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 Martin Hirsch

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nicyrle
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MessageSujet: Martin Hirsch   Lun 07 Jan 2013, 16:40

Il me semble intéressant d'ouvrir un fil sur Martin Hirsch dont je viens de lire le dernier livre publié. Mais je ne suis pas sûre du tout de le mettre à la place qui convient ! Nestor remédiera au problème si erreur il y a !

Quelques mots sur l'auteur :
Martin Hirsch, 49 ans, est fils de Bernard Hirsch, qui fut directeur de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, et petit-fils d’Etienne Hirsch, qui fut Commissaire Général au Plan.
Normalien diplômé de l’ENA, il est biologiste de formation et titulaire d’un diplôme de neurobiologie.
Il est actuellement président de l’Institut du Service civique qu’il a créé en 2012.
Auparavant, il fut président d’Emmaüs France, de l’Agence nouvelle des Solidarités actives, puis Haut-Commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté et Haut-Commissaire à la Jeunesse dans le gouvernement Fillon qu’il quitta en 2010, enfin en 2011 président de l’Agence du Service civique.
Il est l’auteur de nombreux essais dont Manifeste contre la pauvreté (Oh ! Editions) et Pour en finir avec les conflits d’intérêt (Stock).

La Lettre perdue (Stock – octobre 2012) que je vous présente est aussi un essai mais d’un genre différent, beaucoup plus personnel. Il s’agit d’une réflexion sur l’engagement à partir d’une lettre envoyée par son père lors de son entrée à l’ENA, lettre qu’il a perdue lors de rangements au moment où il a quitté le gouvernement Fillon.
Ce livre de 280 pages dans un petit format (13 x 18) est composé de 43 chapitres courts, précédés d’un Prologue et suivis de deux Epilogues et d’un Dénouement puis du texte de la fameuse lettre finalement retrouvée.
Chaque chapitre comporte un titre à l’ancienne souvent formulé ainsi : « Où il est question de… », « Où l’on trouve (découvre, s’attarde, échappe, rend, etc.)… »
Chaque fois, M. Hirsch propose un fragment d’autobiographie sans respecter un ordre chronologique : de multiples anecdotes sont racontées sur un ton qui mêle le grave et le léger. Cette construction qui semble suivre le cours de la pensée de l’auteur avec des allers-retours dans son passé, répond à l’objectif clairement défini dans le Prologue :
Citation :
En cherchant à remonter aux sources de l’engagement, j’ai d’abord souhaité rendre hommage à ceux qui ont nourri le mien, et exprimer la reconnaissance que je leur dois. J’ai voulu ensuite me contraindre à redoubler d’ardeur. J’espère enfin, par ce travail d’exploration, déclencher chez d’autres cette catalyse qui transforme la perception diffuse d’un besoin d’engagement en un principe actif.
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MessageSujet: Re: Martin Hirsch   Lun 07 Jan 2013, 16:49

Tout est bien à sa place :fleur:

Y-a-t-il dans son livre une défense du bilan de son action sous Sarkozy ? car je l'ai entendu un peu malmené (oh ! bien gentiment, les questionneurs sont des gens très conviviaux, au point de respecter parfois plus la politesse que l'information !) dans un entretien radiophonique.
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nicyrle
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MessageSujet: Re: Martin Hirsch   Lun 07 Jan 2013, 16:52

La lettre perdue 2
J’ai lu cet essai comme un roman, d’abord sans doute parce qu’il est écrit dans un style simple mais soigné, sans aucune affectation, avec même parfois un certain humour, ensuite parce qu’il fourmille d’anectotes très différentes, toujours intéressantes qui retiennent l’attention.
M. Hirsch parle souvent de son père, de son grand-père, deux hommes hors du commun qu’il admire et dont il est fier. C’est d’eux qu’il tient son goût pour l’alpinisme et la musique, écoles de rigueur et sources d’intenses joies. Il évoque d’autres grandes figures, entre autres l’abbé Pierre.

Difficile de choisir des anecdotes ! Je pense par exemple au récit qui ouvre le livre, dans lequel M. Hirsch raconte son « pélerinage » en famille à Chambon-sur-Lignon, village où se sont réfugiés ses parents pendant la guerre et où son père est devenu résistant. Ce jour-là, il a reçu de son père une gifle aussi magistrale qu’inattendue, uniquement destinée à graver définitivement dans sa mémoire l’image appelée à disparaître de paysans maniant le fléau. Or son père reproduisait le geste effectué par Benvenuto Cellini avec son propre fils pour qu’il n’oublie jamais le spectacle de salamandres traversant le feu de la cheminée.
Citation :
J’aime la pensée qu’une gifle n’est pas toujours punitive
Telle est la phrase de conclusion du chapitre !

Ailleurs, il évoque son travail d’agent hospitalier à Sainte-Anne :
Citation :
Un jour où j'ai apporté les plateaux-repas, il y avait au menu de la cervelle. Une jolie petite cervelle d'agneau dans une barquette en plastique. Les premiers malades servis ont fait la grimace. Ils avaient tous, qui une tumeur au cerveau, qui une trépanation, qui un accident vasculaire cérébral. On avait farfouillé dans leur cerveau, et parfois ôté un bout. J'ai repris mes plateaux et remballé mes cervelles. J'ai terminé ma tournée des chambres avec un plateau sans l'entrée. C'était moins cruel.
Dans ce passage, M. Hirsch réussit à faire passer en même temps une note d’humour et une réflexion bien plus profonde qu’on trouve dans d’autres pages et qui concerne l’attention à autrui, le respect de l’autre, en particulier quand il est en état de faiblesse.

Naturellement, certains chapitres, en particulier à la fin, sont plus directement liés aux fonctions politiques de l’auteur. Il justifie son entrée dans un gouvernement de droite en rappelant qu’il n’a renié aucune de ses convictions et qu’il a pu, sans attendre, mettre en place le RSA et le Service civique. Pour lui, ce sont cependant des chantiers en cours et il reconnaît n’avoir pas atteint ses objectifs concernant la lutte contre la pauvreté.

Voilà un autre aspect que j’ai bien aimé dans ce livre : sans fausse modestie, me semble-t-il, M. Hirsch admet des insuffisances et des erreurs. C’est le cas par exemple quand il évoque son poste de directeur de cabinet de B. Kouchner, secrétaire d’Etat à la Santé : il lui préparait un discours pour une conférence mondiale sur le sida en 1997. Kouchner impose l’ajout d’un paragraphe sur la création d’un Fonds de solidarité thérapeutique international. Hirsch insiste pour qu’on consulte d’abord Matignon ou au moins que l’annonce soit nuancée. Refus catégorique de Kouchner. « La mort dans l’âme », Hirsch juge le ministre « incontrôlable ». La conférence a lieu et le Fonds est créé !
Citation :
Il a eu une intuition fulgurante. Il a osé. J’avais parfaitement tort de vouloir le raisonner comme un « techno ». En ce début décembre, je vois naître une idée qui va changer le sort de millions de personnes à travers le monde, par la volonté d’un secrétaire d’Etat que la classe politique ne voulait pas prendre au sérieux… et moi, son plus proche collaborateur, non plus.
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MessageSujet: Re: Martin Hirsch   Lun 07 Jan 2013, 16:53

Rotko, nos messages se sont croisés Wink Ai-je répondu à ta question ?
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MessageSujet: Re: Martin Hirsch   Lun 07 Jan 2013, 17:02

oui :fleur:
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MessageSujet: Re: Martin Hirsch   Mar 08 Jan 2013, 22:22

La lettre perdue 3
J’ai peut-être trouvé un peu long, un peu austère, le chapitre dans lequel M. Hirsch reproduit le discours prononcé devant des étudiants sur la nécessité d’un engagement européen qui, pour lui « rime aujourd’hui avec l’engagement pour la liberté, les droits de l’homme, le progrès social, la démocratie, pour peu qu’on sache renouer avec l’idéal originel. »
Cependant c’est dans ce même chapitre qu’on trouve de belles réflexions sur l’engagement :
Citation :
Il y a autour de l’Europe une forme d’engagement à réinventer, de pédagogie à reconstruire. Un terrible scepticisme à vaincre.
J’insiste sur cet engagement européen, car je le considère aujourd’hui comme la manière la plus importante d’assumer l’héritage de la Résistance, de ne pas renoncer, même sous des formes qui n’ont bien évidemment strictement rien à voir avec la Résistance elle-même.
Il use, à un moment, d’une métaphore que j’aime beaucoup : passionné d’alpinisme depuis l’enfance, il a le goût du risque et de l’effort. Dans sa vie comme en montagne, il privilégie ce que, dans le monde de l'alpinisme, on appelle « la course engagée », c’est-à-dire celle qui mène sur une voie avec retour en arrière impossible.

Un beau chapitre raconte le « voyage troublant » en Israël et en Palestine avec « le vieux monsieur indigné », Stéphane Hessel. Dans son petit livre, ce dernier n’apporte pas à proprement parler de « solutions ». Or, dans La lettre perdue, M. Hirsch s’y risque. Je dis « s’y risque » car je suppose que sa proposition en fera sourire plus d’un. Et pourtant… il sait se montrer convaincant ! La thèse initiale est que « l’engagement est la plus grande ressource mobilisable disponible . » Bien sûr, ce « n’est pas une ressource concrète et quantifiable. Elle semble immatérielle, voire insaisissable. » Or « l’appel à la mobilisation est réservé aux périls extérieurs » Pourquoi ? de mande M. HIrsch. Tout un argumentaire suit…
Au final, M. Hirsch prône un Programme national d’engagement en dix points avec un Conseil national réuni chaque mois sous la présidence du chef de l’Etat, une loi prévoyant que tout citoyen adulte doit à la collectivité 100 jours d’engagement pour chaque période de 5 ans ; les domaines concernés seraient l’éducation, l’emploi, les hôpitaux, les services sociaux, les établissements pour personnes âgées ; les fonctionnaires à la retraite seraient invités à se mobiliser un ou deux ans, à mi-temps, moyennant une indemnité de 100 euros/mois. Une Fondation pour l’engagement bénéficierait des apports volontaires des plus grandes fortunes de France, etc…

Pour finir, trois citations à mon avis révélatrices :
Citation :
Je suis dans la vie comme dans ma tête. Tout est ouvert en permanence, rien n’est jamais fermé.

Les gens obsédés par l’argent sont un mystère qui me surprend et les gens sans aucune envie sont un mystère qui me trouble.

Je n’ai pas la foi, mais je reste fasciné par les gens qui ont la foi. Je suis différent des autres mais je veux me mêler aux autres. Je suis resté partout à l’intersection des religions et des politiques.


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