'autre cache bien son jeu d'homme violent et passionné. Chacun ment, pour de bonnes raisons, et il faudrait les remercier !

Et Laura ? comment lui faire confiance ? quelle image d'elle correspond à sa personnalité ? choisit-on l'original ou le tableau ?

J'ai apprécié

- l'humour des réparties, un vrai don de l'auteur,

- les situations où l'athlète se fait consoler ("mon gros bébé")d'un coup de poing dans le bide, où l'inspecteur se fait piéger ou piège autrui, où l'homme-star de la radio présente ses excuses en public etc.

Reste que le film date un peu, malgré son côté chic (appartements, attitudes), qu'il est bien puritain (l'amant surpris devant sa maîtresse : il assistait sagement à son petit dejeuner au lit !), qu'on est dans le film policier classique et stylé, avec dépositions successives, indices, déductions et coups de théâtre.

l'avis du ciné-club de Caen
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MessageSujet: Re: Otto Preminger   Sam 13 Oct 2012, 12:17

Oui Rotko, c'est un policier classique et stylé (et qui date bien entendu) mais il pose de façon très intéressante (et peut être même moderne) la question de la persuasion par l'image. La scène au cours de laquelle Macpherson rencontre Laura pour la première fois est superbe car tout le monde doute :

-le policier doute du retour à la vie d'une morte (on est presque dans le fantastique)

- le spectateur doute des images de Laura, toujours données par Lydecker ou Macpherson

Le portrait qui trône dans le salon représente bien la fantasmagorie construite par chaque personnage autour de Laura. Quand elle réapparaît avec son chapeau et ses airs angéliques, on est loin de le femme dépeinte.

Le film montre à plusieurs niveaux comment l'image recouvre la réalité par différentes représentations qui seront déconstruites une à une. La scène où Lydecker s'évanouit en voyant Laura, qu'il pensait morte est illustrative. Nous sommes complètement bernés. A ce moment, on pense qu'il est pris par l'émotion de la retrouver, mais à la fin, une seconde interprétation s'impose : il était en fait choqué d'avoir manqué son coup !

Je trouve que tout ce climat ambigu empêche de définir radicalement le film. Est-ce un film noir ? Pas vraiment, il ne remplit pas toutes les caractéristiques. A noter qu'il n'y a pas de femme fatale, car Laura n'en est vraiment pas une : elle n'a rien de cruel et de destructeur, elle n'est pas manipulatrice mais devient au contraire la victime des perversions de son ami. Ici, c'est bien l'homme qui domine la femme, et pas l'inverse. D'ailleurs, elle parle peu et n'est vraiment là que durant la 2eme partie du film, c'est bien la voix de Lydecker qui est omniprésente.

Le personnage inquiétant n'est pas la femme mais bien Lydecker : il contamine d'une certaine façon Macpherson qui va reproduire les mêmes mécanismes d'appropriation du personnage de Laura.

Est-ce simplement un film à suspens ? Pas vraiment non plus puisque la narration en voix off faite par Lydecker transforme l'ensemble en un récit trompeur ; si trompeur qu'on doute non seulement de sa véracité (plusieurs indices sont distillés pour faire comprendre l'artificialité de la vision de Lydecker) et aussi de son existence même ! La présence de la fiction à l'intérieur de la fiction est constante, comme le symbolise la radio dans la scène finale. Lydecker récite un poème, il y a donc introduction de la fiction dans la réalité, mais il y a même copie de la fiction puisque l'émission est enregistrée, l'homme peut parler à la radio tout en étant près de Laura sur le point de l'assassiner !
D'ailleurs toute sa folie réside dans sa volonté de faire coïncider rêve (ou fiction) et réalité. Preminger centre tout le film autour de la force des images et de leur capacité de persuasion/manipulation.



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MessageSujet: Re: Otto Preminger   Sam 13 Oct 2012, 12:25

Certains critiques ont aussi vu dans le personnage de Lydecker la névrose provoquée par un déni de penchants homosexuels. Oui! certains considèrent que le journaliste incarne l'homosexuel qui ne s'assume pas. Plusieurs indices tendent à faire de lui un personnage dit ''efféminé'' :

-le film s'ouvre sur des images de son appartement, très décoré, signe d'un goût très prononcé pour l'esthétisme

-il prend son bain, et se déshabille ostensiblement devant le policier

-le policier, visiblement mal à l'aise, se concentre sur son jeu portatif de baseball, qui renvoie à une activité fortement masculine.

-leurs premiers dialogues ne sont pas sans renfermer une certaine ambiguïté

-son physique est aux antipodes de plusieurs autres modèles masculins : Macpherson, ou encore le fiancé (dont je ne me souviens pas le nom), il est petit, maigre au style un peu tarabiscoté alors que les autres prétendants de Laura sont grands, forts et athlétiques.


-Pourquoi Lydecker n'a jamais tenté sa chance auprès de Laura ? Il est pourtant présenté comme un homme sûr de lui et déterminé. On l'imagine mal intimidé par la situation. La pendule que tu mets en évidence Rotko est précisément le symbole de leur relation asexuée, purement intellectuelle.

A noter qu'il dit à un certain moment à Laura :

« When a man has everything in the world that he wants except what he wants most he loses his self respect. It makes him bitter, Laura. He wants to hurt someone as he’s been hurt » Phrase centrale !

C'est là qu'on peut en venir au côté puritain dont tu parles. Ce que Lydecker « désire le plus » pour reprendre la citation n'est certainement pas Laura, même si on pourrait le penser. Il est bien préoccupé par la question de la répression du désir sexuel (répression à la fois personnelle et sociale, nous sommes bien, comme tu le rappelles dans une amérique très conservatrice). Ici, tuer ou se faire tuer aurait tendance à symboliser la violence d'un monde où il ne faut pas sortir du cadre bien carré des images.

Pour moi, regarder un film noir, à l'occasion, est toujours agréable car il se base sur une esthétique qui lui est spécifique et qu'on ne trouve plus aujourd'hui : des contrastes importants entre le clair et l'obscur, la prise de vue par des angles inattendus, une utilisation subtile des profondeurs de champ, et surtout des vrais dialogues. Et, puis, ce sont des films, qui derrière leur apparente facilité, se décryptent, ce que j'adore.

Pour décrypter Laura avec Nicolas Saada

Je ne savais pas que tu projetais d'en regarder, sinon je t'aurais certainement conseillé Assurance sur la mort que je préfère de beaucoup à Laura.

Il reste qu'à mes yeux, Preminger est supérieur à Hitchcock, dont on aura sûrement l'occasion de parler.

Je te remercie d'avoir eu la curiosité de regarder ce film et d'en avoir parlé!
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rotko
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MessageSujet: Re: Otto Preminger   Sam 13 Oct 2012, 13:42

Belles analyses. L'hypothèse homosexuelle m'avait échappé.
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MessageSujet: Re: Otto Preminger   Lun 15 Oct 2012, 09:55

A propos de Mcpherson et des autres personnages:

Ce policier dur à cuir, le chapeau vissé sur le crâne, la mâchoire serrée, la cigarette au bec et vêtu d’un long imper beige à la Humphrey Bogart se caractérise de prime abord par des manières grossières et une prose machiste. Cependant, le lieutenant se révèle bien plus complexe qu’il n’y parait : il passe d’une posture d’enquêteur macho à celui d’amant passionné. A l’inverse, Waldo cache ses pulsions meurtrières envers les femmes derrière une galanterie de façade. Le journaliste est d’ailleurs un personnage ambivalent à plus d’un titre. Sa jalousie dissimule une identité sexuelle ambigüe. S’il veut mettre hors-jeu les amants de Laura, c’est parce qu’ils sont « beaux » et « musclés ». Son manque de virilité, qui l’empêche de posséder totalement Laura, le conduit en définitive à la tuer. A la fin, il lui avoue qu’elle est la meilleure partie de lui-même. En appuyant sur la gâchette du fusil, il chercherait donc à prendre définitivement possession de celle qu’il considère comme sa création, en plus de s’affirmer en tant qu’homme. Troisième protagoniste masculin, Shelby Carpenter se distingue par sa faiblesse de caractère et ses mensonges à répétition. Ce personnage à la forte carrure sert avant tout à brouiller les cartes dans le triangle amoureux qui se forme autour de Laura et à complexifier l’intrigue policière.

Les relations entre les êtres sont dominées par le mensonge et la manipulation. Journaliste de profession, Waldo Lydecker est un expert dans la déformation des faits. L’histoire est introduite à travers son point de vue au moyen d’une voix-off subjective. En tant que puissance omnisciente qui cherche à tout contrôler, Waldo apparaît comme un double fictif du cinéaste. Il bouge ses pions, modèle Laura comme une star, anticipe le déroulement des événements, met en scène les coups de théâtre, notamment celui à l’origine de la première rupture entre Laura et Carpenter. Le premier tiers du film nous est conté à travers son regard. Au cours du flashback relatant l’ascension de Laura dans la société, les rapports de force entre les personnages, signifiés à travers leur disposition précise dans chaque plan, permettent d’interpréter ce qui aurait pu pousser les deux principaux suspect à tuer Laura : la jalousie dévorante pour Waldo et la honte du rejet pour Shelby. Après le récit de Waldo à Mark, le point de vue glisse de l’un à l’autre grâce à un léger zoom sur le visage du lieutenant. Le spectateur suit alors Mark McPherson dans son enquête, qui se transforme en quête de la femme désirée. Se placer du point de vue des personnages permet au scénariste de ne pas révéler plus d’informations que ce que savent déjà Waldo Lydecker et le détective. Otto Preminger peut alors manipuler à sa guise le spectateur, en ménageant un coup de théâtre de taille : la résurrection de Laura, celle-là même dont on annonçait la mort dès la première phrase du film.

Pour poursuivre l'analyse
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MessageSujet: preminger   Lun 25 Nov 2013, 22:03

effacé


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MessageSujet: Re: Otto Preminger   Sam 21 Déc 2013, 06:58

Laura 1944, ce film ne fait pas son âge !

Dès les premières images, le film m'est revenu en tête, et je l'ai regardé avec plaisir.

Mais qui a bien pu tuer Laura Hunt (Gene Tierney), femme brillante à la beauté resplendissante? C’est ce que cherche à découvrir le lieutenant McPherson (Dana Andrews) qui mène son enquête suivi des deux principaux suspects : le journaliste Waldo Lydecker (Clifton Webb) qui a lancé la carrière de Laura dans la publicité, et l’héritier désargenté Shelby Carpenter (Vincent Price), fiancé à la jeune femme.

Sous le charme du portrait de la défunte, Mark McPherson ne tarde pas à compléter ce triangle amoureux...


Clifton Webb est d'une extraordinaire présence, et Gene tierney incarne bien un femme fatale dont tout lemonde tomba amoureux, y compris, post mortem, par l'intermédiaire de son portrait.

Intrigue reserrée, où chaque plan, nécessaire, envoie le spectateur vers des pistes, souvent fausses, comme chez Agatha Christie. Beau mécanisme d'horlogerie  Smile 

Un reproche ? les acteurs parlent trop, on voudrait une pause de silence, d'autant que les voix nasillardes de la version française sont désagréables.

tout , article images etc.
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MessageSujet: Re: Otto Preminger   Dim 29 Déc 2013, 07:29

Bonjour tristesse
1958
Avec Deborah Kerr , David Niven , Jean Seberg ...

Cécile vit avec son père, Raymond, veuf désoeuvré qui collectionne les aventures, au détriment de l'éducation de sa fille. Il la gâte, certes, mais ne la considère que comme une camarade. Alors qu'ils passent les vacances sur la Côte d'Azur en compagnie d'Elsa, la dernière conquête de Raymond, Anne, la meilleure amie de la mère de Cécile, fait irruption. Raymond, fidèle à lui-même, ne tarde pas à la séduire. Très vite, Cécile comprend le danger que représente Anne. Celle-ci, sincèrement éprise de Raymond, pourrait devenir un obstacle à sa vie facile si elle épousait son père. Considérant Anne comme une rivale, Cécile utilise donc tous les moyens pour l'écarter...

Le film repose sur un diptyque :

- en noir et blanc le présent, dans les caves de Saint Germain des prés. Cécile s'étourdit en dansant le rock avec des prétendants qui l'indiffèrent.

- en couleurs, l'été des 17 ans de Cécile en flash Back : une existence heureuse, insouciante et frivole, avec une liberté amoureuse -qui tournera mal.

Le début du film, l'été sur la côte d'azur, n'est pas bien réussi à mon avis : minauderies à n'en plus finir, à moins qu'on n'y voie une satire légère de milieux aisés, très occupés à ne rien faire - sinon boire et aller au casino, respectant quand même les apparences puisque les amours nocturnes restent très discrètes.

Toutefois de belles images de liesse aux villages, avec des robes de couleurs et des sarabandes joyeuses.

C'est le tournant du film qui accroche, selon moi, quand Anne veut jouer la belle-mère éducatrice, et contrarier ainsi la liberté capricieuse de Cécile, ce qui réveille chez celle-ci la perfidie de mises en scènes fatales.

Le film respire un air de libertinage élégant, mais avec des personnages fades à plaisir, sauf Anne (la future belle-mère). La première "copine" du père était selon Cécile, une ravissante idiote, ce dont le spectateur ne doute pas.

Cécile et son père mènent une vie complice, d'amours faciles, dans un climat de sensualité que les psy décrypteraient facilement. Ce n'est pas le but du film, il reste aussi superficiel et léger que les personnages, mais avec une lucidité critique intéressante.
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MessageSujet: Re: Otto Preminger   Dim 29 Déc 2013, 08:00

Rotko a écrit:
Ce n'est pas le but du film, il reste aussi superficiel et léger que les personnages, mais avec une lucidité critique intéressante.
nous sommes d'accord sur cet aspect, je t'avais parlé de la lucidité de Sagan. J'aime aussi son élégante légèreté, c'est sa marque de fabrique. Elle survole, elle regarde avec acuité, elle participe à la comédie mondaine, toujours un peu distanciée. Je me souviens surtout du livre.
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MessageSujet: Re: Otto Preminger   Dim 29 Déc 2013, 18:27

la chanson du film, par Juliette Greco

Bonjour tristesse

Depuis qu'on est ensemble
Tu viens chaque matin
Me donner la première caresse
Bonjour tristesse.

Amie qui me ressembles
Tu es le seul miroir
Où je peux contempler ma jeunesse
Bonjour tristesse.

Tu sais le secret de ma peine
Car c'est toi qui l'as bercé
Et s'il faut que je me souvienne
Tu viens poser ta main sur les miennes
Et toi tu n'oublies jamais
Depuis qu'on est ensemble
Tu es mon seul amour
J'ai trop de faiblesse
Pour te quitter
Bonjour tristesse

Depuis qu'on est ensemble
Tu es mon seul amour
Et j'ai trop de faiblesse
Pour te quitter
Bonjour tristesse.
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MessageSujet: Re: Otto Preminger   Jeu 02 Jan 2014, 10:05

Autopsie d'un meurtre (1959)

avec James Stewart, Lee Remick, Ben Gazzara

1/2

Paul Biegler, avocat plus ou moins retiré des affaires, consacre aujourd’hui l’essentiel de son temps à la pêche. Il se voit proposer la défense du Lieutenant Manion, coupable de l’assassinat de l’homme qui venait de violer sa femme

L’épouse du Lieutenant s’avère être un personnage trouble et le lieutenant Manion lui-même ne se montre pas dans un premier temps très coopératif. Mais Biegler après quelques hésitations et sur les conseils pressants de son vieux complice accepte. Biegler prépare sa stratégie de défense et le procès débute…


On se demande quelle affaire a la priorité : le meurtre du présumé violeur est lié à la preuve d’un viol. Or ce viol est sujet à caution, malgré les affirmations pleines de certitude de la victime, très aguicheuse au demeurant, et très habile dans sa démarche.

Les deux avocats pittoresques, le pécheur à la ligne et son colocataire porté sur la bouteille, mènent chacun leur enquête à leur façon, de manière efficace, non sans pittoresque.

On assiste au procès en direct, avec des échanges de répliques époustouflants, des moments d’humour , des coups de théâtre en direct. Car il s‘agit bien de théâtre, avec les avocats et le juge bien en scène, des personnages secondaires comme les experts, et un public oublié : nulle figure distincte, mais des clameurs générales - de surprise pour ponctuer les révélations.
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MessageSujet: Re: Otto Preminger   Ven 03 Jan 2014, 06:25





Le spectateur se demande si « l’affaire du slip » est une audace sexuelle du type « établissons bien les faits » ou une grivoiserie, « où est passée ma culotte ? »

Le fonctionnement de la justice est remis en cause, dans la mesure où obtenir une décision unanime de 12 jurés différents, de culture différentes, avec des regards divers, relève de la gageure.

Ne creusons pas trop, l’affaire sera une rédemption pour les deux avocats, c’est le point positif, quant au verdict final, il paraît bien contestable, au vu de la personnalité du meurtrier et de son allumeuse d’épouse.

Preminger conduit une intrigue cohérente, minutieuse et spectaculaire, alternant les plans d’ensemble de la salle d’audience avec des gros plans pour les dialogues/interrogatoires ou apartés, l’ensemble très bien mené et on ne décroche pas sur 2 h 36.
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MessageSujet: Re: Otto Preminger   Ven 03 Jan 2014, 16:50

Toi tu n'as pas décroché ! mais les Grains et moi... si on ronflait ? heing ! tu verrais comme que tu serais gêné !!!! rire toc 
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MessageSujet: Re: Otto Preminger   Ven 03 Jan 2014, 16:53

parce que franchement ! mon Excellence ... le slip, c'est quoi ? un bout de tissus ! alors, que les hommes en fassent tout un fromage, moi je préfére le Pont-l'Eveque ! (de Normandie !)
rhooooooooooooo ! la Normandie ! super 
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MessageSujet: Re: Otto Preminger   Ven 03 Jan 2014, 17:00

Si des photos du film t'interessent vois ce site.

La réserve qu'on pourrait faire actuellement, c'est que le théâtre judiciaire a fait les beaux temps du cinéma avec douze hommes en colère, et que maintenant cette forme de théâtre filmé  a vieilli...
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MessageSujet: Re: Otto Preminger   Ven 03 Jan 2014, 17:17

c'est seulement le puritanisme de l'époque qui a donné une telle valeur au slip ! pour éviter d'évoquer ce qu'il cache ou cacher ce qu'il évoque !?
le mieux , c'est que je vois ce film.
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