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 Jonas Mekas

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soussou
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Date d'inscription : 25/02/2007

MessageSujet: Jonas Mekas   Dim 26 Mai 2013, 10:24





Mais comment vit-on lorsque le monde s’affole, lorsque l’argent semble la seule valeur et que ses maniements à l’échelle planétaire menacent de faire exploser les sociétés ? A la fin du XIX° siècle, alors que la société industrialisée créait des tensions jusqu’alors inconnues et qu’aux Etats-Unis les grandes métropoles et les impératifs commerciaux orientaient le « Nouveau Monde » vers des perspectives oppressantes, certains ont trouvé des moyens de réenchanter le monde : les frères Lumière ont inventé le Cinématographe et filmé des scènes quotidiennes auxquelles ils ont redonné, sur l’écran, une magie nouvelle ;Henry David Thoreau a décidé de vivre pendant 36 mois totalement en marge, dans une cabane au bord du lac deWalden, dans la contemplation de la nature, l’exploration de soi et en réduisant son environnement en matière d’objets et sa consommation au minimum. Il y a tenu son Journal et écrit un livre, Walden ou la vie dans les bois, emblématique du refus d’une certaine forme de civilisation, du respect de la nature et de ceux qui l’ont occupée avant les Européens (les Amérindiens), d’une vie consacrée à la construction de soi en résonance avec un environnement dépouillé de tout superflu.











Jonas filme ses voisins et compatriotes lituaniens, des exilés de la seconde guerre mondiale qui, comme lui, se retrouvent en transit dans les rues de Brooklyn.
Des images tournées entre 49 et 63 sont la trame de son œuvre culte.

"Je voulais montrer ce qu'on ressent quand on est en exil, quand on est forcé de quitter sa maison et qu'on finit dans la misère à Brooklyn, cette misère-là, celle de la communauté des immigrants d'Europe de l'Est." Jonas Mekas

En quelques années, Jonas et son frère font de leur salon l'épicentre du cinéma underground new-yorkais. Ils fondent en 53 la "Filmmakers' Cinémathèque" chargée de diffuser et de conserver ce cinéma d'avant-garde qui va à contre-courant d'Hollywood. Dans les rangs de cette coopérative, le réalisateur Stan Brakhage, le poète Allen Ginsberg et le performeur George Maciunas.

Dans la foulée, les frères Mekas créent le Film Culture Magazine, l'équivalent des "Cahiers du Cinéma". C'est l'occasion pour Jonas de remettre ses propres awards, un panier de fruits à des p'tits nouveaux comme les réalisateur John Cassavetes ou ici Andy Warhol.

Pendant ce temps, Mekas n'arrête pas de tourner et décroche en 64, avec "The Brig", le prix du meilleur documentaire au Festival de Venise.







Dans les années 1950, de nouveaux outils permettent au cinéma d’échapper à la rigidité des studios, à la cherté des productions commerciales, à la lourdeur des caméras professionnelles. Le lituanien Jonas Mekas, arrivé à New-York avec son frère Adolfas en 1949, achète sa première caméra Bolex en 1950, la seconde en 1956, et enregistre des morceaux de réalité et de sa vie à New York. Son quotidien est émaillé de rencontres avec des personnalités de la contre-culture comme Ginsberg, Warhol, Stan et Jane Brakhage… Il s'attache à filmer des détails de son environnement new-yorkais revisitant totalement l’image de la mégapole : « Je pensais que je filmais New York, une immense métropole internationale d’acier, de verre et de smog. Mais tout ce que je voyais c’était des arbres, de la neige et des coins d’herbe… Le New York qui sortait de mes notes filmiques ressemblait plus à une sorte de Walden qu’au New York tel que les gens le connaissaient ». Lorsqu’en 1963 Mekas achète sa troisième Bolex, il a l’idée de construire un film en extrayant de ses bobines de journal filmé des fragments qu’il monte pour créer un objet présentable au public, atypique, de 3 heures et 15 minutes, la première œuvre dejournal-filmé, genre appelé à devenir essentiel pour le cinéma d’avant-garde. Mekas intitule cet ensemble de six bobines « Journaux Notes et Esquisses également connu sous le nom de Walden » et le place sous l'exergue des frères Lumière. Erice, présentée au Centre culturel de Barcelone puis à Beaubourg en 2007.

Créer ses oeuvres (films, livres, performances musicales... et donner à celles des autres les moyens d'être vues et préservées relève, chez lui, d'un même geste, politique, par lequel il oppose à la barbarie du monde la puissance de l'imaginaire des poètes.

C’est José Luis Guerin qui a sollicité Mekas. Il est pour lui le pionnier « héroïque » d’un nouveau cinéma, donnant par anticipation ses lettres de noblesse à une vision du réel, à une réaction « en direct » aux détails de la vie, ceux qui donnent sa force d’existence à l’instant.



Oui, en 2013, il y a encore des moyens d'être un homme heureux ! Et dans la lettre qu'il adresse à Guerin le 18 novembre 2010, Mekas donne une des clefs de son "bonheur" : "Les rêves seront notre salut puisque la réalité ne peut nous sauver. Nous sommes les derniers rêveurs. Suivons les rêves de l'humanité !
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rotko
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Nombre de messages : 69282
Date d'inscription : 26/12/2005

MessageSujet: Re: Jonas Mekas   Dim 26 Mai 2013, 18:11

Merci Soussou ! je n'avais jamais entendu parler de lui.
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Jonas Mekas
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