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 La sonate à Kreutzer

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soussou
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MessageSujet: La sonate à Kreutzer   Ven 15 Fév 2013, 14:56

La Sonate à Kreutzer est une nouvelle en langue russe de Léon Tolstoï qu'il écrivit dans sa maison de Moscou et qui fut publiée en 1889. Elle parut pour la première fois en France aux éditions Lemerre[1] en 1890, dans une traduction d'Isaac Pavlovsky et J.-H. Rosny aîné[2] et une autre d'Ely Halpérine-Kaminsky[3] aux éditions Marpon & Flammarion.

Le titre fait référence à la Sonate pour violon et piano no 9 en la majeur, dite « Sonate à Kreutzer », de Beethoven, que joue l’un des protagonistes de l’ouvrage. Le texte a inspiré par la suite plusieurs œuvres musicales, dont le premier quatuor de Leoš Janáček. Il a également été porté plusieurs fois à l'écran, notamment par le réalisateur russe Vladimir Gardine en 1914.

Sophie Tolstoï répondit aux positions sur le mariage et la place de la femme défendues par son mari dans la Sonate à Kreutzer par deux ouvrages : À qui la faute ? et Romance sans paroles. Léon Tolstoï fils fera de même en publiant Le Prélude de Chopin.



On ne peut appréhender simplement La sonate à Kreutzer, qui apparaît à bien des égards – pour un lecteur de la fin du XXème siècle – comme un texte piégé : une « nouvelle » produite par un écrivain qui fut dans la seconde moitié de sa vie une figure du maître spirituel, du vieux sage, et du renouvellement chrétien; une nouvelle largement diffusée sous les manteaux, dans une version inachevée, et qui déclencha questions et polémiques. Ce mode de diffusion n’est pas indifférent, car il fait sortir l’oeuvre de sa stricte autonomie littéraire : La sonate à Kreutzer n’est plus seulement une fiction, mais un objet de discussion, de polémique, à tel point que Tolstoï a éprouvé le besoin d’en fixer le sens dans une postface.

De plus, l’idéologie dans laquelle nous baignons depuis quelques décennies (libération sexuelle, libéralisme diffus) aussi bien que l’esprit critique que nous sommes invités à développer, ou même la simple raison, ne facilitent pas la lisibilité de ce texte, que nous pourrions croire celui d’un fou.

On doit s’y arrêter. On pourrait dire de La sonate à Kreutzer ce que Octave Mannoni dit des « Mémoires de Schreber » (O. Mannoni, L’autre scène, in Clefs pour l’imaginaire); ce qui étonne n’est pas tellement ce que ces mémoires contiennent de délirant, mais plutôt ce qu’ils conservent de raison... Comment faire précisément le départ entre le délire d’un fou (le cas Schreber : vient par surprise à Schreber, un matin, dans le demi sommeil, la pensée qu’il serait beau d’être une femme en train de subir l’accouplement. Il ne peut reconnaître cette idée comme sienne, et construit un délire qui la dénonce comme aliénée : cette pensée est un produit de Dieu, ou de la « langue des nerfs ») et le récit d’un sage (dans lequel le personnage principal, Pozdnychev, souhaite l’extinction de l’humanité au nom de sa tranquillité libidinale et morale; Tolstoï précise dans sa postface : au nom de l’idéal vers lequel devrait tendre tout être humain).

Alors même que les « mémoires d’un fou » ont un statut de genre littéraire (Flaubert, Nerval, Rimbaud), la forme littéraire devrait permettre d’établir cette distinction; et précisément, Tolstoï dénie à son oeuvre le statut de texte littéraire, récuse le travail formel, et revendique simplicité et pauvreté d’esprit (Notices, p. 299-300). S’agit-il d’une oeuvre, ou du témoignage d’un délire ?

extrait:

Spoiler:
 


le film:

Sonate à Kreutzer est un film russe réalisé par Vladimir Gardine en 1914[1] et inspiré de la nouvelle éponyme de Tolstoï.

Synopsis


Dans un compartiment de train, Léon Tolstoï (Mikhail Tamarov) rencontre Poznichev (Boris Orski) qui lui explique ses malheurs. Il s'est marié avec une femme (Elizaveta Ouvarova) qui a très vite sombrée dans la dépression. Il a tout fait, lui dit-il, pour se faire aimer mais sans rencontrer de succès. Il souffre depuis qu'elle a fait la connaissance d'un musicien dont elle est tombée amoureuse lorsqu'il lui joua la sonate à Kreutzer de Beethoven. Ce fut le début du calvaire du mari qui perdit pied et sombra dans la jalousie.

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Maya
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MessageSujet: Re: La sonate à Kreutzer   Sam 16 Fév 2013, 07:50




Belle presentation tres bien redigee et tres clair, chere Marianne. Malgre que Tolsoi n'est dans ma tasse de the (ce qui ne veut pas dire que je n'apprecie pas les grands classiques russes).

Marianne a ecrit:
Citation :
La sonate à Kreutzer n’est plus seulement une fiction, mais un objet de discussion, de polémique, à tel point que Tolstoï a éprouvé le besoin d’en fixer le sens dans une postface.

Cela resume la plupart des intention de l'auteur (bien definies dans le postface:

la société a la conviction que les rapports sexuels sont indispensables à la santé. Comme tout le monde ne peut pas se marier, cela pousse les hommes à fréquenter des prostituées et sacrifie par la même la santé de ces femmes. C'est possible par un régime alimentaire approprié, l'interdiction morale de rapport avec les femmes d'autrui et la continence.
l'infidélité conjugale, il faut la combattre par l'éducation de la jeunesse et la réprobation par l'opinion publique.
Les moyens de contraception et les rapports sexuels pendant la grossesse et l'allaitement sont à proscrire.
Il faut se soucier de l'éducation morale des enfants et non pas seulement de leur corps.
Les jeunes gens dépensent trop d'énergie et de temps à chercher à plaire. Il faut que la chasteté soit un idéal.


En regardant le film, je me suis regalee de mla musqiue! super
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rotko
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Date d'inscription : 26/12/2005

MessageSujet: Re: La sonate à Kreutzer   Sam 16 Fév 2013, 11:54

très belle sonate piano/violon, on ne se lasse pas de l'ecouter, le retour du leit motiv est vite reconnu, et on apprécie !
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