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 Ma vie selon la philosophie de Gandhi

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soussou
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MessageSujet: Ma vie selon la philosophie de Gandhi   Mar 19 Fév 2013, 19:32

J'ai connu Lanza del Vasto au palais des congrès à Liège en 1972 ,il nous disait sa rencontre avec Gandhi, ses paroles résonnaient en mon coeur comme une vérité, une évidence meme,suite à cette conférence j'ai réfléchi et décidé de vivre selon la philosdiophie non -violente du mahatma Gandhi.

Nous étions un bon groupe d'amis de l'Arche, avec réunion mensuelle, ces réunions nous initiaient à son enseignement, ave la pratique de la méditation,le yoga et prière.

Au bout de deux ans de rencontres, à travers la Belgique nous avons franchis le pas avec quelques uns et fondé une petite communauté laborieuse à Herve, nous étions bien déterminé à changer le monde.J'ai commencé à faire le pain, pas toujours réussi, sans électricité, à la bougie,le jardinage, et les réunions se succédants, les unes après les autres.

J'ai décidé alors de partir pour la France pour voir ce que l'Arche elle-meme vivait je suis paritie seule une première fois en train et me suis arretée aux "Cabrils" petite gare sur la ligne Milau-Beziers , j'ai longé une petite rivière pendant 6 km avec mon sac à dos jusqu'à la communauté, une session y avait lieu durant un mois,, avec enseignement de Lanza del Vasto .


Dernière édition par Marianne R. le Mar 19 Fév 2013, 21:39, édité 1 fois
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soussou
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MessageSujet: Re: Ma vie selon la philosophie de Gandhi   Mar 19 Fév 2013, 19:44

Abandonné depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, ce domaine est situé dans une région ayant connu un fort exode rural. Abrité par une grande combe qui en rend l'accès difficile, le domaine se loge entre la Montagne Noire et la table jurassique qui prolonge le Larzac, plateau calcaire aux sols maigres et secs en surface, recouvert d'une steppe rase ne favorisant pas la mise en culture. L'aridité des terres ainsi que l'émigration ont contribué à faire du domaine de la Borie noble un espace désertifié, idéal pour les pionniers d'une nouvelle culture.

Venir à l'Arche leur offrait l'occasion de mener, au sein d'une nature vierge, une vie conforme à un idéal politique qui passait d'abord par ce retour aux sources.

Aujourd'hui, la moindre visite prend encore les allures d'une véritable expédition : au fin fond de la France, le domaine de la Borie noble apparaît comme le bout du monde. Venir à l'Arche, c'est comme aller à Katmandou.

Trois village se succèdent sur 400ha de terre, La fleyssière, La borie noble, et Nogaret, où j'ai séjourné.
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soussou
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MessageSujet: Re: Ma vie selon la philosophie de Gandhi   Mer 20 Fév 2013, 08:33


Dès leur arrivée sur le domaine en 1963, les compagnons, filles et garçons, se mettent à l'œuvre pour retaper les quelques ruines qui tiennent encore debout.De ces chantiers sont sortis cinq corps de bâtiment. Le plus ancien a été surmonté d'une tour, où se trouve le bureau de Lanza del Vasto, juste sous la cloche. C'est là que sont conservées les archives.Cette habitation principale abrite les lieux de vie communautaires, à savoir une grande salle, une cuisine, la boulangerie, deux garde-manger, des caves, deux ateliers de tissage, des toilettes communes, quelques appartements ainsi qu'un dortoir. En s'éloignant, on trouve tour à tour le lavoir, alimenté directement par une source, trois autres bâtiments aménagés en appartements, la fromagerie et une boutique. Face au dernier bâtiment, il y a la ferme, l'atelier de menuiserie et celui de poterie. A la demande de Shantidas( veut dire serviteur de la paix), les bâtiments habités ont été recouverts d'une peinture ocre, couleur sacrée en Inde. Quelques cultures entourent ces murs : celles du jardin en contrebas, celle de la ferme en haut, le reste du domaine étant occupé par une forêt de chênes et de hêtres. On y entend le chant des oiseaux, le murmure des rivières, le souffle du vent dans les arbres.


Désertée par les acteurs d'un « monde moderne corrompu », à l'abri des regards indiscrets, protégée par une nature encore vierge, la communauté aux murs rouges s'élève dans un cadre qui, par son choix, révèle déjà une esthétique de la pureté.




La « salle commune » est la pièce la plus spacieuse de la maison, d'autant qu'elle compte très peu de meubles. Quatre grandes fenêtres en forme de voûte, dépourvues de rideaux, l'éclairent largement. Les rayons du soleil font briller le parquet en bois et soulignent l'impression de dépouillement. Deux portraits en noir et blanc sont accrochés au mur : face à la porte celui de Gandhi, à droite de l'entrée celui de Lanza del Vasto. Une grande barbe blanche, des sourcils froncés et un regard sévère donnent au « patriarche un air plutôt autoritaire. Au-dessus d'un piano, une étagère soutient ses principaux ouvrages en plusieurs langues et divers documents sur la non-violence consultables sur place. Au-dessus de l'étagère un portrait en couleurs de Pierre Parodi, médecin et compagnon de l'Arche, que Shantidas avait choisi comme son premier successeur à la tête de l'ordre, complète l'ensemble.



Les femmes à tour de rôle préparent la nourriture dans la cuisine collective sur une cuisinière à charbon. Le soir et au petit déjeuner, les familles mangent chez elles, tandis que les célibataires se retrouvent à la « table commune » dans la cuisine. Si les stagiaires garçons sont logés en dortoir, les stagiaires filles bénéficient de petites cellules individuelles dans un autre bâtiment, ce qui n'empêche pas d'éventuelles retrouvailles, à condition que celles-ci soient discrètes. La répartition des logements répond à deux types de séparation : entre célibataires et familles d'une part, entre hommes et femmes de l'autre.
le mobilier est en bois massif, la vaisselle en céramique, et le chauffage au bois. Le confort varie d'un intérieur à l'autre : certains ont fait le choix de dormir et de manger à même le sol, ne se chauffant pas ou très peu.

Dès la tombée de la nuit, l'éclairage se fait à la bougie..Cet habillage du décor intérieur met en scène quelques-unes des valeurs idéales dans l'Arche : la simplification de vie et la pauvreté. De telles directions de vie sont censées conduire au détachement des biens matériels, perçu comme source de vertu.
La matière première « vierge », filée, tricotée ou tissée sur place, conforte l'idéal de pureté. Revenir au rouet, filer la laine, pour se tisser une cape de prière est en effet l'une des premières tâches des compagnons. C'est en Inde, auprès de Gandhi, que Lanza del Vasto a appris à filer, et qu'il a pris conscience de l'enjeu de ce simple geste technique. Le rouet, perçu comme le symbole de la libération de l'Inde, est le moyen d'une indépendance économique. La roue vient formaliser l'urgence d'inverser le sens ordinaire des choses, de passer du monde d'en bas asservi par l'exploitation du prochain qui engendre la misère collective à un monde plus noble, plus juste fait d'égalité et de liberté. Aussi, même si à la Borie on ne file plus beaucoup, le rouet fait partie des accessoires emblématiques de la décoration intérieure.
Quant aux femmes, elles portent en général d'amples et longues jupes en toile épaisse. A la prière et aux méditations, comme les hommes, elles sont revêtues de la longue cape à capuche qui tend à confondre les silhouettes des uns et des autres. La règle précise par ailleurs que les femmes ne doivent mettre aucun bijou, à l'exception de l'alliance d'or et de la bague d'argent des fiançailles. Si dans la réalité ces préceptes sont de moins en moins appliqués, la règle, demeurant inchangée.
Paysage et cadre de vie renvoient à une idéologie de la non-violence basée sur le retour au travail de la terre, le travail manuel, la simplicité, l'œcuménisme, une certaine autarcie, l'harmonie avec la nature, etc. Derrière ces valeurs érigées en idéaux de vie se dessine, moins explicitée, une idéologie de la pureté. L'apparence ascétique que les individus se donnent à l'extérieur est en effet l'image visible d'un travail de purification des corps plus secret.

l'agriculture de la Borie se veut plus respectueuse de la nature, de ses rythmes, et le travail y est effectué manuellement. L'outillage est très simple : la binette est largement utilisée au jardin, les arbres sont abattus à la hache, les labours sont faits avec les chevaux. Outre les chevaux pour le trait, la communauté élève quelques vaches pour le lait ainsi que des poules pondeuses. Aucune de ces bêtes n'est destinée à être mangée. De la même manière, les compagnons ne sont pas chasseurs et restent fermes sur leur position .
Ce refus progressif de certains membres de la communauté de consommer du lait au nom de la santé sous-tend donc l'idéologie de la pureté, qui justifie tous leurs choix alimentaires. Mais c'est par la pratique du jeûne que le travail de purification du corps et de l'esprit s'effectue le mieux dans la doctrine hindoue.

le vendredi est déclaré « jour de jeûne et de silence ». Ce jeûne hebdomadaire est considéré comme une sorte d'entraînement pour d'autres jeûnes visant à résoudre un conflit. Pour prouver l'efficacité du jeûne, on raconte souvent une des expériences les plus spectaculaires de Gandhi : son jeûne à mort du 31 août 1947, organisé pour faire cesser les violents affrontements qui opposaient les communautés hindoues et musulmanes.ri]Aussi, pour les personnes qui ne souhaitent pas jeûner – il semble que ce soit la majorité – bien qu'il n'y ait pas de repas communautaire prévu, la cuisinière prépare un menu sobre, toujours le même : riz et lentilles.

Dans l'esprit de l'Arche, réaliser un monde non violent, faire la paix, c'est en fait dépasser les différences individuelles source de division. Partager un même pain, jeûner ensemble, s'habiller pareillement permet de construire et d'exalter cette unité. La démarche non violente tend donc à ce que la distance, la différence, la coupure par rapport à l'autre soient mises entre parenthèses, pour ne pas dire niées. Dans ce monde, les différences entre les sexes, la violence, le meurtre n'auraient plus cours.















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soussou
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MessageSujet: Re: Ma vie selon la philosophie de Gandhi   Mer 20 Fév 2013, 11:23

ma conclusion:

Travailler avec ses mains, outils naturels offerts par la vie et son évolution, c’est revenir à notre juste et simple condition d’être humain. Cela demande bien sûr de l’humilité (mot qui prend racine dans le mot latin « humus » qui veut dire »terre ») : être humble c’est « reconnaitre sa place au milieu des autres et de l’univers .
faire avec les forces et les qualités accompagnées des faiblesses et défauts typiquement humains. Cela permet de revenir à une échelle de vitesse naturelle, et à une meilleur compréhension du monde.J’ai beaucoup apprécié le rythme inhérant au travail manuel car il m’a permise d’être dans ce que je faisais.

Le travail manuel permet aussi de développer les facultés créatrices de l’Homme, la fameuse « intelligence des mains » dont parle Pierre Rabhi. Quoi de plus satisfaisant que de faire avec ses mains, transmettre et échanger autour de ces techniques qui permettent de répondre à nos besoins premiers (nourriture, abris, vêtements) et besoins d’épanouissement dans l’expression de soi, ou l’éloge de la nature. L’Humanité a besoin de beauté, mais pas n’importe qu’elle beauté vulgaire sortie d’une usine parmi mille autres. C’est d’une beauté singulière dont je parle, sculptée par l’intelligence, les sens et l’effort d’un membre de cette grande communauté formée d’hommes et de femmes, de vous et de moi.
Je déplore un peu le manque d'espace personnel, vivre en communauté c’est bien évidemment apprendre à partager.

Aujourd’hui je me dis que le partage n’est rien d’autre que d’offrir et recevoir.C’est aussi avoir conscience à chaque instant que l’on fait parti d’un Tout : d’une communauté humaine répartie dans la même maison, le même pays, la même planète.

Je suis rentrée en train avec du fromage de brebis, un poncho tissé à la main , de la laine fillée, et une bonne dose de sérénité.
La communauté dans laquelle je vivais selon l'Arche s'est dissoute, avec des remises en questions .
J'ai continué à vivre selon les préceptes de la non-violence, une belle expérience, inoubliable.
Aujourd'hui ,je tache de vivre en harmonie avec les choses élémentaires, une alimentation saine, fruits et légumes de notre jardin, je fais mes vetements, certains compromis restent encore à revoir, mais l'essentiel est de ne pas peser sur l'autre, de ne pas gaspiller .
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Sapho
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MessageSujet: Re: Ma vie selon la philosophie de Gandhi   Mer 20 Fév 2013, 14:10

C'est une expérience vraiment intéressante que tu as vécue MARIANNE. Ce qui m'aurais arrêté, c'est le fait que ce centre soit plus basé sur une idéologie religieuse que réellement spirituelle.

En 1967, juste après la guerre des 6 jours, je suis partie en Israël travailler plusieurs mois dans un kibboutz laïque. Depuis toute jeune, je rêvais de connaître la vie communautaire, le partage, le travail de la terre, l'effort commun....... Cela m'a beaucoup apporté, m'a fait réfléchir aux vraies valeurs.
Comme j'étais non-juive, on m'a remballée en Belgique car les accrochages avec l'armée libanaise mettait ma vie en danger et ils ne pouvaient accepter cette responsabilité.

Aujourd'hui, je fais aussi beaucoup de mes dix doigts :le pain, je n'achète aucun plat préparé, je mange les légumes de mon jardin ou ceux d'un petit agriculteur qui vit près de chez moi, mon mari répare ce qu'il peut plutôt que de jeter et d'acheter toujours du neuf, je confectionne des cadeaux pour les fêtes et les anniversaires et suis anti-gaspi quand il s'agit des énergies. J'ai un puits dans le jardin qui me rend de grands services.

Mon point faible sont les voyages ( l'avion utilise beaucoup d'énergie ) mais je vis la plupart du temps chez les habitants des pays que je visite.

Je suis vraiment contente d'avoir fait ta connaissance et espère te lire souvent sur les différents fils study study merci merci
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soussou
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MessageSujet: Re: Ma vie selon la philosophie de Gandhi   Mer 20 Fév 2013, 15:53

Sapho as-tu lu le livre Meurtre au kibboutz? de Batya Gour.

Nous en avions débattu il y a deux trois ans sur GDS*
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Sapho
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MessageSujet: Re: Ma vie selon la philosophie de Gandhi   Jeu 21 Fév 2013, 10:51

Non! mais maintenant que tu le proposes, je vais l'inscrire sur la liste des livres à lire lire! lire!

J'ai surtout lu des livres sur le sionisme, l'implantation des kibboutz en Israël, la construction d'un pays neuf......... Actuellement, je suis un peu désenchantée car je n'approuve plus la politique de ce pays mais je garde une profonde sympathie pour ses fondateurs.
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daisybraille
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MessageSujet: Gandhi mon ami   Jeu 18 Avr 2013, 20:01

Quel dommage, ces trois balles qui sont venues terminer ta vie bien avant que je ne naisse et n'entende parler de toi, de ta gentille chèvre et ces deux petites filles qui t'accompagnaient.
Tout au long de ta vie tu as tissé la laine comme on tisse le temps, comme tu as tissé la paix et la force de l'indépendance sans aucune violence sur ce grand territoire indien.
Mon ami Gandhi, je ne connais pas le son de ta voix, mais tu es dans mon coeur, et je rêve que ton idéal soit celui de bien des gens dans notre pauvre monde d'aujourd'hui. A propos de pauvres, ceux de ton pays, et des autres du Tiers-Monde, ont bien des choses à nous dire, nous qui nous plaignons du moindre inconfort.
Je t'aime, mon ami Gandhi, ainsi que tous les hommes de paix semblables à toi.
DB
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